Tabous et non-dits

Entretien d'Olivier Barlet avec Oliver Schmitz à propos de "Le Secret de Chanda"

Comparé à vos films précédents, Mapantsula, et surtout vos films plus récents, Joburg Stories et Hijack Stories, ce film fonctionne sur l’identification du spectateur. Sa forme est classique, le récit linéaire. Vous utilisez le sépia pour obtenir une harmonie chromatique dans le film. Quelle était votre intention, en tant que réalisateur, en adoptant ce type d’approche ? Le livre Le Secret de Chandra d’Allan Stratton est avant tout une histoire racontée à travers le regard de cette jeune fille, de son point de vue subjectif. Cela veut dire qu’au niveau dramatique, vous êtes avec elle durant quasiment toute l’histoire. Vous ne quittez jamais cette perspective. Il y avait donc le choix de rompre la structure temporelle, ou bien de l’accompagner de A à Z, en une longue ligne. Ce n’est pas un chemin facile à emprunter, car le public risque de se lasser de cette prévisibilité du récit, tant c’est linéaire. Je me suis toujours méfié de ce type de récit. Mais je pense que ce qui se passe – et j’espère que c’est le cas, et les réactions au film démontrent que cela fonctionne – est que le film avance dans un rythme et une temporalité qui nécessitent de l’espace permettant aux choses de se développer. Je pense que cela marche ici parce que tant de choses restent non-dites. Le silence joue un rôle très important dans ce film. D’où cette démarche. Je tends habituellement vers un autre type de structure, plus dynamique, mais j’ai fait ce choix basé sur ce livre, sur cette histoire. C’est peut-être difficile pour le spectateur au départ, mais si vous vous laissez alle...

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