Musique kinoise : transes dérisoires, vraies et fausses brillances

Comment la musique est à Kin l’opium des déshérités.

Kinshasa est inondée de musique. Elle vous chatouille l’oreille à tous les coins de rue et vous agresse sur toutes les places. Chaque ruelle a son nganda où l’on vient déguster une Primus, la bière locale, au son d’une rumba odemba ou d’un kiwanzenza endiablé. Et chaque quartier possède son orchestre où quel qu’en soit le succès, les jeunes viennent rêver de Paris Bercy, de belles bagnoles et de jolies filles. Le succès de Zaïko, Viva la Musica, Quartier Latin ou Wenge joue à plein le miroir aux alouettes. La compétition des musiciens sapeurs achève de mystifier les jeunes gens à l’avenir incertain. Papa Wemba, Koffi Olomidé, Werrason, JB Mpiana ne tiennent-ils pas le haut du pavé sur la scène internationale ? Ne sont-ils pas issus de nos quartiers populaires de Matonge, Lemba, Bandal ? Alors tous les soirs, sur les terrains vagues et dans les constructions inachevées, de bandes de gamins et de jeunes s’escriment autour de deux guitares sèches et d’un disque de voiture rouillé servant de drums avec le secret espoir d’aller à la conquête des scènes nationale et internationale. Pourtant, dans le domaine musical comme dans bien d’autres, Kinshasa est une ville de paradoxes. Malgré tout ce qu’on sait d’elle côté musique, malgré la constellation de vedettes incontestées et d’orchestres qu’elle réunit, les deux festivals panafricains qu’elle a vu naître ont fait long feu. Le Festival de Musique d’Afrique Centrale, FEMAC...

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