Cinéma/TV

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La mémoire en carton-pâte d’un pays sous contrôle

En sortie le 1er juillet 2026 dans les salles françaises, auréolé du Tanit d’or des JCC de Tunis 2025, Notre Histoire épouse les soubresauts de l’histoire égyptienne à travers l’histoire d’une famille. Un film aussi modeste dans ses moyens qu’ambitieux dans son projet. Abu Bakr Shawky confirme son goût pour les récits ancrés dans le quotidien, mais il adopte une forme plus éclatée, quasi anthologique, où l’intime se frotte constamment au politique. Une réussite. Notre histoire surprend d’emblée par son dispositif : décors de carton-pâte, intérieur familial exigu, théâtralité revendiquée. Ce qui pourrait passer pour une fragilité de production devient…

En compétition officielle au Fespaco 2025 où il a reçu le prix de la meilleure photographie pour Alana Mejía González, Hanami est un des rares longs métrages provenant du Cap-Vert et a clairement marqué le festival comme il l’avait fait aux Journées cinématographiques de Carthage où il a reçu le prix Tahar Cheriaa de la première oeuvre. Il a obtenu le prix de la meilleure cinéaste émergente au festival de Locarno ainsi qu’une mention spéciale pour le meilleur premier long métrage. Denise Fernandes a répondu lors d’un « débat-forum » aux questions d’Annick Kandolo, d’Olivier Barlet et du public présent. Lire la…

L’île prendra soin de toi

En sortie le 8 juillet 2026 dans les salles françaises après une longue tournée en festivals où il a engrangé les récompenses, Hanami est d’une grande beauté dans sa manière de faire danser, avec une douceur mystérieuse, les cycles de la vie, des éléments et de la mémoire. Une expérience à ne pas rater. Lire son débat-forum au Fespaco 2025. Sur l’île de Fogo, au Cap‑Vert, un bébé passe de bras en bras sur une plage battue par le vent. Des femmes âgées se le transmettent avec une évidence tranquille et prononcent une phrase qui ressemble à une bénédiction :…

Rassemblées dans le zoom sur le festival de Cannes 2026, les tables-rondes ont abordé des sujets très divers mais sont chaque année un outil pour déceler les enjeux à l’œuvre au niveau professionnel pour les cinémas d’Afrique. On en trouvera ci-dessous un compte-rendu global forcément parcellaire et partiel pour s’y orienter. Les sept tables-rondes documentées esquissent la volonté de passer d’une effervescence de projets à de véritables chaînes – fonds, labs, formations, salles, plateformes, dispositifs jeunesse – capables de produire, montrer et faire vivre les films sur la durée. Ce mouvement se joue dans un rapport de forces encore instable.…

Sur la plage du CNC au festival de Cannes le 17 mai 2026, se tenait en anglais une double table-ronde sur la jeunesse dans la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) : d’une part la question du développement des jeunes publics et d’autre part le soutien aux talents émergents. Elles ont été introduites par Gaëtan Bruel, président du CNC, et Fatma Alremaihi, directrice du Doha Film Institute. En ouverture, Gaëtan Bruel, président du CNC, confie le choc éprouvé devant Le Gâteau du Président de Hassan Hadi, film irakien qui a « fait une énorme impression » au festival et symbolise,…

Lors de la présentation de la collection Cinémathèque Afrique sur TV5MONDE+ (tv5mondeplus.com), Éléonore Caroit, ministre déléguée auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, Kim Younes, présidente directrice générale de TV5MONDE, et Eva Nguyen Binh, présidente de l’Institut français, ont salué la mise en accès libre de cette sélection patrimoniale consacrée au cinéma africain. Ensemble, elles ont souligné l’importance de mieux faire circuler ces films restaurés et de donner une plus grande visibilité aux cinématographies africaines auprès du public francophone. Invitée à s’exprimer, Henriette Duparc, veuve du…

Le documentaire est souvent le parent pauvre au festival de Cannes. Nous rendons donc compte de cette table ronde en dépit du fait que les intervenants ne sont pas liés au continent africain mais dans la conscience que les problématiques peuvent être semblables. Sur la plage de la Semaine de la Critique, l’Institut français proposait, le 16 mai 2026, une table ronde consacrée aux relations complexes entre cinéma et réalité dans des contextes de crise. Conçue en partenariat avec Cinéma du réel, la rencontre, modérée par Catherine Bizern, réunissait des cinéastes et une productrice venus d’Iran, du Bangladesh, de Turquie…

