Cinéma/TV

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De Blaise Senghor

Touba, la ville sainte du mouridisme (confrérie religieuse au Sénégal), célèbre chaque année le « Grand Magal », manifestation de reconnaissance à l’endroit d’Allah, édictée par Cheikh Ahmadou Bamba, lequel avait, à son époque (fin 19e siècle – début 20e siècle), renoncé aux honneurs de ce bas monde, au pouvoir et à ses lustres, pour se consacrer exclusivement au service d’Allah et du Prophète Mohammed. Devant les immenses rétributions dont Allah l’a gratifié au terme de la mission, Cheikh Ahmadou Bamba entreprit d’appeler toute la communauté musulmane pour rendre grâce à Allah devant tant de mansuétude : c’est le sens du Grand…

« Chaque fois qu’un Africain arrive à faire un film, c’est une victoire ; car il n’est pas évident de mettre en place un film. Chaque metteur en scène est un solitaire qui fait le tour du monde pour trouver de quoi faire un film ». S’il faut voyager pour réunir le financement, Flora Gomes n’a pas besoin d’aller loin pour trouver ses sujets. C’est dans l’histoire de son pays, la Guinée Bissau, où il est né en 1949, qu’il puisse son inspiration. De l’histoire révolutionnaire de son pays, résultera trois brillants longs métrages : Mortu Nega (1988) évoque la libération de la…

Entretien de Catherine Ruelle avec Jo Gaye Ramaka

Comme Africultures l’a déjà rapporté (n°41) par une correspondance de Dakar, le film Karmen du Sénégalais Jo Gaye Ramaka a été interdit à l’arme blanche, par l’intervention musclée dans la salle de cinéma de Mourides outrés de voir ce film reprendre des versets de leur chef spirituel Cheikh Ahmadou Bamba alors même qu’il comporte des scènes osées.

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Karmen © Euripide
Karmen © Euripide




De Flora Gomes

Dans le village d’Amanda Lundju, une tradition veut qu’à chaque naissance, on y plante un arbre Ces arbres grandissent avec l’enfant, le dépassent, lui survivent et deviennent l’âme des villageois. Quand Dou le nomade, qui est le jumeau de Hami, revient de la savane, son frère vient de mourir. De quoi est mort Hami ? Quel mal ronge Amanda Lundju ? Quand les forestiers de la grande ville arrivent au village pour convoiter la forêt, tout bascule. Colacalado, le vieux sorcier sur qui pèse la responsabilité spirituelle de la communauté, ordonne l’exode, confie la mission à Dou et demande à…

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Po di Sangui © A. Bailhache




De Roger Gnoan M'Bala

Dénoncer les dérives du christianisme

Les films qui attaquent de front la religion et surtout l’usage qu’on en fait pour imposer son pouvoir, semblent relativement peu nombreux en regard de la production africaine. Au nom du Christ de Roger Gnoan M’Bala (Côte d’Ivoire, 1993) se distingue en faisant de ce thème le sujet central d’une fiction spectaculaire.

Entretien de Guy Hennebelle avec Ababacar Samb-Makharam

Lettres françaises, 1971

Grand classique des cinémas d’Afrique, film magnifique, Kodou pose la question du rapport à sa propre culture en matière thérapeutique.

Entretien de Michel Amarger avec Roger Gnoan M'Bala

Construire une fiction sur un thème fort Comment caractériser l’histoire de Au nom du Christ ? C’est une histoire douloureuse. Je pense que c’est un film d’actualité. Le thème est universel parce que la prolifération des sectes, des individus illuminés, mégalomanes, des fous qui se prennent pour des dieux, des demi-dieux, des quart-dieux, ça continue. Ce sont des gens qui vivent dans leur environnement et qui trompent tout le monde pour faire grandir leur puissance. L’histoire du film peut se résumer en trois mots : tromperie, mégalomanie, escroquerie. Vous composez le portrait de quelqu’un qui, au départ, est un peu marginalisé par…

« Ababacar Samb est quelqu’un qui a tout le temps été habité par une très grande spiritualité. C’est l’un des cinéaste que j’admire le plus ici au Sénégal et qui a toujours été à la quête de l’homme. Tout son cinéma a été concrètement cela. Dans « Et la neige n’était plus », il posait toute la problématique du retour, mais pas d’un simple retour physique, du retour spirituel. Comment gérer de nouvelles valeurs, de nouvelles croyances, par rapport à celles qui sont toujours en cours dans le terroir ? Quand on prend à l’autre bout son dernier film Jom, qui veut dire…

