Cinéma/TV

Cinéma/TV


Ils ne baissent pas les bras

Prenez une ville où toutes les crises actuelles sont à l’apogée : pollution industrielle, chômage, migrants. De quoi baisser les bras. Mais à Grande-Synthe, ils se battent pour résister. En sortie le 10 octobre dans les salles françaises. « Il n’y a pas seulement pour l’humanité la menace de disparaître sur une planète morte. Il faut aussi que chaque homme, pour vivre humainement, ait l’air nécessaire, une surface viable, une éducation, un certain sens de son utilité. Il lui faut au moins une miette de dignité et quelques simples bonheurs. » Cette phrase de Marguerite Yourcenar insérée en début de film marque…

Rendez-vous annuel à la riche programmation (sur lequel nous reviendrons), les Etats généraux du documentaire de Lussas 2018 est aussi l’occasion de faire le point sur les avancées de Tënk ([1]), la plateforme sur abonnement du documentaire d’auteur. En deux ans d’existence, Tënk a réussi son premier pari : 6500 abonnés. Cela permet de tourner, sachant qu’un bon tiers des sommes recueillies sont reversées en droits d’auteur, non au clic mais en forfait fixé par contrat. La progression est nette en un an : 4800 abonnés en août 2017, donc 1700 de plus en un an. Mais cela n’assure pas…

L'avenir est dans la soupe

En sortie sur les écrans français le 10 octobre 2018, Tazzeka, premier long métrage de Jean-Philippe Gaud, ouvre à la richesse d’une culture et invite à la déguster. Le titre du film aurait pu être Elias, ce jeune attachant qui est pratiquement tout le film à l’écran. Avec la retenue qui permet à son personnage de prendre son essor, Madi Belem lui donne une belle présence. C’est pourtant le bled où il grandit et qu’il quittera, Tazzeka, qui est au centre. Car Tazzeka, c’est la grand-mère d’Elias (Khadija Bouzekri), celle qui lui a appris à ressentir la cuisine plus qu’à…

Pendant plus d’un siècle, des hommes ont exhibé d’autres hommes en les présentant comme des sauvages. Plus d’un milliard et demi de visiteurs sont venus observer 35 000 exhibés à travers le monde. Au travers le parcours de six exhibés, le film raconte le phénomène des zoos humains. En diffusion sur Arte le samedi 29 septembre 2018 à 20 h 50, puis dimanche 30 septembre à 16 h 00, et disponible en replay jusqu’au 28 novembre 2018. Ce qui passionne dans Sauvages, c’est qu’il permet de comprendre comment le racisme envers les colonisés est devenu populaire alors qu’il n’était au départ que scientifique.…

Entretien d'Olivier Barlet avec Faouzi Bensaïdi à propos de Volubilis

Lors des Rencontres des cinémas du monde dont la huitième édition se tenait à Sainte-Jalle (Drôme), Faouzi Bensaïdi présentait l’ensemble de ses films et en avant-première son dernier, Volubilis, qui sort le 19 septembre sur les écrans français. Entretien en liberté sur le film dans la perspective de son oeuvre, de son rapport aux acteurs et de son esthétique. La critique du film est à lire ici. Olivier Barlet : On dirait que votre cinéma s’oriente de plus en plus vers le tragique. Dans Volubilis, les marches évoquent Le Cuirassé Potemkine, la réalité d’un prolétariat qui vit et travaille dans des…

Faten RIDENE, enseignante-chercheuse en cinéma et audiovisuel, propose une lecture du point presse de la Cinémathèque tunisienne durant la 33e édition du Festival international du film amateur de Kélibia (FIFAK) qui s’est déroulée du 12 au 18 août 2018 en Tunisie. Pour rappel, nous avions publié la conférence de présentation de la Cinémathèque tunisienne à lire ici.  Ayant débuté en 1958 en tant qu’une association, sous la houlette de Sophie El Goulli (Challouf, et al., 2017), et souffert de plusieurs obstacles[i] tout au long de cinq décennies qui ont suivi ce déclenchement, voilà que la cinémathèque tunisienne voit enfin le jour.…

