Cinéma/TV

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A Hombori, sur le tournage de La Genèse, février 1997

Quelle est l’actualité de ce film ? On retrouve dans la Bible une fraternité qui n’empêche pas l’affrontement : on s’aime et s’entre-déchire. C’est ce qu’on voit de plus en plus dans le monde actuel, au Rwanda, en Yougoslavie comme au nord du Mali. Les mêmes inimitiés ont été celles des patriarches des trois grandes religions monothéistes. Abraham est Ibrahima, Joseph est Youssouf, Jacob est Yacouba… Dans nos sociétés agro-pastorales, on en vient à insister sur la rivalité entre nomades et paysans : la situation est analogue à celle du début du monde… Faut-il retourner aux sources pour évoquer ces conflits ? Retourner aux…

De Bourlem Guerdjou

Pour les Algériens de l’après-guerre, la France c’était l’Amérique. Mais la réalité des bidonvilles n’avait rien à voir avec le paradis. Celui de Nanterre, où se déroule le film, regroupait dans la boue et la promiscuité des abris de fortune 23 000 travailleurs immigrés en 1967 ! Et c’est pour en sortir que Lakhdar va faire venir sa famille : pour accéder à un logement HLM. Il se bat pour y arriver, au point d’accepter compromissions et trahison des siens… Il fallait un acteur exceptionnel pour que ce personnage tienne cette tension entre l’intention généreuse et la manipulation. Roschdy Zem n’en fait jamais…

Entretien de Jean Stubbs avec Sergio Giral*

Né à La Havane en 1937, Sergio Giral est réalisateur de documentaires et films de fictions. Dans cet entretien, il exprime clairement le retournement réalisé au cinéma lorsque la vision n’est plus celle du maître mais de l’esclave. Mais cela ne va pas sans un travail sur soi…

Entretien d'Olivier Barlet avec Gloria Rolando Casamayor

Au festival Racines noires, juillet 1998

Le cinéma cubain préfère aborder la question des préjugés raciaux envers les Noirs par des films historiques. Sara Gomez (1943-1974), première réalisatrice cubaine, était Noire. Elle a osé aborder ce thème de façon contemporaine en filmant l’histoire d’amour d’une institutrice blanche avec un jeune mulâtre issu d’un bidonville havanais dans De cierta manera (D’une certaine manière, 1973-1977, le film ayant été terminé par Tomas Gutierrez Alea et Julio Garcia Espinosa après la mort de Sara Gomez). Née à La Havane en 1953, Gloria Rolando est parfois considérée comme sa fille spirituelle. Elle prépare en tout cas un documentaire sur son…

De Daoud Aoulad Syad

Adieu Forain est la chronique douce-amère d’un microcosme : c’est à la fois son intérêt et sa pesanteur. Les trois personnages principaux pourraient être les trois facettes d’une société marocaine à la recherche d’elle-même. Kacem, le père, le vieux forain, n’arrive pas à mettre fin à sa vie d’errance. Larbi, le fils qui sort de tôle, est trop macho pour avoir des amis. Il finira pourtant par se lier à Rabii, le travesti, qui rêve d’un ailleurs qu’il ne peut atteindre. Une telle constellation où chacun se demande sans cesse où partir et avec qui sans savoir au fond qui il…

Président et fondateur de Vues d'Afrique

Coktail et ficelles d’un festival de cinéma africain et créole qui sait se rendre nécessaire.

Dans notre numéro 13 de décembre dernier, nous avons publié un entretien avec le secrétaire général du Fespaco, Monsieur Baba Hama. Il affirmait sa volonté de recentrer le festival sur son objet : la cuvée 99 devait être plus sélective, plus professionnelle, plus axée sur la vente des films que les grandes fêtes précédentes. La Fédération Panafricaine des Cinéastes qui semblait peu active en attendant la refonte de ses statuts programmée par son congrès au Fespaco de 1997 a pris en main le colloque qui donne son thème au festival : les circuits de diffusion en Afrique. Pierre Ruamba, coordinateur actuel de…

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Gaston Kaboré brandissant l'Etalon de Yennenga 97 reçu des mains du président Blaise Compaoré, pour son film Buud Yam.Gaston Kaboré brandissant l'Etalon de Yennenga 97 reçu des mains du président Blaise Compaoré, pour son film Buud Yam.




De nouvelles perspectives pour le cinéma Africain ?

En 20 ans d’existence, le festival de Clermont-Ferrand est devenu le rendez-vous le plus important pour les professionnels du secteur et attire un public de plus en plus nombreux : le festival de cinéma le plus fréquenté en France après Cannes : plus de 120 000 spectateurs cette année ! Cette manifestation, née d’une association d’étudiants cinéphiles  » Sauve qui peut le Court Métrage « , a pris aujourd’hui une dimension mondiale.

