Cinéma/TV

Cinéma/TV


De Christian Lelong

Lors du tournage d’Agadez Nomade FM en avril 2001, Christian Lelong et son équipe avaient fait la connaissance de ce Cadi, juge nommé à vie par le Sultan pour appliquer la Charia du Coran. Y voyant un vrai sujet de cinéma, ils avaient mis ces images de côté et sont revenus tourner durant six semaines en novembre 2002 et en mars 2004. Alors que le Cadi, couvrant un énorme territoire, doit souvent s’éloigner loin d’Agadez, ils ont préféré l’appréhender dans le huis-clos du vestibule de sa concession où il convoque les audiences et rend ses jugements. Ce dispositif minimum du…

De Laurent Chevallier

Avec Hadja Moï, Laurent Chevallier poursuit son histoire d’amour avec la Guinée entamée en 1991 avec Djembefola et poursuivie en 1995 avec L’Enfant noir et en 2001 avec Circus Baobab. Ayant épousé Mandy qui était costumière du Circus Baobab, Hadja Moï est à la fois une façon de faire le lien avec sa famille guinéenne et un hommage à celle qui a élevé sa femme après le décès prématuré de sa mère. Et quel hommage ! D’abord réticente et passive, Hadja Moï fonce finalement dans le jeu et se révèle une véritable actrice de cinéma, saisissante et émouvante, une grand-mère comme…

D'Osvalde Lewat

3,5 millions de morts et les femmes comme principales victimes : ce double bilan de cette guerre qui ne veut pas s’achever à l’est de l’ex-Zaïre sert de trame au film de la Camerounaise Osvalde Lewat qui vit aujourd’hui à Kinshasa. Puisque la guerre, ce sont les hommes qui s’affrontent comme des coqs et les femmes qui la subissent dans un pays coupé en deux, Osvalde Lewat prend un couple pour sujet, que la guerre sépare et qui se retrouve et tente de revivre ensemble après six ans de galère et de distance. En flash-back pour respecter le temps du récit,…

De Claude Haffner

Il est émouvant de pouvoir revoir Pierre Haffner à travers l’hommage que lui rendent sa fille en faisant ce film et son ami Tahar Cheriaa en se prêtant au jeu. Pierre, brutalement décédé d’un cancer en 2000 à l’âge de 57 ans, n’était pas seulement un « spécialiste » du cinéma « négro-africain » dont il a partagé les époques fondatrices mais aussi un bon vivant très attachant et drôle, toujours prêt à l’anecdote ou à l’analyse. Il aura partagé le destin de ces rares chercheurs de l’ombre qui, n’ayant pas la couleur de peau adéquate, n’ont pas vocation à représenter un ensemble mais…

D'Angèle Diabang Brener

Dans le magnifique Kodou, un des plus beaux films du répertoire noir-africain, le Sénégalais Ababacar Samb Makharam montrait en 1971 une jeune fille devenant folle à la suite de son rejet par la communauté villageoise pour n’avoir pas supporté la douleur lors du tatouage initiatique des lèvres. Devenue violente parce que poussée à bout, elle est attachée jour et nuit. Sa famille finit par la conduire dans un hôpital psychiatrique dirigé par un médecin européen. Cette médecine restant inefficace, ses parents la soumettent à une séance d’exorcisme traditionnel. C’est sur le rituel du tatouage des gencives que revient Angèle Diabang…

De Mika Kaurismäki

Brasileirinho participe d’une double redécouverte. Non seulement l’Occident se branche sur des musiques à forte consonance traditionnelle tombées dans une relative désuétude en raison du désintérêt de la jeunesse locale et en fait des succès mondiaux (le plus bel exemple étant Buena vista social club avec la collaboration de Ray Cooder et Wim Wenders), mais aussi une frange de cette même jeunesse retrouve le chemin de musiques qui définissent son identité. Le film suit le Trio Madeira Brasil, un groupe de Rio qui manie la guitare comme trois dieux en jouant du choro (rythme issu à la fin du XIXème…

