Cinéma/TV

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De Serge Bilé

« Ceux qui ne se souviennent pas du passé sont condamnés à le revivre ». C’est avec cette phrase de Santayana (et que l’on retrouve comme un proverbe chez de nombreux auteurs) que Serge Bilé ouvre son film. La question du souvenir est vive en cette ère de commémoration de l’extermination des Juifs ou de polémiques autour des déclarations provocatrices de Dieudonné, renforcées par l’agression dont il fut l’objet en Martinique par de jeunes Juifs. Serge Bilé dût se démarquer des positions de l’humoriste par un communiqué de presse (on retrouve tous ces documents sur un forum consacré à l’Affaire Dieudonné sur…

De Terry George

Paul Rusesabagina est hutu et a en charge un des grands hôtels de Kigali. Laissant un millier de Tutsi s’y réfugier durant le génocide de 1994, il réussira à empêcher les milices hutu de venir les y massacrer. C’est là le choix fictionnel de Terry George pour rendre accessible ce drame de l’histoire africaine à un grand public qui dans sa majorité croit encore à un conflit ethnique et en ignore les causes autant que le déroulement. L’intention est honnête, de même que le résultat : le film marque par sa sincérité, par sa retenue dans la représentation des horreurs,…

De Zola Maseko

A l’heure où l’Afrique du Sud se cherche un devenir encore incertain, ce n’est bien sûr pas un hasard qu’un cinéaste noir se penche sur le Sophiatown des années 50 : c’est dans cette banlieue de Johannesburg qu’au sortir de la seconde guerre mondiale l’Afrique du Sud se cherchait un nouvel être, dans un extraordinaire foisonnement artistique où se mêlaient non seulement les genres, alliant le traditionnel au moderne pour définir de nouvelles voies, mais aussi les hommes, Noirs et Blancs se côtoyant alors même que le pays sombrait dans les ténèbres de l’apartheid. En février 1955, 80 camions et…

Entretien d'Olivier Barlet avec Zola Maseko à propos de Drum

Ouagadougou le 4 mars 2005

Quelle est pour vous la nécessité de revenir sur l’histoire du Sophiatown des années cinquante ? L’Afrique du Sud est très jeune : dix ans ! Nous essayons de trouver notre identité : qui sommes-nous, où allons-nous ? Il y a onze nationalités différentes. Qu’est-ce que le nouveau citoyen sud-africain ? Nous avons été submergé d’images américaines, d’Hollywood à la télévision, nos enfants ont grandi avec le hip-hop etc. Avec comme dominante, les valeurs culturelles capitalistes. Je veux fêter cette ville et cette époque de notre splendeur, une ère où les Noirs vécurent une renaissance dans la politique, la musique,…

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Zola Maseko recevant l'étalon d'or au Fespaco, 5 mars 2005 © Olivier Barlet
Drum, de Zola Maseko




En 2000, Sarah Bouyain réalise un film documentaire étonnant sur l’histoire méconnue des métis coloniaux ouest-africains : Les Enfants du Blancs. Deux ans plus tard, elle publie Métisse façon, recueil de nouvelles intimistes sur le même sujet. Elle-même franco-burkinabè, elle revient sur son travail, ses découvertes et leurs résonances dans son histoire personnelle.

Entretien d'Olivier Barlet avec Claire Denis

Apt, janvier 2005

Dans L’Intrus¸ l’écrivain Jean-Luc Nancy fait revivre à sa façon ce qu’il a ressenti après sa transplantation cardiaque. En partant de ce livre dans son nouveau film éponyme, la cinéaste française Claire Denis poursuit sa réflexion sur l’étranger : le film fourmille de frontières que l’on franchit clandestinement, de rejets et de dangers. Rencontre avec Claire Denis après qu’elle ait présenté L’Intrus en avant-première au Rencontres cinématographiques de Manosque le 6 février 2005.

La troisième édition de Lagunimages, le Festival international du film et télévision du Bénin, s’est déroulée à Cotonou du 19 au 27 novembre 2004. Comme les années précédentes, un atelier consacré aux télévisions africaines a été organisé, réunissant des intervenants d’Afrique de l’Ouest, d’Afrique centrale, de Belgique et de France. Le thème était axé cette année sur la concurrence entre chaînes publiques et privées de télévision.

