« Les multiplexes seront les bienvenus à Ouaga »

Entretien d'Olivier Barlet avec Rodrigue Kaboré, président de l'Association des exploitants de salles de cinéma du Burkina Faso (AESCB)

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Rodrigue Kaboré, bonjour. Nous sommes au Festival de Cannes, 60e édition. Le festival se termine. Au cours d’un festival comme celui-ci, on fait beaucoup de rencontres ; beaucoup de choses peuvent avancer. Quelles sont vos impressions ? La présence à Cannes a-t-elle été fondamentale ?
Je vais aussi être direct comme vous : je pense que oui. C’était important pour les exploitants de venir à Cannes parce qu’apparemment, tout se passe ici. On a la chance de rencontrer les directeurs, nos partenaires ; vous savez, sur place à Ouaga, ce n’est pas évident. Comme le calendrier de chacun est assez chargé, par moments il est assez difficile d’avoir des contacts directs pour parler des problèmes réels existants. Alors qu’ici, on est dans un cadre facilitateur et il nous est permis de parler avec eux de nos problèmes réels et de discuter de leurs partenariats pour l’aide au cinéma ou à l’exploitation cinématographique. Donc j’ai été ému et je suis très satisfait de l’accueil du Festival au Pavillon du Sud. Je suis également content des conférences qui ont été organisées, qui nous ont permis d’exprimer nos sentiments, de dire nos regrets ou ce que nous souhaitons améliorer au niveau de l’exploitation cinématographique concernant mon pays – le Burkina-Faso – et plus généralement l’Afrique.
Vous êtes président de l’Association des Exploitants Burkinabés. À votre retour, aurez-vous l’occasion de faire une réunion pour rendre compte de toutes ses rencontres et faire avancer les choses au Burkina-Faso ?
Je suis toujours en contact permanent avec les autres membres de l’association car le téléphone facilite tout ça. Ils sont tous au courant de chaque contact ou rencontre que j’ai fait, soit avec un directeur, soit avec une grande société, des partenaires ou des réalisateurs. Leur premier but est aussi de pouvoir faire amener ces films- de ces réalisateurs africains en particuliers mais également autres – pour permettre à nos cinéphiles burkinabés de les voir. Vous savez, au Burkina-Faso c’est généralement le contraire qui se passe : nous avons les cinéphiles et une forte participation à l’activité cinématographique mais malheureusement, nous n’avons pas les films. Il fallait donc effectivement que j’aie des contacts et il y aura bien une assemblée générale avec les autres exploitants quand je serai rentré, pour que chacun donne son sentiment car nous sommes en démocratie. Cela devrait également permettre à l’association d’évoluer et de projeter les films car j’ai signé des contrats de distribution de films énormes ici, à partir du Burkina en général et Ouaga en particulier.
J’imagine que cette distribution se fait en 35mm ?
Elle va se faire sur le 35mm d’une part mais également sur le numérique. Pour les « grandes salles », il faudrait du 35mm car il y a déjà le support existant et le confort pour l’accueillir ; pour les salles « ouvertes », où les appareils 35mm sont de vieux appareils russes que nous avons depuis la Révolution, il est primordial d’utiliser le numérique qui est peut-être plus adapté. Cela permettrait à la population de voir le film nationalement, et c’est le plus important.
Il y a eu beaucoup de discussions sur le numérique ; il y a même eu une table ronde sur sa diffusion, à laquelle vous avez participé. Avez-vous l’impression que dans les prochaines années, les salles encore existantes au Burkina vont pouvoir s’équiper, participer et je dirais même « profiter » de cette révolution numérique ?
