Fiche Personne
Réalisateur/trice Ecrivain/ne Producteur/trice Scénariste Exploitant/e de salle de cinéma

Souleymane Cissé

Mali

Français

Né en 1940 à Bamako. Etudes de philosophie. Diplômé de l’école de cinéma VGIK de Moscou. Photographe. Projectionniste. Producteur (les films Cissé). Exploitant. Fondateur de l’UCECAO.

Souleymane Cissé est né dans une famille musulmane modeste. Il est passionné de cinéma dès son enfance. Depuis l’âge de 7 ans, il fréquente très régulièrement le cinéma comme spectateur en compagnie de ses grands frères et de leurs amis. Il fait des études secondaires à Dakar et revient dans son pays en 1960 lors de l’éclatement de la Fédération du Mali et de l’indépendance de son pays. Il adhère alors à des mouvements de jeunesse et commence à projeter à la Maison des Jeunes de Bamako des films qu’il commente ensuite au public.

C’est un film documentaire sur l’arrestation de Patrice Lumumba qui déclenche réellement sa volonté de faire du cinéma. Il obtient une bourse pour suivre un stage de projectionniste puis des études de cinéma à l’Institut des Hautes Etudes Supérieures de la Cinématographie de Moscou. Il en sort diplômé en 1969. En 1970, rentré au Mali, il est employé comme cameraman-reporter au Service cinématographique du Ministère de l’Information, ce qui lui offre l’occasion de parcourir le Mali de long en large caméra à l’épaule pendant trois ans et de réaliser plusieurs documentaires.

Souleymane Cissé tourne son premier moyen métrage Cinq jours d’une vie en 1971. Le film relate l’histoire d’un jeune qui abandonne l’école coranique et vagabonde dans les rues, vivant de menus larcins. L’?uvre est primée au Festival de Carthage.

En 1975, il réalise son premier long métrage, en bambara, Den Muso (La Jeune fille) à propos d’une jeune fille muette violée par un chômeur. Enceinte, elle subit le rejet de sa famille et du père de l’enfant qui refuse de le reconnaître. Souleymane Cissé a ainsi expliqué sa démarche : « J’ai voulu exposer le cas des nombreuses filles-mères rejetées de partout. J’ai voulu mon héroïne muette pour symboliser une évidence : chez nous, les femmes n’ont pas la parole ». Non seulement le film est interdit par le ministre malien de la culture mais Souleymane Cissé est arrêté et emprisonné pour avoir accepté une coopération française. Le brûlot restera interdit pendant trois ans et n’obtiendra son visa d’exploitation qu’en 1978.

Fonctionnaire de l’Etat, Souleymane Cissé prend une disponibilité en 1977 afin de se consacrer pleinement au cinéma et crée la société de production Les Films Cissé (Sisé Filimu).

En 1978 sort le film Baara (Le Travail) qui reçoit l’Étalon de Yennenga au FESPACO (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou) la même année. Ce film relate l’histoire d’un jeune ingénieur, révolté par l’attitude de son PDG, qui décide d’organiser une réunion avec les ouvriers pour faire valoir leurs droits. Mais son patron le fait aussitôt enlever puis assassiner.

Succède Finyè (Le Vent, 1982). Il s’agit d’une chronique sur la révolte des étudiants maliens face au pouvoir militaire. A sa sortie, le film multiplie les récompenses : Étalon de Yennenga au FESPACO de Ouagadougou en 1983, Tanit d’Or au Festival de Carthage. Le film est également sélectionné au Festival de Cannes 1982 (le cinéaste sera membre de son jury l’année suivante).

Sur une période période de 4 ans, entre 1984 et 1987, il tourne Yeelen (La Lumière), film initiatique sur le douloureux chemin que prend l’enfant pour devenir adulte. Il obtient pour ce film le Prix Spécial du Jury au Festival de Cannes en 1987. Il est alors premier cinéaste africain à avoir été primé à Cannes pour un long métrage.

