Cinéma/TV

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De David Constantin

Colas le pêcheur se réfugie dans la lecture permanente des pages du dictionnaire au détriment de son activité de toute façon sérieusement compromise par la raréfaction du poisson dans le lagon. Houspillé par sa femme qui voudrait un homme plus rentable, il dédaigne son exigence de fric et replonge dans la culture… Mais lorsqu’elle arrache les pages du dictionnaire pour emballer les beignets qu’elle vend aux passants, il sera prêt à tout pour les récupérer. Faut-il voir dans ce joli film bien maîtrisé mais intriguant dans sa signification une allégorie de l’envahissement de l’esprit par une culture extérieure qui définit…

De Ahmed Lallem

Il est toujours passionnant d’inscrire le documentaire dans la durée historique : les protagonistes retrouvés font le bilan des années passées et ont la profondeur d’une réflexion vécue. Amos Gitaï a par exemple donné avec Waadi, filmé sur trois moments séparés à chaque fois de dix ans, une édifiante peinture de la dégradation des rapports entre Juifs et Arabes en terre d’Israël. Lallem avait filmé des lycéennes algériennes en 1966 et les retrouve 30 ans plus tard. De larges extraits du premier film sous-tendent les rencontres des femmes redécouvrant ces paroles de leur jeunesse, leurs prises de position, leurs espoirs. Le…

De Saida Boukhemal

Quel sujet magnifique ! Comme le dit avec nostalgie Youssef Chahine en début de film, la chanson et la danse du ventre qui ont fait le succès de ce mini-Hollywood qu’étaient les studios Misr ont disparu du cinéma arabe. Genre essentiel du cinéma égyptien dans les années 50, le musical rayonne sur tous les pays arabes. De grandes actrices adulées du public y connaîtront le succès : Shadia tournait dix films par an et chantera 20 chansons en 60 films. Nous voici aux studios Galal, qu’un passionné a racheté pour les rénover, le lieu mythique où ont débuté Leïla Mourad et Souad…

Se déroulant du 7 au 16 novembre 2003, le festival international du film d’Amiens a donné à voir tout ce que les cinématographies algérienne et autres comportent sur le rapport des femmes algériennes avec leur pays. Et comme chaque année une programmation tous azimuts axée sur les cinémas du Sud.

 

Depuis 1993, tous les deux ans au mois d’avril, le cinéma africain est sous les projecteurs de New York, une dizaine de jours durant dans le cadre de l’African Film Festival . Jusqu’à présent biennal, ce festival vient de doubler sa fréquence. Habituellement organisé au célèbre Lincoln Center et au Brooklyn Museum of Art, le festival s’est cette année déplacé un peu plus au nord, à Harlem.

Cette étude a été réalisée dans le cadre d’une évaluation de la coopération française en matière de cinéma en 2002. La note rédigée en 2001 par Thomas Milan, chargé de mission audiovisuel auprès du Service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France au Nigeria, et publiée dans le rapport « Evaluation de la coopération télévisuelle en Afrique subsaharienne (1995-2000) » publié par la DGCID (n°57, Série évaluations, édité par le ministère français des Affaires étrangères) constituant une présentation déjà bien documentée et chiffrée du secteur, il ne s’agit pas ici d’en reprendre les termes mais plutôt des les actualiser et…

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Les Etats généraux du film documentaire de Lussas (17-23 août) étaient cette année encore un passage estival obligé pour qui souhaite découvrir et réfléchir sur le film documentaire. Cette édition 2003 a été marquée par le mouvement des intermittents du spectacle, de passionnants séminaires tournant autour des questions d’origine, de filiation, de transmission et une programmation regards croisés Europe/Afrique.

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Manifestation des intermittents après une assemblée générale dans les rues de Lussas
L'assemblée générale quotidienne des intermittents était très suivie, centrées sur le débat et la recherche de solutions
Assemblée générale quotidienne des intermittents




Entretien d'Olivier Barlet avec Isabelle Boni-Claverie

Marseille, juillet 2003

Isabelle Boni-Claverie tourne à Marseille Pour la nuit, qu’elle voulait d’abord tourner à Abidjan. Alors que le cinéma ivoirien tourne au ralenti, regard d’une jeune cinéaste et romancière ivoirienne sur la création et sur son rapport à son pays.

