Karmen Geï

De Joseph Gaye Ramaka

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Un vrai plaisir pour les sens : une bande-son qui vaut son pesant de CD, un fourmillement de couleurs, de chants et de danses, des femmes plus que belles, mais aussi les tons ocres des murs et des atmosphères du soir, des ambiances de nuit, la mer omniprésente et une caméra légère qui capte tout cela en un montage superbement orchestré, ménageant d’étonnantes élipses ouvrant à l’émotion. Avec une production notamment signée Daniel Toscan du Plantier et 17 millions de budget, un vraie superproduction africaine. Cette énigmatique femme fatale (remarquablement interprétée par Djenaïba Diop Gaï) a bien du mal à trouver l’amour qu’elle recherche et nous fait partager son égarement dans les méandres des complexités amoureuses. Le désir est représenté, évoqué par tous les signes de l’image et du son. Ce désir converge vers cette « drôle de femme », pour reprendre l’expression d’un de ses soupirants. « Pas plus que les autres femmes, répond Karmen, seulement elles ne le montrent pas pour ne pas faire de vague ». Karmen, elle, le montre, le revendique, subversive par ses activités de contrebande autant que par sa façon de faire parler son corps. Une réussite.

Quinzaine des Réalisateurs, 1 h 26, dolby SR, prod./distr. Euripide, image : Bertrand Chatry, musique de Julien Jouga, Doudou N’Diaye Rose, El Hadj N’Diaye, Cherif Diop, Secka, Yandé Codou Sene, avec : Djeïnaba Diop Gaï, Magaye Niang, Stéphanie Biddle, Thierno Ndiaye Dos, Djeynaba Niang, El Hadji N’diaye, Aïssatou Diop.///Article N° : 2442

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