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Aïd El Kebir de Karin Albou
La femme dévoilée de Rachida Krim
Comment t'expliquer mère ?d'Hassan Zbib
Raddem (démolition) de Danielle Arbid
Kinkeliba et les biscuits de merD'Almahdou Sy (Sénégal)
Amina deThierry Jozé
Le truc de KonatéDe Fanta Régina Nacro




Pourrais-tu nous résumer ton parcours de jeune réalisateur ? A l’origine je suis comédien : il y a une dizaine d’années que je fais du théâtre. J’ai commencé par hasard. Au début je travaillais dans les cités, je voulais être éducateur. Un jour on m’a demandé si je voulais jouer : je me suis retrouvé avec une compagnie amateur et de fil en aiguille, d’école de théâtre en spectacles… J’ai eu l’occasion de travailler avec Fadel Djaïbi, un metteur en scène tunisien. Actuellement je joue le Journal d’un fou sur Paris. Comment s’est faite la transition vers le cinéma ? Je connaissais Linda Chaïb,…

Regards croisés sur le racisme

Initiée par l’actrice ivoirienne Hanny Tchelley, la première édition du Festival international du court métrage d’Abidjan (Fica’98) a proposé aux cinéphiles, du 15 au 19 décembre 1998, sur l’écran du Centre culturel français, 70 films dont 15 en lice pour le grand prix  » l’Eléphant d’or « . La réalisatrice sud-africaine, Pelesa Katleka-Nkosi, l’a enlevé avec Mamlambo, le premier volet de la série de six épisodes, Africa Dreamings. D’Abidjan, le critique ivoirien de cinéma Jean-Servais Bakyono :

Un entretien de Samuel Lelièvre avec Peter Davis

Peter Davis est un documentariste britannique basé au Canada. Il est l’auteur de In Darkest Hollywood: Exploring the Jungles of Cinema’s South Africa, un livre de référence sur le cinéma sud-africain avant et durant l’apartheid, et le résultat de recherches conduites pour la réalisation du documentaire éponyme sorti en 1993. Davis a réalisé de nombreux films sur l’Afrique du Sud, parfois en œuvrant dans la clandestinité. Certains d’entre eux ont été utilisés dans les réseaux anti-apartheid en informant des terribles réalités de ce pays. Au moment où on célèbre le centenaire de la création de l’ANC, ce sont aujourd’hui des…

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Nuclear File, 1980 © Peter Davis
Generations of Resistance, 1979 © Peter Davis
Peter Davis-Transkei, 1985 © Peter Davis
Remember Mandela!, 1987 © Peter Davis
Winnie Mandela, 1986 © Peter Davis
ANC à Lusaka, 1978 © Peter Davis
Manifestation à Londres, 1963 © Peter Davis




Angoisse dans les cinémas d’Afrique : leurs financements traditionnels en Europe risquent de se tarir tandis que les Etats africains restent sans politique culturelle. Le film, technique chère, pourrait-il laisser la place à la vidéo ? Deux colloques ont tenté de cerner les problèmes.

Yvon Ogula Ivanga, frère du cinéaste Imunga Ivanga, cherche à créer une maison de production audiovisuelle à Libreville (Gabon). Péripéties administratives.

Entretien d'Olivier Barlet avec Ahmed Attia

Producteur de cinéma (Tunisie)

Qu’est-ce qui vous a amené à la production cinématographique ? J’ai fait une école de cinéma et ai été assistant-réalisateur jusqu’en 1982, avec quelques expériences de direction de production. Je me suis aperçu que la production en Tunisie se faisait avec une formation sur le tas de la part de gens plutôt débrouillards, gestionnaires d’hommes mais pas d’argent. L’intervention sur les films étrangers était une prestation de services et non de la création. J’ai proposé à Abdellatif Ben Ammar avec qui je travaillais de basculer de l’assistanat à la production pour la rationaliser et la professionnaliser. Il manquait au cinéma tunisien…

Entretien d'Olivier Barlet avec Joël Phiri

Producteur de cinéma (Zimbabwe)

Le cinéma africain francophone s’est développé grâce aux aides européennes. Vous défendez un financement plus axé sur le privé. Une voie intermédiaire est-elle possible ? Je crois qu’on peut jouer sur les deux. L’essentiel est que des films voient le jour en Afrique, qui puissent rendre compte de nos cultures et être tournés dans nos langues. Nous essayons de trouver la voie d’un autofinancement qui implique aussi le cinéma et pas seulement la télévision et la vidéo. Un aide gouvernementale est incontournable, pour que des fonds d’investissement privés puissent venir la compléter. L’avantage de vos aides (Fond Sud, Union européenne etc)…

Africains hors-compétition ?

Cette année, le Festival des trois continents ne comptait aucun film africain en compétition.

De Michel Ocelot

Kirikou réjouit car il évite heureusement tous les clichés généralement rassemblés dans les films proposés aux enfants sur l’Afrique, et encore plus dans les dessins animés. Avec un très beau résultat.

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