Cinéma/TV

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De Cheryl Dunye

Un film choc au féminin

Une prison de femmes haute sécurité, ça n’a rien de réjouissant. Et pourtant c’est là que Treasure Lee souhaite être transférée, dans l’espoir d’y retrouver sa mère dont elle a été séparée à la naissance. Mais Brownie, endurcie par des années d’incarcération, s’est reconstitué une famille, a une femme et des filles qui travaillent pour elle et négocient les pourcentages des gardes. Elle se révèlera aussi dure avec Treasure qu’avec ses filles adoptives. Cheryl Dunye, cinéaste et professeur à UCLA, a enseigné dans des prisons de femmes. Cette connaissance directe du sujet confère une impression de réel, avec ces passages…

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De Merzak Allouache

Chouchou enchevêtre plusieurs recettes. La première marche à tous les coups : un étranger arrive en France et s’étonne de tout. Et voilà Gad Elmaleh habillé en indien chilien, bonnet, poncho et collier de perles, baragouinant un mauvais espagnol avec l’accent arabe. Rire assuré. La deuxième consiste à montrer que cette caricature est un être humain sensible et attachant. Tendresse assurée. La troisième fait de ce naïf un gars plus que débrouillard, dont l’énergie le tire de tous les faux pas et l’astuce rend l’impossible possible. Identification assurée. Et enfin, la quatrième fait de ce vrai héros l’archétype de la…

Entretien de Souleyman Bilha avec Joseph Kpobly

Le chef décorateur béninois Joseph Kpobly a reçu au Fespaco 2003 à Ouagadougou le prix du meilleur décor pour  » Heremakono  » d’Abderrahamane Sissako. Une distinction qui permet de souligner le rôle que joue le décor dans la qualité d’un film. Aussi nous sommes nous rapprochés du distingué décorateur pour faire la découverte de ce métier du cinéma trop souvent marginalisé.

Avec 18 chaînes, Kinshasa est l’une des villes africaines les plus couvertes par la télévision.

Entretien d'Olivier Barlet avec Amina N'Diaye Leclerc

Cannes 2000

Près de 40 ans après l’arrestation de son père, la fille de Valdiodio N’Diaye fait de sa mémoire le symbole d’une nouvelle volonté politique. « Indépendance, unité africaine, confédération ». L’homme qui clame ces slogans face à De Gaulle en 1958 sera un des artisans du nouveau Sénégal et de sa fédération avec le Mali. Mais en 1962, le premier ministre Senghor accuse le ministre de l’intérieur Valdiodio N’Diaye d’avoir, avec le président du Conseil Mamadou Dia, comploté contre l’Etat et l’envoie, lui et ses idées, pour 12 ans en prison. Sartre, Césaire, même le Pape demandent sa grâce. Sans résultat. Sa…

Entretien d'Olivier Barlet avec Imunga Ivanga (Gabon)

Cannes, mai 2000

Quel était ton désir pour ce film ? Mon désir était de parler de l’adolescence dans un contexte urbain, mais aussi dans le cadre de Libreville qui concentre un certain nombre de passions et de désirs. C’est à travers elle qu’on suit l’évolution du pays. Bien sûr, cette jeunesse n’est pas représentative de toute la population, mais d’une bonne partie qui vit dans des quartiers déshérités. J’ai cherché à saisir leur destin au quotidien. C’est pour cela que ce film est une chronique plutôt qu’une histoire construite autour d’une bande. Ce lien avec l’actualité te semblait important pour le premier long…

De Jean Rouch

Au crépuscule de sa vie, l’infatigable Jean Rouch continue d’aller à la rencontre de ses amis africains et d’écouter et filmer les rituels avec lesquels ils consultent « les gens du ciel, ceux d’en haut et ceux d’en bas ». Sans rupture aucune avec ce qui a fait sa vie, il se passionne pour ceux qui n’acceptent pas que l’âme soit moins forte que la mort. Vieux rêve ! Leurs incantations le fascinent et il contemple dans leur durée les gestes, les chants et le jeu des instruments. Il appelle de ses voeux « une école de possession pour nourrir les pluies et…

