Cinéma/TV

Cinéma/TV


By Prof. Femi Osofisan

[Cet article est pour le moment disponible exclusivement en anglais] Being the text of keynote by Prof Femi Osofisan – dramatist, actor and director and lecturer at the University of Ibadan – to the 6th ITPAN FORUM, held July 6 to 8, 2006, at the Lagos Business School, Lekki, Lagos, Nigeria.

Entretien d'Olivier Barlet avec Charles Mensah, président de la FEPACI

Le nouveau président de la Fédération Pafricaine des cinéastes, le Gabonais Charles Mensah, par ailleurs directeur du Centre du cinéma gabonais, dresse ici un état des lieux des cinémas d’Afrique et des enjeux et perspectives du travail de la FEPACI. Il revient sur la diversité des cinémas et le prix à payer pour toucher le public africain.

D'Abderrahmane Sissako

« La chèvre a ses idées mais la poule aussi ». Le paysan malien qui prononce cette phrase est à la barre des témoins d’un tribunal installé dans une cour d’un quartier populaire de Bamako, pour un procès qui oppose la société civile aux institutions internationales de la mondialisation, Fonds monétaire international et Banque mondiale en tête. Durant ces débats animés, retransmis par haut-parleur à l’extérieur, la vie continue dans la cour : les femmes teignent des batiks, un couple se marrie tandis qu’un autre se sépare, les enfants vont et viennent. C’est dans la cour de son père mort il y…

Les images de l'article
❮
❯
Dany Glover
Les juges
A la barre des témoins, avec les avocats de la partie civile
Abderrahmane Sissako sur le tournage




Entretien d'Olivier Barlet avec Guy Deslauriers

Dans le commerce triangulaire Europe-Afrique-Amérique, le 2ème moment, celui du transport des esclaves, était appelé « le passage du milieu ». Pour l’illustrer, le cinéaste antillais Guy Deslauriers fait appel au récit d’un homme mais évite tous les écueils de l’exercice : plutôt que de représenter, il évoque. Utilisant de nombreux ralentis, flashs et images saccadées, il réfléchit plutôt qu’il ne montre. Le résultat est d’une grande qualité. Sa retenue dans le filmage des corps évite de les appréhender comme du bétail. Les détails suffisent à suggérer le tout et le spectateur recompose dans une émotion qui n’est plus sentimentalisme mais compréhension…

De Rachid Bouchareb

Film de reconstitution historique avec une production de près de 15 millions d’euros, un an et demi de tournage et un an de postproduction, des violons enveloppants et de grands acteurs : Indigènes fait nettement le choix de toucher un large public. Il n’y a pas de quoi le mépriser pour autant : d’une part parce que ce qu’il veut dire, ce film le dit de façon profondément juste, et d’autre part parce qu’il n’a rien d’une production huilée et n’existe que grâce à beaucoup d’engagement des deux côtés de la Méditerranée. Ambition hollywoodienne, certes, à la façon Spielberg style…

Les images de l'article
❮
❯
© Rachid Bouchareb
© Rachid Bouchareb
© Rachid Bouchareb
© Rachid Bouchareb
© Rachid Bouchareb
© Rachid Bouchareb
© Rachid Bouchareb




Le palmarès du festival de Cannes 2006 a privilégié les films engagés. Certains ont choisi la veine populaire, d’autres moins. Tour d’horizon de la moisson 2006.

Les images de l'article
❮
❯
Sur la Croisette, stress festival © O.B.
Le Palais vue du port © O.B.
Le salon wi-fi où travaillent les journalistes © O.B.
Présentation à la salle Buñuel de "Ces filles-là" de Tahani Rached (au centre) © O.B.
Feu d'artifice sur le palais © O.B.
La salle "tous les cinémas du monde" sur le port Pantiero © O.B.
Jean-Jacques Beineix, Evelyn Valentin et Jean-Pierre Thorn posent près de l'affiche de la programmation Visions sociales © O.B.
Les femmes de la caravane entourent Jean-Pierre Thorn, réalisateur de "Allez Yallah !" © O.B.
La façade du palais 2006 © O.B.
Sous l'œil de Souleymane Cissé à gauche et d'Abderrahmane Sissako, Charles Mensah prend la parole en tant que président de la Fepaci lors du cocktail de la Francophonie © O.B.
Abdou Diouf lors du cocktail de la Francophonie © O.B.
La salle "tous les cinémas du monde" sur le port Pantiero © O.B.
Haïle Gerima présente "Moisson de 3000 ans" en compagnie du directeur de la Cinémathèque de Bologne © O.B.
Les réalisateurs tunisiens présents lors de la journée Tunisie de la programmation "tous les cinémas du monde" © O.B.
Pour la première de "Da Vinci Code", une pyramide avait été dressée le temps d'un soir pour la fête… © O.B.




