Cinéma/TV
Entretien d'Olivier Barlet avec Mohamed Chouikh à propos de Douar de femmes
Rencontré à deux reprises, à Namur et à Apt, les réponses de Mohammed Chouikh sur son film « Douar de femmes ».
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Rencontré à deux reprises, à Namur et à Apt, les réponses de Mohammed Chouikh sur son film « Douar de femmes ».
Lors de la 20ème édition du Festival international du film francophone de Namur (Belgique), le documentariste Thierry Michel a présenté son film « Congo River au-delà des ténèbres » qui fut suivi d’une leçon de cinéma portant essentiellement sur les conditions de tournage de ce film avec des extraits du making-off du film.
Comment exorciser les années terribles ? Mohamed Chouikh, dont c’est le septième film, un des cinéastes les plus marquants de la cinématographie algérienne, répond : par l’humour. Douar de femmes est un clin d’il drolatique et touchant sur un village harcelé par les terroristes, microcosme hyperbolique, huis-clos meurtri et encore menacé, métonymie d’un pays qui a vécu si longtemps en camp retranché. Lui qui a tant dénoncé la condition faite aux femmes, Chouikh les arme cette fois d’une kalachnikov. Car le village est déserté par les hommes partis travailler en usine. Ne restent que des vieux chargés de surveiller les…
Le festival international du film francophone de Namur soufflait cette année ses 20 bougies. Il reste un des rendez-vous de l’année pour le petit monde du cinéma francophone et notamment africain. Il y a les quelques 200 films certes, mais aussi d’importantes rencontres professionnelles.
Alors que le Conseil exécutif de l’Unesco vient d’adopter le 29 septembre, le texte de la convention sur la diversité culturelle pour le présenter à l’Assemblée générale les 20 et 21 octobre, un colloque s’est tenu le même jour à Namur à l’occasion du 20ème festival international du film francophone qui regroupait d’importantes personnalités tant politiques que culturelles. Il était modéré ici encore par Philippe Dessaint, directeur de l’information de TV5. Il ne s’agissait pas seulement de répéter ce qui avait déjà été dit au colloque de Cannes organisé par le CNC mais d’actualiser les choses et d’inscrire la mobilisation…
L’immigration, c’est une histoire de territoire. On franchit des frontières, ça pourrait être simple mais c’est là que tout se brouille : on est pas d’ici, on n’est plus de là-bas, on s’oublie pour travailler pour là-bas Dans quel territoire cinématographique saisir la réalité immigrée ? Il est un lieu où le territoire se recrée : le foyer. Ce sera celui des Epinettes, à la porte de Clichy à Paris. « Dedans c’est l’Afrique, dehors c’est le reste » nous dit une voix-off en début de ce film qui s’emploiera pourtant à montrer que ce n’est pas si simple. Il le fait…
« Le coeur ne ment pas » : la chanson finale pourrait résumer le travail d’Anta Germaine Gaye, cette femme qui « sculpte sur le verre » avec une abstraction qui évite toute superficialité. Et cela pourrait aussi être la description du regard que porte Ousmane William Mbaye sur elle et ses créations. Le film respire de cette empathie et cela ne vient pas en un jour : c’est d’une fréquentation étalée sur quatre ans que se nourrit cet hommage et cette ode. Car cette femme a quelque chose à nous apprendre. Sa progression vers le dépouillement et l’ascèse ne va pas sans un…
Voici déjà dix ans écoulés depuis Waati, votre dernier film de « grand cinéma ». Quelles sont vos perspectives de cinéma aujourd’hui en 2005 ? Le grand cinéma, avec un grand C, fait une pause qui n’est pas voulue par les créateurs mais par ceux qui les entourent, que nous essayons de comprendre. J’avais compris depuis le tournage de Waati en 1995 qu’il serait dorénavant très difficile pour le grand cinéma de se mouvoir : je me suis rendu compte qu’à tous les niveaux le blocage était total. Tout ceux qui étaient capables de s’exprimer dans le cinéma en tant qu’auteurs ont…
Il est près de la frontière suisse dans la petite ville de Pontarlier (Doubs, France) un ciné-club créé il y a 45 ans, d’un extraordinaire dynamisme, sous la houlette de Pierre Blondeau, personnage étonnant, non-voyant depuis des années mais encore passionné de cinéma et cinéphile averti, que l’histoire du cinéma se devra de retenir. Avec l’aide infatigable de son épouse et d’une équipe engagée, ce ciné-club organise au théâtre municipal des Rencontres internationales de haut niveau où se sont succédés les plus grands réalisateurs. Leur 62ème édition offrait en sa présence une rétrospective des films du cinéaste malien Souleymane Cissé.…
Le Clowning et le Krumping, ça ne vous dit rien ? Le Soda Pop, le Stripper Dancing, le Wobble ? C’est normal, ça vient à peine de passer les murs du ghetto de South Central à Los Angeles. Mais avec le bruit que fait Rize, ça ne va pas tarder à prendre l’ampleur du Breakdance, cette danse qu’on trouvait si bizarre dans les années quatre-vingts. Le célèbre photographe et réalisateur de clips vidéo David LaChapelle a assisté à sa première démonstration de Krumping en 2002, dans les coulisses du tournage d’un clip de Christina Aguilera auquel participait Tommy le Clown. Il a…
Alors que tout le monde part en vacances, Yacine et Johnny sont coincés dans leur banlieue, le premier parce qu’il refuse de rejoindre sa famille au bled, le second parce qu’il n’a ni bled ni famille à retrouver. Alors que Yacine ne s’imagine plus autre chose que Français, Johnny rêve sans cesse d’Algérie, sa véritable patrie dont personne ne veut croire qu’il est originaire. Un petit trafic en amenant un autre, Yacine ressent soudain le besoin de changer d’air : l’invitation paternelle devient alors une aubaine. Johnny, sans papier mais débordant de ressources, décide de faire partie du voyage. Une fois…
C’est l’anti-Moore. Ici, aucun sensationnel. Aucune mise en avant. Ni ironie, ni provocation. Et, sans doute, la volonté de manipuler le moins possible le spectateur. Une idée de fond pourtant : la résistance existe, discrète, quotidienne, et elle a un visage, elle a une voix. C’est fort de cette conviction, ou au départ de cette intuition léguée par son père journaliste avec lequel il dialogue avec passion durant le film, que Pierre Hodgson rencontre ceux qu’il appelle des « dissidents » dans une Amérique peu connue, loin des clichés, celle des Etats du Sud, celle des travailleurs noirs. Ceux de « Black Workers…
Le colloque qui s’est tenu au Sénat permet de faire un état des lieux des télévisions africaines et des problématiques de public et de coopération. Son intérêt nous motive à en publier les notes intégrales que nous avons pu y prendre.
