“Sitarane a éprouvé le besoin de devenir le héros de sa propre vie”

Entretien de Dominique Ranaivoson avec Jean-François Samlong

à propos d'Une guillotine dans un train de nuit

Cet étrange titre pourrait être celui d’un roman policier. Or, vous avez choisi de reprendre un fait divers de 1909 en livrant d’emblée son issue au lecteur puisque, au début de chaque chapitre, le criminel est dans le train de nuit qui l’emporte vers la guillotine. Pourtant, le rythme rapide, les détails de la traque et le croisement des points de vue construisent un vrai suspens. Votre roman est-il quand même un roman policier ? Effectivement, plusieurs personnes m’ont fait cette remarque : le titre fait plus penser à un roman policier qu’à un roman dit classique. Mon intention n’a pas été d’écrire un roman policier. En fait, le titre m’a été donné par l’histoire elle-même puisque la guillotine a voyagé dans le même train que les deux condamnés à mort, Sitarane et Fontaine. Quelle ironie ! Ce titre me permet de mettre l’accent sur les trois actants principaux de ce voyage au bout de la nuit : Sitarane, Fontaine, la guillotine (trait d’union tranchant entre les deux hommes qui seront décapités à l’aube, mais aussi symbole de la loi des hommes et de Dieu, le passage obligé de la vie à la mort, voire de la mort à l’enfer promis). Grâce au titre, le regard se fixe sur l’un des éléments essentiels du drame, c’est ainsi que la guillotine crée le suspens dans et hors du texte (hors du contexte historique également) : dans, puisque Sitarane et Fontaine ne pourront pas échapper à la mort qui les attend ; hors, puisque la parole de la guillotine est celle-ci, sans équivoque : “C’est moi que vous trouverez sur votre chemin, chaque fois que vo...

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