Cinéma/TV

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Entretien d'Africultures avec Guido Huysmans

L’Afrika Filmfestival de Louvain (Leuven, Belgique) existe déjà depuis dix ans. Guido Huysmans en fait ici le bilan.

Les images de l'article
Raoul Peck et Guido Convents
Claudia Tagbo et Guido Huysmans




By Fernando Meirelles

The theatre that I saw The Constant Gardener at preceded it by an advertisement for the World Food Programme, whose logo appears in the end credits. In an African desert an attractive visibly American, young, white woman, who is wearing the UN programme’s T-shirt, lends her binoculars to a group nice of black children. They are watching for a plane which is supposed to drop off bags of cereal. The accompanying commentary sends a clear message: we are feeding these children. Food-drops are a recurring image in the film, since the protagonist takes part in similar missions. This introduction certainly…

De Fernando Meirelles

Dans la salle où j’ai vu le film, la projection était précédée d’une publicité pour le Programme alimentaire mondial, dont le logo se retrouve dans le générique de fin de The Constant Gardener. Une jeune femme blanche, américaine, avenante, arborant le t-shirt du programme de l’ONU, prête dans un paysage désertique africain ses jumelles à un groupe de gentils enfants noirs : ils guettent l’arrivée de l’avion qui va larguer sa cargaison de sacs de céréales. Le commentaire illustre l’idée : « Nous les nourrissons ». On retrouve la même image de largage dans le film, le héros étant à bord d’un…

De Moufida Tlatli

Après le consensus international suscité par Les Silences du Palais (1993) et La saison des hommes (2000), Moufida Tlatli a présenté Nadia et Sarra lors le onzième édition du MedFilm Festival qui a eu lieu à Rome du 7 au 13 novembre 2005. Dans ce téléfilm sponsorisé par Arte et diffusé en France en 2003, la réalisatrice tunisienne s’inspire de son propre vécu pour mettre en scène deux femmes confrontées aux plus critiques moments de leur vie : la ménopause et l’adolescence. Nadia (Hiam Abbas) et Sarra (Dorra Zarrouk), une mère et sa fille, sont les protagonistes d’un drame tout…

Entretien d'Alice Jolin avec Falaba Issa Traoré

Bamako (Mali) en décembre 2001

Falaba Issa Traoré, exploitant de salles et de cinéma ambulant, cinéaste et directeur d’une troupe de théâtre malien, est une bibliothèque vivante. Dans cet entretien avec Alice Jolin réalisé dans le cadre d’un mémoire universitaire, il témoigne de son vécu d’exploitant de cinéma ambulant et de cinéaste.

De Boudjema Karèche

En décembre dernier, j’apprenais que l’ancien directeur de la cinémathèque d’Alger avait publié un recueil d’anciens articles rédigés pour les quotidiens algérois  » Le Matin  » et  » Liberté « .  » Un jour, un film  » est un livre sur la passion. Le cinéma y est certes omniprésent, mais Boudjema Karèche s’attache ou s’attarde principalement sur des visages, situés pour la plupart dans l’ombre afin de mieux les remercier. Son livre est un compliment de 300 pages sur une Algérie qui n’en finit pas de  » créer de belles choses pour que ses enfants ne deviennent pas des terroristes « .  » J’ai décidé un jour de reprendre certains de…

L’Africa-Europe Group for Interdisciplinary Studies (AEGIS) a organisé à Londres, entre le 29 juin et le 2 juillet 2005, sa première conférence européenne d’études africaines. Un panel de discussion sur les cinémas africains était représenté dans ce cadre dédié aux sciences humaines et sociales.

