Cinéma/TV

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Co-scénaristes et co-producteurs de Paris selon Moussa

Quelles ont été vos chances et difficultés dans la production de ce film ? Danielle Ryan : Le travail de Cheick Doukouré était un atout, avec sa filmographie : en dehors de Bako qui l’avait rendu célèbre dans toute l’Afrique et dont il était le comédien et scénariste principaux, il avait fait « Blanc d’ébène » et « Le Ballon d’or ». Sur ce film, nous avions un producteur mais disons par délicatesse que les choses n’ont pas pu aboutir. Nous avons donc créé ensemble, co-scénaristes, notre propre société « Les Films de l’alliance » et avons fait le tour de ceux qui avaient participé à…

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Cheik Doukouré © OB




Interprète de Bandian dans Le Ballon d'or de Cheik Doukouré

Cannes, mai 2002

Aboubacar Sidiki Soumah revient sur sa chance d’avoir pu tourner « Le Ballon d’or » et ce que cela change pour un jeune d’être acteur dans un film.

Principal rendez-vous mondial, le Festival de Cannes fait œuvre de baromètre pour une cinématographie. Voilà que l’Afrique noire est de retour dans les sélections cannoises : que cache le phénomène ?

Les images de l'article
Abouna, de Mahamat-Saleh Haroun © Frank Verdier/Duo Films
Kabala, de Assane Kouyaté © D.R.




Entretien d'Olivier Barlet avec Khaled Ghorbal

Cannes, mai 2001

Votre regard est à la limite du documentaire : le témoignage prend le dessus. Avez-vous mené une enquête pour faire ce film ? C’est moins une enquête que des rencontres. Quand l’idée s’est imposée, j’ai parlé avec les gens, j’ai observé la réalité. Le film est une parole, une nécessité de dire les choses. La question de la virilité des hommes et de la parole des femmes s’impose dans une cinématographie arabe où l’intime prend une place toujours grandissante ? La société évolue : les femmes avancent dans leur conquête de savoir, de liberté. Je n’ai pas les solutions, je…

Ouagadougou, mars 1995

Le risque de la dépendance La France joue une position clef dans le cinéma africain pour des raisons historiques. Le ministère de la Coopération trouvait important d’aider des auteurs africains à exprimer leur vision de la réalité dans une Afrique en rupture. La dualité d’une Afrique qui naît face à une Afrique traditionnelle encore prédominante bien qu’également en voie de mutation sollicite tout de suite la caméra. Le ministère de la Coopération n’a ainsi pas eu la volonté de dicter quoi que ce soit et les films qu’il a aidé sont d’une grande diversité. A partir du milieu des années…

Paris, 1997

Filmer pour exister Je suis arrivé en Europe à 18 ans. J’allais beaucoup au cinéma à Kinshasa. Là-bas, le fait de pouvoir bosser un jour dans le cinéma me semblait complètement inaccessible. Même en Europe, il m’a fallu un certain temps avant de commencer à croire que cela était possible. Mais ça restait encore comme un rêve qu’on ne peut pas réaliser. En plus, le chemin d’études sérieuses était déjà tracé. Durant mes études de commerce à Rome, j’ai commencé à faire du théâtre, du doublage, de la figuration. J’ai fait ensuite une école d’art dramatique à Bruxelles puis j’ai…

Paris, 1997

La vitalité africaine J’ai commencé sagement par l’histoire pour me forger une culture générale. Le cinéma m’est venu après des envies de journalisme. J’ai vite appris à mes dépens combien cette voie de l’information était pleine de menteurs. Aussi, j’ai préféré me faire embobiner par le cinéma. On travaille pour l’éphémère. C’est un métier investi de rêveurs convaincus d’influer sur l’opinion des individus. On pense transformer les mentalités. J’ai trouvé là un bon terrain pour allier l’écriture à l’image. L’image est un langage intrinsèque et c’est même une langue, plus universelle et plus directe avec ses codes, sa grammaire, son…

Ouagadougou, Fespaco, février 1997

Vous connaissez de grosses difficultés de financement… Les contraintes de financement que nous avons maintenant sont de loin plus restrictives que celles que nous avions il y a vingt ans. Depuis trois ans, aucune chaîne de télévision ne diffusent nos films : c’est un manque à gagner car on réfléchit en termes d’audimat. L’exigence de dépenser l’argent en France posée par les institutions me fait poser la question pourquoi on m’en donne : autant ouvrir un crédit au laboratoire ! D’autres organismes ne commencent à nous verser l’argent qu’au premier jour de tournage, ce qui nous oblige à faire appel à des crédits…

