Cinéma/TV

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De Ben Diogaye Bèye

La chronique : c’est le mode choisi par Ben Diogaye Bèye pour porter un regard apparemment détaché sur la société sénégalaise d’aujourd’hui. Mais plutôt que de le centrer sur le monde des adultes, il décrit le microcosme enfantin avec ses conflits violents et ses rapides réconciliations, et cette mise en relation perpétuelle des filles et des garçons qui préfigurent les premiers amours. Ici tout est finesse et retenue. Pas de démonstration engagée ni de message empesé. Pas d’innovations stylistiques non plus : le film s’attarde sur les relations des enfants et les inscrit dans la géographie de leur environnement. Dakar est un…

De Maria João Ganga

Na Cidade Vazia suit au sens propre du terme les pas de N’dala, un enfant qui s’enfuit à Luanda après que la guerre ait tué sa famille. Son destin sera celui du pays : l’Angola sort de trente années de guerre où la lutte de libération marquée par le discours révolutionnaire anticolonialiste des débuts a finalement laissé la place à partir des années 80 à une confusion où les jeux d’intérêt et la perpétuation de la violence à tous niveaux ont primé sur le rêve de départ. Dans le film, qui se situe à la fin des années 80, cette…

Entretien d'Olivier Barlet avec Taïeb Louhichi

Montréal, avril 2004

La Danse du vent fait la part belle à l’image alors que les cinémas arabes sont souvent très parlés. La parole n’est pas que le verbe. L’image en fait partie et nous ne lui donnons pas, hélas, assez de place en tant que moyen d’expression. Nous avons pourtant un champ d’action fabuleux de par nos réalités, nos peuples, nos pays, notre géopolitique et nos cultures si variées et si riches. Nous n’avons plus non plus de complexe technique. Alors pourquoi nous privons-nous et nous limitons-nous au verbiage et aux dialogues parfois interminables, surtout dans les feuilletons… Bien sûr, il y…

Festival Vues d'Afrique, Montréal, 23 avril 2004

Dans le cadre du focus sur le Burkina Faso opéré cette année par le festival Vues d’Afrique, Gaston Kaboré a été appelé à donner « un atelier de maître », selon l’expression québecoise, à l’Office national du film. Le présentateur est Christian Medawar, producteur à l’ONF.

Entretien d'Olivier Barlet avec Sonia Rolland

Paris, avril 2004

Métisse franco-rwandaise, Sonia Rolland est arrivée en France à l’âge de 13 ans, fuyant les massacres au Rwanda puis au Burundi. Championne de basket, elle est remarquée par les sélectionneurs et devient Miss France en 2000. Elle est aujourd’hui Lea Parker dans une série du même nom de la chaîne M6 : une policière autoritaire et n’ayant pas froid aux yeux mais aussi ouverte et sensible. Engagée, elle s’occupe d’une association se donnant pour but de donner un toit à des orphelins au Rwanda (www.soniarolland.org). Rencontre avec une femme qui ne regrette rien mais aimerait ne plus être seulement objet de…

De Thomas Allen Harris

Ce qui passionne dans That’s my face, c’est le parallèle établi à partir du vécu entre la remise en cause identitaire et la démarche spirituelle. Le réalisateur parle à la première personne : il entrelace des images personnelles en super 8, des souvenirs et des impressions pour développer une introspection où les croyances de son enfance (parents méthodistes) et de son appartenance africaine (orishas) cessent de se faire concurrence et donc prennent véritablement sens quand elles apparaissent comme les facettes d’une diversité acceptée. C’est ainsi lorsque le réalisateur « réalise » que la diversité des images qu’il peut « réaliser » sont à l’image…

Entretien d'Olivier Barlet avec Ben Diogaye Beye

Montréal, avril 2004

Voilà un film à la fois sur le partage et tout ce qui sépare. Etait-ce le point de départ du film ? J’avais envie de montrer les sentiments que les enfants ont entre eux, ce qui provoque des plans assez longs sur leurs échanges. Mais tu as raison : la séparation est aussi présente car je voulais inscrire le film dans les contradictions de la société, comme la précarité de l’emploi ou la pauvreté. Les enfants vivent ces contradictions économiques comme un environnement sur lequel ils n’ont pas prise mais qui détermine fortement leur vie. Ils sont comme un microcosme…