À chaud je vous dirai non. Je sais que d’autres penseront le contraire car, comme on l’a dit à la table ronde, le prix d’un vidéoprojecteur professionnel est d’environ 8 millions de Fcfa (12 200 euros). Alors si vous demandez aux dix-huit salles du Burkina-Faso de s’équiper uniquement d’un seul vidéoprojecteur, cela revient à environ 144 millions pour le matériel seul. Après, il faut rajouter d’autres choses comme le dolby, le DVD, le DVCam et vous atteignez des sommets. Où pouvons-nous trouver ce genre de fonds ? C’est un projet beaucoup trop difficile. Mais je pense que cela doit se faire progressivement. On doit commencer par les grandes salles en les équipant effectivement en appareils numériques. J’ai dit qu’on était d’accord pour le numérique à condition que ce soit des appareils professionnels, car il faut marquer la différence entre une salle d’exploitation de cinématographie et un vidéoclub. Sinon, au long terme, on risque de perdre la raison pour laquelle les cinéphiles nous font confiance : parce que l’image est belle, parce qu’il y a le confort et que l’appareil qui projette le film donne une condition agréable. Je pense qu’il faut continuer à se battre sur cette lancée. Je pense que la plupart des partenaires étaient là et qu’ils ont bien compris car certains sont venus me parler après la conférence pour voir dans quelle mesure on pouvait collaborer. Je leur ai dit que ça serait en effet difficile d’équiper les 18 salles mais qu’on pouvait déjà commencer par les trois grandes salles. Cela fait déjà trois grandes salles couvertes qui peuvent bénéficier d’un équipement professionnel et cela permettra de faire un essai, voir s’il y a des choses à corriger avant d’équiper les autres salles.
En dehors des productions burkinabées, vous allez être soumis aux distributeurs internationaux, que ce soit en numérique ou en 35mm. Avez-vous aujourd’hui véritablement le choix de vos films ou êtes-vous condamnés à des circuits très restreints ?
Aujourd’hui, nous avons le choix. L’association et les exploitants se sont battus. C’était le problème avec Africa Cinéma car malheureusement, les films étaient déjà choisis à partir de la France et on nous les « imposait ». Mais les films qu’ils choisissaient pour la France n’étaient pas forcément rentables ou intéressants pour nos cinéphiles au Burkina. On a même projeté des films avec la salle vide. Au long terme, cela a chassé la clientèle et si cet amour du cinéma disparaît, c’est un gros problème. Alors cette fois-ci, nous avons accepté l’aide, à condition que ça soit nous qui sélectionnions les films que l’on pense que notre cinéphile aura envie de voir. En ce moment, on transmet ce cahier des charges au MAE (ministère français des Affaires étrangères) qui le regarde et donne son accord ; mais c’est nous qui signons le contrat avec le réalisateur. Il faut aussi faire très attention aux réalisations : c’est bien de mettre du numérique mais il faut aussi qu’on contrôle car on va aussi très bientôt se retrouver avec le problème du piratage. Au Burkina, ce n’est pas un gros problème parce qu’on a l’amour du cinéma mais si on ne prend pas garde, on aura aussi les mêmes problèmes qu’au Nigeria, en Côte d’Ivoire ou qu’à Dakar.
Aujourd’hui, qu’est-ce qui d’après vous plaît au spectateur ? Qu’est-ce que les gens se précipitent pour aller voir au Burkina-Faso ?
Sans vous laisser terminer, je vous dirai les films africains. Burkinabés en particulier et africains en général. Si je prends un film burkinabé, il me fait à peu près 6000 entrées dans la semaine ; pour un film américain, 3000 à 4000. Nous consommons beaucoup plus nos produits. C’est pour cela que le numérique est le bienvenu car cela va permettre à nos productions nationales d’augmenter le nombre. Mais attention, il faut utiliser des appareils professionnels et il faut faire attention aux produits que l’on va proposer. Il ne faut pas que n’importe qui se lève avec une caméra, se prétende réalisateur, mette son film sur dvd et demande à ce qu’on le projette. Au niveau de l’association, nous avons créé une commission de critique des films pour les vérifier avant de les projeter. Sinon on risque de se retrouver dans un problème à long terme de films qui sont produits mais ne sont pas matériellement convaincants. C’est très dangereux pour les salles aussi.
Est-ce que vous entendez par films pas ‘convaincants’ des films d’auteur un peu obscurs et hermétiques pour le grand public ?
