Joseph Ki Zerbo : L’héritage de la pensée

L'écrivain et historien burkinabé est mort le 4 décembre. Retour sur un entretien de Christine Sitchet avec Joseph Ki-Zerbo à Paris en 2003.

” La lutte continue ! “, se plaisait-il à répéter à la fin de ses nombreuses interventions politiques. Sans avoir jamais baissé les bras, Joseph Ki Zerbo, âgé de 84 ans, s’est éteint à son domicile de Ouagadougou, lundi 4 décembre des suites d’une maladie.
Eminent historien, homme politique, militant engagé (le plus souvent dans l’opposition), Ki Zerbo était avant tout un homme de culture et de savoir que les Burkinabés avaient surnommé ” le professeur “.
Premier agrégé africain en histoire, il n’aura eu de cesse durant toute sa carrière d’historien de revendiquer le rôle fondamental de l’éducation dans le développement de l’Afrique. ” Eduquer ou périr “, avait-il intitulé un rapport rédigé pour le compte de L’Unesco et l’Unicef en 1990.
Connu pour son sens de la formule qui avait le mérite de marquer les esprits, il aura approfondi tout au long de son parcours d’intellectuel engagé une réflexion très personnelle sur les enjeux du développement du continent africain.
Que ce soit à travers son engagement dans la vie politique et sociale de son pays, les divers ouvrages qu’il aura produit et les nombreuses conférences qu’il aura données, il revendiquera toute sa vie une réappropriation de l’Afrique par les Africains eux-mêmes, prônant la nécessité absolue d’un recentrement identitaire : “La question capitale est : qui sommes-nous? On aura beau lui donner des milliards, l’Afrique n’ira nulle part si elle ne s’est pas autoforgée, auto-constituée. C&...

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