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Entretien d'Olivier Barlet avec Saïd Naciri

Montréal, avril 2004

Votre succès au Maroc est immense : que diriez-vous que les Marocains apprécient chez l’humoriste Saïd Naciri ? Je suis un humoriste engagé sur le plan social et politique. Je travaille des sujets que personne n’a osé faire avant moi : la fracture sociale, le sida… J’ai été le premier à parler de l’importance des préservatifs et j’ai été insulté par au moins sept mosquées durant le prêche du vendredi car ils ont cru que je disais aux gens de faire ce qu’ils voulaient ! Après une discussion avec un grand imam, les choses ont été plus claires. J’ai critiqué…

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Montréal, avril 2004

Le premier long métrage de Ntshavheni Wa Luruli, Chikin Biznis, avait tourné partout mais pas en Afrique du Sud : pourquoi ? Il est sorti sur une copie et a effectivement très peu tourné. Les choses changent aujourd’hui mais à l’époque, c’était essentiellement les Blancs qui allaient au cinéma et qui ne cherchaient pas à savoir ce qui se passait dans les townships. Maintenant, un cinéma sud-africain est en train d’émerger avec davantage de films et une population noire plus argentée apparaît bien qu’elle aille voir essentiellement des films américains, sans compter les tentatives de montrer des films dans les…

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Olivier Delahaye © O.B.




De Frédéric Savoye et Wolimité Sié Palenfo

Rares sont les films qui abordent de front la colonisation et ses répercussions ! La France, encore persuadée sans se l’avouer de la légitimité de son utopie civilisatrice, n’a pas soutenu la réflexion sur le fait colonial. Des centaines de livres ont beau être publiés, la reconnaissance sociale de la réalité des choses tarde à venir. Les médias jouent à cet égard un rôle essentiel, le cinéma en particulier. D’où l’importance de ce film qui, de plus, le fait de façon remarquable. « On subissait, quoi ! » Nous sommes en pays lobi, au Burkina Faso. La mémoire de l’Histoire est encore…

D'Osvalde Lewat

Des prisons camerounaises, nous avions les terribles images du Chef ! de Jean-Marie Teno. C’est ici en s’attachant à l’incroyable destin du plus vieux prisonnier du Cameroun que la journaliste Osvalde Lewat, dont c’est le quatrième film, décrit le système pénitenciaire de l’intérieur. Pour avoir fait des faux papiers d’état civil, le sculpteur Pierre Owono, alors âgé de 25 ans, se trouve par une bureaucratique accumulation de peines condamné en 1969 à être emprisonné jusqu’en 2028 : il n’en serait sorti qu’à 84 ans. Lorsque la réalisatrice le rencontre, il en a déjà 58 et 33 ans d’emprisonnement. Sans argent…

De Manthia Diawara

Comme il le fait dans son dernier livre En quête d’Afrique (Présence Africaine), Manthia Diawara, qui dirige la revue Black renaissance et enseigne la littérature et le cinéma à l’université de New York, revient sur sa fascination pour une Guinée qui avait su dire non aux propositions françaises en 1954, Sékou Touré déclarant alors : « Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage ». Il explore les ambiguïtés du régime de triste renom en rencontrant Harry Belafonte qui avait été actif dans les Ballets africains et fut expulsé. Comme il l’avait fait dans Bamako Sigi Kan, dans le…

De Fabintou Diop

Les productions locales qui se multiplient grâce à la révolution du numérique libèrent une parole trop longtemps cloisonnée ou objet d’un regard extérieur. Une société se révèle à elle-même en dépassant les non-dits, s’ouvrant ainsi à de vivifiantes évolutions. C’est le cas de ce film où les femmes sénégalaises s’épanchent sans tabou sur les relations hommes-femmes. Le cinéaste Moussa Touré à la caméra, qui s’engage de plus en plus dans des productions documentaires de qualité après avoir réalisé des longs métrages internationaux, une production assurée par Cheick Tidiane Ndiaye, qui est à la pointe d’une production documentaire pouvant trouver sa…