Non, pas du tout. Vous savez, nous avons essayé certains films d’auteur qui ont bien marché. J’ai fait venir Être et avoir de Nicholas Philibert, qui a surpris tout le monde mais qui a marché. Je pense que le problème est le scénario. Le cinéma burkinabé est à présent exigeant. Avec le temps et l’évolution, le cinéphile a lui aussi évolué. Maintenant, ils exigent des scénarios parce qu’ils sont en mesure de te dire dans la salle : « Mais il n’y a rien dans ce scénario, il n’y a pas de début ni de fin » ou « Qu’est-ce qu’il nous apporte dans la vie ? Rien ». Il faut que le scénario parte d’un thème bien précis et que le réalisateur arrive à le faire ressortir, que ça ne soit pas l’aspect commercial qui soit privilégié. Il faut se demander ce qu’un film peut apporter de plus aux cinéphiles : de l’éducation par exemple. Il faut que les cinéphiles se rappellent le film deux ou trois ans après et qu’ils aient envie de le revoir. Voilà pourquoi j’ai dit qu’il faut se battre pour faire attention. Avant de prendre une caméra, il y a des B.ABA et il faut avoir des connaissances cinématographiques.
Le grand prix du Fespaco il y a deux ans avait été le film d’Abderrahmane Sissako En attendant le bonheur (Heremakono), qui n’est pas un film très facile pour les spectateurs. Bamako a été sélectionné à Cannes l’année dernière hors-compétition sélection officielle. Il est passé à Bamako au Mali et y a fait un tabac, en faisant même un meilleur résultat que Titanic. Est-ce un film qui pourrait marcher au Burkina, par exemple ?
Bien sûr, car avec la colonisation, l’Afrique de l’Ouest a pratiquement les mêmes langues, histoires et traditions. Un film qui marche bien à Bamako peut donc bien marcher à Ouaga. C’est une question de culture ; ils parlent dioula et 45 à 50 % de la population aussi parle dioula. Tout dépend de la promotion qui est faite autour du film. Malheureusement, c’est pour cela que l’association a pris son bâton de pèlerin, car après le Fespaco, les films sont partis. Nous avons dit aux bailleurs de fond : « À quoi cela sert-il de financer des films à des auteurs de millions si après le Fespaco, ces films sont en magasin ? ». Il faudrait permettre quand même à tous les cinéphiles, pas seulement ceux du pays du réalisateur mais aussi ceux de tous les autres pays, de bénéficier du film. On a fait des essais parce qu’on n’a pas attendu que les bailleurs décident ; nous avons d’abord fait les essais, puis constitué une association. Nous sommes allés voir les réalisateurs burkinabés en premier lieu et étrangers (africains) en deuxième lieu. On leur a dit : « Donnez-nous votre film, on va le passer et vous verrez ». Les essais ont été concluants, ils ont vu qu’ils n’avaient rien à perdre. Même ceux qui n’ont eu que 100 euros, c’est déjà mieux que de laisser le film en magasin. Beaucoup d’entre eux se rendent compte que c’est très important de faire sortir leur film, à tel point que certains souhaitent que ça soit nous qui ayons les droits pour les autres pays mais il faut y aller petit à petit. On va déjà essayer de se former et d’avoir une expérience nationale bien forte et après, on pourra éventuellement prétendre distribuer dans les autres pays.
Quand on dit ‘film africain’, on a tendance à globaliser mais il est vrai que ce sont plein de cultures très différentes. Au niveau du public, j’imagine que cela se sent aussi : est-ce que les gens sont plus en communication avec le milieu malien-burkinabé ?
Exactement. Je suis tout à fait d’accord avec vous, cela se fait par affinités. C’est tout à fait logique : vous m’amenez un film nigérian tout en anglais au Burkina-Faso, même s’il est très bien, il faudrait une petite traduction sinon ils ne comprendront pas grand-chose. C’est pourquoi je dis que les films juste à côté du Burkina font plus tabac que les films qui viennent un peu plus de l’Est ou du Sud. Mais il faut reconnaître aussi qu’il y a des films qui viennent d’ailleurs qui sont très bien, que nous avons pu mettre sur sous-titrage français mais qui ont eu du succès aussi à Ouaga.
Les sous-titres ne sont pas un problème ? Ils ont longtemps été considérés comme un obstacle fondamental pour le public.