Souleymane Cissé tourne Waati (Le Temps, 1995), qui retrace l’histoire de Nandi, une enfant noire d’Afrique du Sud au moment de l’Apartheid, qui fuit son pays pour partir en Côte d’Ivoire, au Mali et en Namibie, avant de revenir dans son pays d’origine après la fin du régime.

En 2009, Souleymane Cissé sort le film Min yé qui aborde le thème de la polygamie. Ce film, dans lequel jouent Sokona Gakou, animatrice à Africable, et Assane Kouyaté, est présenté au Festival de Cannes 2009.
Fin Octobre 2013, il termine le tournage de son long métrage Soba qui devrait sortir en 2015. Il y traite des problèmes fonciers qui minent le Mali, à travers quatre femmes expulsées de leur maison.

Souleymane Cissé est, depuis 1997, président de l’ Union des créateurs et entrepreneurs du cinéma et de l’audiovisuel de l’Afrique de l’Ouest (UCECAO). Souleymane Cissé a été élevé par le président de la République, Amadou Toumani Touré, au rang de Commandeur de l’Ordre national du Mali le 1er janvier 2006. Il est également élevé au grade de Commandeur des Arts et Lettres de la République Française.

Filmographie

Courts et moyens métrages

1968: L’aspirant 1975 : Den Muso
1968 : Source d’inspiration 1978 :Baara
1970 : Dégal à Dialloubé 1982 :Finyè
1971 : Fête du Sanké 1987 :Yeelen
1972 : Cinq jours d’une vie 1995 : Waati
1975 : L’Homme et ses idoles 2009 : Min Yé
1978 : Chanteurs traditionnels des Seychelles
2012 : O Sembène

Longs métrages

1975 : Den Muso
1978 : Baara
1982 : Finyè
1987 : Yeelen
1995 : Waati
2009 : Min Yé
2015 : Soba

English

One of Africa’s leading directors, Souleymane Cissé has crafted a body of films that combine visual elegance with Marxist ideology and allegorical storytelling.

Born in 1940 and a passionate cinephile from childhood, Cissé began his film career as a projectionist and photographer in Mali. After studying cinema in the Soviet Union for seven years, he returned to Mali, where he cut his teeth making newsreels and documentaries. His first fiction film, Cinq Jours d’une Vie (Five Days in a Life, 1972), launched his career and gained critical attention for the burgeoning African film movement.

Three years later, Cissé directed the first feature film in his native language of Bambara, Den Muso (The Girl), about a young mute girl who is raped and rejected by her family when she becomes pregnant. Its controversial subject matter caused the film to be banned by the Malian Minister of Culture. In 1978, Cissé produced Baara (Work), which received the Grand Prize, the Etalon de Yennega, at the FESPACO film festival in 1979. Finye (The Wind) won him another Etalon in 1983. Cissé’s masterpiece, Yeelen (1987) is widely regarded as one of the best African films ever made.

Drawing on traditional indigenous lifestyles and Malian folklore, Cissé masterfully explores conflicts in Malian society, particularly the conflicts that emerge between the desire for change and the need to preserve tradition.

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AR
سليمان سيسي
مالي

سليمان سيسي مخرج مالي تخرّج من معهد الدراسات السينمائيّة العليا بموسكو. وفي رصيده أعمال عديدة: « خمسة أيّام حياة » سنة 1972 تحصّل على التانيت البرونزي بمهرجان ايام قرطاج السينمائية، و »دان موزو » (البنت الصغيرة 1975) الذي صودر وكان سببا في سجنه، و »بارا »(العمل 1977) المتحصّل على التانيت الفضّي في ايام قرطاج السينمائية 1978، و »فينيي »(الريح 1982) الذي فاز بالتانيت الذهبيّ بمهرجان قرطاج 1982.و »يلين » (الضوء 1987) الفائز بالجائزة الخاصّة للجنة التحكيم بمهرجان كان، وهو وراء تقديم سليمان سيسي الى الجمهور العريض.و »واتي » (الزمن) 1995، و »مين يي » (2009)و »أو سومبان » وثائقيّ (2012

Source:
www.jccarthage.com/ar/films-detail5.php?id_film=219
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