Pour sa huitième édition, fidèle à son intention de départ, le FIFDA propose des films inédits ou rares prenant comme sujet les diasporas africaines. Ce ne sont ainsi pas des oeuvres célébrées dans le circuit des autres festivals que sélectionnent Diarah N’Daw-Spech et Reinaldo Barroso-Spech, basés à New-York où ils dirigent Artmattan Productions (festival et diffusion de films), mais des fictions sensibles et des documentaires centrés sur le monde noir, notamment des portraits de figures historiques ou d’artistes. Ce vendredi 7 septembre, le festival s’est ouvert au cinéma CGR Paris Lilas sur un beau film à ne pas rater. Mais…

Sorti en juin 2018, River hôtel de Didier Ndenga a été annoncée comme la série-événement en Afrique avec ses décors cossus, son casting de rêve et sa volonté de  présenter une Afrique prospère et belle. Mais force est de constater que le produit final n’est pas à la hauteur des ambitions affichées.

Ce que donner veut dire

Encore un livre sur les réfugiés. Mais cette fois un livre qui fait du bien. Le livre d’un cinéaste écrivain. La saturation. On nous parle des réfugiés sans arrêt. La jungle de Calais, la vallée de la Roya, l’Aquarius, les statistiques de morts en mer… En dehors de quelques rares émissions, livres, films ou webdocumentaires s’attachant à des destins individuels, l’image médiatique nous situe les réfugiés comme tous les migrants comme une masse indifférenciée, une foule inquiétante, un déferlement. Il est dès lors facile pour les idéologies de la haine de crier à l’invasion, à la perte de sa culture,…

La master-class de Ryan Coogler au festival de Cannes

Il est frappant de constater qu’un film d’apparence anodine et commerciale comme Black Panther renferme des références et des contenus issus du vécu et de l’Histoire des Africains-Américains : esclavage, exclusion, diaspora africaine, relation au père, aux femmes, à la mort… Ce sont ces thèmes que Ryan Coogler a développés lors de sa master-class au festival de Cannes, animée par Elvis Mitchell, éminent critique noir-américain.[1] Le succès planétaire du film confirme que tout le monde s’y retrouve. Black Panther a connu un succès planétaire inattendu : il va vers le 1,5 milliard de dollars de recettes mondiales et plus de 3,5 millions…

Les ponts de l'identité

En sortie dans les salles françaises le 20 juin 2018, Kuzola, le chant des racines interroge une identité morcelée pour montrer que le mélange a du bon ! Les documentaires musicaux ou familiaux de rencontres ou retrouvailles ont souvent le même défaut quand ils veulent les reconstituer : vu qu’avec un caméraman et un preneur de son, on n’arrive jamais sans prévenir, il faut rejouer la joie et l’étonnement. La spontanéité n’y est pas, cela sonne faux et met à distance. C’est la limite de Kuzola qui aurait pu se passer de ces scènes, mais cela ne saurait oblitérer l’intérêt…

Y a-t-il un cinéma arabe malgré la grande diversité des pays et des cultures ? Le récent festival de Cannes (8-19 mai 2018) a témoigné d’une volonté d’ancrer ce concept à travers une série d’initiatives. Le désenclavement de l’Arabie saoudite change également la donne. Cinq longs métrages en sélection Nous avons déjà proposé des notes critiques dans notre bilan tendanciel du festival et les abordons ici d’un point de vue plus informatif. Fait exceptionnel, c’est d’Égypte que venait le seul premier long métrage de la prestigieuse compétition officielle : Yomeddine d’Abu Bakr Shawky. Développement fictionnel d’un documentaire sur les résidents d’une léproserie, The Colony,…

Table-ronde au festival de Cannes 2018

Animée par Youma Fall, directrice de la Culture à l’Organisation internationale de la Francophonie, cette table-ronde était organisée le 13 mai 2018 au Pavillon des Cinémas du monde au village international du festival de Cannes à l’occasion des trente ans du Fonds Image de la Francophonie. Youma Fall : Fonds privés et fonds institutionnels sont représentés à cette table. Le financement du cinéma a évolué depuis qu’il y a une trentaine d’années, était créé le Fonds Image de la Francophonie, qui s’appelait alors Fonds de production audiovisuelle. Nous avons pensé qu’il était temps de marquer une pause de réflexion pour échanger…