De Georges Gachot

Une voix, Maria Bethania est avant tout une voix, sensible, complexe, un peu rugueuse, une voix de l’intérieur qui parle à l’âme. Une voix qui ne s’oublie pas, tant son enveloppante nostalgie appelle l’émotion, pas plus que ce film qui la met admirablement en avant. Sans effets inutiles, Gachot va vers l’essentiel : comment cette voix s’incarne, dans l’intimité de l’écriture, dans le huis-clos des répétitions, dans la chaleur des concerts, et comment elle devient musique, harmonie et finalement un film. Point besoin de plans multiples et d’une imagerie exotique ou touristique : le Brésil est là, en concentré, dans…

D'Andreas Gruber

Quelque part en Autriche, deux policiers sont chargés d’extrader un immigré africain vers son pays d’origine, le Ghana. Suite à une erreur administrative, les deux membres de la sécurité publique se voient dans l’obligation d’y rester quelques jours, en compagnie de leur nouvel et encombrant ami. D’emblée, Andreas Gruber choisit le thème de la quête initiatique, tant prisé par ses pairs (Wenders en tête) pour réaliser une œuvre qui selon lui serait un  » mélange [entre] comédie satirique contre le racisme et invitation au voyage en Afrique « . Il va plus loin en pointant du doigt l’illogisme des lois sur…

De Michel Ocelot

Kirikou est petit, mais…

Sorte de George Lucas de l’animation, Michel Ocelot reprend la plume pour revenir sur la formation du minuscule héros qui avait fait le succès de Kirikou et la sorcière. Le grand père, accroupi en tailleur au fond de sa grotte bleue, tel un maître Yoda longiligne, raconte comment le désormais célèbre Kirikou, dont on n’a pas eu le temps de relater toutes les aventures tant celle de la délivrance du sortilège de Karaba était importante, a maintes fois sauvé son village des sortilèges que lui lançait la sorcière et son armée de fétiches. Peu importe que dans le premier volet,…

Entretien de Steve Ayorinde (The Punch, Lagos) et Olivier Barlet (Africultures, France) avec Kwaw Ansah, Accra, 7 octobre 2005

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Steve Ayorinde : Merci de nous accorder cet entretien. Le nom de Kwaw Ansah est l’un des plus significatifs du cinéma africain. Or, du moins en cinéma, nous n’avons pas beaucoup entendu parler de nous au Nigeria depuis Heritage Africa. Y a-t-il eu pour vous une rupture ou un changement d’intérêt depuis ce film marquant ? Kwaw Ansah : Non, il n’y a eu ni rupture ni changement, mais plutôt une pause pendant laquelle je me suis réorganisé, peut-être pour faire face à un plus grand défi. Il fut un temps où le cinéma au Ghana était assez actif, lorsque…

De Lars von Trier

Manderlay, tous l’écriront, est la copie (im)parfaite de Dogville, le précédent film de Lars von Trier. Tout comme dans le premier opus, pas l’ombre d’un décor, seulement des bouts de terrain dessinés à la craie blanche pour mieux accentuer la théâtralité des sentiments de chacun des personnages. Nicole Kidman, qui apportait une blancheur appropriée dans un décor complètement sombre, a été malheureusement remplacée (planning surchargé) par Bryce Dallas Howard (vue récemment dans Le Village). La construction narrative est toujours divisée en huit chapitres et un prologue, sans grande originalité et plombée par une voix-off décalée et lourdement explicative. Comme dans…

Entretien d'Olivier Barlet avec Jean-Marie Teno à propos du Malentendu colonial et de la révolte des banlieues

Apt, novembre 2005

Le Malentendu colonial apparaît avec la révolte des banlieues d’une actualité énorme : la réaction des médias, le déficit incroyable de pensée des influences actuelles du fait colonial, le peu de films sur ces questions, etc. On sent à quel point ce film est véritablement nécessaire aujourd’hui. Oui, c’est le commentaire que j’entends partout où je présente le film. Lorsque j’en recherchais le financement ici en France, on me disait : « ah ! Mais non, ça ne nous concerne pas, c’est une histoire allemande ! ». Et les gens me disent aujourd’hui : « Ce serait bien de faire un film comme ça sur la France ». On…

De Serge Le Péron

Qui est Ben Barka ? Qui sont Franju et Duras ? Qui est Georges Figon ? Tant d’interrogations pour un film qui a la particularité de ne fournir aucune réponse, la règle d’or du cinéma en quelque sorte. Un cinéma qui oriente le spectateur exigeant vers des contrées sombres et dépouillées. Un cinéma qui enveloppe ses acteurs dans des situations délicieusement pessimistes donc romanesques. Un cinéma enlevé, pur et sans fioriture. Après L’Affaire Marcorelle, Serge Le Péron, ancien critique pour Les Cahiers du Cinéma, s’est intéressé cette fois-ci au militantisme exacerbé d’un dissident de gauche marocain qui a commis l’erreur d’être séduisant, Ben…

