Cinéma/TV

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De Nour-Eddine Lakhmari

Etonnante démarche que celle de Nour-Eddine Lakhmari : cette histoire de photographe français qui revient aujourd’hui, cinquante après, sur le théâtre des exactions de l’armée française dans un Maroc en lutte pour son indépendance est un véritable piège. Albert était jeune photographe pour l’armée française, choqué par ce dont il était le témoin sans oser s’y opposer, et dont il gardera le remords toute sa vie. Si le film s’appelle Le Regard, allusion à cet objectif photographique, le problème est justement le point de vue où il se situe : comment Lakhmari peut-il, avec un financement norvégien, faire un film…

De Kamal Kamal

Ce qui frappe dans La Symphonie marocaine, c’est son lyrisme débridé. Ne cherchons pas le vraisemblable : nous sommes dans le rêve et ça fonctionne. Les gueux, voleurs, prostituée ou marginalisés vivant misérablement dans les vieux wagons d’une ferraille ferroviaire jouent tous en solistes d’un instrument de musique classique ! C’est bien sûr la musique qui fait passer la pilule du crédible et nous enchante, à commencer par l’arrangement d’un vieux thème mélancolique façon Nass el-Ghiwan qui ponctue le film. Ces citoyens de la ferraille qui ne sont pas sans évoquer les Freaks de Tod Browning (1932) arrivent à mobiliser…

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De Mohamed Zineddaine

Ovni dans le cinéma marocain actuel, Réveil se veut un film de rupture sous la forme d’une méditation à deux voix, celle littéraire d’un constant monologue, l’autre cinématographique d’images qui tissent leur propre langage plutôt que d’illustrer. En noir et blanc, il joue sur l’ombre et la lumière à la façon des premiers films de Manoel de Oliveira, s’attachant aux détails de la ville, les cadrant de près comme des métonymies, se rapprochant en caméra épaule des êtres, décadrant volontiers pour masquer les visages et mettre en avant le mouvement des corps. Le cadre en bois trouvé en morceaux dans…

De Djamila Sahraoui

Connue pour l’excellence de ses documentaires (La Moitié du ciel d’Allah, Algérie la vie toujours, Et les arbres poussent en Kabylie), Djamila Sahraoui a voulu passer à la fiction pour explorer sans les limites de ce qui ne se dit pas face à une caméra combien la violence travaille la société algérienne et lancer un grand cri : basta ! ça suffit ! (barakat) Il y a dans cette pérégrination de deux femmes beaucoup de finesse et d’humanité. L’une est infirmière, l’autre est médecin : elles évoluent dans l’Algérie malade du début des années 90. Khadidja est de la génération…

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De Nejib Belkadhi

Un vrai virus, le cinéma ! Dans Cinéastes à tout prix !, Frédéric Sojcher donnait l’exemple de Jacques Hardy, professeur de lycée, Max Naveau, projectionniste et Jean-Jacques Rousseau, maçon, des Belges passionnés qui mobilisent tout leur entourage et leurs faibles moyens pour faire des films correspondant à leur passion, une imitation hyper-low budget des films d’action. Ils ont un homologue tunisien : Moncef Khaloucha. Nejib Belkadhi l’a trouvé à Sousse. Le film démarre ainsi sur le tournage d’une scène d’action dans un entrepôt. Poursuite, bagarres, meurtre : la caméra suit en courant les protagonistes. Tout est improvisé et tourné très…

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De Sherif Arafa

Production à grand spectacle de 2 h 30 qui a demandé trois mois de tournage, Halim retrace la vie du grand chanteur égyptien disparu des suites d’une bilharziose qui l’aura torturé toute sa vie. Le film se saisit bien sûr de cette tragédie, démarrant sur le malaise d’Halim sur scène et son lit d’hôpital, et l’étend à toute sa biographie artistique, politique et amoureuse pour résonner avec la défaite égyptienne de 1967 et la démission de Nasser. Pensé de façon très didactique avec des flash-back permanents illustrant une interview d’Abdel Halim Hafez sur sa vie, il est composé de parties…