Entretien d'Olivier Barlet avec Gahité Fofana

Ouagadougou, mars 2001

Quelle est l’origine de cette production ? À l’origine il y a la chaîne Franco-Allemande ARTE ; j’ai rencontré Pierre Chevalier responsable de l’unité fiction de ARTE France il y a deux ans ici au Fespaco, il a vu « Mathias, le procès des gangs » et m’a demandé si j’avais un projet de fiction. Je suis parti du titre que j’avais déjà en tête depuis longtemps et de quelques notes, le reste s’est fait très rapidement. Qu’est-ce qui t’a amené à jouer toi-même le personnage central ? J’ai longtemps cherché un acteur pour jouer Mathias. J’ai rencontré de jeunes métis en…

à propos de Ta Dona et Taafe Fanga

Sortir du conte Avec Ta Dona, j’avais voulu faire un film sur l’environnement avec le problème des feux de brousse. Avant de venir au cinéma, j’étais instituteur et avais donc un certain vécu avec les paysans, ce qui me poussait à vouloir sensibiliser contre ce fléau. Mais le film était aussi marqué par la fermentation de la vie économique et politique dans un Mali dominé par la dictature depuis 23 ans. Ceux qui lisaient le scénario me déconseillaient d’y intégrer cette réalité… J’ai du mal à faire quelque chose de linéaire : tout est imbriqué. Chaque séquence est une touche de…

à propos du Complot d'Aristote

Pourquoi avoir choisi Aristote ? Quand on m’a demandé de faire un film sur le cinéma africain pour le centenaire du cinéma, c’était déjà contradictoire. De plus, les autres réalisateurs étaient des grands, comme Scorcese, Bertolucci, Godard, Frears… et moi, je n’étais personne… Je me suis donc demandé ce qu’était le cinéma moderne : raconter des histoires ! Dans les stages de scénario, la première personne citée est Aristote :  » une bonne histoire doit susciter la crainte et la pitié « . J’ai donc relu La Poétique , base de tous les récits occidentaux. C’est là que se fait la différence avec l’Afrique. L’humour et la dérision…

Paris, 1997

Paris, une nuit de neige. Au téléphone, je dis à Bouna que je travaille sur les cinémas d’Afrique noire. C’est ce pluriel qui m’ouvre sa porte. Il refuse l’étiquette de cinéma africain :  » Je fais du cinéma !  » Ni notes, ni magnéto :  » Tu écriras ce que tu sens « . L’heure est tardive mais le yassa est délicieux. Bouna Medoune Sèye vit et tourne la nuit. On parle des autres, des proches. De Djibril Diop Mambéty, le grand frère, l’avant-garde, le maître. Et d’Ahmet Diallo. Bouna regrette de n’être arrivé que le lendemain de sa mort. Une crise d’asthme sur un trottoir de Dakar.…

Paris, 1997

Le choc des cultures Avant Blanc d’Ebène (1991) et Le Ballon d’Or (1993), j’avais en 1978 travaillé sur Bako, l’autre rive, de Jacques Champreux, qui a obtenu le prix Jean Vigo, un film sur l’immigration, une autobiographie personnelle. Mon prochain film, Toubab or not toubab, reste, comme Black micmac (1985) que j’avais écrit avec Thomas Gilou, sur le thème du voyage et de l’immigration. Je garde des westerns avec lesquels j’ai découvert le cinéma ce côté pionniers : les immigrés se sont comme eux lancés dans l’aventure de la découverte. Ces films sur l’immigration me replacent dans ma réalité d’immigré en…

Namur, octobre 1999

Fespaco 1997 Avec Haramuya, tu modifies radicalement ton approche cinématographique. La vie moderne est active et dynamique. Je propose des images qui provoquent une réaction dans la tête des gens soumis à cette course quotidienne. Faut-il la montrer ou pas ? Je n’en suis pas juge. Le film est ancré dans une mosaïque du réel, un peu à la façon de « Short Cuts » de Robert Altman… Je ne l’ai pas vu. J’ai voulu ce style. Pas une écriture linéaire, pas d’intrigue, pas de dénouement. Simplement prendre un groupe de gens qui sont ensemble. Ça m’intéresse de voir comment les gens…

