Cinéma/TV

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De Nadia El Fani

Sacrée femme ! Kalt n’a pas froid aux yeux. Mieux : elle défie toute l’Europe dans ce qu’elle a de plus fort : la technologie. Kalt est un hacker télévisuel : elle réussit à brouiller les images des télévisions occidentales et à y insérer un petit dromadaire dénommé « Bedwin Hacker » et quelques messages bien sentis, affirmant l’existence des gens du Sud : « nous ne sommes pas des mirages » ! Belle inversion : Kalt est Tunisienne, le Sud brouille le Nord pour lui rappeler qu’il est là. Inutile de préciser que ça fait du bruit en hauts lieux : la DST…

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New York, avril 1997

Défendre une partie de soi La Bataille de l’arbre sacré, mon premier long métrage, est tiré d’une nouvelle ougandaise que j’avais lue lorsque j’étais encore à l’école et que j’ai décidé de tourner lorsqu’étudiais le cinéma. Je pensais pouvoir y induire tout ce que je voulais exprimer, de l’humour au regard sur la société. Un arbre signifie aussi bien les racines, la nature, le passé qui prépare l’avenir… et ainsi la stabilité, la continuité, et même la réflexion critique : cet arbre n’est pas un arbre ordinaire puisqu’il est sacré. J’ai adapté cette histoire à la réalité kenyane et ai fait…

Cannes, mai 1997

Pourquoi le cinéma ? Je suis né en Guadeloupe et y ai fait très jeune, dès 13 ans, de la radio. Havas commençait à s’intéresser aux radios libres et, de la publicité radiophonique, je me suis intéressé à la publicité audiovisuelle. Des copains de lycée faisaient de la vidéo et on a tiré des séries informelles. Je suis venu en métropole pour y faire des études de mathématiques et m’étais également inscrit dans une section images-spectacle-audiovisuel. Et j’ai laissé tomber les maths… Le cinéma me permettait de raconter des histoires avec de la lumière et des sons. Mon père était musicien ;…

Entretien d'Olivier Barlet avec Jean-Marie Teno

Au Fespaco de Ouagadougou, février 1999

Pourquoi s’organiser entre cinéastes comme ça ? Depuis quelques années, nous, cinéastes africains résidant en France, nous avons essayé de nous constituer en association, de manière à nous rencontrer souvent, parler de nos problèmes, puisqu’ils sont les mêmes, et de manière à pouvoir défendre nos intérêts. Face, non seulement aux festivals qui nous sollicitent souvent individuellement, parfois avec des discours tout à fait contradictoires pour les uns et pour les autres, notamment par rapport à la location des films. Par rapport aux diffuseurs, il se trouve que très peu de films africains sont diffusés en Europe où nous vivons en fait.…

Paris, janvier 1998

Guelwaar, votre dernier long métrage, est très peu passé en France : arrivez-vous à le présenter en Afrique ? Je l’exploite au Sénégal et dans toute l’Afrique francophone. Il passe dans des salles d’exclusivité et dans des salles périphériques où le fisc a moins de contrôle, ce qui n’est pas sans poser des problèmes. Quant à la France… L’Europe n’est pas mon centre et je suis moins concerné par le succès que mes films y rencontrent. Mais il est passé dans les festivals et à la télévision en Allemagne, Angleterre, Belgique etc. Que vouliez-vous y aborder ? C’est un film de réflexion posé…

Entretien d'Olivier Barlet avec Samba Félix N'Diaye

Présenté au Fespaco, Ngor, l’esprit des lieux est pour Samba Félix N’Diaye, célèbre documentariste sénégalais, un premier long métrage en forme de manifeste : comme dans tous ses autres films, il filme la résistance africaine. Quartier de l’extrême ouest de Dakar, Ngor a su par la force de son organisation sociale résister aux urbanistes et à certains travers de la modernité. La force de ce film est de nous faire pénétrer dans l’intimité de ses habitants pour révéler les secrets de cette résistance. Ngor, l’esprit des lieux se situe ainsi à la limite de la fiction :  » une histoire de charme, de…

