Du dispositif liturgique comme forme politique

Chants rituels et danses sacrées traversent la dramaturgie de Koffi Kwahulé. Rappelant les racines d’un monde fondateur dont les éléments proviennent autant de la culture traditionnelle africaine que de la culture lettrée occidentale, ils évoquent les ressorts tragiques de notre contemporanéité : la coexistence conflictuelle d’une perte de repère anthropologique et d’une persistance identitaire. Ils instaurent une forme liturgique qui s’inscrit principalement dans une démarche politique.

Dans Village fou ou les déconnards de Koffi Kwahulé, le protagoniste, un étudiant africain faisant ces études à Paris, raconte : “Lokossué, il fallait s’y attendre, s’attaqua ensuite à la femme qui avait la tête près du bonnet. Elle se mit à trembler comme saisie de froid. La croix gammée qui lui servait de cache-sexe devint rouge de sang ; devant tout le monde, Gestapo était réglée. Des règles douloureuses. Lokossué avait frappé ! Elle entra en transe et exécuta une danse de possession pendant que le feu jaillissait du toit de la case. Le fétiche continuait à se venger ! Un vent de panique parcourut la foule. La panique passée, on s’organisa pour combattre l’incendie. Et une fois le feu vaincu, on s’aperçut que la femme venue du village-fou avait disparu. On la retrouva le lendemain matin, sur le chemin des champs. Gestapo s’était pendue à un colatier à l’aide de la croix gammée.” (1) Nombreuses sont en effet les références à la transe et aux rites de possession qui traversent les textes ...

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