Ça dépend. Pas pour les grandes salles car les personnes qui les fréquentent ont, si je peux me permettre, une certaine culture ; ils sont instruits à un certain niveau. Par contre, en effet, pour les salles populaires, le problème peut se poser. Ce sont des gens qui parlent assez difficilement le français, la langue attitrée du pays, et qui ne parlent que dans leur langue, le mooré ou le dioula. C’est donc difficile de leur demander de comprendre le français ou l’anglais. Voilà pourquoi nous sommes arrivés à faire une sorte de culture à ce niveau, pour permettre aux gens de faire l’alphabétisation. Ça leur permet d’augmenter leur niveau de français et de pouvoir lire au moins l’essentiel. Ça a été bénéfique pour le cinéma car aujourd’hui, les salles populaires arrivent à avoir de plus en plus de clients qui sont dépaysés mais qui arrivent à comprendre un petit peu le film. C’est comme les films indiens où vous avez un sous-titrage en espagnol ou en anglais et que le film est dans la langue d’origine, mais la salle est toujours pleine. Même moi je ne me l’explique pas ! (Rires).
Vous êtes vous-même distributeur. Comment préparez-vous l’arrivée d’un film pour que le public accroche tout de suite à la sortie, que l’on n’attende pas seulement le bouche à oreille ? Vous avez un travail médiatique ? Organisez-vous des séances de presse ?
Sur ce plan, cela se fait en deux parties : il y a les films qui arrivent de l’extérieur, qui n’ont pas le même cheminement que les films nationaux. Nous sélectionnons ces films en fonction du synopsis mais nous insistons pour voir le film. Nous regroupons l’ensemble des exploitants, nous invitons la direction de la cinématographie nationale, les critiques, la commission des censures, pour visionner le film. Chacun donne son avis.
Et vous notez tous les films que vous visionnez ?
Tous les films ; c’est obligatoire. On le note et on décide s’il est commercialisable ou pas : va-t-il contre la culture du Burkina ? Est-il éducatif ? Si le film passe cette première sélection, une programmation est faite ; normalement, trois semaines avant la programmation, la promotion commence. Il nous faut les affiches publicitaires, les spots 35mm, les spots Béta pour la télé car nous travaillons avec toutes les télés pour faire la promotion. Nous faisons des présentations du film à la télé et nous essayons aussi de faire venir un réalisateur ou un acteur si possible pour commenter le film à la télé. Puis nous organisons une conférence de presse avant la commercialisation. La presse vient, visionne le film et pose des questions au réalisateur. Normalement, deux jours après, les projections commerciales du film commencent.
Pour les films qui viennent de l’intérieur, c’est encore plus facile car on a réussi à établir un contact permanent avec les réalisateurs : quand ils sont en réalisation, nous avons une idée approximative du moment auquel le film va sortir, donc il peut être programmé. Le reste est pareil. La première semaine, les films passent dans les grandes salles car le prix d’entrée n’est pas le même donc il faut favoriser les personnes qui s’y rendent. La deuxième semaine, le film passe dans les petites salles ; la troisième semaine, ce sont les salles provinciales qui prennent le relais. En trois semaines, une programmation nationale est donc faite. Ça permet au film de faire le tour de tout le Burkina.
Vous parliez d’une promotion télé : faut-il payer la télévision ou le font-ils spontanément ?
C’est ça le vrai problème : c’est l’association qui paie la télé et cela coûte extrêmement cher. En réalité, la salle de cinéma Neerwaya, se bat actuellement pour que les salles ne ferment pas et fournit les films pratiquement gratuitement, pour des sommes dérisoires, de 30 000 à 50 000 Fcfa par mois (46 à 76 euros). C’est très peu étant donné qu’un film s’achète à environ 4 millions (6000 euros). Deuxièmement, nous payons intégralement la publicité, ce qui coûte de 6 à 7 millions dans l’année (9000 à 10 500 euros), donc extrêmement cher. Nous assumons donc tout l’aspect promotionnel. Mais dans un futur très proche, puisque l’association prélève maintenant quelques pourcentages au niveau de la diffusion des films africains, elle va s’auto-suffire et financer directement ces publicités au niveau de la télé. Mais depuis environ cinq ans, c’est Neerwaya, la salle emblématique, qui finance tout.
