Cinéma/TV

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Entretien de Olivier Barlet avec Zeka Laplaine à propos du Jardin de Papa

26 septembre 2003

Pourquoi ce titre,  » Le Jardin de Papa  » ? C’est l’Afrique, dans la tête de certaines personnes : les colons ou les fils de colons qui considèrent l’Afrique comme un jardin privé où ils peuvent tout faire mais aussi certains de nos dirigeants qui gèrent leur pays comme un jardin privé. Mon personnage principal revient au pays où il a grandi avec cet esprit et le film est traversé par la proximité de la farce électorale. On sent dans le film une volonté de poser cette vision. Son point de départ était-il davantage idéologique ou intuitif ? J’écris intuitivement mais toujours avec un point…

De Zeka Laplaine

 » Jean était quelqu’un capable de porter une femme  » : lorsqu’il l’emmène en voyage de noce au Sénégal, pays où il a vécu et dont il lui a beaucoup parlé, cette femme amoureuse ne met rien en cause de son bel amant. Il est celui qui sait. Mais Jean se révélera le type même du colon moderne : sûr de lui, méprisant, voulant régler tout obstacle par l’argent, le backchich qu’il croit de mise en tout circonstance. Dans la nuit africaine, poussé à l’extrême face à l’adversité, il est comme un fantôme du passé de retour sur ses terres : négrier ouvert à toutes…

D'Abdelkrim Bahloul

La mer s’étale au grand soleil dès les premières images. Visible par les fenêtres, elle  » s’encadre  » pour reprendre l’expression de Braudel dans L’Histoire de l’Algérie et l’iconographie. Elle marquera tout le film. Cette mer est la Méditerranée, à la fois lien et distance entre l’Algérie et la France. La voix de Souad Massi envahit l’écran, soulevant une immense mélancolie :  » une mélancolie profondément méditerranéenne. Solaire. Un peu tragique aussi. Terriblement fin de siècle  » (Raphaël Millet, Cinémas de la Méditerranée, cinémas de la mélancolie, L’Harmattan 2002). Un vrai fado. Parce que ce film est un constat d’impuissance face au massacre des espoirs…

Les images de l'article




Voici deux ans qu’on ne parle plus que du respect de la diversité culturelle. L’enjeu est de taille face au rouleau compresseur américain mais le contenu de cette diversité évolue dans un flou artistique soigneusement entretenu, tant elle est un slogan que l’on a du mal à appliquer à sa propre société. Après avoir connu une année de transit où l’on craignait que le festival n’opère un repli sur le Nord et un repli sur le cinéma grand public, Namur 2003 retrouve son rôle de découverte et promotion des marges de la francophonie. Limitant délibérément la proportion de films français…

Entretien de Benjamin Bibas et Boris Mélinand avec Moussa Touré

Cet entretien a été publié dans « Hors Champ », le quotidien des Etats généraux du film documentaire de Lussas, samedi 23 août, n° 6, dont tous les textes sont publiés sur www.lussasdoc.com

De Benoît Dervaux (France)

Une plus ample écriture du mouvement

Dans Les Statues meurent aussi, film réalisé il y a un demi-siècle déjà, Alain Resnais, Chris Marker et Ghislain Cloquet dressaient un constat amer sur la manière dont le regard occidental avait dévalué l’art africain. En l’intronisant dans les musées au rang d’objet de contemplation esthétique, suggéraient-ils, les Européens avaient coupé l’art produit en Afrique de son contexte.  » Au pays où toutes les formes signifiaient, où la grâce d’une courbe était une déclaration d’amour au monde « , où tous les éléments naturels étaient convoqués dans un objet où se mêlaient l’utile et le beau, où créer enfin signifiait faire revivre les…

La troisième édition du forum international cinéma et vidéo de Lagos, organisé du 10 au 12 juillet 2003, a mis l’accent sur le contenu et sur l’amélioration de la qualité de la production audiovisuelle nigériane, dans un contexte de croissance exponentielle de la production (Entre 2000 et 3000 films vidéo produits en 2002, dont 880 seulement visés par la commission de censure).

Entretien de Guido Huysmans avec Jacqueline Kalimunda, à propos de Histoire de tresses

Septembre 2003

Rencontre avec Jacqueline Kalimunda, jeune Parisienne d’origine rwandaise, réalisatrice de « Histoire de tresses », qui a été primé dans différents festivals (Milan, Zanzibar etc).

Selon l’esthétique classique hollywoodienne, les bons sont habillés en blanc et les méchants en noir, respectant un code de couleur qui s’inscrit dans une philosophie manichéenne présente à de multiples niveaux. Depuis la naissance du cinéma, certains diraient depuis Naissance d’une Nation (D. W. Griffith, 1915), ce code s’étend non seulement à la garde-robe des personnages, mais également à la répartition des rôles entre les Blancs, les Noirs, et tous les tons que prend l’épiderme entre ces extrêmes qui ne sont déjà que rose clair et marron foncé. Les exemples où le héros blanc se bat contre un anti-héros noir…

De Michael Raeburn

Le film commence par une sentence terrible : « Ce film sera interdit et moi condamné à l’exil ». Car ce qu’il contient ne sera pas accepté dans le Zimbabwe de Robert Mugabe. Et pourtant, pour Raeburn, Mugabe était un vrai chef, pour les idées duquel il s’était battu. Par son premier film, « Compte à rebours » en 1969, durant la période coloniale, qui lui avait valu son premier exil forcé. Par son livre « Black Fire » en 1978. Et durant les premières années de l’indépendance… Mais face à la dérive actuelle, il ne peut rester de marbre. Il doit parler. Ce qui pour un…

