Lema l’alchimiste

S’il y a un artiste africain qui déstabilise ses contemporains dès lors qu’il s’agit de se définir musicalement avec des origines, marquées, qui figent, c’est bien Ray Lema.

Enfant, on le surnommait le mundélé n’dombe (le blanc noir) dans son pays, à cause de son engouement pour une musique supposée “blanche” par ses compatriotes et à travers laquelle s’alignaient Bach, Mozart et Beethoven dans le désordre. Adulte, son public, occidental en bonne partie, le préfère plutôt africain et typé dans ses délires multiples. En réalité, une seule chose l’obsède: trouver le meilleur son qui soit et le faire partager au plus grand nombre… de mélomanes. Il est musicien avant tout. Un musicien qui a sillonné le monde à sa manière (en diagonale) et qui a su s’enrichir au contact de l’Autre, avant de venir s’établir (définitivement? Ou occasionnellement… pour se ressourcer avant chaque nouvel album?) sous les lumières fatiguées de Paris la fière et de jouer les intégrés de la seconde heure (traduisez cette expression par la notion d’immigré accepté et respecté, parce que talentueux dans son domaine). Paris, lieu mythique, fait de rencontres diverses et variées, salue son courage et lui redonne toute la force de son inspiration. Résultat: le son de Ray Lema, atypique et multiforme, refuse de fait les subtils clichés qui figent. L’homme est natif du Zaïre mais se refuse à reproduire le son clichétique du soukouss triomphant, façon fesse-qui-roulent… Il y a fait ses premières armes:...

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