Vous êtes le propriétaire du Neerwaya. C’est une très grande salle ; quand on y va en dehors du Fespaco, c’est assez rare qu’elle soit remplie. Quelle est la configuration optimale aujourd’hui pour une salle au Burkina ? Faut-il aller vers des multiplexes ? Si vous aviez le choix de construire les cinémas idéals, vous feriez quoi ?
Je vais vous surprendre : après le Fespaco, le Neerwaya est toujours plein. Nous avons une politique qui permet à tous cinéphiles de venir régulièrement. Quand vous habituez un public, un peuple même, à l’amour du cinéma, vous êtes contraints d’être dans cette lancée et de vous battre pour améliorer et faire en sorte que leur confiance en vous soit toujours là. Nous, nous nous sommes battus. On s’est déplacés à Bamako, on est allés à Abidjan chercher des réalisateurs ; quand ils étaient réticents, on leur disait de venir, qu’on leur paierait le voyage, et de bouche à oreille, l’expérience étant bonne, ça s’est généralisé. Il y a des films africains et américains ; il faut reconnaître que ce sont les films américains qui nous ont permis de tenir jusque-là puisque malheureusement la production nationale africaine était faible. Il fallait se tourner vers d’autres films, donc les films américains et indiens. On s’est aussi battus avec nos fournisseurs américains pour qu’on ne nous impose plus de films. On transmet la pensée des cinéphiles directement aux fournisseurs. À chaque fois qu’on a choisi le film et qu’on l’a projeté, ça a fait le plein de la salle. Le fournisseur sait que c’est dans son intérêt de travailler comme ça. Mais le problème est que, la salle étant pleine, il y a trop de taxes : on s’est retrouvé avec presque 67 % de taxes sur un ticket d’entrée qui est de 1000 Fcfa (1,50 euro). C’est énorme. Pour l’électricité, on paie 100 %. Alors que certaines industries permettent d’avoir des aides au niveau de l’énergie. Pour un mois, je me retrouve avec presque 2 millions d’électricité. Donc quand vous faites le plein de la salle, vous avez beaucoup d’argent mais après déduction des charges, vous vous retrouvez avec à peine de quoi payer le personnel. On ne dégage vraiment aucun bénéfice. Les gens ne comprennent pas qu’on puisse faire salle pleine et ne pas avoir d’argent. Mais attention, il y a trop d’impôts, de charges directes. On est en train de se battre avec notre ministère de tutelle pour rencontrer les autres ministères, pour qu’au moins on soit comme les industriels. On est une industrie culturelle, il faudrait nous favoriser, juste pour quelques années. Le temps que les salles arrivent à s’auto-suffire. Je pense que c’est en bonne voie parce qu’il y a quand même le projet de création du CNC qui pourra gérer tout ça et nous soutenons cette initiative.
Quel est le nombre de places idéal pour un cinéma ?
Si je dois le construire, on ne fera plus de salles de 1000 et quelques parce que l’entretien est trop difficile et c’est trop dur de remplir la salle. Et quand on est un grand cinéma, les gens pensent que vous avez beaucoup d’argent et ce n’est pas vrai. Je pense qu’il faut évoluer avec le temps ; je pense que les multiplexes seront les bienvenus à Ouaga car il y a là-bas une évolution économique incroyable. Il faut permettre à ces nouveaux riches, à ce nouveau niveau de vie, d’évoluer. Il faut faire des salles duplex d’une certaine catégorie et d’autres pour les autres catégories parce qu’aujourd’hui, dans chaque pays, que vous le vouliez ou non, il y a un chef, un sous-chef et le peuple. Actuellement, à Ouaga, le problème est que la plupart de nos responsables, directeurs, personnalités, se retrouvent tous au Neerwaya car c’est la seule salle qui est là. Si on avait une autre salle, on ramènerait plus de clientèle aussi car les gens de niveaux sociaux différents ne veulent pas se retrouver dans la même salle. Donc il faudrait créer d’autres salles de 300 ou 400 places. Si ça marche chez les autres, il n’y a pas de raison que ça ne marche pas chez nous.

///Article N° : 5960

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