De Daniel Taye Workou

Seul film africain à être sélectionné par la Quinzaine des réalisateurs au festival de Cannes 2006, où il était présenté en première mondiale, ce sympathique court métrage largement applaudi faisait événement : voir à Cannes un film éthiopien alors que cette cinématographie est pratiquement inexistante était déjà étonnant, mais en plus il signifiait une prometteuse relève qui devait combler d’aise le vétéran éthiopien Hailé Gerima (résident aux Etats-Unis depuis 1967), lequel présentait lui-même dans la section Cannes Classics son chef d’œuvre La Récolte de 3000 ans (Harvest 3000, Mirt sost shi amit), récemment restauré par la Cinémathèque de Bologne. Le…

Les images de l'article
❮
❯




De Balufu Bakupa-Kanyinda

Juju factory est une méditation selon les obsessions et le style désormais bien identifiés de Balufu Bakupa-Kanyinda : le rapport africain au pouvoir et à la création. Un écrivain fait face à son éditeur qui voudrait lui faire suivre des chemins commerciaux pour rendre compte de la réalité du quartier de Matonge, enclave congolaise en terre bruxelloise, seule cité européenne à porter un nom africain, un quartier de Kinshasa. Délibérément ancré dans la fiction (« Dans ma tête, l’imagination fait l’amour avec la réalité »), le film ose des incartades dans le reportage documentaire pour capter en écho les rapports des habitants…

De Raoul Peck

Sometimes in April se démarque nettement des autres fictions réalisées sur le génocide rwandais (100 Days, Hôtel Rwanda, Shooting Dogs) par sa volonté d’entrer dans la complexité. Les autres films basaient leur récit sur des héros ayant essayé de parer à l’horreur à la faveur de reconstitutions basées sur des « faits réels », n’entraînant le spectateur que dans le sentimentalisme de l’effroi et de la désespérance pour finalement déboucher sur une rassurante happy-end affirmant la nécessité de l’humanité. Peck, au contraire, s’inspire de la réalité pour la transposer dans les différentes strates d’un scénario construit de toutes pièces. Il n’y a…

Les images de l'article
❮
❯




Entretien d'Olivier Barlet avec Jeta Amata (Nigeria) à propos de The Amazing Grace

Festival de Cannes 2006

Jeta Amata, vous êtes un jeune réalisateur mais vous avez déjà fait beaucoup de films. Combien en avez-vous réalisé ? J’ai fait pas moins de 30 long-métrages mais toujours en vidéo. Quels ont été les thèmes principaux de vos films jusqu’à The Amazing Grace ? Ce sont les gens qui m’intéressent, ce qui les fait réagir, la façon dont ils se comportent. Alors tout ce que je fais va fouiller en profondeur leurs façons de vivre. Je ne dirais pas que je fais des films d’action ou des comédies, je suis davantage préoccupé par comment créer un personnage de telle…

De Jeta Amata

Profitant d’une équipe technique britannique, The Amazing Grace propose contrairement à la casi-totalité de la production vidéo nigériane d’où est issu son réalisateur, une image classique mais soignée et un montage maîtrisé. Tourné en 35 mm en coproduction et avec des techniciens britanniques, ce qui est exceptionnel dans un pays où ne se font que des films en vidéo pour un public local dans des quantités astronomiques (plus de 1200 longs métrages par an), le film a une ambition internationale comme en témoigne l’entretien que nous publions avec son réalisateur qui entend le faire tourner dans toute l’Afrique et au-delà.…

Les images de l'article
❮
❯




De Moussa Touré

Fidèle à sa méthode rentre-dedans, caméra face au sujet et questions indiscrètes, après avoir exploré l’intimité de lycéens français (Nanga def) et sénégalais (Nawaari), Moussa Touré profite d’un contact institutionnel en Catalogne pour s’intéresser aux Maliens qui hantent comme des ombres la jolie petite ville côtière de San Feliu, à 35 km de Barcelone. De toute évidence, l’intégration est nulle, si ce n’est dans le travail. Les deux groupes restent séparés et s’en attribuent mutuellement la responsabilité. Aucun ne chercherait le contact. Les étrangers ne partagent pas les activités des locaux (le film montre alors malicieusement une danse traditionnelle catalane…

De Teddy Matera

Dans une Afrique du Sud encore marquée par la violence de l’apartheid et atteinte au cœur par la sida, la mort rôde partout. A son départ du village pour Johannesburg, on confie au jeune Max une chèvre, mais c’est par erreur la chèvre sacrée du village. Cela lui porte chance : il a la faculté de déclencher les pleurs dans les enterrements alors qu’on ne sait plus pleurer, dans un pays où la croyance veut que si l’on ne pleure pas, le mort ne pourra accéder au monde des ancêtres. Cela remplit les poches de son oncle opportuniste qui en…

Les images de l'article
❮
❯




De Sol de Carvalho

De plus en plus de jeunes femmes doivent coucher avec leurs maîtres pour obtenir de bonnes notes. C’est pour prévenir cet état de fait que Sol de Carvalho centre son film sur la jeune Sofia, laquelle a le caractère nécessaire pour ne pas se laisser marcher sur les pieds. Dédié « à toutes les femmes mozambicaines qui continuent à sa battre malgré tout », c’est sur ce « malgré » que porte aussi ce film de sensibilisation, qui débute sur une vision sociologique de Maputo et ne se départira pas d’une visée documentaire en accord avec la tradition cinématographique mozambicaine. Sofia dénote avec sa…

