Cinéma/TV

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Le 17 mai 2026, une table ronde intitulée Méditerranée plurielle : récits et esthétiques renouvelés réunissait à Cannes des cinéastes en sélection et des professionnel·les emblématiques de la région autour de la journaliste franco-libanaise Micha Khalil, de Monte Carlo Doualiya. Pensée en résonance avec la Saison Méditerranée 2026 de l’Institut français, inaugurée deux jours plus tôt à Marseille, la rencontre interrogeait la manière dont les cinémas arabes et méditerranéens renouvellent leurs récits, leurs formes et leurs imaginaires, entre contraintes de production, pression des marchés internationaux et désir d’inventer d’autres images. Modérée par Micha Khalil, la discussion réunissait la réalisatrice franco‑marocaine Laïla…

Au Marché du film du Festival de Cannes 2026, le pavillon Afronova a accueilli le 18 mai une table ronde consacrée à un enjeu central pour les cinémas africains et diasporiques : la construction de leurs publics. Modérée par Alain Modot (Difa/GIFA), la rencontre réunissait Nancy Aka (réseau Majestic), Céline Delfour (AFCAE) et Franciane Abassan (productrice et sales agent), croisant les regards de la distribution, de l’exploitation, de la programmation et des ventes internationales. Dans un contexte marqué par une diversité linguistique et culturelle exceptionnelle, mais aussi par des déséquilibres persistants dans la circulation des œuvres, les intervenants ont interrogé…

Cette table-ronde le 18 mai 2026 au Pavillon Afronova du marché du film au festival de Cannes 2026, animée par Maklor Babutulua, a réuni Hedi Zardi (les Ateliers de l’Atlas), Emilie Pianta Essadi (la Fabrique cinéma de l’Institut français), Houda El Amri (Canal+), Eugénie Michel-Villette (Les Films du Bilboquet) et Enrico Chiesa (OIF). Les échanges ont porté sur les laboratoires (labs), la circulation des films africains, les coproductions Sud‑Sud, l’éco‑responsabilité et la formation des producteurs, dessinant une vision très concrète des nouveaux écosystèmes de coproduction en Afrique. Labs, développement et culture cinéphile D’emblée, Houda El Amri insiste sur l’importance de…

De la philosophie à l’Afrique, du documentaire à la fiction

Boris Lojkine, surtout connu aujourd’hui pour avoir réalisé L’Histoire de Souleymane, était le parrain de La Fabrique Cinéma 2026 au Festival de Cannes. Il répondait aux questions de la critique de cinéma Perrine Quennesson le 16 mai 2026, sous le chapiteau de la Semaine de la critique, dans le cadre des activités de l’Institut français. 1. De la philosophie au cinéma : sortir des bibliothèques Perrine Quennesson ouvre la rencontre en rappelant que Lojkine a d’abord été enseignant en philosophie. « Moi, je venais de la philosophie, donc j’ai fini une thèse de philosophie au siècle dernier », dit-il en…

Les arbres font de la résistance

Prix de la Compétition Burning Lights au festival Visions du réel (avril 2026), le nouveau documentaire d’Hassen Ferhani ne déroge pas à son style. Au contraire, il le développe magnifiquement, parce que ce film est un hommage à son père Ameziane Ferhani et qu’il lui doit beaucoup. Cela commence par un long panoramique sur Alger depuis la mer, inondée de soleil et dominée par les cris perçants des mouettes qui donnent leur nom à la ville (El-Djézaïr, « Les îles », et, plus loin dans le temps, Ikosium, « l’île aux mouettes »). L’image est connue, carte postale. Sauf qu’ici,…

Nous avions rendu compte de la leçon de musique d’Amine Bouhafa aux Journées cinématographiques de Carthage de 2018. Il est intéressant de la comparer avec celle qu’il a donné, huit ans après, au festival de Cannes 2026 qui s’est tenue le lundi 18 mai en salle Buñuel au Palais des festivals, présentée par Stéphane Lerouge. Amine Bouhafa, 39 ans, s’est présenté moins comme un simple artisan de la bande originale que comme un véritable lecteur sensoriel des films qu’il accompagne. Tunisien, lauréat du César de la meilleure musique pour Timbuktu d’Abderrahmane Sissako en 2015, il revendique un parcours nourri à…