De Roger Gnoan M'Bala

Une croisade contre les faux prophètes :

Etalon de Yennenga (grand prix) au Fespaco en 1993, Au nom du Christ se situe à Bali-Ahuekro, un petit village de Côte d Ivoire, où les hommes se côtoient dans la promiscuité et la misère. Gnamien Ato, un pauvre porcher, y est méprisé par tous et cherche l’oubli dans l’alcool. Le jour où, ivre comme toujours, il manque de se noyer, il a subitement une apparition : celle d’un « enfant dieu » qui lui confie la mission de redresser les torts et les égarements de l’Eglise. Voilà notre homme devenu le prophète Magloire 1er, messager de Dieu et cousin du Christ. De…

De Ababacar Samb-Makharam

Kodou, une jeune fille, décide de se faire tatouer les lèvres pour être comme ses amies. Mais le jour de l’épreuve, mal préparée, elle s’enfuit avant la fin de la cérémonie. Elle offusque ainsi les traditions séculaires du village, qui interdisent formellement aux femmes de quitter la cérémonie avant la fin. Dès lors la jeune fille est mise à l’écart de la communauté. Très affectée par ce rejet, Kodou va sombrer dans une folie violente qui la conduira dans un hôpital psychiatrique dirigé par des Européens. C’est un échec total. Finalement, Kodou sera soumise à une séance d’exorcisme traditionnel, le…

Chaque année, l’Association Racines présente une autre image de l’Afrique. En 2002, « l’Afrique et ses religions, regards de cinéastes » est une programmation itinérante, présentée à Paris et en Ile de France, mais aussi dans le cadre de Périplans à Lille, Douai, Dunkerque et dans le cadre du festival Black Movie à Genève, en partenariat avec Africultures. L’enjeu ? Mieux comprendre l’Islam et les religions telles qu’elles sont vécues et pratiquées en Afrique et dans les communautés immigrées en Europe. L’occasion de montrer, aussi, un autre visage de l’Islam : l’Islam noir. Islam, croyances et négritude L’actualité (11 septembre, guerre en Afghanistan)…

De Roger Gnoan M'Bala

Sandkadjokro est un paisible village de Côte d’Ivoire dirigé par un prêtre catholique et dont les habitants sont partagés entre le christianisme et le fétichisme. Bouka, un jeune garçon, est surdoué, tant à l’école que dans la vie. Il voit sa vie bouleversée par la mort « surnaturelle » de son père Assouan, un planteur respecté de tous. Sa mère, la belle Akouba, est obligée, comme le veut la tradition akan, de se remarier avec Amontchi, le neveu du défunt, qui n’est autre que l’assassin d’Assouan dont il a emprisonné et enterré l’âme sous un arbre. Dès lors, le jeune enfant sombre…

Entretien de Catherine Ruelle avec Jo Gaye Ramaka

Dans des courts métrages comme « Ainsi soit-il » ou dans les longs métrages comme « Nitt… Ndoxx ! Les faiseurs de pluie », vous avez exploré la spiritualité sénégalaise. Oui, c’est vrai que c’est quelque chose qui vient de loin. J’ai grandi dans une famille à une sorte de carrefour spirituel. J’ai un grand père que j’adorais qui jusqu’à la fin de sa vie est resté animiste. Mon père, qui est pourtant musulman, a voulu que les enfants suivent la religion de la mère, c’est quelque chose d’extrêmement rare. Et puis j’ai toujours constaté autour de moi que quand il y avait un…

Racines Noires, Rencontres des Cinémas du Monde Noir 2002 : Islam, croyances et négritude

Sa andi a anda a anda, si tu sais que tu ne sais pas, tu sauras Sa anda a anda a andata, si tu ne sais pas que tu ne sais pas, tu ne sauras rien ! Amadou Hampâté BâL’Association Racines, présidée par Catherine Ruelle, productrice de l’Actualité du cinéma sur RFI, est née en 1984, autour des idées de partage, de transmission, de devoir de mémoire aussi. C’est le sens de notre démarche, assurer la sauvegarde, la transmission et la diffusion du patrimoine artistique du Monde Noir. C’est ce qui nous pousse année après année, à remettre nos pas dans…