Entretien d'Olivier Barlet avec Sol de Carvalho à propos de Le Jardin d'un autre homme

Sofia est un modèle de femme forte. Votre but était d’encourager une réaction générale ? Oui, bien sûr. C’est l’histoire d’une gazelle : un animal qui est mangé par les lions et les hyènes mais qui reste très résistant. Le film est construit sur le passage de la jeunesse à l’état adulte d’une jeune femme : sa force est de pouvoir encore se déterminer. Nous avons beaucoup répété durant un mois et demi et comme l’actrice est très forte elle-même, cela collait très bien. Le film démarre sur une vision plutôt sociologique de Maputo. Etait-il important de bien le situer…

Entretien d'Olivier Barlet avec Prisca Maceleney, actrice ivoirienne

Sur quels films avez-vous joué avant Caramel ? J’ai également joué avec Henri Duparc dans la série Moussa le taximan, et avais aussi un rôle dans Sida dans la cité III. J’ai commencé au théâtre avec Sidiki Bakaba dans C’est ça là même et Papa bon Dieu qu’il avait mises en scène. Je suis ensuite entrée à l’Ecole de théâtre et de danse que je finis cette année, après quatre ans d’étude, avec le diplôme supérieur d’études artistiques en théâtre, le DISEA. Comment s’est passé le tournage avec Henri Duparc. Il m’a mise en confiance et m’a décontractée. C’était notre…

Entretien d'Olivier Barlet avec Ahmed Souané, acteur ivoirien

Quels rôles avez-vous interprété avant de jouer dans Caramel d’Henri Duparc ? J’ai également joué le rôle d’un gérant de cinéma dans Roues libres, un long métrage de Sidiki Bakaba et celui d’un insouciant dans un court métrage sur le sida, Sida dans la cité. Henri Duparc m’a découvert lorsque j’ai joué dans sa série télé Moussa le taximan. J’ai également joué dans des séries télé ivoiriennes comme Ma famille, Nafi, Les Voisins. Comment cela se passe-t-il pour un acteur dans un pays torturé ? Il est vrai que c’est difficile de s’en sortir. Il est pourtant pour nous acteurs…

De Gahité Fofana

Un matin bonne heure à Conakry, deux enfants ont tenté le grand voyage comme d’autres brûlent pour traverser la Méditerranée. Ils avaient ramassé tout ce qu’ils pouvaient comme habits chauds mais ne savaient pas qu’il ferait plus que froid dans le train d’atterrissage où ils se sont cachés. Yaguine Koïta et Fodé Tounkara ont été retrouvés morts le 2 août 1999 à Bruxelles. Ils avaient laissé une lettre à l’intention « des membres et responsables d’Europe » : « Nous avons l’honorable plaisir et la grande confiance de vous écrire cette lettre pour vous parler de l’objectif de notre voyage et de la…

Le 10ème festival du cinéma africain de Khouribga (la capitale des phosphates au Maroc), qui s’est déroulé du 3 au 10 juin, tentait de renouer avec la tradition d’un festival issu du mouvement des ciné-clubs mais qui avait perdu de sa vigueur de débats et avait été très critiqué lors de sa dernière édition. Celle-ci marque incontestablement la relance d’un festival qui doit devenir annuel dès l’année prochaine.

Les images de l'article
❮
❯
Le jury : de gauche à droite Ousseynou Diop, Rokhaya Niang, le président Cheik Doukouré, Claude Haffner, Issa Serge Coelo et Olivier Barlet © O.B.
Safi Faye lors de son discours à la soirée d'hommage © O.B.
Les époux Diop aux côtés de la famille de Safi Faye © O.B.
Safi Faye et Mustapha Derkaoui lors de la soirée d'hommage qui leur était consacrée © O.B.
Le cinéaste marocain Mustapha Derkaoui, qui se remet d'une paralysie, lors de l'émouvante soirée d'hommage © O.B.
Le Centre culturel de Khouribga © O.B.
Le Centre culturel de Khouribga © O.B.
© O.B.




D'Henri Duparc

Il y a quelque chose de profondément émouvant dans le dernier film du cinéaste malheureusement disparu en 2006 : conscient de sa maladie mais sans aucunement le laisser apparaître sur le tournage, Henri Duparc a conçu Caramel comme un adieu. Il n’en a pas pour autant fait un pompeux ou prétentieux testament, bien au contraire : il se contente une fois de plus de zoomer comme dans la première image sur Abidjan, la terre d’accueil de ce métis guinéen qui y avait trouvé ancrage et succès. Soucieux de conserver un contact direct avec le public et conscient de l’évolution de…

1 … 87 88 89 90 91 … 144