Paris, 1997

Produire et distribuer autre chose Depuis que j’ai créé en 1990 les Ateliers de l’Arche, je n’ai que produit les films des autres. Je voulais au départ comme réalisateur disposer d’un outil de travail et d’une certaine indépendance pour permettre d’exister à ces choses un peu fragiles que je sentais à la marge du grand boulevard de ce qui se faisait comme cinéma en Afrique, qu’elles viennent de moi ou qu’elles soient proposées par autrui. J’ai également créé une structure de distribution grâce à laquelle j’ai sorti Jom d’Ababacar Samb Makharam. Quand les films d’Afrique ont commencé à pouvoir exister…

Comment êtes-vous arrivé au cinéma, quelle est votre démarche ? Sur la situation en Angola, les connexions qu’il y a là-bas aussi Le cinéma pour nous est d’une importance excessive, c’est la façon la plus simple pour nous de communiquer entre nous, l’importance qu’a le cinéma pour nous c’est d’être corrolated to the action that be taken in the relation to film making, … i was one of a counters, that from it borns in 1975, j’ai bien étudié les potentialités, l’importance pour le développement national du cinéma, nous avons des actions relatives, tout ce que les autres pays africains n’ont…

Paris, 1997

Un public mais un marché trop étroit L’expérience montre qu’on ne peut pas décréter à priori ce que doit dire le cinéma. Il doit être et les films doivent se faire. Dans l’ensemble de la production, des choix personnels et des directions s’affirment. Appliquer à un cinéma africain un a priori revient à demander à quelqu’un qui n’a pas l’occasion de nager d’avoir un style particulier dans la natation ! En fait, le cinéma africain doit surtout refléter une sensibilité africaine et dans la mesure du possible être un cinéma professionnel. Le Nigeria est une situation particulière car son cinéma ne…

Cannes, mai 1997

Pour un cinéma populaire Ce qui me donne la force de travailler, c’est la passion. On croit toujours être à une étape décisive et définitive ! Et pourtant, l’évolution de la vie fait que de nouvelles choses arrivent qui marquent les films. Ils correspondent toujours à une étape importante de ma vie : je suis un être humain avant d’être un cinéaste ! Lorsque j’étudiais, j’aimais bien les films de réflexion  » art et essai  » mais aujourd’hui, je pense devoir parler au grand public, de préférence africain, celui des grandes villes, où se trouvent les salles, sinon le plus large possible car je ne…

Entretien d'Olivier Barlet avec Moussa Touré

Cannes, mai 1998

Le contexte de TGV est en définitive assez tragique… Oui, mais je ne fais pas que parler de l’Afrique. Je trouve que tout voyage a quelque chose de tragique. Ce film ne nous parle pas de ce qui se passe en Afrique, mais de se qui se passe pendant un voyage. Je ne suis pas un messager qui s’accrocherait à ce qu’il y de tragique en Afrique. Ce peuple est complètement imaginaire, même son nom ? Son nom n’est pas imaginaire, mais il n’est pas sénégalais. On reste donc dans l’imaginaire. Ce peuple en vient à prendre les armes pour récupérer…

Paris, mars 1997

Qu’est-ce qui t’a amené au cinéma ? Mon père est mort lorsque j’avais 14 ans, mais il était passionné de photographie. Je lui disais toujours que j’aimerais bouger, et même des photos qui bougent. Il m’a laissé ses appareils et j’ai fait des photos qui bougent, donc floues ! Mes copains me prenaient pour un fou : chaque fois que je voyais la poussière se soulever, je leur disais :  » regardez comme c’est beau « . Je suis allé voir Johnson Traoré et lui ai dit que j’aimerais faire du cinéma. Il m’a fait participer à Njangaan, qui se passait en Casamance. Je n’avais pas grand…

Entretien d'Olivier Barlet avec Moussa Sene Absa

Ouagadougou, Fespaco 97

L’art aide à rendre les gens heureux en les aidant à digérer la vie : il permet d’avoir prise sur ce qui nous entoure… J’essaye de faire abstraction de tout ce que je connais. L’ennemi de l’art, c’est l’ennui. L’artiste doit rester inventif car c’est une façon de croire en Dieu. Nous sommes des cousins de blagues de Dieu. Sa création est parfaite et nous en faisons une parodie. Elle doit être sincère. Je suis dans mon travail en quête d’une beauté absolue. L’art n’a pas de discours : ce qui est beau ne se définit pas, il est de l’ordre du…