Esthétique de la débrouille

Tourné à Sèmè, ville frontalière entre le Bénin et le Nigeria, Border Life, produit, écrit, dirigé et tourné par Idrissou Mora-Kpai, témoigne de la vitalité de tous ceux qui tentent de déjouer la division induite par la frontière pour trouver les moyens de survivre. Ses choix esthétiques radicaux la rendent palpable. Le cinéma d’Idrissou Mora-Kpai ne se résout pas à la simple observation. Border Life ne se contente pas de documenter un espace frontalier : il en construit une expérience sensorielle, où le regard, le rythme et la durée deviennent des outils d’intelligibilité. La frontière entre le Bénin et le…

Aïssa Maïga a été invitée le 15 mai 2026 par le Pavillon Afronova au Marché du film du Festival de Cannes pour répondre aux questions de Houda Ibrahim, journaliste à RFI. Houda Ibrahim : Vous avez commencé à faire du cinéma il y a 25 ans. Au XXIe siècle ! Comment vous situez-vous aujourd’hui ? Aïssa Maïga : Oui, j’ai commencé à la fin des années 90. On vient tous dans ces métiers-là avec un rêve. On a le rêve de raconter des histoires puissantes, on a le rêve d’incarner des personnages forts, on a le rêve aussi de restaurer certains récits,…

Table-ronde au festival de Cannes

Au pavillon Afronova du Marché du film du Festival de Cannes, le 15 mai 2026, une table ronde intitulée « Le cinéma guinéen : renouveau, dynamique et émergence » a réuni plusieurs acteurs clés de la scène guinéenne. Animée par Hadja Diariou Bah, directrice adjointe du Centre culturel franco-guinéen de Conakry, la rencontre rassemblait le réalisateur et producteur Gahité Fofana, Abdoulaye Traoré, directeur du Festival international du Film Awards de Guinée, et Oumar Khourouma, enseignant-chercheur et directeur du Salon du cinéma guinéen. Une nouvelle génération et une rupture assumée Interpellé sur ce que représente pour lui cette « nouvelle dynamique », Gahité Fofana commence par…

Table-ronde au festival de Cannes 2026

Au pavillon Afronova du marché du film au festival de Cannes, le 15 mai 2026, la table-ronde « Afrique de l’Ouest, du potentiel à la transformation » a réuni, sous la modération de Séraphine Angoula, attachée audiovisuelle régionale, quatre voix clés des écosystèmes cinématographiques ouest-africains : la productrice et actrice mauritanienne Kessen Tall, le producteur sénégalais Yanis Gaye, le directeur des Industries culturelles et créatives de Guinée Bilia Bah et la représentante du Collectif 50/50 en France, Mathy Mendy. Ensemble, ils interrogent la manière de transformer une effervescence réelle en structures durables, capables d’ancrer les récits africains dans des économies et des…

La résilience au féminin face au déplacement

Augusta B. Palenfo signe avec Waongo (« Bienvenue », en mooré) un troisième long métrage puissant sur la résilience des femmes déplacées internes au Burkina Faso, qui s’impose comme une œuvre essentielle dans le paysage burkinabè actuel. À travers le parcours de Piiga, jeune couturière ambitionnant de devenir styliste, arrachée à son village par le terrorisme, la réalisatrice mêle récit intime, critique sociale et regard sans complaisance sur les préjugés en temps de guerre, tout en déplaçant le point de vue de la victimisation vers la puissance d’agir. La couture et le tissage deviennent ici de véritables actes de survie,…

Marie-Clémentine Dusabejambo entre dans l’histoire à Cannes en remportant la Camera d’or 2026 Avec Ben’Imana, la réalisatrice devient la première cinéaste rwandaise sélectionnée officiellement au Festival de Cannes. Rencontrée à Cannes, elle revient sur les dix années nécessaires pour faire naître ce film, entre mémoire du génocide, pardon impossible à imposer et silence autour des mots devenus indicibles. Un échange fort autour du cinéma, de la transmission et de la reconstruction. Interview réalisée par Hicham Rami.

