Cinéma/TV

Cinéma/TV


D'Abdelkader Lagtaâ

Inquiétude et dérision. Pour donner la mesure des contradictions d’une population cernée par les dangers, Lagtaâ utilise habilement les ficelles de la comédie et du suspense. Une convocation au commissariat de police plongera un libraire dans une hilarante panique ; la simple demande de passeport d’une belle institutrice poussera le mokkaddem local (sorte de sbire de proximité en vigueur dans l’administration marocaine traditionnelle) à mobiliser ses informateurs pour enquêter sur ses moeurs ; un fils angoissé par un maître intégriste voudra éradiquer le péché en trucidant ses parents… Déjà sommé par la censure marocaine de purger son précédent film, la Porte close,…

Montréal, avril 1999

Vous abordez des sujets graves avec une grande légèreté. Est-ce votre caractère ou un choix particulier? Le ton de mes deux films précédents, Un amour à Casablanca et La Porte close, était assez dramatique, effleurant parfois le tragique, ce qui correspondait à leur contenu. Dans Les Casablancais , par contre, j’ai essayé d’explorer une autre approche en relation avec la singularité des itinéraires qui s’entrecroisent dans le film. Ainsi, par exemple, il m’a semblé plus pertinent d’adopter le ton de la dérision pour traiter de la relation archaïque que l’autorité en vigueur au Maroc continue d’entretenir avec la population. Il…

De Thierry Michel

Portrait d'un tyran

Après Zaïre , le cycle du serpent, Les derniers colons, Nostalgies post-coloniales, Thierry Michel signe un documentaire d’une grande portée historique et d’excellente facture technique qui a marqué le dernier Fespaco.

D'Annie Janicot

Coproduit et cofinancé par la télévision malienne, ce documentaire entièrement tourné au Malin passionne par son approche nouvelle de la question de l’immigration. Nous savions, notamment grâce à Kebadian (D’une brousse à l’autre, cf Africultures n°11) que l’économie de la région de Kayes est profondément liée aux ressources de l’émigration. Certes, nous dit ce film, l’émigration n’est jamais une solution :  » les enfants qui reviennent sont obligés d’imiter les muets car ils ne parlent pas la langue !  » Mais dans l’état actuel des choses, autant valoriser le savoir-faire et les transferts d’argent qu’elle induit. Les autorités maliennes la considèrent donc comme un…

Entretien d'Olivier Barlet avec Andrée Davanture

L’association Atria a permis à nombre de films africains de voir le jour durant les vingt dernières années. Elle ferme ses portes dans des conditions dramatiques, victime de l’inpréparation des restructurations actuelles de la Coopération française.

Les images de l'article
Laada (Burkina Faso), un film de Drissa Touré
Andrée Davanture




La production et la diffusion du cinéma africain ne sauraient être traitées séparément, affirmaient les participants du colloque »Cinéma et circuits de diffusion en Afrique », au Fespaco 99.

A l’initiative de l’Association Racines noires, l’excellente rétrospective du cinéma afro-brésilien présentée au festival de Milan a fait une escale à Paris au Forum des Images du 31 mars au 4 avril. Une occasion d’aborder les racines africaines du Brésil, que nous explorerons dans un futur dossier d’Africultures. Tendances d’un cinéma polymorphe puisant ses racines dans les troupes de théâtre de rue et les groupes musicaux de Rio.

Les images de l'article
As Aventuras Amorosas De Um Padeiro, de Waldir Onofre




De Moussa Touré (Sénégal)

La dérive du continent

Huit années après la sortie de Toubab bi avec Makena Diop dans le rôle d’un immigré, Moussa Touré lui renouvelle sa confiance. Il est Rambo dans TGV, parcours chaotique à l’image de l’Afrique contemporaine paupérisée par les guerres tribales, l’exode des ruraux, les pesanteurs des croyances religieuses. Au neuvième Festival du cinéma africain de Milan, le 25 mars, il reçoit le prix du public mais il est absent du palmarès du Fespaco.

De Mohamed Ben Smaïl (Tunisie)

L'errance d'un exclu

Un immigré tunisien ruiné par l’exil, physiquement affaibli et mentalement diminué par son séjour en France, retourne au bercail pour s’éteindre, au terme d’une longue errance au cours de laquelle, il remonte le cours de sa mémoire, rend visite à des lieux et à des amis.

D'Ayouch Nabil d'Ayouch Nabil (France-Maroc)

Un couple jeune et riche se rend à Tanger pour un congrès médical. La femme est enlevée et violée par des hommes importants. Pour la délivrer, l’homme tue un commissaire de police qui voulait en récupérer la cassette vidéo. Commence alors une poursuite politico-gangstériste dans la montagne marocaine… Gros succès au Maroc, Mektoub a une certaine classe mais laisse sur sa fin : on se demande de quelle spécificité peut se revendiquer ce suspense policier sur fond de musique jazzy face aux machines hyper-professionnelles des thrillers américains. Car à quoi bon les concurrencer sur leur terrain si ce n’est pour compenser…

De Mohamed Camara

Manga et Sorry s’aiment et bravent l’interdit homosexuel. Leurs familles arrivent à leur imposer une séparation. Manga tente une relation avec une femme blanche, mais finit par rejoindre Sorry qui s’est marié et a un enfant… Après l’inceste dans Denko et le suicide des enfants dans Minka, Mohamed Camara s’attaque de nouveau à un tabou. Pourtant, en cherchant à dénuder le sujet, il le rhabille aussitôt. Le problème du film n’est pas dans son propos, plutôt courageux, qui place l’homosexualité comme un authentique amour et en appelle à la tolérance, mais dans son traitement. Laissons de côté le jeu figé…