De Laurent Chevallier

Revoici Baba,  » l’enfant noir  » du film de 1995, qui a maintenant 22 ans et est invité à parcourir la France pour rencontrer les élèves des collèges ayant visionné le film de Laurent Chevallier. Le cinéaste en profite pour le suivre dans son périple. Il sera fidèle à la connotation exploratrice de son titre : de même que Spike et Stanley allaient à la découverte de l’Afrique secrète (le pays des peaux noires), Baba est confronté à l’inconnu français, pour le plus grand plaisir des spectateurs qui se gaussent de ses étonnements et de ses peurs. C’est parfaitement navrant : le bon sauvage…

De Leïla Kilani

« Il faut aller à la rencontre de son destin ». Les choses sont posées dès le départ du film : le propos de Leïla Kilani n’est pas sociologique mais parfaitement subjectif. Elle s’intéresse à une ville qui est un butoir et elle s’intéresse à des hommes qui ne font que regarder là-bas, de l’autre côté, cette côte qu’on voit à 45 km de distance, l’autre monde. La ville et les hommes ont quelque chose en commun. Kilani filme la géographie des ruelles, en des images et des sons impressionnistes, des murs, des containers, des flaques… Chaque image résonne en solitude, austérité,…

De Beverley Palesa Ditsie et Nickie Newman

Il y a quelque chose d’extrêmement émouvant dans « Simon et moi », c’est cette façon très personnelle de raconter l’Histoire. C’est bien d’Histoire avec un grand « H » qu’il s’agit : le combat de militants d’un mouvement de libération. C’est grâce à leur action, dont on imagine sans peine la difficulté, que la constitution sud-africaine est la première du monde à mentionner l’orientation sexuelle comme droit à la non-discrimination, au même titre que la couleur de peau. Simon Nkoli est gay, Beveley Ditsie est lesbienne – et réalise le film où Simon tient une grande place, non seulement parce qu’il fut le…

De Margerida Cardoso

La documentariste Margerida Cardoso avait déjà traité de la révolte face à l’histoire coloniale portugaise dans le beau Natal 71 (cf critique sur le site). Voilà qu’elle traite ici de l’indépendance mozambicaine de façon très personnelle puisqu’à travers les images avec une immense nostalgie. Celle d’un rêve de cinéma. Les gens que nous voyons à l’écran et qui ont fait le cinéma de l’indépendance mozambicaine reconnaissent avoir fait un travail d’idéologues au service d’une idée, d’une conception, d’un parti. Et se le font reprocher aujourd’hui. Mais ils assument y avoir cru. Démarrant sur des images de discours de Samoro Machel,…

De Brian Tilley

Ce documentaire de la série « Steps for the future » (www.steps.co.za) suit pas à pas Zackie Achmet, un activiste sud-africain d’origine indienne dans sa lutte contre les industries pharmaceutiques pour légaliser les médicaments génériques dans le traitement du sida. La préparation du retentissant procès rythme sa vie, ponctuée de visites chez le médecin qui le met en garde : Achmet, atteint du sida, refuse de prendre les antiviraux qui le sauveraient tant que ceux-ci ne sont pas à la disposition de tous dans les hôpitaux sud-africains. On sait qu’après que le procès contre les laboratoires pharmaceutiques ait été gagné, le gouvernement…

De Moussa Ouane et Pascal Letellier

Pour qui a pu savourer les heures matinales au bord du fleuve où les grandes pirogues colorées entassent marchandises et passagers, Mopti reste une expérience inoubliable. Mais il faudrait des mois pour dépasser l’impression touristique et comprendre ce qui se trame dans cette ville grouillante aux heures du marché. C’est le projet de ce film superbe : déceler ce qui fait de cette « ville des montagnes d’épices et des poissons parfumés » un lieu exceptionnel où règne un esprit particulier. Cet esprit, d’autres lieux l’ont sans doute, quand ils sont de tels carrefours de commerce, de cultures et d’activités. Il résulte…

De laurent Chevallier

 » L’Afrique doit chercher une certaine Rédemption, disait le regretté cinéaste guinéen David Achkar. Elle doit se confronter à son propre mal. Mon film (Allah Tantou) marche bien aux Etats-Unis auprès des jeunes étudiants qui veulent repositionner leur identité noire dans son ensemble et non seulement dans un rêve d’Afrique charriant des images d’Epinal à la Camara Laye, celles d’une Afrique imaginée qu’on a envie de retrouver.  » On pense aux critiques qu’adressait Mongo Beti à la littérature du Guinéen Camara Laye (L’Enfant noir) en lui reprochant d’être ce que les colons attendaient d’un bon intellectuel nègre… Et voilà qu’un intellectuel blanc…

De Emmanuelle Ohniguian et Tobie Nathan

épisode 1 : Cynthia / épisode 2 : Le Cafre

Dans L’influence qui guérit (Ed. Odile Jacob, p. 332), Tobie Nathan résumait la position de l’ethnopsychiatre : respecter le patient en respectant ses divinités, ses manières de faire, ses docteurs, ses objets de culte et en considérant qu’il est aussi un exilé. Les deux heures passées ici autour d’une table en sa compagnie, celle de son assistante et d’une famille réunionnaise confrontée aux comportements dérivants de leur jeune fille sont un étonnant et passionnant témoignage de cette méthode. Le père et la mère sont à la première séance. Une sœur et deux frères de la mère viennent se joindre à…

Entretien d'Olivier Barlet avec Michael Raeburn à propos de Zimbabwe, de la libération au chaos

Lussas, août 2003

Le réalisateur de « Jit » et de « Home Sweet Home » commet avec « Zimbabwe, de la libération au chaos » un acte politique aux fortes implications personnelles puisqu’il le condamne à l’exil. Itinéraire d’un homme engagé.

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