Frieda Ekotto : Pour une critique endogène sur les représentations visuelles et littéraires de l’identité lesbienne africaine

Entretien de Beti Ellerson avec Frieda Ekotto

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Frieda Ekotto, camerounaise, écrivaine, professeure de littérature francophone, de littérature comparée et d’études africaines à l’Université du Michigan, vit et travaille aux États-Unis. Ses recherches et ses écrits encouragent une critique endogène de la représentation des lesbiennes dans le contexte africain. Elle parle de la représentation cinématographique et de l’identité lesbienne (ce qu’elle appelle « les femmes qui aiment les femmes ») ainsi que de son projet, Vibrancy of Silence, un essai philosophique visuel sur des lesbiennes vivant au Cameroun, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Nigeria, et au Ghana.

Frieda, vous êtes professeure de littérature francophone ; de littérature comparée et d’études africaines à l’Université du Michigan aux États-Unis et vous êtes également écrivaine. Pouvez-nous nous dire quelques mots de votre parcours, vous qui écrivez, enseignez et menez des projets de recherche au croisement de ces champs d’études ?
La question qui sous-tend tout mon travail est la suivante : comment parler de la souffrance d’autrui ? En tant qu’intellectuelle, historienne et philosophe spécialiste de la littérature et du cinéma anglophone et francophone de l’Afrique de l’Ouest et de sa diaspora aux vingtième et vingt-et-unième siècles, je porte une attention toute particulière aux questions de loi, de race, ainsi qu’aux problématiques homo-, bi-, trans-, et intersexuel-le-s (LGBTI). À ce jour, mes activités de recherche ont principalement porté sur la façon dont la loi sert à réprimer et à masquer la souffrance des individus déchus de leurs droits. Dans cet effort, mon intention a été de mettre en évidence l’indicible, afin d’engager une discussion sur la souffrance et de dénoncer cette dernière au travers de perspectives et d’intersections culturelles multiples, tout en offrant une réévaluation du statut et des moyens d’actions des dépossédés.
L’intérêt que je porte à la question de la souffrance m’a conduite à l’envisager sous diverses facettes. Dans mon premier essai, L’écriture carcérale et le discours juridique chez Jean Genet (L’Harmattan, 2001), je prête l’oreille aux rythmes et aux figures rhétoriques dans les écrits de prisonniers français, ces délinquants privés de parole par les discours institutionnels et par un climat de méfiance généralisée à l’encontre des voix « criminelles ». Dans mon récent ouvrage What Color is Black ? Race and Sex Across the French Atlantic (Lexington Press, 2010), je m’attache à montrer comment l’Atlantique francophone a façonné d’une façon qui lui est propre des notions telles la race, l’esclavage et le colonialisme sur tout le pourtour du bassin atlantique. J’étudie aussi la manière dont le monde francophone apporte des points de vue et des épistémologies largement inédits par rapport aux études qui s’en tiennent uniquement à l’Atlantique anglophone. (…)

L’intégrale de cet entretien est à lire, en partenariat avec www.africanwomenincinema.blogspot.fr, sur [le site de Beti Ellerson, en cliquant ici].

///Article N° : 11898

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Les images de l'article
Couverture de Ne Chuchote pas trop de Frieda Ekotto © L'Harmattan
© L'Harmattan




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