De Ntshaveni Wa Luruli

Cette joyeuse comédie se donne elle-même son nom : la  » mandelazation « . L’apartheid n’est pas évoqué et les Blancs sont absents : c’est en toute liberté que Sipho (Fats Bookholane) décide de quitter son patron à la bourse de Jo’burg pour essayer d’y revenir par la voie royale du succès en affaires. Débrouillard et rusé, il achète des poulets pour les revendre sur les marchés noirs, et multiplie les mésaventures sans jamais laisser tomber. Formé à l’école nord-américaine et professeur de scénario, Ntshaveni Wa Luruli construit son film comme un feuilleton à rebondissements centré sur les avatars d’un personnage clef. Ce qui donne…

De Bernard Joffa

Revenue en Afrique du Sud après s’être exilée aux Etats-Unis, Nolutando, devenue médecin, veut offrir une sépulture digne à son père qu’elle croit mort dans le combat pour les droits civiques au Zwaziland. Elle doit échapper pour cela au Zoulou à qui elle a été promise, ce qui donne à son équipée une allure de road-movie s’enfonçant toujours plus loin dans l’Afrique exotique. Sa rencontre avec un expatrié blanc et sa fille sera l’occasion d’une confrontation avec la  » vraie  » Afrique du Sud : Frankie est musicologue, joue à merveille de la mbira et s’exclame en écoutant les chants traditionnels :  » Voilà l’Afrique…

De Diabi Lanciné

Awa et Adama (Adam et Eve) sont des jumeaux très liés. Pour soutenir son frère scolairement moins brillant qu’elle, Awa (Nacky Sy Savané) vend son âme au féticheur Mousso (Gérard Essomba), sans se douter quelle sera ainsi confrontée à toutes les humiliations que peut subir la femme africaine. Unanimement décrié par les cinéphiles, La Jumelle fut chaleureusement applaudi par le public populaire ouagalais. Rien d’étonnant : ce n’est pas du cinéma mais du roman-photo. L’académisme du cadre et l’éclairage concourent à la fixité de l’image ; les comédiens (qui ne sont pas en cause) récitent avec force mimiques un scénario théâtralisé à…

De Saâd Chraibi

Zakia est belle, active, passionnée. Elle anime une émission sur les femmes à la télévision. Elle retrouve des amies perdues de vue : Leila, Keltoum et Ghita. Les quatre femmes se promettent de garder le contact, de se soutenir… ce qui permet au film de fouiner dans leur vie privée et d’y déterrer rencontres insolites, espoirs, compromis, mari violent, passions, douleurs… Tout s’accélère dans la seconde moitié, lorsque le réalisateur délaisse sa visée purement sociologique pour accélérer le rythme et entrer dans le romanesque : tandis que dans la sphère privée, un drame se noue qui fera réagir ensemble les femmes, l’émission…

Qu’on le veuille ou non, un palmarès est un message. Il exprime les compromis qu’opère un jury de sensibilités diverses mais pour le grand prix, celui-ci doit trancher. Le Fespaco 99 a couronné un film adulé du public africain, et pour la première fois de son histoire, une comédie: « Pièces d’identité ».  » Peut-être que ce jury a voulu donner une nouvelle direction au cinéma africain, ou en tout cas élargir le champ « , déclare le réalisateur du film primé, Ngangura Mweze. Une nouvelle voie ? La volonté d’un cinéma populaire de qualité. Deux mots antinomiques ? Un film apportait une évidente réponse : La Petite…

De Christian Lara

Fiction historique, Sucre amer est un film dense et passionnant dont l’intention crève l’écran : restaurer la mémoire antillaise face à son effacement métropolitain et, plus encore, montrer que mieux comprendre l’Histoire de la Guadeloupe aide à mieux comprendre l’Histoire de France ! Il s’agit donc de montrer et d’analyser. Pour mener à bien ce dessein clairement pédagogique, Lara part du vécu d’Ignace (Jean-Michel Martial, toujours excellent), esclave affranchi devenu commandant de l’armée française et accusé de haute trahison pour avoir combattu l’armée de Bonaparte qui venait rétablir l’esclavage aboli par la Convention. Un remake en somme de Vivre libre ou mourir,…

Il se demande encore si le prix qu’il a reçu pour Fools n’était pas un geste politique… Ne mâchant pas ses mots sur l’affaire Zongo, journaliste burkinabè assassiné en décembre dernier, et estimant que la manifestation n’a pas fait la part belle au cinéma, Ramadan Suleman est parti, furieux, trois jours avant la fin du festival. D’autres, parmi les Sud-Africains, n’ont pas regretté d’avoir fait le déplacement. A son retour de Ouaga, John Matshikiza, acteur et producteur indépendant, a consacré cinq pages à l’événement dans l’hebdomadaire national The Mail & Guardian. Illustrées de ses images, des  » gueules  » de Ouagalais et…

Dans le foisonnement des fictions, quelles tendances, quel météore ? On the Edge, du Nigérian Newton Aduaka, assurément. Cet hommage à Fela à effectivement des allures d’afrobeat : jouant autant sur les flash back que sur les passages de la couleur au noir et blanc, ce 28’nous confie le drame de Lorna, une jeune droguée, et les efforts de Court, son partenaire qui cherche à l’en sortir. Une vibrante histoire de frères et de soeurs, d’atrocités et d’hypocrisie, de désespoir et de rage. Nous avions déjà dit le bien que nous pensons de Souko, le cinématographe en carton, du Burkinabè Issiaka Konaté :…

1 135 136 137 138 139 143