Un long tonnerre d’applaudissements a suivi la projection du film « Amin » à la Quinzaine des réalisateurs ce 15 mai au festival de Cannes. Ils étaient bien sûr aussi pour la remarquable actrice Emmanuelle Devos et le réalisateur Philippe Faucon, mais cette ovation consacrait deux acteurs sénégalais encore méconnus. Dans le film (cf. sa critique dans notre article bilan du festival), Amin (Moustapha Mbengue) travaille dans un chantier de construction en France et ne rentre que lors des vacances pour retrouver sa femme Aïcha (Marème N’Diaye) et ses trois enfants. Il finit par avoir une relation avec Gabrielle, une femme accueillante…

Le 71ème festival de Cannes (8 au 19 mai 2018) donnait cette année une réelle visibilité aux cinémas d’Afrique et de ses diasporas. Une dominante qui se cherche encore : dépasser le réalisme pour traiter par l’intime des problématiques contemporaines. La volonté déclarée du festival de Cannes de donner une place aux imaginaires et vécus africains ou diasporiques et le tri effectué par le plus grand festival du monde (quand il ne se concentre pas seulement sur les « films à message ») nous encouragent chaque année à mettre les films sélectionnés en perspective pour tenter de dégager des tendances. Tous étaient cette…

Seize actrices françaises publient, début mai, un ouvrage de témoignages : Noire n’est pas mon métier. Elles y partagent leur expérience du racisme dans le milieu du cinéma et de la télévision. Avec ce livre, elles ont monté les marches du festival international de cinéma de Cannes. Retour sur ce livre-manifeste.

Un table-ronde organisée par le CNC au festival de Cannes 2018

Le début d’un éco-système. Il y a quelques années, on déplorait l’absence de circuit de distribution, la fermeture des salles de cinéma déjà très rares, un public à trouver… Depuis, des initiatives se sont multipliées pour favoriser l’accès au cinéma : on voit apparaître de nouveaux cinémas ou la restauration d’anciens (un parc proche d’une soixantaine de salles), des complexes cinématographiques, le réseau Canal Olympia, des chaînes télévisées payantes et des sites de VOD. Modérée par Sébastien Onomo, producteur originaire du Cameroun, Les films d’ici, co-président du groupe francophone d’UniFrance et Jean-Christophe Baubiat, responsable des pays francophones à UniFrance, cette…

Un film courageux

Connue pour son court métrage de science fiction Pumzi, Wanuri Kahiu a présenté au 71ème festival de Cannes son premier long métrage dans la section officielle Un certain regard, première sélection d’un film kenyan à Cannes. Le film, qui porte sur une relation lesbienne, a dans la foulée été interdit au Kenya. Kena et Ziki, deux jeunes filles vivant dans le même quartier de Nairobi tombent amoureuses. C’est le début d’une belle histoire mais aussi d’un drame… Voilà un sujet brûlant et surtout courageux pour le premier long métrage d’une jeune cinéaste d’un pays où les relations entre personnes du…

La « Factory », initiée par la Quinzaine des Réalisateurs, a pour but l’émergence de nouveaux talents sur la scène internationale, permettant ainsi à de jeunes cinéastes internationaux de se rencontrer et de créer ensemble. Cette année, c’est la Tunisie qui était à l’honneur. Le 9 mai 2018, jour de la première mondiale à Cannes, les quatre courts-métrages sont sortis en Tunisie dans neuf salles de cinéma. Quatre courts métrages de 15 minutes, chacun écrits et réalisés à deux mains par un couple de jeunes cinéastes dont l’un est tunisien et l’autre d’un autre pays. C’est le principe de la…

Le festival de Cannes présente chaque année une série de films récemment restaurés, qui ont marqué l’Histoire du cinéma. Cette section Cannes Classics comporte cette année trois films sénégalais et un égyptien. Amadou Hampaté Bâ disait : « Pour dire ton histoire, il n’y a que ta parole, la parole d’autrui n’est pas ta parole ». C’est dans cet esprit que les premiers cinéastes africains se sont emparés de la caméra. Mais le cinéma n’est pas que parole. « Dans « Fad’jal », le griot pose le pied droit d’abord car le gauche porte malheur », me disait Safi Faye dans une interview à Cannes, alors…

1 2 3 120