Le pays qui chante ses fables

Il est difficile de comprendre comment un pays peut concilier une richesse musicale aussi exceptionnelle avec un mépris du musicien ne lui donnant le choix qu’entre la misère et l’émigration. Regard sur le paradoxe camerounais.

Cet article est un hommage au Professeur Eno Belinga, qui nous a quittés le 9 mai 2004 à 70 ans. Géologue de formation, ce savant éclectique, cet universitaire universel était devenu par passion un poète et surtout un grand musicologue… A l’époque où naissait la chanson moderne africaine, Eno Belinga a été (ainsi que Francis Bebey) l’un des premiers à étudier en profondeur,  » de l’intérieur  » le patrimoine poético-musical dans lequel elle s’enracine : celui des  » chantefables « , auxquelles il a consacré un ouvrage fondamental. (*) La  » chantefable  » est beaucoup plus qu’une chanson. C’est à la fois un divertissement, souvent très débridé, et un genre lyrique majeur, destiné à transmettre la mémoire collective d’une communauté, l’enseignement moral et pratique de son expérience historique.  » Moral  » mais surtout pas  » moraliste  » car la chantefable est souvent très crûment érotique, permissive et même subversive. Son thème peut être un conte bref et simple, ou bien un fragment des grands récits mythiques, qui au Cameroun ont l’ampleur et la complexité des épopées antiques, des gestes et des sagas de l’Europe médiévale ou de l’Inde ancienne.Musicalement la chantefable se présente comme performance so...

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