Marie-Line

De Mehdi Charef

Portrait de femme, mené de main de maître, ce film est une véritable analyse de la France moyenne – celle qui est résignée et médiocre par dépit. Marie-Line, incarnée à merveille par Muriel Robin, est un personnage entre deux eaux. Sa destinée lui échappe. Sa vie est sur un fil. Elle manque de péter un plomb à tout moment. Mais elle aime son travail, traque le bonheur à l’eau de rose et espère des lendemains meilleurs pour elle et les siens. Obsédée par le travail bien fait, elle est responsable d’une équipe de nettoyage, à qui elle mène la vie dure… Elle a sa carte dans un parti d’extrême-droite, exprime surtout des envies de racisme ordinaire et se méfie sans cesse de ses employées, dont la plupart sont immigrées clandestines. Celles-ci l’admirent et la respectent pourtant. Mehdi Charef aurait pu tomber dans un manichéisme de bon aloi. Il a préféré nuancer le propos. Marie-Line pouvait être un enième long métrage sur la xénophobie d’obédience primaire. Avec ses clandestins à bon prix, ses fachos rangés et ses petits drames au quotidien. C’est devenu un film sur l’humanité perdue et retrouvée d’une femme de cité dortoir. Une femme qui en veut à la vie et à la société entière mais qui se découvre généreuse et sensible « au travers des autres ». Le ton est juste, le propos sans excès, l’émotion dosée. C’est aussi un film sur l’exploitation dans une société qui se représente ses petites gens comme du « bétail ». A voir absolument.

1h 40, avec Muriel Robin, Fejria Deliba, Valérie Stroh, Yan Epstein, Gilles Treton, Mbembo, Aïssa Maiga, Selma Kouchy, Antonia Malinova, Véronica Novak, Sydney Kabran. Distr. Rezo Films. Sortie le 20 décembre.///Article N° : 1706

Partager :

Laisser un commentaire