Fiche Film
Cinéma/TV
LONG Métrage | 2007
Dans la vie
Date de sortie en France : 12/03/2008
Pays concerné : Algérie
Durée : 73 minutes
Genre : comédie dramatique
Type : fiction

Français

Titre français : Dans la vie
Résumé français : Sélima est une jeune femme d’origine algérienne, infirmière libérale qui pratique des soins à domicile. Un jour, elle est appelée par Elie (Patrick Chesnais), fils d’une femme âgée de confession juive : Esther. Cette dernière souffre d’une paralysie des membres inférieurs, et a besoin d’assistance. Esther, originaire d’Oran, est repliée sur le souvenir de l’Algérie de sa jeunesse…

avec :
Ariane Jacquot………………………………………..Esther
Zohra Mouffok……………………………………………Halima
Philippe Faucon……………………………………….Elie
Sabrina Ben Abdallah……………………………….Sélima
Hocine Nini………………………….…………………Ali

Production déléguée : Istiqlal Films
Coproduction : Arte France Cinéma
Distribution France : Pyramide Distribution
Exportation : Pyramide International

Réalisation………..Philippe Faucon
Scénario ………….Philippe Faucon, Amel Amani, William Karel et Sarah Saada
Photographie…….Laurent Fénart
Son………………….Jean-Luc Audy, Suzanne Durand, Laurent Lafran
Montage…………..Sophie Mandonnet
Costumes…………Isabelle Blanc
Décors……………..Valérie Strano
Production………….Philippe Faucon et Yasmina Nini-Faucon

Extraits de l’interview avec le réalisateur :

Dès les premières minutes, l’origine communautaire apparaît comme facteur de séparation et d’exclusion.

Nous voulions montrer tout ce que ce climat de crispation peut susciter de fermeture, de tous côtés. Dans le film, on est à l’été 2006, au plus fort de la tension provoquée par l’attaque israélienne à l’intérieur du Liban, contre le Hezbollah, à la suite de l’enlèvement de deux soldats israéliens. Dès les premières fois où l’on voit la mère de Sélima, elle est dans une attitude de blocage, conditionnée par ce climat. Elle dit : « Je n’aime pas ces gens », lorsque Sélima lui apprend qu’elle va travailler à domicile chez Esther, une femme juive. Or, toute la suite du film nous montre à quel point ces premiers réflexes conditionnés de fermeture ne correspondent pas à sa nature réelle profonde.

Êtes-vous d’accord pour dire qu’il s’agit d’un film de femmes ?

Absolument. Et ces femmes m’ont intéressé, parce qu’une partie du monde leur est refusée. Elles sont parvenues à leurs âges, elles se sont consacrées à ce qui leur a été assigné, elles ont élevé leurs enfants. L’une est clouée à un fauteuil, l’autre est illettrée. Elles sont issues de milieux où leurs maris décident. Mais ce n’est pas pour cela qu’elles sont disposées à accepter que leur soit refusé ce à quoi elles aspirent. Elles s’affirment, avec leurs moyens.

Des liens très forts se tissent entre Sélima et Esther ; puis entre Esther et Halima, la mère de Sélima.

Avant que leur rencontre n’ait lieu, Halima et Esther sont prisonnières d’une représentation imaginaire de l’autre. Progressivement, elles découvrent qu’elles ont en face d’elles quelqu’un de proche, sur bien des plans, qui ne correspond en rien aux a priori qu’elles s’étaient fabriqués au préalable.

Bien qu’elle affirme un style de vie laïque et occidental, Sélima se soucie du qu’en-dira-t-on.

C’est difficile pour une jeune femme comme elle d’être constamment en opposition, en lutte, avec son entourage et sa famille. Car ce n’est pas parce qu’elle s’oppose sur certains points à sa communauté qu’elle se sent nécessairement en adéquation parfaite avec la société française. Du coup, elle se retrouve en porte-à-faux avec tout le monde, ce qui n’est pas toujours une position facile à vivre.

Avez-vous essentiellement fait appel à des comédiens non professionnels ?

Oui, comme sur d’autres de mes films. Mais jusque-là, j’avais travaillé avec des gens plus jeunes, qui n’ont pas besoin de plus de deux ou trois jours pour être « dans » le film en cours. Leur inexpérience n’est pas forcément un handicap, bien au contraire. En revanche, pour DANS LA VIE, il s’agissait de deux interprètes d’une soixantaine d’années, pour qui le rythme très intensif d’un tournage constituait un véritable effort d’endurance physique.

Qu’est-ce qui vous a le plus frappé chez elles ?

C’est la compréhension intuitive de leurs personnages. Ce sont des femmes qui ont des vécus très riches : elles ont quitté leur pays, recommencé leur vie en France, élevé des enfants dans des conditions difficiles. Il y a pour moi, dans l’interprétation de l’une et l’autre, une grande beauté : celle de ce parcours vers leur personnage. Par ailleurs, elles ont fait preuve d’un « professionnalisme » qui nous a beaucoup impressionnés. Elles connaissaient leur texte à la perfection, elles étaient systématiquement à l’heure sur le plateau. Elles étaient extrêmement concentrées, à l’écoute de mes indications et des demandes des techniciens. Elles se souciaient de donner le meilleur d’elles-mêmes, voulant savoir, après chaque prise, si elles ne pouvaient pas faire mieux… Elles sont allées au maximum de leurs possibilités physiques, intellectuelles, intuitives, en restant constamment disponibles.
Bonus français :