Cinéma/TV

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Sélectionné à la Semaine de la critique du Fespaco 2025, le film de Mohammed Latrèche a donné lieu à un débat-forum animé par des journalistes de l’Association des critiques de cinéma du Burkina Faso (ASCRIC-B), Annick Kandolo et Madina Diallo. Annick Kandolo : Mohammed Latrèche est producteur mais aussi connu pour ses documentaires : « À la recherche de l’Emir Abd El-Kader » (2004) et « Boudjemâa et la maison cinéma » (2019). Il présente au Fespaco 2025 « Zinet, Alger, le bonheur ». Aviez-vous besoin de vous ressourcer dans le cinéma algérien pour progresser en tant que réalisateur ? Mohammed Latrèche : Oui, absolument. Et cela dès mon premier…

Chroniques fidèles survenues au siècle dernier à l’hôpital psychiatrique de Blida-Joinville, au temps où le Docteur Frantz Fanon était Chef de la cinquième division entre l’an 1953 et 1956.

Film d’un Algérien sur les années algériennes de Fanon, Prix du jury de la Semaine de la critique au Fespaco 2025, l’approche d’Abdenour Zahzah tranche avec les autres films réalisés sur Fanon, à commencer par le récent Fanon de Jean-Claude Barny, lui aussi centré sur ces années, mais dans un tout autre style (cf. critique n°16310). C’est en effet avant tout au Fanon psychiatre que s’intéresse Zahzah, donc entre 1953 et 1956. Restreindre cette approche biographique à ces trois années est intéressant à plusieurs titres. C’est d’une part le centrer sur l’aliénation psychique subie par les Algériens en situation coloniale.…

Du 4 au 6 juillet, le Seytou Africa Festival est revenu à Paris pour une nouvelle édition consacrée au cinéma documentaire africain et afro-diasporique. Fidèle à son ambition de visibiliser les regards minorés, le festival poursuit son exploration d’un cinéma de l’intime et du politique, qui interroge autant qu’il répare, et met à l’honneur des récits pluriels venus du continent et de ses diasporas.  Un espace de contre-regards Conçu comme un espace de circulation d’idées, de films et de paroles, le festival Seytou Africa s’ancre dans une logique de dialogue entre artistes, chercheurs, activistes et publics. Il privilégie des formes…

Un rhizome à construire

Comment lutter contre la perpétuation de la violence coloniale ? En sortie le 16 juillet 2025 dans les salles françaises, le premier long métrage de Maxime Jean-Baptiste propose une plongée radicale dans la mémoire guyanaise. Melrick, un jeune de 13 ans qui vit à Stains, est en vacances chez sa grand-mère à Cayenne. Il apprend avec passion le tambour, ce même tambour fait d’un tonneau de plastique que jouait son oncle Lucas qui fut tué en marge d’une fête d’anniversaire en 2012, un meurtre qui secoua la Guyane. C’est par des archives de ses funérailles et les appels de la…

L'affirmation de soi

En sortie le 16 juillet 2025 sur les écrans français, le documentaire de Greta-Marie Becker est une formidable introduction à la démarche de Germaine Acogny. Celle que les Sénégalais appellent « la Germaine nationale » a maintenant 81 ans. Elle est mondialement célèbre. Si ce film s’appelle « l’essence de la danse », c’est qu’il tente de percevoir ce que permet « la technique Acogny ». Ce ne sont pas tant les explications données par elle ou son assistante qui nous éclairent, mais ce que le cinéma donne le mieux à voir : les corps en action. Le résultat du travail de formation est…

L’atelier sur les archives d’Ousmane Sembène et Paulin Soumanou Vieyra aux Etats-Unis a réuni une dizaine de chercheurs internationaux. Il s’inscrit dans les événements organisés à l’occasion du centenaire de la naissance de Vieyra et fut précédé d’une table-ronde au festival de Cannes. Un atelier à Bloomington Cela a commencé par un appel à participation pour un atelier universitaire : il fallait fournir un projet de recherche, avec les raisons qui nous poussaient à venir aux Etats-Unis travailler sur les archives d’Ousmane Sembène et de Paulin Soumanou Vieyra. Elles sont toutes deux situées à l’Université d’Indiana, un énorme campus logé…