Les images de l'article
Trio Madeira Brasil Show
Rio Penha
Yamandú + Carlinhos




De Monique Mbeka Phoba

« Si tu ne connais aucun proverbe, c’est que tu n’as pas écouté la parole d’un ancien ». Mais comment une réalisatrice congolaise grandie en Belgique peut-elle retrouver le sens de sa propre culture ? Après la mort de son père, Monique Phoba, installée au Bénin, opère un retour à ses origines congolaises, à travers un vieux compagnon de son père, Mbata Nkolo Npanzu Muanda, juge coutumier de 19 villages mais vivant à Kinshasa, qui partage avec lui une même histoire « arrimée au passé et ouverte au futur », ancrée dans la tradition et influencée par l’Occident. Le film se fera ainsi constant…

De Laurence Gavron

Le film est dédié à tous les exilés, à toutes les diasporas. Il se termine sur un homme qui chante avec passion combien il aime le métissage. C’est dans ce cycle que s’inscrit Saudade à Dakar, celui du déplacement et de l’épanouissement. Car ce qui frappe chez ces Cap-verdiens installés depuis belle lurette dans la capitale sénégalaise et qui se retrouvent chaque dimanche autour d’un groupe de musiciens pour danser les airs qui aujourd’hui grâce au succès de Cesaria Evora font vibrer la terre entière, c’est la quiétude de leur intégration. Si bien que le doux film de Laurence Gavron…

De Moussa Touré

Qu’est-ce qui fait que les 52 minutes de Nanga Def ne pèsent jamais ? Pourtant, ces enfants de 13 ans de la 5ème SEGPA (Section d’Enseignement Professionnel Adapté) du lycée public d’Apt (Vaucluse) ont du mal à s’exprimer : la timidité, certes, mais aussi une non-maîtrise des mots, une difficulté à se dire, souvent un monde intérieur qui ne s’extériorise pas par la parole. C’est pourtant l’échange verbal que choisit Moussa Touré pour communiquer avec Alexandre, Corinne, Christopher, Fadoua, Florian H., Florian S., Fouad, Jean-Paul, Louis, Ludovic, Mourad, Océane et Youssef. En les invitant chacun à se présenter, il ouvre…

De Fernando Trueba

Le procédé est classique : un vieux musicien cubain exilé fait le voyage dont il rêvait pour retrouver ses racines africaines. On fait comme s’il rencontrait et découvrait tout pour la première fois, alors que tout est clairement orchestré d’avance. Au temps de ces rencontres s’ajoute la réalisation d’une arène au milieu de la favela : mobilisation collective du quartier, réalisation, inauguration dans la fête. Ces choix de construction par trop visibles sont la faiblesse d’un film qui évolue ainsi plus pesamment que son sujet ne le supposait. Mais de ce côté-là, on est pas déçu ! Et c’est bien…

Etre à la fois africain et contemporain

Paris, juillet 2005

Qu’est ce que te permet la référence au rituel mevungu des femmes Beti au cinéma ? Je suis toujours dans une dualité entre le sérieux et le léger. Je vais chercher un contenu, un sens, qui fonde un cinéma « africain », non dans le sens contemporain mais aussi mythologique. J’ai découvert le mevungu à travers un roman, Le Tombeau du soleil de Philippe Laburthe Tolra (Le Seuil / Points Odile Jacob) qui enseigne à la Sorbonne. On avait même commencé une adaptation du livre au cinéma mais la production a cessé son activité et le projet n’a pas eu de suite. Bien que moi-même…

De Jean-Pierre Bekolo

A première vue, on pourrait se demander si Les Saignantes est une pédante fantaisie ou bien vraiment porteur de sens. Mais à bien y regarder, son originalité explose. Au-delà de l’apparence, Les Saignantes n’est pas le résultat d’une imagerie reproductible à l’infini dont le clip et la publicité dévoilent les intentions mercantiles. Au contraire, ce film étonnant, provocateur, insolent, jouissif et parfaitement paranoïaque développe une réelle poésie sur des codes reconnaissables par les adeptes mêmes de l’imagerie : la jeunesse. Poésie parce qu’il en est une réécriture, non seulement dans son esthétique mais en ce qu’il renouvelle et même reconstruit…