Le 17 mai 2026, une table ronde intitulée Méditerranée plurielle : récits et esthétiques renouvelés réunissait à Cannes des cinéastes en sélection et des professionnel·les emblématiques de la région autour de la journaliste franco-libanaise Micha Khalil, de Monte Carlo Doualiya. Pensée en résonance avec la Saison Méditerranée 2026 de l’Institut français, inaugurée deux jours plus tôt à Marseille, la rencontre interrogeait la manière dont les cinémas arabes et méditerranéens renouvellent leurs récits, leurs formes et leurs imaginaires, entre contraintes de production, pression des marchés internationaux et désir d’inventer d’autres images. Modérée par Micha Khalil, la discussion réunissait la réalisatrice franco‑marocaine Laïla…

Au Marché du film du Festival de Cannes 2026, le pavillon Afronova a accueilli le 18 mai une table ronde consacrée à un enjeu central pour les cinémas africains et diasporiques : la construction de leurs publics. Modérée par Alain Modot (Difa/GIFA), la rencontre réunissait Nancy Aka (réseau Majestic), Céline Delfour (AFCAE) et Franciane Abassan (productrice et sales agent), croisant les regards de la distribution, de l’exploitation, de la programmation et des ventes internationales. Dans un contexte marqué par une diversité linguistique et culturelle exceptionnelle, mais aussi par des déséquilibres persistants dans la circulation des œuvres, les intervenants ont interrogé…

Cette table-ronde le 18 mai 2026 au Pavillon Afronova du marché du film au festival de Cannes 2026, animée par Maklor Babutulua, a réuni Hedi Zardi (les Ateliers de l’Atlas), Emilie Pianta Essadi (la Fabrique cinéma de l’Institut français), Houda El Amri (Canal+), Eugénie Michel-Villette (Les Films du Bilboquet) et Enrico Chiesa (OIF). Les échanges ont porté sur les laboratoires (labs), la circulation des films africains, les coproductions Sud‑Sud, l’éco‑responsabilité et la formation des producteurs, dessinant une vision très concrète des nouveaux écosystèmes de coproduction en Afrique. Labs, développement et culture cinéphile D’emblée, Houda El Amri insiste sur l’importance de…

De la philosophie à l’Afrique, du documentaire à la fiction

Boris Lojkine, surtout connu aujourd’hui pour avoir réalisé L’Histoire de Souleymane, était le parrain de La Fabrique Cinéma 2026 au Festival de Cannes. Il répondait aux questions de la critique de cinéma Perrine Quennesson le 16 mai 2026, sous le chapiteau de la Semaine de la critique, dans le cadre des activités de l’Institut français. 1. De la philosophie au cinéma : sortir des bibliothèques Perrine Quennesson ouvre la rencontre en rappelant que Lojkine a d’abord été enseignant en philosophie. « Moi, je venais de la philosophie, donc j’ai fini une thèse de philosophie au siècle dernier », dit-il en…

Les arbres font de la résistance

Prix de la Compétition Burning Lights au festival Visions du réel (avril 2026), le nouveau documentaire d’Hassen Ferhani ne déroge pas à son style. Au contraire, il le développe magnifiquement, parce que ce film est un hommage à son père Ameziane Ferhani et qu’il lui doit beaucoup. Cela commence par un long panoramique sur Alger depuis la mer, inondée de soleil et dominée par les cris perçants des mouettes qui donnent leur nom à la ville (El-Djézaïr, « Les îles », et, plus loin dans le temps, Ikosium, « l’île aux mouettes »). L’image est connue, carte postale. Sauf qu’ici,…

Nous avions rendu compte de la leçon de musique d’Amine Bouhafa aux Journées cinématographiques de Carthage de 2018. Il est intéressant de la comparer avec celle qu’il a donné, huit ans après, au festival de Cannes 2026 qui s’est tenue le lundi 18 mai en salle Buñuel au Palais des festivals, présentée par Stéphane Lerouge. Amine Bouhafa, 39 ans, s’est présenté moins comme un simple artisan de la bande originale que comme un véritable lecteur sensoriel des films qu’il accompagne. Tunisien, lauréat du César de la meilleure musique pour Timbuktu d’Abderrahmane Sissako en 2015, il revendique un parcours nourri à…