Entretien d'Olivier Barlet avec Frédéric Massin, exploitant de salles de cinéma en Afrique

Le programme Africa Cinémas (cofinancé par la France, la Francophonie et l’Union européenne) de soutien à la distribution des films africains en Afrique n’a pas donné les résultats espérés. Son animateur, Toussaint Tiendrebeogo, a démissionné le 1er février 2005 (cf. le « murmure » correspondant), indiquant que seule une structure autonome basée en Afrique pourrait faire progresser les choses. Une association regroupant les principaux exploitants, ACID, s’est formée en ce sens. Aujourd’hui, Africa Cinémas procède à des consultations pour se redéfinir et devrait annoncer des perspectives précises en fin d’année 2005. Il y a urgence : arrivera-t-on à restructurer les choses avant…

L'expérience de Christian Tsieng à Yaoundé.

Je m’appelle Tsieng Christian. Je suis né le 12 juin 1983 à Messamena, une petite ville située dans la province de l’Est du Cameroun. Je suis le fils aîné de ma maman, qui elle est mariée dans la province du Littoral. Très tôt j’ai compris qu’il fallait que je me batte pour réussir dans ce monde, c’est ainsi depuis mon cycle primaire jusqu’à l’université, je me débrouille moi-même pour financer mes études. Je me bats très dur pour aller à l’école, raison pour laquelle je ne blague pas avec ce qui me paye les études ou me permet de manger.…

De Luc Laventure

Il y a quelque chose de très nouveau bien que si évident dans Noires mémoires : le fait de lier le malaise noir en France à la persistance des représentations issues de l’esclavage et de la traite négrière, à travers ce lien qu’est la colonisation. C’est nouveau parce que c’est hyper-rare à la télé ! Le dispositif du film est efficace : il réunit diverses personnalités noires et métisses et les filme dans leurs conversations mais aussi dans un jeu de va-et-vient au cours d’une enquête menée par Stéphane, un jeune Antillais qui recueille témoignages, explications et interrogations. « Je me…

De Bourlem Guerdjou

Première étape : Himalaya. Côté succès public, la recette du dépaysement ethno a fait ses preuves (Atanarjuat, L’Enfance d’un chef, Le Dernier trappeur etc.). Avec ses grandes étendues minérales et ses paysages à couper le souffle, l’Atlas n’a rien à envier aux plus hautes montagnes. Ancrez-y une histoire simple où le problème principal est de se déplacer et donc d’affronter les éléments, baignez le tout dans une musique enveloppante et le tour est joué. L’affrontement des hommes trouve son ampleur dans le spectacle des décors. Une jeune fille, Zaïna, y est objet de passion, occasion de trahison, enjeu d’engagement. Deuxième…

De Jean-Michel Kibushi Ndjate Wooto

Il ressort des marionnettes de Kibushi une agréable chaleur. Sans doute cela vient-il de sa façon de les filmer de près, de les mettre en scène avec une vraie science du cadre, de multiplier les plans et d’utiliser largement les magnifiques décors où ils les fait évoluer. Les jeux de lumières, de bruits et de couleurs achèvent de construire une ambiance que vient renforcer les audaces de tous styles de l’animation : architectures hallucinantes, référence permanente au conte, recours immodéré à la magie, insolence de la construction du récit, décors et costumes extrêmes etc. On se love donc volontiers dans…

De Thierry Michel

La référence du sous-titre à Joseph Conrad (Au cœur des ténèbres) et surtout son dépassement est essentielle pour comprendre la démarche de ce documentariste réputé qui présente là son quatrième film réalisé au Congo après en avoir exploré les dérives politiques dans Zaïre, le cycle du serpent, rencontré Les Derniers colons, et surtout explicité dans Mobutu, roi du Zaïre les arcanes imaginaires de la dictature mobutiste. Tel le Marlow de Au cœur des ténèbres fasciné par un Kurtz inatteignable, Thierry Michel semble poursuivre le spectre de Mobutu de film en film. Cependant, s’il se réfère à Conrad, ce n’est pas…

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