Normal !

De Merzak Allouache

“Je veux dire des choses mais je ne sais pas les dire. Je veux écrire mais je ne sais pas quoi écrire”. Ce jeune cinéaste face caméra avoue son impuissance. Il est à l’image du “dégoutage”, cette expression qu’utilise communément une jeunesse algérienne en plein désarroi et qui finit par dire Normal ! chaque fois qu’elle se sent coincée, comme pour éviter le débat. C’est ce débat que cherche à restaurer Merzak Allouache, lui le vieux routard d’un cinéma d’interrogation et de rupture, avec cette jeunesse “fatiguée”.

Il le fait le plus honnêtement du monde : en se remettant en cause. Les doutes qu’exprime ce cinéaste sont les siens : comment situer un geste artistique dans une société qui se replie chaque jour davantage ? Mais si Allouache ne joue pas ce rôle à l’écran, c’est qu’il situe davantage son film comme un dialogue avec la jeunesse algérienne que comme une introspection personnelle. Présent à Alger lors du Festival panafricain en 2009, il a filmé cette mascarade : les parades folkloriques pleines de vie des troupes noires africaines qui contrastent avec la régression d’un pays incapable d’aligner un semblable dynamisme tant que, indique Allouache, l’environnement de l’artiste est “l’inculture, la censure, l’autocensure et la manipulation politique”. Ce sera son sujet : un jeune dramaturge essaye de monter sa pièce intitulée Normal ! mais est confronté à la censure et à la démission de ses acteurs. Il tourne quelques scènes, e...

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