Entretien de Jean-Servais Bakyono avec Assétou Traoré, comédienne et costumière de film

Tu t’es fait connaître en tant que comédienne sur le petit écran dans des sketches, avant d’être distribuée dans de nombreux films où tu as confirmé ton talent de costumière à la fois de théâtre et de films. Comment as-tu réussi à négocier ce délicat passage ? Je suis, en effet, comédienne. Quand j’ai décidé d’arrêter l’école, je me suis lancée dans ce métier. J’ai constaté quelques années plus tard qu’il n’est pas facile d’être comédienne en Afrique. Si tu ne fais que ça, c’est un peu compliqué. Donc, puisque j’avais assez de temps libre, j’ai commencé des cours de…

By Faouzi Bensaïdi

Now here is a film that takes us on its journey really worth the trip – a trip that is anything but touristy. The few landscape shots are barren and harsh but also breathtakingly beautiful. This is not an explanatory journey. Mille Mois proposes rather than disposes. Bensaïdi often shoots from a distance, leaving the spectator free to experience the image for themself. The film has feeling throughout, conferred by the subtle understanding inherent in the way the mages are framed. Contradictions to be found in the social space are reproduced within the same frame, such as the shot of…

Avec 650 films sortis légalement en 2000, le Nigeria, pays de 120 millions d’habitants, est aussi le géant de l’Afrique pour la production de films : la totalité de ces fictions sont tournées en vidéo. Les Nigérians achètent et surtout louent ces histoires proches de leurs préoccupations (famille, sorcellerie, corruption, soif de pouvoir, reconstitutions historiques, sida…). En dépit de sa faible qualité technique, cette production devient une référence sur le continent et s’exporte déjà à travers le monde, notamment par le biais d’Internet.

De Faouzi Bensaïdi

Voilà un film qui nous emmène avec lui : acceptons la ballade, elle vaut le coup. Elle n’est pas touristique. Les quelques paysages sont arides et durs, bien que terriblement beaux. Elle n’est pas explicative non plus : Mille mois propose plus qu’il ne dispose. Bensaïdi filme souvent à distance, laissant le spectateur libre de son ressenti. Et l’émotion est là, récurrente, parce qu’une compréhension subtile s’inscrit dans le cadre des images, qui restituent les contradictions de l’espace social dans le même plan comme ces jeunes filles qui se dorent au soleil allongées sur un toit tandis que les garçons jouent au…

Une mise au point de Jean-Marie Teno

A la demande du documentariste Jean-Marie Teno, nous publions ci-dessous une mise au point concernant le débat qui agite la Guilde africaine des réalisateurs et producteurs. Les bulletins de la Guilde sont à lire sur www.cinemasdafrique.com

ANASTASIE était la présidente de la GUILDE, mais nous ne le savions pas jusqu’à ce mardi 23 septembre 2003 où elle a sorti ses ciseaux, censuré l’éditorial du bulletin de la GUILDE et finalement, prenant goût à cet exercice, elle a décidé de suspendre la parution du bulletin. C’est pour cette raison que le bulletin de la GUILDE prévu pour le Festival de Namur n’a pas paru. Car il a été censuré par la Présidente de la GUILDE. Etant en désaccord avec les méthodes autocratiques du bureau actuel de la GUILDE, j’ai choisi de quitter cette association dans laquelle désormais,…

De Yacouba Traoré

 » Beaucoup de cinéastes africains n’ont pas compris tout son message  » dira Gaston Kaboré. Il est vrai que l’on rencontre beaucoup de monde sur le tournage au Burkina Faso de Mooladé¸ troisième volet du triptyque consacré au courage des femmes par le doyen du cinéma africain ! Yacouba Traoré en profite pour tourner une sorte de making-off en DVcam, balladant son micro de technicien en comédien, montrant comment Sembène dirige ses acteurs, saisissant les humeurs de l’équipe, très dépendantes de celle du chef. Son commentaire malheureusement très pesant signale que le sujet du film ne fait pas l’unanimité de l’équipe : une femme…

