Itinéraire d’un violoniste oranais

Entretien de Samy Nja Kwa avec El Sikameya

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El Sikameya est violoniste. Né à Oran (Algérie), ses parents lui transmettent la culture arabo-andalouse. Il se perfectionne alors dans diverses formations classiques avant de s’installer à Marseille en 1994. Il enrichit son répertoire à la rencontre d’autres musiques et propose Atifa (sentiments affectueux), son premier album. Itinéraire.

El Sikameya, est-ce ton vrai nom ?
Non, c’est le nom de deux symphonies dans le répertoire arabo-andalous : Sika et Meya. Comme je fais de la musique arabo-andalouse, j’ai choisis de m’appeler El Sikameya ! C’est une musique née dans le sud de Espagne entre le Xème et le XVème siècle dans la ville d’Al-Andalous, un lieu de culture où cohabitaient musulmans, juifs et chrétiens
Quel est ton parcours musical ?
J’ai commencé par jouer de la mandoline pendant trois ans, avant de me mettre au violon. Le doigté étant le même pour ces deux instrument: j’ai pu acquérir des automatismes. J’ai ensuite fait 14 ans de musique andalouse à Oran, à l’école de l’ensemble « Nassim El Andalous ».
Tu arrives donc en France en 1994 pour terminer tes études de commerce, tout en baignant dans le monde de la musique…
Oui, c’est en faisant des concerts que j’ai commencé à rencontrer du monde. C’est ainsi que j’ai pu remarquer qu’il y avait un public pour ce genre de musique. Ayant rencontré les bonnes personnes au bon moment, j’ai pris confiance et me suis lancé. Mais c’est surtout le public qui m’a poussé !
Tu décides donc en 1997 de te consacrer entièrement à la musique et en 1999 tu sors ce premier album Atifa / Oumi. Que représente-t-il pour toi ?
Cet album représente mes idées : c’est un aboutissement, le résultat d’un projet. Pour un premier album, je suis satisfait.
Comment l’as-tu travaillé ?
La difficulté a été de passer du traditionnel à ce que je fais actuellement, je veux dire une musique qui s’adapte à la société moderne. Tout cela m’a demandé beaucoup de temps, et il fallait que les choses mûrissent. Je devais faire un album en pensant à tous les publics, un album qui me ressemble, et j’ai intégré d’autres sonorités d’autres musiques (salsa, tziganes ou flamenca). Il a donc fallu que je fasse des recherches sur les autres musiques, tout en prenant le meilleur du patrimoine arabo-andalous. Un long travail, mais passionnant !
Tu n’as pas l’impression de dénaturer la musique arabo-andalouse en faisant tous ces mélanges ?
Je ne fais pas de la musique arabo-andalouse traditionnelle, mais, je m’en inspire. Je joue du violon à la manière arabo-andalouse. Le noyau dur reste arabo-andalous et j’y intègre d’autres composantes, des sons différents. Tout demeure cohérent, puisque la musique arabo-andalouse est une musique d’ouverture d’esprit. Je reste dans la même démarche philosophique, je ne la trahis pas.

Atifa (Night & Day), cf. chronique Africultures 24.///Article N° : 1289

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Les images de l'article
El Sikameya © Frederic Labrouche




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