Paris, 1997

Affirmer une vision Il y a deux types de films : les films coup de gueule qui sont poignants et mettent les pieds dans le plat, et les films coup de coeur, films tendresse qui caressent dans le sens du poil et réconfortent les gens dans ce qu’ils sont. Depuis quelques années, je préfère les films coup de gueule qui racontent une histoire avec une volonté narrative qui ne réconforte pas les gens dans ce qu’ils considèrent comme sûr, acquis, routinier : essayer de faire réfléchir sur les enjeux de notre humanité. Il faudra bientôt faire le bilan de l’apport de chaque…

Festival Racines noires, Paris, juillet 1998

Comment en êtes-vous venu à faire du cinéma ? La première raison qui m’a fait faire du cinéma était la révolte que je ressentais face aux images du Noir visibles sur les écrans. Lorsque j’étais jeune, j’avais honte : les films hollywoodiens ne montraient que des Noirs cons, stupides, méchants ou  » banboula  » ! Jamais des gens travailleurs, courageux etc comme j’en connaissais ! Je voulais changer ça mais à l’époque, le cinéma était un mythe inabordable. Alors que je travaillais dans une société de San Francisco, j’ai fait un essai sur ma vie comme travailleur. Il a été publié et a eu un certain…

Entretien d'Olivier Barlet avec Med Hondo

Paris, janvier 1998

Quelle retentissement attends-tu de cet événement ? Les films africains n’intéressent plus les exploitants de salles, ce qui rend très difficile leur accès au public. Je travaille depuis six ans à cet hommage car il me semble important. J’ai convaincu Ousmane puis le Cinéma des cinéastes, non sans difficultés même si c’est moi qui ait donné son nom à cette salle ! Les films de Sembène sont importants : j’essaye de mobiliser les journalistes pour qu’ils en parlent et les salles dites d’art et d’essai pour qu’elles reprennent les films. Tu essayes de démarrer un circuit. Oui. Le budget d’un tel événement est…

Cannes, mai 1998

Comment travaillez vous ensemble, quels types de rapports avez-vous dans ce groupe de gens qui veulent rénover le cinéma ? On se connaissait plus ou moins de vue, on a vraiment lié connaissance au Fespaco. On avait entendu chacun parler des uns et des autres, on se croisait dans les salles de montage, mais on n’avait pas encore perçu qu’on constituait un groupe générationnel. C’est en découvrant les films des uns des autres, Balufu, José Laplaine, le projet de David Achkar auquel j’ai collaboré et qu’il va tourner dans quelques mois, c’est là qu’on a commencé d’un seul coup à pressentir…

Paris, 1997

Filmer la poésie Le contexte historique de mes débuts exigeait un cinéma militant qui aujourd’hui me reste collé à la peau : j’ai, comme tout le monde, beaucoup de difficultés à travailler. Révolutionnaire et féministe : une image aujourd’hui négative que je suis obligée de gommer parfois pour arriver à faire des films. Le fait d’avoir fait Sambizanga (1972) et d’avoir été dans les maquis fait croire encore aujourd’hui que j’ai trois bombes dans les poches… Je travaille en ce moment à un sujet pour RFO sur les Frères Lumière. On m’a dit :  » Ne venez pas nous dire qu’ils ont collaboré pendant…

Montréal, avril 1999

Vous abordez des sujets graves avec une grande légèreté. Est-ce votre caractère ou un choix particulier? Le ton de mes deux films précédents, Un amour à Casablanca et La Porte close, était assez dramatique, effleurant parfois le tragique, ce qui correspondait à leur contenu. Dans Les Casablancais , par contre, j’ai essayé d’explorer une autre approche en relation avec la singularité des itinéraires qui s’entrecroisent dans le film. Ainsi, par exemple, il m’a semblé plus pertinent d’adopter le ton de la dérision pour traiter de la relation archaïque que l’autorité en vigueur au Maroc continue d’entretenir avec la population. Il…

Ouagadougou février 1997

Comment es-tu arrivé au cinéma ? J’ai une formation de styliste que j’avais fait à l’âge de 16 ans à Paris. Ce travail m’a conduit à New-York où je partageais un appartement avec des danseurs de Broadway. J’ai commencé une école de danse à Harlem mais ai vite compris que je n’avais aucune chance à Broadway, la concurrence étant tellement vive. Le cinéma m’a attiré et j’ai fait une école d’acteurs où on a trouvé que j’avais une certaine originalité. J’y ai pris goût et en ai fait mon métier. Et tes origines ? Je suis né au Zaïre puis en suis…

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