De Selma Baccar

Selma Baccar avait-elle pour intention de prévenir contre la dépendance à la drogue ? Le pavot, kochkhach, a pourtant dans Fleur d’oubli un statut ambigu : à la fois dérive mortelle et soutien à l’affirmation de soi face aux normes imposées. Il n’est pas le seul : dans un asile où les fous sont à ce point ridiculisés qu’ils ne sont plus que des singes hystériques et grimaçants, la folie de Zakia se réduit à une simple amertume. Evoluant lui aussi au milieu des aliénés, Khémaïs, poète amoureux d’une plante, dénote lui aussi dans ce capharnaüm. Cela ne va pas…

Entretien d'Olivier Barlet avec Rachid Bouchareb à propos de Indigènes

Festival de Cannes, mai 2006

Qu’est-ce qui vous amené à vous intéresser à cette partie de l’histoire ? L’histoire du film, c’est l’histoire de nos parents, cela concerne des milliers, voire des millions de personnes. C’est plutôt cet aspect de la mémoire qui m’a intéressé et aussi de révéler ce chapitre de l’Histoire de France qui est méconnu en France et même méconnu dans les pays d’Afrique du Nord ou d’Afrique. C’est un sujet d’actualité en ce moment avec le débat issu de la loi de février 2005 demandant qu’on mette en avant « les aspects positifs » de la colonisation, mais j’imagine que vous aviez commencé…

Cannes film festival, may 2006

Interest of the story It is the story of our parents, it concerns thousands even millions of people and that is the aspect of memory I wanted to reveal, this chapter of history, unknown in France but also unknown in many north-African and African countries at large. This is what really truly interested me. Debate in the French society At the moment, there are in France big discussions about immigration laws but in fact I started this film four years ago. So the film fancied a crossroad about a debate, about how old colonies and France should find the right…

Table-ronde avec les cinéastes Boubakar Diallo et Moussa Touré, Cannes, mai 2006

L’appropriation des nouvelles technologies permet à des films populaires comme ceux du Burkinabè Boubakar Diallo de faire rouvrir des salles et à des réalisateurs comme le Sénégalais Moussa Touré de produire sans le parcours du combattant des aides des œuvres originales dans le domaine du documentaire. Comme toujours, la question économique et technique a dominé le débat alors même que, comme le soulignait un spectateur, la question est aussi de savoir ce qu’on veut raconter au public africain ou autre, et comment. O.B.

Table-ronde au festival de Cannes, mai 2006

Animé par Catherine Ruelle (RFI), la Semaine de la Critique a proposé un débat faisant suite à la projection du film de Jean-Christophe Klotz, « Kigali, des images contre un massacre », sur la question du rôle des médias face à des événements comme le génocide. Les intervenants réunis étaient Bernard Kouchner, Catherine Monnet, grand reporter à RFI, Jean-Christophe Berjon, délégué général de la Semaine de la Critique, Serge Le Péron, cinéaste, Abderrahmane Sissako, cinéaste et Alain Wieder, Arte.

Entretien de Heike Hurst et Olivier Barlet avec Abderrahmane Sissako à propos de Bamako

Festival de Cannes, mai 2006

En sélection officielle hors-compétition au Festival de Cannes 2006, « Bamako » d’Abderrahmane Sissako a tellement marqué les festivaliers que pour la seconde projection, après plus d’une heure de queue, beaucoup n’ont pu entrer dans la salle Buñuel archi-comble. Entretien ce jour-là de deux critiques enthousiastes avec le réalisateur.

De Douglas Gordon & Philippe Parreno

Espagne, 23 avril 2005. Stade Santiago Bernabeu. Le Real de Madrid reçoit Villaréal. Le public hurle. C’est l’euphorie. Les joueurs pénètrent dans l’arène. L’arbitre siffle le début du match. Les dix-huit caméras postées autour du stade prennent d’assaut un seul des joueurs : Zinedine Zidane, le n°10, l’avant-centre légendaire du Real.  » C’est un joueur fantastique, le plus élégant. Quand il touche la balle, tu as l’impression que le sol, le jeu respirent différemment.*  » Description poétique d’un sportif vu comme le messie du football, Zidane émerveille tout simplement. Du gosse des quartiers au cadre commercial en passant par la simple ménagère, cet acrobate…