Arrivée en force de l’Afrique du Sud, omniprésence burkinabée, forte présence du Maghreb sont les lignes fortes du Fespaco 2005, avec à la clef un pari sur l’avenir.

Les images de l'article
Drum, de Zola Maseko
Le jury longs métrages : de gauche à droite en bas l'actrice France Zobda (Martinique), le président Souheil Ben Barka (Maroc), l'écrivaine Calixthe Beyala (Cameroun), et en haut notre collaborateur Olivier Barlet, les cinéastes Paul Zoumbara (Burkina Faso) et Mansour Sora Wade (Sénégal © O.B.
L'atelier critique en plein repas © O.B.
Cheick Fantamady Camara reçoit le poulain d'argent des mains de Richard Bohringer, président d'honneur du festival © O.B.
Danny Glover regarde le Stade du 4 août à l'inauguration © O.B.
Le Stade du 4 août à l'inauguration : une bousculade a provoqué la mort de deux adolescentes et 10 blessés © O.B.
De gauche à droite : Souheil Ben Barka, président du jury longs métrages, Baba Hama, secrétaire général du Fespaco, et les deux vice-présidents de la Fédération africaine de la critique cinématographique, Jean-Marie Mollo Olinga (Cameroun) et Mohammed Bakrim (Maroc) © O.B.
Les deux présidents de jury : Souheil Ben Barka et Sanvi Panou © O.B.
Zola Maseko et son étalon d'or © O.B.




De Luiz Buarque de Hollanda

Le doigt se déplace sur la carte, passe sans cesse l’Atlantique, de l’Afrique à l’Amérique et vice-versa, et en bien d’autres endroits : Pierre Verger n’a cessé de voyager, captant son époque et notamment les années 30-40, son appareil photo à la main. C’est juste avant sa mort (11 février 1996) que Gilberto Gil l’a rencontré pour une dernière image où apparaît encore son ironie et son humilité, à Salvador de Bahia où il s’était installé pour son « charme », non sans avoir passé 17 ans en Afrique. Et si ce film débute par la longue chaîne des pêcheurs qui tirent…

De Radu Mihaileanu

Il faut un cœur de pierre pour ne pas être ému par un tel film. On peut être gêné par le choix de Radu Mihaiheanu (très remarqué notamment pour Train de vie et Les Pygmées de Carlo tourné au Cameroun) de développer la tonalité épique sur une musique très lyrique pour les scènes phare, une sorte de serment d’allégeance au cinéma classique, trouver en somme qu’il en fait trop, mais il serait dommage de fermer les écoutilles et ne pas se laisser aller à l’identification proposée car elle nous amène sur de passionnants terrains. Le film puise dans une réalité…

Entretien d'Olivier Barlet avec Danny Glover

Ouagadougou, le 28 février 2005

Vous connaissez bien l’Afrique. Est-ce surtout grâce au cinéma ? Oui, le dernier film en date est Battu de Cheikh Oumar Sissoko qui avait été entièrement tourné à Dakar. C’est là que j’ai rencontré Ousmane Sembene qui m’a fait comprendre l’importance des cultures bambara et wolof. Mais j’ai aussi tourné un film en Afrique du Sud, Boesman and Lena, et deux au Zimbabwe. Un autre tournage est prévu en Afrique du Sud, Master Harold and the Boys et je m’apprête à réaliser moi-même un film sur la révolution haïtienne qui sera tourné au Mozambique et en Afrique du Sud. Mais…

Entretien d'Olivier Barlet avec Idrissou Mora Kpai à propos de Arlit, 2ème Paris

Qu’est-ce qui vous a motivé, vous cinéaste béninois, à vous arrêter à Arlit, petite ville dans le fin fond du Niger ? Il y a déjà 17 ans de ça, quand j’ai quitté mon pays pour étudier en Algérie, je suis venu à Arlit pour voir un vieil ami, Issa, qui m’a hébergé chez lui pendant dix jours – d’ailleurs on voit sa maison dans le film. Ensuite, j’ai quitté l’Algérie pour faire mes études en Europe. C’était donc un terrain connu. Oui, j’ai connu Arlit à l’époque même de son boom économique. L’histoire racontée par les gens je la…