Esthétique de la débrouille

Tourné à Sèmè, ville frontalière entre le Bénin et le Nigeria, Border Life, produit, écrit, dirigé et tourné par Idrissou Mora-Kpai, témoigne de la vitalité de tous ceux qui tentent de déjouer la division induite par la frontière pour trouver les moyens de survivre. Ses choix esthétiques radicaux la rendent palpable. Le cinéma d’Idrissou Mora-Kpai ne se résout pas à la simple observation. Border Life ne se contente pas de documenter un espace frontalier : il en construit une expérience sensorielle, où le regard, le rythme et la durée deviennent des outils d’intelligibilité. La frontière entre le Bénin et le…

Aïssa Maïga a été invitée le 15 mai 2026 par le Pavillon Afronova au Marché du film du Festival de Cannes pour répondre aux questions de Houda Ibrahim, journaliste à RFI. Houda Ibrahim : Vous avez commencé à faire du cinéma il y a 25 ans. Au XXIe siècle ! Comment vous situez-vous aujourd’hui ? Aïssa Maïga : Oui, j’ai commencé à la fin des années 90. On vient tous dans ces métiers-là avec un rêve. On a le rêve de raconter des histoires puissantes, on a le rêve d’incarner des personnages forts, on a le rêve aussi de restaurer certains récits,…

Table-ronde au festival de Cannes

Au pavillon Afronova du Marché du film du Festival de Cannes, le 15 mai 2026, une table ronde intitulée « Le cinéma guinéen : renouveau, dynamique et émergence » a réuni plusieurs acteurs clés de la scène guinéenne. Animée par Hadja Diariou Bah, directrice adjointe du Centre culturel franco-guinéen de Conakry, la rencontre rassemblait le réalisateur et producteur Gahité Fofana, Abdoulaye Traoré, directeur du Festival international du Film Awards de Guinée, et Oumar Khourouma, enseignant-chercheur et directeur du Salon du cinéma guinéen. Une nouvelle génération et une rupture assumée Interpellé sur ce que représente pour lui cette « nouvelle dynamique », Gahité Fofana commence par…

Table-ronde au festival de Cannes 2026

Au pavillon Afronova du marché du film au festival de Cannes, le 15 mai 2026, la table-ronde « Afrique de l’Ouest, du potentiel à la transformation » a réuni, sous la modération de Séraphine Angoula, attachée audiovisuelle régionale, quatre voix clés des écosystèmes cinématographiques ouest-africains : la productrice et actrice mauritanienne Kessen Tall, le producteur sénégalais Yanis Gaye, le directeur des Industries culturelles et créatives de Guinée Bilia Bah et la représentante du Collectif 50/50 en France, Mathy Mendy. Ensemble, ils interrogent la manière de transformer une effervescence réelle en structures durables, capables d’ancrer les récits africains dans des économies et des…

La résilience au féminin face au déplacement

Augusta B. Palenfo signe avec Waongo (« Bienvenue », en mooré) un troisième long métrage puissant sur la résilience des femmes déplacées internes au Burkina Faso, qui s’impose comme une œuvre essentielle dans le paysage burkinabè actuel. À travers le parcours de Piiga, jeune couturière ambitionnant de devenir styliste, arrachée à son village par le terrorisme, la réalisatrice mêle récit intime, critique sociale et regard sans complaisance sur les préjugés en temps de guerre, tout en déplaçant le point de vue de la victimisation vers la puissance d’agir. La couture et le tissage deviennent ici de véritables actes de survie,…

Marie-Clémentine Dusabejambo entre dans l’histoire à Cannes en remportant la Camera d’or 2026 Avec Ben’Imana, la réalisatrice devient la première cinéaste rwandaise sélectionnée officiellement au Festival de Cannes. Rencontrée à Cannes, elle revient sur les dix années nécessaires pour faire naître ce film, entre mémoire du génocide, pardon impossible à imposer et silence autour des mots devenus indicibles. Un échange fort autour du cinéma, de la transmission et de la reconstruction. Interview réalisée par Hicham Rami.

Présent au Festival de Cannes, Rafiki Fariala défend Congo Boy, un film qui aborde la question des réfugiés et des parcours d’exil. À travers ce récit, le réalisateur interroge déplacement, survie et espoir, tout en donnant un visage humain à des trajectoires souvent invisibilisées.  Interview réalisée par Hicham Rami.

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