De Jean-Michel Tchissoukou

Nous sommes dans les années 30 et la colonisation a conquis tout le territoire et s’est installée en maître avec son administration et sa police. Dans un village à 30 km du chef lieu de la région naît une rivalité de pouvoir et d’influence entre le missionnaire, le sorcier guérisseur, symbole de l’attachement à la personnalité africaine et l’instituteur, ce dernier étant au service de la mission. Choc du christianisme et des religions traditionnelles. La mission catholique a installé une école et demande à la population de bâtir une chapelle. Les travaux traînent, ce qui exaspère le curé qui s’appuie…

De Oumarou Ganda

Troisième film du réalisateur nigérien Oumarou Ganda, Saïtane – qui signifie Satan en français – est l’histoire d’un jeune couple dont la femme se laisse séduire par un riche commerçant. Ses amours clandestines seront organisés par un marabout qui la conduit sur un mauvais chemin. Brouille dans le ménage. Le père de la jeune femme veut reprendre sa fille et son petit-fils mais le mari s’y oppose car les considérant comme sa propriété. Quant au marabout, il sera puni, ridiculisé et perdra son influence sur le village. Il ne trouvera de remède à sa déconfiture que dans le suicide. Oumarou…

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Oumarou Ganda sur le tournage de Saïtane © DR




Entretien d'Olivier Barlet avec Jean Rouch

Il y a aux Rencontres cinéma de Manosque (Alpes de Haute Provence, France) quelque chose d’essentiel : la convivialité. Ni parisianisme, ni superficialité et surtout pas une opération de promotion de la ville. Pascal Privet et son équipe proposent chaque année aux Manosquains une programmation exigeante et magnifique. Résultat : un public fidèle et nombreux, malgré le soleil de Provence à l’extérieur. L’Afrique y est souvent plus que présente. Jean Rouch y est aussi très fidèle, présentant chaque année quelques uns de ses films méconnus. A regarder en ce mois de janvier 2002 VVVoyou, hilarante publicité de 1973 où le…

De Mostéfa Djadjam

Six hommes et une femme, des Africains de diverses origines, candidats à l’émigration pour l’Europe, partagent la même galère : aléas d’un voyage en clandestins, jouets de passeurs imprévisibles, victimes d’arnaques. Leur lien : leur détermination à passer coûte que coûte les 14 km qui séparent l’Afrique de l’Espagne. Il leur faudra traverser le désert mauritanien, effleurer l’Algérie, parcourir le Maroc pour finalement buter à Tanger, route obligée des clandestins. D’abord solidaires, leurs liens se distendent, ballotés et manipulés qu’ils sont dans ce parcours infernal où se révèlent les bassesses et les compromissions. Chacun est typé : l’instit, le marin,…

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De Mansour Sora Wade

Mansour Sora Wade a choisi pour son premier long métrage d’adapter librement le roman éponyme de Mbissane Ngom (ed. NEAS), d’origine Lebu comme lui. La mer est omniprésente dans cette histoire dramatique où Yatma (Hubert Koundé, doublé en wolof) tue son meilleur ami Mbanick qui était en train de lui ravir à la fois la gloire locale et la belle Maxoye. Si elle accepte quand même de l’épouser, c’est pour lui faire élever l’enfant qu’elle porte de Mbanick : ce sera le prix du pardon. Construit sur le récit d’un griot, traversé d’amour, de jalousie, de meurtre, de souffrance et de…

De Ernest Dickerson

On reste sur sa faim

Prenez une star de la Blaxploitation, ou plutôt LA star, Pam Grier, dont la popularité mythique devrait remplir les salles, confiez la réalisation à Ernest Dickerson qui se trouve être un des chefs opérateurs les plus talentueux d’Hollywood (il a signé la photo des cinq premiers films de Spike Lee); ajoutez Snoop Doggy Dogg dans le rôle principal, ce qui ne va sans doute pas permettre une nomination aux oscars mais devrait assurer une bande originale hautement vendable, assaisonnez d’une histoire de jeunes blacks qui cherchent à s’en sortir par le travail et la persévérance, ajoutez une pincée d’effets spéciaux…

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