De Jilani Saadi

Cela pourrait s’appeler « la résistible ascension de Khorma la bêtise » : ce marginal qui vit à Bizerte des prières rituelles aux morts, personnage typique des cimetières arabo-musulmans, considéré par tous comme un simple de par sa peau blanche et ses cheveux roux, va se trouver élu par les religieux qui détiennent le pouvoir sur les âmes et pensent pouvoir le contrôler. Mais Khorma prend son rôle au sérieux, organise le commerce des rituels, augmente les prix… La colère gronde et lorsqu’il fait une fête pour s’assurer la protection des hommes forts du quartier, il sera arrêté, crucifié, livré nu aux…

De Munir Jbawi

Les chiffres d’une page blanche s’animent et sont des personnages. Nous en suivrons deux qui s’aident pour passer un mur, évidente analogie de la frontière qui sépare de la richesse. L’un y parviendra, qui finira par défendre lui aussi le mur pour empêcher l’autre de passer… Un film d’animation sobre et sans prétention, simple et efficace, qui dit bien ce qu’il veut dire sans y mettre trop de poésie.

Paris, octobre 1995

Naissance d’Atria Je n’ai jamais su les raisons réelles de l’arrêt de la section technique du ministère de la Coopération. L’incendie a dû jouer un rôle. Cela a correspondu à un arrêt de l’aide et une remise en question. Que cela soit venu de pressions de gouvernements africains, on en a jamais eu la preuve. Des scénarios risquaient semble-t-il de poser problème. Le cinéma africain se développait, les demandes d’aide décuplaient. Le ministère a peut-être craint cette ampleur. L’aide a été arrêtée durant un an ou deux. Nous étions sur des films en cours et personne ne nous a prévenu :…

De Mokhtar Ladjimi

Une voix un peu lyrique évoquant celle de Frédéric Mitterrand légende sans légèreté ce documentaire bien documenté. Cela ne l’empêche pas d’être bien construit, toujours intéressant et instructif. Le rôle central tenu par les cafés des pays arabes dans la vie sociale et culturelle est mise en avant à force d’extraits de films, d’interviews, de visites dans des cafés historiques. Le café y est tour à tour lieu ouvert sur la rue et de toutes les rencontres, lieu stratégique, lieu du fantasme occidental de l’Orient, lieu de l’indicateur politique, lieu du conte avec les Akawaki, lieu par excellence des écrivains.…

De Mariane Khoury

L’introduction du film en donne le ton : une implication de la cinéaste qui se filme en train de choisir ses vêtements, sa coiffure, puis se met en scène en train de rechercher en bibliothèque les traces des premières femmes actives dans le cinéma égyptien, dès les années 20. On sent qu’elle veut retrouver la force qu’ont développé ces figures emblématiques pour transgresser les interdits et s’affirmer comme actrices, réalisatrices et productrices. A une époque sans studio où régnait encore l’amateurisme, Aziza Amir, la pionnière, vedette de théâtre devenue actrice et productrice, sera finalement célébrée à sa mort en 1952…

De Mohamed Ismaïl

« Et après… » ressemble à une roue tournant inexorablement. La roue du fric et des trafics en tous genres, à commencer par celui des êtres humains, ceux qui entreprennent le grand passage vers l’Europe, mais aussi ce qui fait basculer inexorablement dans le drame les faibles comme Mustapha, un jeune qui vit de combines et se laissera entraîner dans un trafic de drogue à grande échelle. L’imbroglio vécu entre la tension vers un ailleurs (émigration), la combine (trafics) et le désordre affectif (la drague) se retrouve en écho dans la complexité du récit, l’importance du dialogue, l’entrelacement des situations. C’est un…

De Nabyl Lahlou

Le départ est accrocheur. Ces deux policiers qui vont chercher un révolutionnaire qui se cache dans un village perdu dans la montagne forment un duo évoquant immanquablement Laurel et Hardy. L’humour du geste s’allie à celui du verbe en un grotesque basé sur les talents d’acteur de Nabyl Lahlou, sorte de Louis de Funès vitupérant sans cesse, père Ubu de la coercition policière. Les relations contradictoires de chef à subalterne des policiers sont mises en scène avec minutie, tout comme la grossièreté de la force brute face à l’hospitalité, la clairvoyance, les valeurs, la détermination et la dignité des habitants…