Les images de l'article




De Jean-Marie Teno

Après Afrique, je te plurmerai et Vacances au pays, Jean-Marie Teno voulait poursuivre sa réflexion sur l’Histoire commune entre l’Europe et l’Afrique. Le Malentendu colonial (qui portait le titre Allez dans le monde entier lors de sa diffusion sur Arte dans sa version plus dense de 68 minutes) cherche à comprendre le cheminement des Européens dans leur rapport à l’Afrique. Il se concentre pour cela sur les missionnaires allemands en Namibie, lieu du génocide des Hereros en 1904-1907 pour lequel l’Allemagne vient de demander officiellement pardon. Teno ne reconstitue pas : il interroge les vivants, par exemple ce vieil Allemand…

De Kevin Rodney Sullivan

Trop politiquement correct pour toi

Les parents de Theresa fêtent leurs vingt-cinq ans de mariage. Celle-ci va en profiter pour leur présenter son petit ami Simon et annoncer leurs fiançailles. Si vous avez vu Meet the Parents, vous savez que les choses risquent de se compliquer très vite. Theresa n’a pas prévenu ses parents que son petit ami est blanc : il est clair qu’on court à la catastrophe. Black/White est une comédie romantique amusante, dont les quatre personnages principaux sont attachants et crédibles. L’humour est plutôt porté sur le premier degré, et on ne peut pas dire que les producteurs aient exploité le style…

Ateliers internationaux au 10ème Afrika Filmfestival Leuven 2005

Lors de sa 10ème édition, le Afrika Filmfestival a organisé, du 22 avril au 7 mai 2005 à Leuven (Brabant Flamand) trois ateliers qui se sont concentrés sur le développement récent de la production audiovisuelle (films, documentaires, vidéo-clips) en République Démocratique du Congo, au Rwanda et au Burundi. Ce rapport a été présenté par Guido Huysmans & Dr. Guido Convents, en présence de Guy Bomanyama Zandu, Lydia Lydia Ngaruko et introduit par le Sous-secrétaire Général a.i. de l’ACP Mr. Sekou-Condé lors de la Conférence de Presse aux bureaux ACP, Avenue Georges Henri 451 – 1200 Bruxelles, le mercredi 15 juin 2005.

De Dany Laferrière

Comment la marge du monde peut-elle conquérir en un tour de main le monstre dominant ? Le jeune Gégé à la prescience des gens simples : par l’amour, l’arme des pauvres. C’est donc avec la photo d’une blonde de magazine qu’il quitte Haïti et franchit la douane québecoise. Son dialogue avec le policier des frontières est un morceau d’anthologie salué par une salve d’applaudissement dans la salle de Yaoundé où j’ai pu voir le film durant le festival Ecrans noirs. La patte de l’écrivain Laferrière donne aux dialogues une force émotive carabinée. Ils ont à la fois l’humour et la…

De Serge Bilé

Nous voici en Suisse dans le Bas-Valais, sur la rive gauche du Rhône. Dans une abbaye, on vénère depuis 15 siècles un saint martyr : St Maurice. Lequel a une particularité : c’est un Noir. Un célèbre tableau de Matthias Grünewald de 1520-1524, exposé à la Pinacothèque de Munich, représente la rencontre de St Erasme et de St Maurice. Erasme est en habit d’évêque, Maurice en armure : c’était un soldat. Né près de Thèbes (devenue Louxor) au 3ème siècle, alors que l’Egypte est une province romaine, il s’engage dans la légion et est déplacé vers les Alpes pour y…

La recherche étranglée

Le scénario d’Edimo Dikobo veut amener les chercheurs et les malades africains à fabriquer et à consommer leurs produits.

De Olivier Zuchuat

« Je suis né dans un pays qui accueille plus volontiers l’argent des étrangers que les étrangers ». Le ton de ce film sera résolument personnel. Et les images saccadées de cygnes sur le lac Leman annoncent elles aussi un ton décalé chaque fois que le commentaire se penche sur la relation au sujet. La Suisse ne sera pas le lieu du film, même si l’on y retourne pour suivre les traces des comptes où viennent dormir l’argent détourné. Car c’est bien l’Afrique le centre, et plus spécialement le Mali. Ce que nous conte Olivier Zuchuat avec la douceur du désespoir est…

Cache-cache d’amour et Le Pari de l’amour, deux films adaptés des ouvrages de la collection de romans roses  » Adoras « , suscitent le courroux de certains puristes du cinéma africain. Le public, lui, adore !

1 93 94 95 96 97 144