Organisé par le laboratoire sur les débuts des cinémas d’Afrique (Early African Cinemas Lab) dirigé par le professeur Vincent Bouchard, un atelier d’une quinzaine de jours sur les archives d’Ousmane Sembène (Lilly Library) et Paulin Soumanou Vieyra (Black Film Center & Archive) a regroupé du 27 mai au 6 juin 2025 une quinzaine d’universitaires et de chercheurs à l’Université d’Indiana à Bloomington (Etats-Unis). Occasion d’explorer davantage les parcours de ces deux précurseurs des cinémas d’Afrique, cet atelier va déboucher sur un livre collectif qui sera publié en fin d’année. Les fils des deux cinéastes étaient présents, interrogés ici par Saïba…

Gagner en humanité

Le 20 juin 2025, plus de 100 salles de cinéma en France, en Belgique et en Suisse projetteront le documentaire Save Our Souls de Jean-Baptiste Bonnet, à l’initiative de son producteur Andana Films en partenariat avec Tënk, Politis et Mediapart et plus de 30 associations partenaires. C’est un événement mobilisateur exceptionnel, à ne pas manquer : l’occasion de partager en nombre un moment d’information et d’implication sur les sauvetages en Méditerranée. « On sauve des vies en mer. Point barre », affiche d’entrée le site dédié de SOS Méditerranée pour appeler aux dons. Des milliers d’hommes, femmes et enfant tentent la traversée…

Mettez vos ceintures et foncez !

Présenté à la Quinzaine des cinéastes au festival de Cannes et en sortie le 12 juin 2025 dans les salles françaises, Indomptables de Thomas Ngijol est à la fois un saisissant drame intime et une magnifique introduction au bruit de Yaoundé. On pourrait penser que l’humoriste camerounais Thomas Ngijol sort de son rôle avec cette sorte de polar réaliste où il se met en scène en commissaire de la section criminelle qui tape sur les malfrats comme il gueule sur ses enfants. En fait, c’est tout le contraire : ce flic antipathique et violent est tellement extrême qu’il en devient…

Nous sommes le 16 mai 2025. Rendez-vous est pris avant même le festival de Cannes pour réaliser une interview de la réalisatrice tunisienne Erige Sehiri et de ses actrices sur le film  » Promis le ciel  » qui fait l’ouverture de la sélection officielle Un certain regard, une belle promotion quand il s’agit d’émerger face aux 110 films sélectionnés cette année à Cannes. Transcription d’un entretien avec la réalisatrice et ses trois actrices un peu chaotique car elles allaient et revenaient, devant répondre à des sollicitations parallèles. Voir également les vidéos réalisées par Hicham Rami avec Erige Sehiri et Aïssa…

Avec Cœur bleu présenté en première mondiale à la Quinzaine des Cinéastes au festival de Cannes 2025, Samuel Suffren signe son troisième film et boucle la trilogie entamée avec Agwe (2022) et Des rêves en bateaux papiers (2024). Un triptyque de court-métrages sur l’absence et l’ailleurs à travers différents points de vue au sein d’un cercle familial haïtien. (lire également l’analyse de Stéphane Saintil) « Quand on s’accapare d’une matière à partir de son histoire personnelle pour la retravailler, ça peut s’avérer être un exercice masochiste. Ça fait du mal mais ça fait du bien aussi » (Samuel Suffren) Djia Mambu : Cœur…

Dernier opus d’une trilogie inspirée par l’histoire de son père, le court-métrage Cœur Bleu du réalisateur haïtien Samuel Suffren vient d’être présenté à la Quinzaine des cinéastes, qui s’est tenu du 14 au 24 mai à Cannes, en marge de la 78ᵉ édition du Festival. Après Agwe, sélectionné en compétition officielle au Festival de Locarno et lauréat du prix Paul Robeson du meilleur film de la diaspora africaine au FESPACO 2023, et Des rêves en bateaux papiers, présenté en compétition officielle au Festival de Sundance et récompensé du prix du meilleur court métrage au Festival du film de Nashville ainsi…