De Nader Jalal

1942, l’armée britannique entend gagner la bataille d’El Alamein. Un colonel s’allie à un arriviste local pour expulser les Bédouins de leurs terres et les transplanter non loin de champs de mines. Le Bédouin Ghaby est rejeté car considéré comme traître alors qu’il est informateur des Feddayins. Il s’alliera à la femme du colonel pour déjouer des trafics d’armes et les détourner au profit de son propre camp. Le film est construit sur un parallèle entre les champs de mines et le drame intérieur vécu par Ghaby qui doit renoncer à son amour et assumer le rejet par son clan…

De Gouti Bendeddouche

Réalisé avec le soutien de l’Année 2003 de l’Algérie, ce film a un programme, énoncé à la fin : « Comment vivez-vous ici ? » La réponse est : « en vérit酠». C’est à la fois tout son intérêt et sa limite. L’arrivée de la belle Yasmina dans cette maison de la Casbah algéroise où le voisinage en étages autour du patio intérieur ôte toute intimité aux différentes familles qui y vivent va bouleverser l’ordre établi. Elle déclenche désir, jalousies, querelles féminines et c’est bien autour ces femmes au bord de la crise de nerfs que s’argumente tout le film. Une fois encore,…

De Naguel Belouad

Voilà un film dont on peut interroger la nécessité. En se creusant la tête, on peut lui trouver une éventuelle légitimité dans le rappel de la cruauté du traitement fait aux femmes dans les régions reculées : esclave enfermée, elle n’est bonne qu’à servir et faire des enfants. L’homme gras et laid, dans toute son horreur indifférente aux souffrances de ses trois femmes, reporte sur elles son incapacité à engendrer – pâle allégorie d’une impuissance masculine à donner naissance à une nouvelle société dans l’actuelle Algérie et de sa projection violente sur les femmes et le pays. Mais le traitement…

De Hassan Benjelloun

« Jugement d’une femme » est construit sur une volonté démonstrative : à la fois dénoncer l’aliénation proprement juridique de la femme, à laquelle sont déniés les droits fondamentaux de la justice dans le droit marocain et suggérer que la lutte pour une évolution est possible, non seulement sur le terrain du droit mais aussi au sein du couple. Histoire contée par le menu à la faveur d’une enquête faite à l’instigation d’une avocate française des droits de l’homme venue pour un procès en appel, il est l’occasion de croiser deux destins de femmes : Touhfa, la danseuse de cabaret à qui…

De Mohamed Khan

Au festival de Carthage 2002, Jours de Sadate était présenté dans le cadre d’un hommage à l’acteur Ahmed Zaki (qui avait déjà reçu en 1992 le prix du meilleur acteur). La salle bourrée à craquer du Colisée lui réserva un triomphe, se levant unanimement pour l’applaudir. Cet acteur très populaire a produit et interprété ce film réalisé en hommage à Anouar Sadate et dédié à son successeur Hosni Moubarak. Longue reconstitution chronologique de la vie de Sadate, le film s’attache à dépeindre un homme honnête, pénétré de sa relation avec Nasser mais aussi soucieux de sa famille malgré les aléas…

De Baye Kebson Kebe

Ce n’est pas la première fois que le cinéma dénonce l’exploitation par certains marabouts sans scrupules des enfants talibés qui leur sont confiés. Dans Haramuya, le burkinabé Drissa Touré en dressait un portrait caricatural comme ici tandis que dans Abouna, le Tchadien Mahamat Saleh Haroun traitait le sujet avec beaucoup plus de nuances. Rien n’a cependant encore égalé Djangaan où la finesse avec laquelle le Sénégalais Johnson Traoré suivait le devenir d’un enfant donnait une grande force à la démonstration. C’est ce qui manque ici : le personnage d’Hamady n’est jamais central dans le récit. Même s’il ne s’agit que…

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