Je ne suis pas un homme qui pleure

De Fabienne KANOR

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Fabienne Kanor écrit depuis 2004 au rythme d’un roman tous les deux ans. Voici le septième… et le premier que je découvre. Bien qu’ayant récolté plusieurs prix (Caraïbe, Carbet, Tout Monde), cet écrivaine est restée peu connue du continent africain. Pourtant, malgré sa nationalité française (à laquelle elle tient) Fabienne Kano rrelève indubitablement de ce qu’il est convenu d’appeler le champ littéraire négro-africain – Métissé bien sûr, comme tous les récits, Blacks trimbalant les stigmates postcoloniales sur fond de culture africaine ou créole. Métisse plus française qu’antillaise, Fabienne Kanor qui est née et a grandi en France comme ces émigrés de la deuxième génération ; mais à qui la nationalité française n’a enlevé ni les cicatrices de l’esclavage, ni le fond négro-caraïbe humilié tous les jours dans ce pays choisi par ses parents. Si bien que même rétive à l’engagement tant féministe que racial, elle ne peut oublier « ce vieux chagrin qui remonte à des siècles » (132) et se poser la question, quand elle « regarde le petit Blanc qui s’engouffre dans un wagon… croit-il ce que je crois ? Les séquelles de l’Histoire sont trop vives pour s’effacer ? » Bien sûr ce n’est pas le sujet du roman. Histoire d’amour qui foire – avec un vrai Français bien blond (et tout ce qu’il y a derrière de complexes familiaux), et histoire plus personnelle d’un « écrivain en mal de création. » Elle dit beaucoup de choses Fabienne Kanor et surtout elle a de la voix. – Entre Maryse Condé (pour les idées) et Christine Pancol (pour le ton et le vocabulaire) elle communique sa rage d’être si mal aimée, si mal connue, si mal intégrée, si, si…
Mais au fait, n’est-ce pas une posture, car enfin sept romans publiés et chez Gallimard, Albin Michel, J.C Lattès, ce n’est pas rien ! Mais voyons, c’est une fiction et qui se laisse lire avec plaisir, vu le ton rigoureux, et l’expression fluently.

Ed. J.C Lattès, 2016///Article N° : 13619

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