Au Pavillon Afrique du Festival de Cannes, rencontre avec l’acteur Jimmy Jean-Louis pour la dédicace de son livre Le Héros. De son enfance haïtienne façonnée par la pauvreté à son ascension sous les projecteurs hollywoodiens, Jean-Louis partage une leçon de vie essentielle : celle de transformer les épreuves en tremplins. Un récit inspirant sur la résilience et l’humanité. Itw et réalisation: Hicham Rami Montage: Maimouna Boina

Hicham Rami

Aïssa Maiga incarne une pasteure évangélique dans le film « Promis le Ciel » d’Erige Sehiri en compétition Un certain Regard. Nous l’avons rencontré à Cannes, elle évoque son rôle dans le film et nous partage sa vision du cinéma africain. Itw et réalisation : Hicham RAMI 

En compétition dans la catégorie « Un certain Regard » lors du Festival de Cannes, Erige Sehiri braque sa caméra sur la réalité complexe des femmes migrantes en Tunisie dans son nouveau film intitulé « Promis le ciel ». Dans un pays en crise, leurs rêves se confrontent à la dureté du quotidien et à une hostilité institutionnelle palpable. Aïssa Maïga incarne avec une force tranquille une pasteure évangélique au sein d’un casting qui illumine ce récit de vies d’une communauté de femmes. Le film révèle les liens de solidarité et de dignité farouche face à l’adversité. Une œuvre brillante, quasi documentaire et qui…

Les films d’Afrique ou de la diaspora, et ici quelques autres, ont en commun d’oser des sujets délicats, actuels, dérangeants. Ils prennent parfois des risques dans leur propre pays. Ils sont réalisés par des cinéastes souvent jeunes qui tablent sur l’intime, brisent les tabous et regardent avec lucidité l’état du monde. C’est une dominante de cette édition du festival de Cannes (13-24 mai 2025), confirmation d’une tendance qui s’affirme depuis quelques temps, d’accorder aux jeunes cinéastes l’extraordinaire visibilité de cet événement. Et certains figurent même au palmarès ! Le monde en crise rattrape la culture Cannes ne déroge jamais aux…

À la Quinzaine des Cinéastes, Thomas Ngijol a dévoilé « Indomptables », son quatrième long-métrage en tant que réalisateur. Loin de son registre comique habituel, le cinéaste nous immerge dans un polar âpre et viscéral. Inspiré librement du documentaire « Un crime à Abidjan (1995) » de Mosco Levi Boucault, le film suit Billong, un commissaire aux prises avec la criminalité à Yaoundé. C’est un homme d’honneur, taciturne et profondément ancré dans ses traditions. Ngijol livre une œuvre sans artifice, ancrée dans le réel camerounais. Un film sincère où le réalisateur explore ses racines et offre une vision intime et sans concession du Cameroun…

Remboursez !

Si Haïti est l’un des pays les plus pauvres du monde, il y a des raisons. La France y a tenu une grande part. C’est ce qu’explique remarquablement ce documentaire à voir sur le petit écran. Les documentaires faits pour la télévision sont en général assez formatés : un commentaire illustratif des images. C’est bien sûr ici le cas puisque ce film est destiné à passer sur différentes chaînes, en commençant par France 2 le 12 mai 2025 en deuxième partie de soirée, mais visible ensuite en « replay ». Il se détache cependant par la qualité de sa recherche iconographique et…

Face au traumatisme

En sortie le 7 mai 2025 dans les salles françaises, le deuxième long métrage de Lotfi Achour, Tanit d’Or aux Journées cinématographiques de Carthage en décembre 2024, oscille entre réalisme et fantastique pour décrire ce que ressens un jeune de 14 ans lorsque son cousin de 16 ans est assassiné par les terroristes dans la montagne tunisienne. Emouvant et captivant, le film aide à comprendre le ressenti d’une population confrontée à la violence aveugle. « Inspiré de faits réels » : cette phrase en début de film est souvent trompeuse, tant le cinéma retravaille le réel. Elle veut seulement dire ici que…

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