De Taylor Hackford

Lorsqu’il écrivait son autobiographie Yes I can, Samy Davis Junior notait combien il avait été difficile de percer en étant Juif, Noir et borgne. D’après Taylor Hackford, ce ne sont paradoxalement pas ses « handicaps » (Noir et aveugle) qui furent les obstacles de Ray Charles mais bien davantage la drogue et sa propre culpabilité d’avoir laissé se noyer sans avoir la présence d’intervenir son jeune frère tombé dans une bassine alors qu’ils jouaient ensemble. Ray joue dès lors sur une série de flash-back faisant avancer le récit vers une découverte progressive de cette complexité, contribuant à dresser du pianiste chanteur un…

De Merzak Allouache

« Elle arrive de nulle part et moi j’ai l’impression de la connaître depuis toujours ! » Lorsque Laurence (Julie Gayet) arrive de France, les deux frères Kamel (Samy Naceri) et Bouzid (Faudel) ont achevé de rénover l’appartement après avoir envoyé le reste de la famille à la campagne. Papier peint kitsch et fleurs en plastique à foison : l’humour de Merzak Allouache n’est pas seulement dans des formules qui font mouche par leur simplicité mais aussi dans ses clins d’œil ironiques et bourrés d’empathie au vécu des jeunes Algériens. Il est ainsi dans tous ces objets qui marquent la différence culturelle…

Quel est le fondement légendaire et historique de l’endormissement du fœtus ? C’est une pratique sociale dans le Maghreb actuel et un mythe millénaire depuis l’Antiquité un peu partout y compris en Afrique noire : il remplissait le rôle de la ceinture de chasteté – les hommes qui partaient à la guerre endormaient les fœtus dans le ventre de leurs femmes pour les maintenir dans un état de mère, assurance de fidélité. Dans le monde arabe, à l’arrivée de l’islam et d’une législation correspondant au Coran, ce mythe est venu rattraper ce que le Coran laissait ouvert. Dans le code…

D'Idrissou Mora Kpai

Comme bon nombre de cinéastes, Idrissou Mora Kpai était passé par son origine pour son premier film : Si-Gueriki, la reine-mère revenait sur une relation complexe à ses parents, la recherche du père permettant de découvrir la mère d’un regard neuf. Déjà, cette introspection particulière résonnait d’accents universels par la qualité du regard porté, tant respectueux que pertinent, sur la condition des femmes. Cela assura au film une belle reconnaissance. On retrouve dans Arlit, deuxième Paris cette sensibilité dans l’attention portée aux êtres. Elle permet au réalisateur d’éviter la pseudo-neutralité sociologique souvent de mise dans le documentaire pour prendre parti…

Entretien de Hassouna Mansouri avec Mahamat Saleh Haroun

Mahamat Saleh Haroun est l’une des figures incontournables du cinéma africain actuel. Révélé il y a quelques années par son premier long métrage Bye bye Africa, le premier dans l’histoire de son pays le Tchad, il a confirmé son talent en réalisant Abouna, un second film qui lui a valu plusieurs consécrations dont celle de la critique internationale (FIPRESCI) au festival de Kerala. Avec Darrat son nouveau projet, qu’il mène en complicité avec le réalisateur Mauritanien Abderrahmane Sissako, il vient d’avoir le Prix ARTE France Cinéma dans le cadre du CineMart 2005 au Festival International du Film de Rotterdam (26…

Compte-rendu des ateliers sur les cinémas africains

L’Afrique est à l’honneur du festival international du film de Berlin qui se tient du 10 au 20 février 2005. C’est en tout cas ce que son directeur artistique, Dieter Kosslick, déclarait à l’ouverture de l’évènement. Pourtant les quelques cinéastes d’Afrique présents ne l’entendent pas ainsi…

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