Présent au Festival de Cannes, Rafiki Fariala défend Congo Boy, un film qui aborde la question des réfugiés et des parcours d’exil. À travers ce récit, le réalisateur interroge déplacement, survie et espoir, tout en donnant un visage humain à des trajectoires souvent invisibilisées.  Interview réalisée par Hicham Rami.

Présenté dans la section Un Certain Regard du Festival de Cannes, La Mas Dulce nous plonge dans les serres d’Espagne, où des ouvrières marocaines récoltent les fraises de l’Europe. À travers ce récit, Laïla Marrakchi filme des femmes prises dans un système d’exploitation, mais qui trouvent malgré tout des espaces de résistance et de solidarité. Interview réalisée par Hicham Rami.

Il ne se destinait pas au cinéma. Lycéen et rappeur à Bangui, Bradley Fiomona Dembeasset n’avait jamais joué dans un film avant Congo Boy — le voilà sur la Croisette pour le premier long métrage de Rafiki Fariala, sélectionné à Un Certain Regard. Il incarne Robert comme s’il racontait sa propre histoire. Une interview réalisée par Hicham Rami

À distance des grandes machines et des auteurs surmédiatisés, les films venus d’Afrique et de ses diasporas ont apporté au festival de Cannes 2026 (12-23 mai) autre chose qu’une simple « diversité » de vitrine : une façon singulière de raconter la justice et ses impasses, l’exil sans retour, la foi mise à l’épreuve, la ville mondialisée vue d’en bas et l’accès aux images comme enjeu politique. Ces œuvres venues des marges institutionnelles ont renouvelé les formes, déplacé les évidences et rappelé que l’avenir du cinéma se joue d’abord là où l’on invente encore des manières de voir. Cannes n’a pas « raté »…

La Harlem Renaissance, entre archives et présent

David Greaves, le fils du réalisateur William Greaves, et sa petite-fille, Liani Greaves, ont terminé le film sur lequel le documentariste avait travaillé de 1972 à sa mort, en 2014. Il a été présenté à la Quinzaine des cinéastes au festival de Cannes 2026. Once Upon a Time in Harlem est ainsi réalisé à partir d’images 16 mm tournées dans les années 1970 et d’une rencontre filmée aujourd’hui avec de nombreux historiens et témoins. En confrontant ces deux régimes de parole, le film montre que la Harlem Renaissance ne relève pas d’un récit figé mais d’un phénomène collectif dont les causes restent…

Le bal des illusions à Lagos

Libre adaptation tournée en 35mm du roman Mrs Dalloway de Virginia Woolf transposé dans les salons de Lagos, Clarissa suit une femme de la haute société préparant une réception où se croisent amis, famille et anciens amours, jusqu’à ce qu’un retour du passé fasse vaciller sa façade de respectabilité. En reprenant la structure d’une journée unique et la figure de Clarissa, les frères Esiri font de cette fête un véritable bal des illusions, où une élite nigériane s’accroche à ses codes hérités de l’ancien empire pour ne pas voir la violence et les fractures du pays qui l’entoure. Clarissa est…

L’épreuve du trouble

Avec ce second long métrage présenté dans la section Cannes première au festival de mai 2026, Gessica Généus prolonge et radicalise le geste de Freda : faire éclater les oppositions, engager le corps, et affirmer un droit à la complexité haïtienne. Cette analyse prolonge notre entretien avec la réalisatrice. Une rue. Une église et un bordel se font face à face. Le dispositif semble limpide. Il ne l’est pas. Marie Madeleine commence là pour mieux s’en défaire. Gessica Généus ne filme pas une opposition morale. Elle en montre la fragilité. Les frontières tiennent à peine. Les corps les traversent. Les…

Le prix des fruits rouges

En Andalousie, des saisonnières marocaines cueillent les fraises qui garnissent les étals européens, prisonnières d’un système où contrat de travail, contrôle migratoire et violences de genre se confondent. Avec Les Fraises, présenté dans la section « Un certain regard » au festival de Cannes 2026, Laïla Marrakchi quitte les salons de la bourgeoisie casablancaise et les séries télévisées pour filmer au plus près des corps féminins jetés dans la machine agro‑industrielle, et faire de la sororité, fragile mais tenace, la seule brèche possible dans l’ordre économique qui les broie. « Les Fraises » frappe par la clarté de son geste : retourner…

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