Mulemba xangola

De Bonga

Le disque du mois
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Très jeune exilé, c’est à Rotterdam que Bonga sort son premier album en 1972. Il se distingue tout de suite par sa voix suave et son engagement à travers sa musique et ses textes. Né d’une mère zaïroise et d’un père angolais, il voue sa vie à son pays, l’Angola, qu’il quitte très jeune. Aux Pays-Bas, il rencontre d’autres Africains, notamment Capverdiens, et des compatriotes angolais avec lesquels il joue et chante la nostalgie. Bonga 74, son second enregistrement, coïncide avec l’indépendance. C’est aussi le moment que choisit l’artiste pour rentrer dans son pays où sa réputation l’a précédée.
C’est presqu’un nouveau départ pour Bonga. Il développe rapidement un style très vite copié par d’autres : au semba traditionnel, il rajoute une dose de morna et de rumba qu’il marrie aux sonorités occidentales, héritage de l’exil, ou emprunté à la culture portugaise. Il sillonne l’Afrique et l’Europe, devient l’ambassadeur de la musique angolaise.
La fin de ce siècle marque une nouvelle étape dans la vie de l’artiste. Avec Mulemba xangola (prononcer changola), il s’attaque au public européen. Il propose une musique joyeuse, rythmée. On peut l’entendre brésilienne, capverdienne, ou portugaise, on y retrouve la magie qui l’a habitée à ses débuts, ainsi qu’une joie de vivre (de partager). Il est vrai que l’Angola n’est plus sous le joug du colonisateur, mais demeure sous l’emprise de la guerre. Il chante la paix. Peut-être sera-t-il entendu ? A sa manière, il contribue à la reconstruction et à la reconnaissance par l’opinion internationale. Encore un engagement : son avenir est lié à celui de son pays. L’opus comporte de nombreuses perles, comme Kimone amarelo, recordando, mulemba xangola, bunguleiros da noite, kisanusangu.

Mulemba xangola , de Bonga (Lusafrica) ****///Article N° : 1537

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