(Paris : xy)

De Zeka Laplaine

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C’est toujours d’amour qu’on est malade ! Et un encart viendra le rappeler en fin de film : l’équation des deux chromosomes xy n’a pas forcément de solution ! Max avait promis à sa femme blanche Hélène de partir en vacances en compagnie de leurs enfants. Son travail l’en empêche et ses réactions machistes n’arrangent pas les choses : elle le quitte. Le manque s’installe. Il prend conseil auprès d’un ami, d’un voyant, il résiste, il cherche. Même sa maîtresse Keba ne lui est d’aucun secours, ce qui la pousse à mettre les pieds dans le plat et à bloquer l’issue encore davantage. Max fera finalement le siège de la maison où Hélène s’est réfugiée… « Cessez d’avoir peur », crie le voyant dans la rue : déstabilisé, Max dépasse peu à peu ses craintes pour prendre lui aussi conscience de ses failles. Sa femme le force à faire le voyage qu’il refusait, celui d’une interrogation de sa virilité, celui d’une quête d’identité, d’une quête de mémoire donc, celle qui lui redonnera vie.
Journal intimiste de la crise d’un couple avec enfants, centré sur le personnage de Max (joué par Zeka Laplaine lui-même), le film est une touchante introspection, sensiblement tournée et explorant de façon nouvelle les relations hommes-femmes. Nouvelle car ce cinéma ose l’incertitude et l’improvisation pour davantage d’intériorité et de sincérité, le risque de la remise en cause personnelle, et nous dit en définitive que fi des beaux discours, c’est ainsi que l’on fera avancer les choses dans toute la société. Les images de la ville trouvent alors tout leur sens, qui inscrivent cette histoire singulière dans la vie de la cité.

Sélection ACID au festival de Cannes, 1 h 20, coul. ou noir et blanc, 35 mm, prod. Les Histoires Weba, distr. Mercure Distr., avec Sylvia Vaudano, Zeka Laplaine, Pilou Ioua, Lisa Edmonson, Anna Garfein.///Article N° : 2067

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