Black Bazar

De Alain Mabanckou

Le monde depuis Paris, 1er arrondissement

S’il est bien un mot qui inscrit une certaine idée de l’Orient et plus largement de l’exotisme, dans la langue française, c’est bien celui de “bazar”. Les dictionnaires nous signalent qu’il est attesté depuis le premier tiers du XVéme siècle. Cette inscription est aussi l’indice de l’épaisseur du temps dans les relations avec l’ailleurs. Mot rapporté, puis transformé : marché à ciel ouvert, dans une galerie, on y vend des étoffes, mais aussi des esclaves, il est entré dans la langue, et a subi des transformations. Comme son parent le souk, son sens s’est aussi dégradé : on y vend des objets de peu de prix, présentés de manière sommaire, d’où, sans doute, l’idée de désordre, qui lui est associée. Mais le bazar, c’est aussi, pendant un temps, ce lupanar, où survivent les louves, qui défilent sous le regard concupiscent des hommes. Pour les véritables parisiens, enfin, la galerie marchande s’est aussi transformée en grand magasin, près de l’Hôtel-de-Ville, pas très loin du premier arrondissement. Ce sont un peu toutes ces évocations que brasse tout d’abord le titre du roman d’Alain Mabanckou, Black Bazar. Il en ajoute une autre, black. Black, comme l’euphémisation de noir, mais aussi, car nous connaissons déjà Alain Mabanckou, comme la dérision de cette euphémisation. Né en 1966, au Congo-Brazzaville, Alain Mabanckou est actuellement professeur de littérature francophone à UCLA. Il est l’auteur de nombreux romans, qui ont souvent été primés. Ainsi, Les Mémoires ...

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