« Il va falloir que Neuilly-sur-Seine paie pour Bondy »

Rencontre avec Stéphane Troussel, président du Conseil général de Seine-Saint-Denis.

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Alors que François Lamy a rendu public, le 31 janvier 2013, le résultat de la concertation entamée en octobre 2012 avec les habitants des quartiers populaires et les associations qui alimentera le comité interministériel des villes, Africultures a rencontré Stéphane Troussel, président du conseil général de Seine-Saint-Denis.

« Je ne suis pas de ceux qui balayent d’un revers de la main ce qu’a apporté la politique de la Ville », estime Stéphane Troussel, qui a succédé à Claude Bartolone, désormais président de l’Assemblée nationale, au mois de septembre 2012 à la tête du Conseil général de Seine-Saint-Denis. Et ce, malgré le rapport de la Cour des comptes publié au mois de juillet 2012 qui jugeait sévèrement le bilan de dix ans de politique de la Ville. Cette dernière estimait en effet que le programme national de rénovation urbaine (PNRU) « [n’avait] pas atteint ses objectifs », « ni atténué les handicaps » des quartiers. Pour Stéphane Troussel, au contraire, le programme de rénovation urbaine a permis des avancées, notamment, la rénovation des 23 000 logements de l’office HLM de Seine-Saint-Denis (voir l’article de Presse et Cité :  [ici]). Le président du département estime que la politique de la ville ne peut pas être accablée de tous les maux alors que les politiques de droit commun n’ont pas toujours joué leur rôle et doivent désormais tenir compte des spécifiés des quartiers populaires. « Lorsque Vincent Peillon, ministre de l’Éducation, va rétablir 60 000 postes dans l’Éducation nationale, il faut que François Lamy en obtienne un nombre plus important pour le département de la Seine-Saint-Denis, le plus jeune de France », illustre Stéphane Troussel.
Outre le renforcement des politiques de droit commun, Stéphane Troussel plaide également pour une concentration des moyens sur les quartiers les plus défavorisés, en accord avec les orientations prises par François Lamy. Le ministre délégué à la Ville a en effet confirmé son intention de recentrer les crédits de la politique de la Ville sur 500 à 1 000 quartiers sensibles le 31 janvier. À titre d’exemple, les crédits attribués dans le cadre de la politique de la Ville, au département de Seine-Saint-Denis s’élèvent à 35 euros par habitant alors que la moyenne régionale est de 41 euros. « Nous sommes dans une période où l’argent public est rare, il va donc falloir se battre pour qu’il soit redistribué autrement », a réaffirmé Stéphane Troussel. Les territoires éligibles aux crédits de la politique de ville devraient être définis en fonction du niveau de revenus, du taux de chômage et de la proportion des jeunes.
Afin de mieux répartir les ressources, il s’agit également de renforcer les mécanismes de péréquation entre les départements. Jusqu’alors la Seine-Saint-Denis était contributrice au fonds national de péréquation qui a pour but d’aider les départements en difficulté. Désormais, grâce à la prise en compte des dépenses de la collectivité, le 93 touchera une première enveloppe de 5 millions d’euros. En effet, les prestations de solidarité, à la charge des départements, pèsent lourd dans le budget de la Seine-Saint-Denis qui compte 85 000 allocataires du RSA. Et Stéphane Troussel de faire sien les mots du candidat François Hollande : « Il va falloir que Neuilly-sur-Seine paie pour Bondy ».

Visiter le site de Regards de banlieue : [ici]///Article N° : 11303

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