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De Rabah Ameur-Zaïmeche

Après Wesh wesh, ça me regarde ! (2002) où il restaurait de l’intérieur un autre regard sur les cités, Rabah Ameur-Zaïmeche se rend au bled, dans son village natal de l’extrême-est algérien et y trouve de quoi élargir et singulièrement élever sa vision de cinéma. Ne donnant ni dans la sociologie ni dans la pure fiction, son apparente rudesse peut déconcerter mais elle vaut éminemment le détour car elle amène justement une autre compréhension, au-delà des clichés et des projections. Comme dans son précédent film, Ameur-Zaïmeche filme en vidéo et incarne Kamel, expulsé de France à sa sortie de prison.…

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Bled Number One
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De Samba Gadjigo

En plein festival de Cannes 2006, nous publions ce texte de Sada Niang sur le film réalisé par Samba Gadjigo sur le tournage de Moolaade, présenté et primé à Cannes en 2004 dans la section Un certain regard.

Entretien de Karine Blanchon avec Laza autour des Premières Rencontres du Film Court des 27 et 28 avril 2006 à Antananarivo

Vous êtes un jeune réalisateur plutôt atypique dans le paysage cinématographique malgache. Votre second long métrage n’est pas encore sorti à Madagascar que vous vous lancez dans l’organisation d’un concours de courts métrages. Qu’est-ce qui vous motive ? Tout simplement la passion que j’ai pour le septième art. J’aime le cinéma et j’avais envie de partager cette passion. J’ai lancé l’idée de ces Rencontres il y a quelques mois et, grâce au soutien du Centre Culturel Français Albert Camus, ce projet a vu le jour. On a fait un appel à candidature relayé dans les Alliances Françaises de toute l’île et…

Entretien d'Olivier Barlet avec Rémi Atangana

Vous dirigez avec beaucoup d’énergie un festival consacré à la télévision : pourquoi privilégier la télévision plutôt que le cinéma ? C’est vrai qu’on pourrait envisager d’élargir des manifestations cinématographiques en assurant la promotion des productions spécifiques, je pense notamment aux documentaires et aux courts métrages. Cependant, la libéralisation progressive des médias audiovisuels en Afrique a favorisé l’émergence de nombreuses chaînes de télévision d’obédience privée, qui, au contraire des télévisions publiques, se rapprochent un peu plus des populations. La réalité de cette proximité implique que le public reste accroché à la télévision. D’où le choix du Festival Africain de Télévision – FESTEL,…

Entretien de François-Xavier Dubuisson avec Henri Duparc

Nous publions cet entretien de François-Xavier Dubuisson réalisé au festival de Namur en septembre 2004 avec le grand cinéaste dont les comédies ont marqué la cinématographie africaine. Il « s’en est allé » récemment, selon cette expression qu’il dit ici préférer car elle signifie que « l’on ne meurt jamais tout à fait ». Il ne pouvait mieux parler de son cinéma. Puisse ce dernier entretien lui être un vibrant hommage.

De Mahmoud Zemmouri (Algérie)

Octobre 2001. Stade de France. Un match de football, historique, qui voit s’opposer l’équipe de France à celle d’Algérie. Ce soir-là, le cinéaste algérien Mahmoud Zemmouri est devant son écran de télévision tout comme des milliers de français, attendant impatiemment l’issue de cette rencontre. Soudain, c’est la débandade. Des dizaines, voire des centaines de supporters, envahissent le terrain, dégoûtés du score (3-1, en faveur de la France) et finissent par provoquer l’arrêt du match. En voyant cela, Zemmouri reste interloqué :  » Pourquoi ont-ils envahi le terrain ? Pourquoi sont-ils contre la France et pourquoi se reconnaissent-ils davantage dans leur pays d’origine que…

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© Zelig Films Distribution
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De Margarida Cardoso

On la connaissait pour son remarquable documentaire basé sur l’histoire du cinéma mozambicain Mozambique, journal d’une indépendance ainsi que pour Natal 71 qui interrogeait de la dramatique décolonisation portugaise. Margarida Cardoso passe ici à la fiction pour sonder encore la mémoire, de son enfance cette fois, plongée dans les treize années de guerre d’indépendance d’un Mozambique que le régime fasciste de Salazar ne voulait pas lâcher jusqu’à la révolution des œillets de 1974. Très personnel, le film explore les blessures intimes provoquées par la violence coloniale chez les Portugais eux-mêmes. Deux éléments en sont totalement absents : la nostalgie qui…

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