De Balufu Bakupa-Kanyinda

Fort du succès du Damier et de quelques autres courts métrages, Balufu Bakupa-Kanyinda est un des cinéastes africains à avoir la voix la plus forte, dans tous les sens du terme. Vivant dans la chair la difficulté des cinémas d’Afrique à trouver le financement de projets ambitieux de cinéma, il est de ceux qui très tôt se sont intéressés aux techniques numériques comme une possible alternative pour la production d’images. Il prend ainsi sa caméra numérique sous le bras et parcourt l’Afrique à la rencontre de pratiques déjà existantes d’adaptation de l’outil numérique (de l’internet à la vidéoconférence internationale en…

De Dumisani Phakathi

Les films sur le sida sont nombreux mais rares sont ceux qui l’abordent sans pathos avec une vraie démarche artistique. Dans les nombreuses productions de la série Steps for the future (www.steps.co.za), ce film se dégage par l’originalité de son approche comme la qualité de sa caméra. « On m’a dit que parmi les gens de ma génération, une personne sur deux sera affectée par le virus avant 30 ans » : Dumisani Phakathi revient dans son township pour voir comment les gens vivent à l’heure du sida. C’est la plongée : au hasard des rencontres, un rythme s’installe, bourré de vie…

De Nadir Moknèche

Avec un tel titre, on attendait un Salut Cousin ou un BabEl Oued City : un film tonique sur une Algérie ancrée dans le drame mais qui n’aspire qu’à revivre – peut-être le film qui nous ferait plaisir. Viva Laldjérie est le contraire : un constat sombre et amer mettant en scène des paumés dans une société pourrie jusqu’à la moelle. Si ce n’est la force de refus des femmes, rien à voir avec leur frénésie hystérique dans Le Harem de Mme Osmane, premier film de Moknèche : Viva Laldjérie est lent, tourne et retourne en boucles à l’image de Goucem (Lubna Azabal,…

De Melissa Thackway

La plongée : voilà six ans que Melissa Thackway (elle-même collaboratrice d’Africultures et auteur d’une thèse sur les cinémas d’Afrique publiée chez James Currey sous le titre Africa shoots back) habite dans un appartement donnant sur la rue Myrha, que l’on dit la plus mal famée de Paris. Aux premières loges, elle vit le va-et-vient permanent entre les problèmes (drogue/police) mais aussi  » l’incroyable chaleur de vivre  » :  » je ne me lasse pas de ce monde qui s’y croise et cohabite « . Sa plongée sans prétention, une simple DV à la main, est ainsi une tentative de nous faire partager son  » voyage loin des…

De Martin Scorsese

L’écran est noir et la voix pénétrante de Scorsese introduit le film :  » Je ne peux imaginer ma vie sans musique ; c’est comme une lumière dans la pénombre « . Il note par ailleurs dans le dossier de presse que s’il avait été capable de vraiment jouer de la guitare, il n’aurait pas été cinéaste… Voici donc avec une forte charge émotionnelle son opus personnel de la série de sept films qu’il a initiée sur le blues. Il complètera plus tard les raisons de cet engagement en citant John Lee Hocker :  » le blues est un guérisseur « . Inscrivant comme Wenders dans The Soul of…

Agnès Datin, productrice  Ce qui me passionne dans un tel film, c’est cette impression que c’est très ancré, qu’il y a une relation avec un public ? Quand vous le produisez, quels sont vos objectifs immédiats ? Le film a d’abord été un coup de cœur. Au départ, il n’était pas prévu de le faire en HD ni avec les effets spéciaux, mais quand j’ai lu le scénario, j’en ai été convaincue. Un peu comme quand on se promène et qu’on entend de la musique : en lisant le scénario, j’ai vu les images qu’il fallait faire. Donc on en a parlé avec…

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