Pourquoi le spectacle américain est-il sans cesse, des premiers minstrel shows à aujourd’hui, parcouru par des réminiscences africaines ? Un trouble et une fascination engendrant souvent une caricature révélatrice de la peur de l’Autre.
Entretien de Taina Tervonen avec Rabah Ameur Zaïmèche à propos de Wesh Wesh. Qu'est-ce qui se passe ?
Paris, mai 2002
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Africultures | Entretien
Pour son premier film, Rabah Ameur Zaïmèche est revenu à la cité des Bosquets où il a grandi, « fils de patron au milieu de fils d’ouvriers, ce qui m’a construit », précise-t-il. La vente des parts de la société familiale lui a donné les moyens financiers de faire le film, tourné avec une simple caméra et une équipe réduite de 2-3 techniciens. Un an de tournage et un autre de montage, « pour prendre son temps », puis une année d’attente avant que de trouver un distributeur. Wesh Wesh. Qu’est-ce qui se passe ? est finalement sorti en salles entre les deux tours des…
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propos recueillis par Olivier Barlet | Document
Sembène Ousmane, doyen et figure historique de la cinématographie subsaharienne, répond aux questions posées lors de la conférence de presse au Fespaco sur le premier volet de sa trilogie Héroïsme au quotidien, Faat Kine, présenté au festival. Faat Kine est une femme trahie par le père de ses enfants et raconte sa rude ascension. Le film livre des portraits de femmes comme sa mère, image d’un passé qui s’estompe, et sa fille, silhouette de l’Afrique de demain, tandis que Faat Kine s’impose dans le présent.
Réalisé il y a dix ans, cet amer réquisitoire n’a pas pris une ride. Bien sûr, l’Histoire reste ce qu’elle a été : centré sur le Cameroun, le film évoque la colonisation, le travail forcé, les tirailleurs et les désillusions de l’indépendance, cette « démocratie truquée » qu’évoquait Célestin Monga dans une lettre au président Paul Biya. Mais ce qui n’a pas vieilli, c’est le génocide culturel orchestré en Afrique et la dépendance vis-à-vis de l’étranger. Teno enquête dans les bibliothèques des centres culturels français à la recherche des auteurs africains, dénonce la dépendance du marché du livre, ballade sa caméra sur…
L’auteur de Femmes et femmes, peinture de femmes dans le Maroc d’aujourd’hui qui y avait rencontré un franc succès, situe cette fois son film à la fin de l’époque coloniale. Encore une glorification du combat contre le colonisateur pour la libération nationale ? Aucunement ! Si la lutte nationaliste est bel et bien montrée, elle improvise et fait des erreurs ! Quant au lieutenant français qui commande la petite garnison, c’est un bon bougre qui se demande ce qu’il fait là. Plus encore, sa femme photographe entretient des rapports intimes avec des Marocains. De cette ambiguïté naîtront les problèmes qui,…
17ème Festival International du Film Francophone de Namur - Belgique (27 septembre - 4 octobre 2002)
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Olivier Barlet | Reportage/festivals
Namur est un pèlerinage. Chaque année en début d’automne en terre wallonne, cette année avec un beau soleil, ce festival réunit avec d’impressionnants moyens (150 films, 200 invités, 150 accrédités professionnels et 200 journalistes) des cinéastes, acteurs, professionnels de toute la francophonie. Jusqu’ici, l’Afrique y tenait un place plus que privilégiée, le festival jouant à plein un rôle de découverte et de promotion. L’ancienne directrice, Dany Martin, convaincue de la nécessité de donner au moins une fois l’an une visibilité aux films du Sud et persuadée de leur valeur, arguait des 52 % de représentation de l’Afrique en terme de…
Leïla coupe des oignons qui la font pleurer. Elle s’approche de la fenêtre et se met à chanter de sa belle voix avec la radio un air mélancolique… On se demande si El Koutbia n’a pas effectivement la mélancolie pour programme, ou faut-il y voir comme Raphaël Millet dans son livre Mélancolies méditerranéennes un trait de l’âme arabe ? Aïcha demandera à Jamil pourquoi la tristesse serait belle et le film semble tenter une réponse. Jamil est l’éternel voyageur, engagé comme assistant par Tarek, l’éternel sédentaire, dans la librairie où tous vivent, lui, sa femme Leïla, l’éternelle insatisfaite, et sa…
Le film reprend ce que dit le livre (cf l’article d’Abdourahmane Waberi sur cet ouvrage, publié dans Africultures 51), témoignage d’un rescapé du génocide que la directrice du Centre culturel français de Kigali et les parachutistes français ont lâchement laissé tomber en se repliant, sans suivre le télégramme diplomatique les y invitant, et alors qu’il avait servi le centre durant 24 ans. Vénuste Kayimahe parle de cette France idéalisée qu’il se représentait au départ, mais aussi de ces rencontres douteuses à l’ambassade avec les extrémistes hutus, exemples du soutien tant politique que militaire apporté par la France au régime qui…
Pour le simple plaisir de revoir une dernière fois Jean Rouch dans cette salle aux fauteuils très rouges et très usés du Musée de l’Homme en perdition, et qui, en racontant un souvenir d’enfance sur son père, rappelle qu’il faut rompre les amarres ! « Nous n’étions pas irrespectueux, nous étions croyants », dit-il à propos de la rue d’Ulm où il fréquentait Godard et Truffaut. Apothéose, il chante de chant des partisans, si bien que ces huit minutes d’hommage parfaitement choisies sans en rajouter ont la densité d’une vie. (cf interview de Jean Rouch dans les liens) Le jeune Lionel Baier…
