La critique des écrivains

La nature des lunettes n’est-elle pas d’être personnelle, subjective ? (1) Léopold Sédar Senghor

André Breton, le pape des surréalistes, a pratiqué tout le long de sa vie – et ce au bénéfice de la cause qui lui importait alors – une forme de lecture vigilante et féconde. La tradition française regorge de tels exemples. Sans doute la palme en revient à Baudelaire. Pendant vingt ans, celui-ci a exercé son regard et sa sensibilité au contact des tableaux, romans, poèmes et journaux de son temps avec une passion généreuse. De cette tâche, il a tiré la sentence suivante, devenue célèbre depuis : ” Je considère le poète comme le meilleur de tous les critiques “. On m’objectera : cette opinion est discutable. Je répondrai : là n’est pas la question, mais je vous le concède volontiers ! Dans notre gent écrivante, il se trouve que l’un des deux grands critiques littéraires que nous ayons eu est justement un poète, à savoir Senghor. Son esthétique doit beaucoup à l’auteur des Fleurs du mal. L’aède sénégalais lui avait consacré, en 1932, son mémoire de D.E.S. intitulé L’exotisme dans l’œuvre de Baudelaire. L’approche senghorienne de l’enfance ou, plutôt, du ” royaume d’enfance ” porte l’influence du ” vert paradis des amours enfantines “. Senghor assume cette affiliation. Pour lui, le Saint-John Perse des Éloges porte la marque du génie baudelairien. C’est à croire que, entre grands esprits...

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Nimrod
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