Colloque au château de Namur, 1er octobre 2003

Cela avait commencé le 2 octobre 2002 avec un colloque au même château de Namur sur  » la circulation de la production cinématographique francophone  » et avait été poursuivi au festival de Cannes en mai 2003 avec une rencontre sur l’harmonisation des accords de production bilatéraux et des mécanismes de soutien à la production. La volonté de l’Agence de la Francophonie en liaison avec le festival de Namur, le Centre du cinéma et de l’audiovisuel de la Communauté française de Belgique, du CNC français et de la Société de Développement des Entreprises Culturelles (Québec) était avec cette nouvelle rencontre d’avancer concrètement sur…

De Jean-Pierre Lledo

 » Le rêve d’Henri Alleg, pourrai-je l’en exhumer ?  » Lledo demande à Alleg de l’accompagner en Algérie. Pour exhumer le rêve. Celui d’une Algérie vraiment indépendante. L’Algérie, Alleg y était depuis 1939, à l’époque où Camus participait à la première parution du mythique Alger-Républicain, qui défend l’égalité mais dans le cadre colonial. Repris par une nouvelle équipe à majorité communiste, le journal se radicalise et devient le seul quotidien anti-colonial. Alleg, membre de la direction du PC algérien, en prend la direction en 1950. En 1957, le français Alleg est torturé au centre d’interrogatoire de l’armée française. Il en fera un…

Entretien de Heike Hurst, Tahar Chikhaoui et Olivier Barlet avec Katy Lena Ndiaye à propos de Traces, empreintes de femmes

Namur, septembre 2003

Pour qui avez-vous fait ce film ? Pour toute personne qui souhaiterait dépasser ses a priori. Pourquoi être allé au Burkina plutôt qu’au Sénégal ? Il est peut-être plus aisé de parler de l’autre … Vous faites vous-même œuvre artistique en faisant ce film. Je me vois encore comme une journaliste. Ma démarche consistait à découvrir si ces peintures murales existaient encore et ce qu’elles signifiaient pour elles quel était le positionnement des femmes. Anetina, la jeune femme que l’on voit dans le film était au départ guide et traductrice. Elle est naturellement devenue un des personnages par la manière dont…

De Katy Lena Ndiaye

Cela commence, sans commentaire introductif, par des mains, des pieds, qui malaxent la matière, l’étalent sur un mur. On sait dès le départ que ces plans fixes élégamment agencés sur une musique répétitive et rythmée en phase avec l’activité des femmes se donnent pour programme d’ancrer ce sujet déjà largement couvert par l’édition et le cinéma des peintures murales des femmes kassenas du Burkina Faso, près de la frontière ghanéenne, dans une culture au présent. Une inversion est à l’œuvre qui rend premières les femmes et non le produit de leur travail, la condition féminine et non la sociologie générale…

Sollicité à participer au débat sur la critique organisé par la Guilde au festival de Namur 2003 et lisant les articles destinés au bulletin diffusés à cette occasion, conscient qu’ils soulèvent des divergences au sein même de la Guilde, je me permets de proposer quelques idées afin d’alimenter le débat. Plus que jamais en effet la question de la nécessité de la critique est posée, qui provient de ses déviances propres, notamment par les clichés qu’elle véhicule sur les cinémas du Sud. La question d’une parole autre, notamment africaine, se pose crûment, sans que ses conditions économiques soient assurées (prise…

Entretien de Heike Hurst et Olivier Barlet avec Abdelkrim Bahloul à propos de Le Soleil assassiné

Vous dites dans le dossier de presse être parti de la honte et de l’impuissance que vous avez ressenti face à ce qui se passait et se passe encore dans votre pays. Là, on part dans une discussion politique alors que c’est l’inverse de ce que j’ai essayé de faire : j’ai voulu faire un film sur des jeunes, sur leurs espoirs et leurs rêves, sur leur dynamisme, et sur leurs désillusions. Les désillusions vécues par les jeunes dans nos sociétés du Sud sont terribles, encore davantage maintenant qu’à l’époque du film. C’est donc l’histoire de jeunes qui passent à…

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