Le retournement est bien sûr de montrer ici un immigré qui ne veut pas rester alors que tant d’Africains ne rêvent que de quitter l’Afrique. « Comment peux-tu abandonner un boulot et une belle femme pour un rêve en Afrique ? » demande un de ses amis à Akim. A Paris, il est habile mécano et formateur et se dit qu’il pourrait être plus utile en Afrique. Sauf qu’il ne l’annonce que bien tardivement à Isabelle avec qui il a partagé dix ans de vie commune. L’image traditionnelle de l’immigré est ainsi heureusement inversée quand on le voit distribuer autoritairement le…
Pire encore que « Le Septième ciel », ce film sombre dans une écriture contemplative où longueur des plans, musique languissante, panoramiques sur paysages désertiques (au demeurant magnifiques) et regards profonds tentent péniblement de dégager un symbolisme creux. A longueur de fados et de tangos, une relation s’établira entre les deux fous qui s’installent chaque jour de chaque côté d’une frontière grossièrement stylisée. Eprouvant et vide. ///Article N° : 2662
Un préalable : votre référence à Marco Ferreri, signalée en fin de film par une dédicace : » A Marco « . Qu’est ce qui vous lie à lui ? Le film est inspiré d’une histoire vraie. Marco m’avait envoyé en Afrique, pas au Cameroun où on a tourné, mais en Centrafrique, pour chercher des Pygmées pour les besoins d’un film qu’il tournait en Italie. J’ai été pendant dix ans son assistant et son ami. Il est vrai que son point de vue sur le Tiers-Monde en général et sur l’Afrique en particulier m’a beaucoup influencé. On avait un film » Y a bon les blancs « , tourné…
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propos recueillis par Olivier Barlet | Document
La circulation de la production cinématographique francophone : un enjeu pour la diversité culturelle. (notes personnelles prises durant le colloque et qui n’engagent nullement les organisateurs)
Un enfant fou s’enfuit dans un cimetière. L’image ne nous quittera pas dans ce film de folie et de ruines, tentative d’appréhender un territoire de l’extérieur, de ses frontières : la Palestine. La réalisatrice entreprend de « cerner Israël comme Israël cerne nos vies depuis si longtemps ». Elle commence par le Liban où le Hezbollah refuse d’utiliser le mot Israël, nie toute carte du pays et entretient ses enfants dans un patriotisme du juste retour sur une terre envahie par un ennemi qu’il s’agit de chasser à jamais, une fois Jérusalem « libérée ». En Syrie, « le pays de la guerre froide avec…
……Limité par le temps, je n’ai passé que quatre jours à Lussas. La programmation de cette année n’intégrait que très peu de films ayant rapport avec nos problématiques (patience cependant : il y en avait !). Mais Lussas, c’est chaque été un pèlerinage ! Je me rends en terre documentaire. Je quitte le village des Pilles où se trouve la rédaction (une centaine d’habitants à tout casser) pour partager quelques jours la vie d’un autre village à peine plus grand, à 100 km à l’ouest, qui tout d’un coup accueille des centaines voire des milliers de gens venant s’entasser dans…
vendredi 30 juin 2000 Ce ne peut pas être un hasard : le premier film a être projeté à la Biennale (en dehors de l’excellent « La Saison des hommes » de Moufida Tlatli en soirée d’ouverture, dont nous avons déjà dit tout le bien que nous en pensions dans notre rapport sur Cannes sur le même site) fut « Boudiaf, un espoir assassiné », de Malek Bensmaïl et Noël Zuric (Algérie/France, 1999). Certes, il n’est pas en compétition officielle, seulement dans la section « informative », mais le message est clair : c’est sous le signe de l’introspection que s’ouvre cette Biennale. Le film est…
Il y a quelque chose de Bresson chez David Williams, cette façon de refuser sans cesse de trop en dire, de chercher la bonne distance qui permet à l’être de s’exprimer sans induire le spectateur vers l’identification, la compassion ou même la sympathie. Pourtant, cette grand-mère noire qui accueille dans sa maison enfants et vieillards rassemble en elle tout ce qui pourrait appeler ces sentiments : son dévouement de chaque instant mais aussi et surtout sa détermination lucide (qui lui permet de réagir au quart de tour sur toutes les ambiguïtés racistes, comme lorsque deux assistantes sociales tentent de lui…
Nina a 13 ans et si le titre du film insiste sur ce point, c’est sans doute parce qu’elle ne se comporte pas comme une jeune de 13 ans. Entre sucer son doigt quand elle est troublée, ses silences et sa passion des voitures, elle est un microcosme à elle seule d’une tranche de société qui se cherche une dose d’humanité dans un tout qui ne veut pas d’elle. Pourtant, sa grand-mère Lilian, sujet de l’autre long métrage de David Williams (cf), veille. Elle reste ici une antidote à la désespérance, un recours possible, et en l’absence de la mère,…
Un camp de détention créé par Israël dans la « zone de sécurité » du Sud-Liban en 1985 et administré par l’Armée du Liban Sud. Un lieu de non-droit. Pour documenter le quotidien de la torture, de l’arbitraire, de l’humiliation et de la privation, les deux réalisateurs ont pour parti-pris de prendre six anciens détenus, de les placer en cadre fixe sur le même fauteuil, et de les laisser parler. Le montage enfile les thématiques, passant rapidement de l’un à l’autre : conditions de détention d’abord et puis comment se maintenir en forme par des exercices adaptés au manque d’espace, discuter de…