Paris, 1997

Un regard moderne Po di Sangui, mon dernier film, est un regard sur ma société de Guinée Bissau et sur l’Afrique mais c’est aussi un regard extérieur. On parle beaucoup d’environnement mais nous n’avons pas la même sensibilité que vous : nous essayons de couper une partie de nous-mêmes pour la vendre. C’est pourquoi je suis parti de contes qui disent que pour chaque personne qui naît, on plante un arbre, une espèce précieuse de la forêt tropicale dont la sève coule rouge. Dans ma langue, ce créole mélange de portugais et de langues africaines que l’on utilise en Guinée Bissau,…

Milan, mars 1997

Le budget influence l’image Etant jeune, j’aimais voir des films mais n’ai songé à faire du cinéma que lorsque je suis venu aux Etats-Unis (Minesota) pour y faire des études de journalisme. Je ne pouvais cependant trouver dans le journalisme l’implication que je cherchais, les événements dont je devais parler ne me concernant pas automatiquement. Je voulais dans ma vie davantage de créativité. Je m’intéressai au cinéma et entrai à l’UCLA (Université de Californie, Los Angeles) où je réalisai un court métrage, Kentu (1987) sur un étudiant africain qui doit décider s’il retournera dans son pays. Haïlé Gérima m’offrit de…

Berlin, février 2000

Tu m’avais dit que tu t’inspirais de ce langage griotique qui s’appelle le Kasala, qui est donc originaire du Kasai. S’agit-il pour toi de quelque chose de pensé ou de très spontané, en références mentales ? En écoutant le kasala, on est ému, mais c’est surtout en comprenant comment il fonctionne. Il ne fonctionne pas sur les émotions, il fonctionne sur les images que le narrateur suscite en toi. Les images d’un passé de bravoure, du présent, du futur ; contrairement aux griots maliens, les diseurs de kasala ne glorifient pas une personne, mais installent une personne dans une lignée,…

Paris avril 1997

Qu’est-ce qui t’a amené au cinéma ? Je viens de l’écriture et le cinéma en est un prolongement. Et depuis que je suis petit, j’aime raconter des histoires. J’ai commencé à publier en 1985 avec Zaïre 1885-1985 : cent ans de regard belge, sur l’image du Zaïrois dans les mentalités populaires en Belgique sur une centaine d’années. Il y eut aussi un long poème chez New Art à Los Angeles, Not guilty. En 1990, j’ai publié un roman, L’Adieu au cadavre, qui est l’histoire du Papa national du Damier et presque celle de ce qui se passe aujourd’hui en Afrique…

Créteil, avril 1998

La Sénégalaise Isseu Niang et la Nigerienne Zalika Souley étaient avec Safi Faye les grandes invitées du festival du film de femmes de Créteil. On connaît Isseu Niang pour ses rôles marquants dans Le Mandat et Guelwaar d’Ousmane Sembène, Diègue-Bi, Lambaye et Fann Océan de Mahama Johnson Traoré, Le Certificat d’indulgence de Moussa Bathily, Jom d’Ababacar Samb Makharam et récemment Mossane de Safi Faye et Tableau Ferraille de Moussa Sene Absa. Zalika Souley est la star du cinéma nigérien. Elle a tourné avec Oumarou Ganda dans Le Wazzou polygame, Saïtane, l’Exilé, mais aussi avec Mustapha Alassane, Mustapha Diop, Djingareye Maïga……

Paris, juin 1997

Dans le film du Tchadien Mahamat Saleh Haroun qui vous est consacré, vous insistez sur les flash backs quotidiens que vous avez sur votre propre enfance. Pourquoi ? Pour essayer d’être simple, ce qui n’est pas facile, je dirais que l’arbre sans ses racines n’existe pas. L’être humain est ainsi : nous sommes des arbres. Chez les Malinkés, la nature a plus que sa place : elle a un caractère indispensable et sacré. Malinké veut ainsi dire la nature au sens large. Mon fils Dani s’appelle ainsi car son nom signifie  » la semence « … Il m’est arrivé qu’on me demande quels étaient les moments…

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