Dakar, du 15 au 20 décembre 2004 : festival du film de quartiers. Yaoundé, du 1er au 6 juin 2005 : festival Ecrans noirs. Deux occasions de voir les films des jeunes vidéastes sénégalais ou camerounais, et de mesurer à quel point ils profitent des formations audiovisuelles locales (Média Centre à Dakar, les classes de cinéma initiées par Bassek Ba Kobhio à Yaoundé). Avec à Dakar, la leçon de cinéma de Sembène aux étudiants. Dakar Le Media Centre de Dakar (MCD) est un grand bâtiment situé sur l’Avenue Cheikh Anta Diop, à l’angle du Canal IV, non loin de l’université.…
Gad Elmaleh est sur tous les fronts. Un nouveau film le 7 décembre avec Gérard Depardieu (Olé, de Florence Quentin) et la sortie de son dernier spectacle « L’autre, c’est moi » en DVD (depuis le 24 novembre) viennent ponctuer une carrière qui ne fait qu’exploser. Ce personnage fantasque, incapable de rester immobile et au verbe déglingué, traverse le paysage de la scène humoristique française tel un grand enfant voulant toucher à tout. L’occasion pour nous de se pencher sur un angoissé qui a trouvé le remède pour ne pas devenir fou : « s’éclater ».
Le Festival Ecrans noirs de Yaoundé (4-12 juin 2005) réussit à force de détermination à mobiliser un milieu local peu enclin à soutenir le cinéma dans un pays où les dernières salles ferment. Il joue pour cela sur la concurrence entre privés mais aussi entre organismes publics, et sur une forte relation avec son public.
Les nuages passeront dans le ciel. Et nous ne cesserons de les regarder. C’est par cette simple référence au temps que Kalala débute, du surnom d’un ami d’Haroun, emporté par le sida. Le cinéaste perd son meilleur ami, son assistant sur les tournages, un passionné apprécié de tous. Le sida, au Tchad, on ne le cite pas. On parle plutôt d’hémorroïdes ! Il est trop lié au sexe pour être abordé de front. Résultat : il progresse sournoisement et continue de tuer. C’est de cette double dynamique que se nourrit le film : un hommage en forme de deuil et…
Il s’appelle Jean Salif Diallo, il a 55 ans, et c’est un ami voisin de Moussa Touré. Le fait qu’il ait cinq femmes n’est pas exceptionnel au Sénégal où la plupart des adultes sont issus de famille polygame, à commencer par le président de la République, et Jean Salif Diallo est un homme ordinaire. Pourtant, il a quelque chose qui force l’intérêt : son discours. « Je suis un bon berger qui donne sa vie pour ses brebis ». Musulman, Diallo cite sans arrêt la Bible pour mettre en avant l’éthique de son engagement (nourrir sa famille : il égrène ses différents métiers). Il…
Un plan fixe d’une barque négociant les vagues pour prendre la mer au soleil couchant. Ce dispositif minimaliste qui dure les 8 minutes du film est une magnifique idée pour illustrer un propos plus que grave et qu’il convient d’écouter : une femme écrit à sa sur pour lui dire le secret qu’elle porte douloureusement en elle depuis dix ans, l’histoire de son viol. « La femme est comme la mer et c’est à l’homme de savoir manuvrer pour mener sa barque à bon port » résume un proverbe sénégalais en fin de film, appel au spectateur à méditer ce qu’il vient…
Imaginez : votre père est mort en 1997 et vous ne connaissez pas tous vos frères et surs car ce phénomène a eu onze femmes et 52 enfants ! Vous vous mettez en tête de leur rendre visite pour mieux connaître ce père et cette famille. C’est ce que fait Dumisani Phakathi, à la recherche d’une bonne partie des 51 autres. C’est bien sûr aussi l’occasion d’en savoir davantage sur l’Afrique du Sud d’aujourd’hui. Ajoutons que Dumisani Phakathi filme comme il est : direct, déjanté, éminemment sympathique et d’autant plus en phase avec ceux qu’il filme qu’il partage avec eux quelque chose de…