Et si c’était ce dont nous parlons tout le temps… ?

Entretien de Sylvie Chalaye avec Gerty Dambury et Boubacar Boris Diop (Limoges 1998)

Limoges, 1999

La guadeloupéenne, Gerty Dambury, auteure de nombreuses pièces de théâtre dont Lettres indiennes (Lansmann, 1993) et le romancier et scénariste sénégalais Boubacar Boris Diop qui a récemment publié chez Stock Le Cavalier et son ombre, ont tous deux participé à  » Liberté sur Parole « , une manifestation organisée en 1998 dans le cadre du 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage avec le Festival de Limoges et pour laquelle ils ont chacun reçu la commande d’un texte dramatique dont le sujet soit l’esclavage. Une Antillaise, un Africain, c’est ensemble qu’ils ont souhaité mener cet entretien.

Le sujet que représentent l’esclavage et la traite est très peu abordé, voire occulté ou éludé, surtout au théâtre. Aviez-vous déjà été tenté par ce sujet, avant de participer à  » Liberté sur parole  » ? Boris Diop : Mon premier roman porte précisément sur l’esclavage : Le Temps de Tamango qui retrace une révolte d’esclaves sur la côte occidentale d’Afrique et qui raconte à la fois une victoire militaire et une défaite politique. Cela dit, je constate qu’en effet le sujet n’est pas fréquemment abordé en Afrique. Il y a à cela de nombreuses raisons parmi lesquelles, probablement, la difficulté pour les victimes de reconnaître leurs fautes, car l’une des situations de l’esclavage veut qu’on soit à la fois victime et complice. C’est un phénomène assez complexe, très difficile à trai...

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Les images de l'article
Boubacar Boris Diop
© Alain Chambaretaud
La Chambre du retour, de face (ci-dessus) et intérieur (ci-dessous). Elle est lieu de méditation et de fusion spirituelle entre deux peuples. Il s'agit d'échanger de l'énergie avec la personne qui partage cette expérience. Elle est l'occasion d'étudier les ressemblances et les différences avec l'autre. Pour finalement se rendre compte que tous sont un. La pièce est baignée de l'énergie de ceux qui y sont entrés. Deux personnes sont invitées à y entrer ensemble, une par chaque porte. Les portes représentent symboliquement l'Afrique et les Amériques. Une fois à l'intérieur, il est demandé de s'asseoir en silence cinq minutes et d'essayer d'accueillir l'énergie de l'autre personne et de lui offrir la sienne.
© Mushana Ali
© Mushana Ali
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