Cinéma/TV

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De Jean-Claude Hellequin et Fréjus Anagonou

Installée en plein centre du marché de Dantokpa à Cotonou, une radio privée est devenue en un an un véritable phénomène social, la voix des sans voix. L’entrée est une vraie cour des miracles : chacun vient y exposer son problème pour appeler l’audience à le résoudre ou à la solidarité. Le succès auprès des auditeurs est énorme, qui réagissent aux cas très concrets proposés par la radio. On voit ainsi tout le monde se passionner pour le cas du jeune Pacôme, un enfant exploité et battu par la famille de son père, et se mobiliser pour y trouver une…

De François L. Woukoache

En alignant en flashs les images colportées par les média et les bandes-dessinées, Woukoache poursuit ici sa réflexion sur les conséquences et la violence des modèles machistes amorcée dans La Fumée dans les yeux. Construit en trois parties et tourné avec un budget réduit, le film fait penser à l’époque du cinéma direct mais joue à fond la carte de la fiction. Il va jusqu’à orchestrer la vengeance d’une femme contre un commissaire qui avait tué son père lorsque celui-ci s’interposait alors qu’il cherchait à forcer sa mère. Utilisant ses charmes pour l’amadouer, elle l’assassine et l’émascule, déclarant le lendemain…

Entretien d'Olivier Barlet avec Newton Aduaka

Cannes, mai 2001

D’origine nigériane, Newton Aduaka a reçu le grand prix du court métrage au Fespaco de 1999 pour On the Edge et le prix Oumarou Ganda de la première œuvre pour Rage à celui de 2001.

Entretien d'Olivier Barlet avec Mama Keïta

Genève, 1999

Auteur d’un premier long-métrage, d’abord présenté au Fespaco sous le titre Choisis-toi un ami et finalement intitulé Le 11ème commandement, Mama Keïta tourne en Guinée Le Fleuve comme une fracture que son ami David Achkar devait réaliser s’il n’était pas décédé juste avant le début du tournage. Il lui a consacré un court-métrage hommage : David Achkar, une étoile filante.

De Newton I Aduaka

Aduaka film avec ses tripes. C’était la qualité de son court métrage primé au dernier Fespaco, On the Edge, et c’est celle de ce premier long métrage qui campe à la manière de La Haine trois jeunes, un Noir, un Métis et un Blanc, dans le Londres d’aujourd’hui entre Hampstead et Peckham. Centré sur le personnage du Métis, surnommé Rage, violemment déchiré entre ses deux cultures, le film se différencie de La Haine par sa volonté introspective : « Quand un homme en arrive aux injures, c’est qu’il a du mal à s’exprimer » dira le vieux rasta au jeune enragé rappeur.…

De Mama Keïta

Un jeune métis s’entête à poursuivre Mario qui sort de prison et ne veut pas entendre parler de lui. Un puzzle relationnel à la Rivette se met en place, qui ne s’éclaircira qu’en fin de film, le montage jonglant à plaisir avec les questions de filiation, de relation, de mémoire et de fidélité. Mais pas d’origines, car si elles sont diverses, les relations entre les personnages ne sont pas une question de couleur de peau. Une amitié fraternelle unissait Mouss et Mario, le Noir et le Blanc, nés le même jour à la fin des années 50 et élevés comme…

Entretien d'Olivier Barlet avec Mahamat Saleh Haroun

Cannes, mai 2001

Nous avons publié une critique de Bye Bye Africa dans Africultures 19 de juin 1999. La sortie française du film, maintenant annoncée pour le printemps 2002, est sans cesse repoussée. Pourtant, ce film est important : il est un véritable manifeste d’une nouvelle manière de faire du cinéma en Afrique.

De John Riber

Dans le film du Zimbabwéen John Riber présenté au Fespaco 2001, un jeune footballer prodige, Tiyane, fait un enfant à Linda avant de se retourner vers Juliet qui a du mal à comprendre qu’il lui ait caché cela. Appel à la responsabilité des adolescents, le film se veut éducatif et efficace. Est-ce en prenant ainsi souvent des allures de clip qu’il y parvient ? Les jeunes y trouvent leur compte, les cinéphiles un peu moins.

Entretien d'Olivier Barlet avec Zeka Laplaine

Cannes, mai 2001

Dans (Paris : xy), son deuxième long métrage après Macadam Tribu, Zeka Laplaine aborde l’intimité d’un couple en utilisant l’improvisation et le tournage en petite caméra numérique.

Il est rageant pour les guichets du cinéma africain (Union européenne, Agence de la Francophonie, ministères français de la Culture et des Affaires étrangères, fondations diverses…) que des films si chers à produire soient aussi peu vus, non seulement en Europe mais aussi par leur public « naturel », en Afrique. Nous avons publié en son temps les interviews des principaux responsables (Francophonie : Africultures 21, ministère des Affaires étrangères : Afr. 24, Union européenne : Afr. 27). Différentes actions sont menées pour soutenir la distribution du film africain en Afrique, sachant c’est depuis 30 ans une vieille histoire tumultueuse à lire…

De Zeka Laplaine

C’est toujours d’amour qu’on est malade ! Et un encart viendra le rappeler en fin de film : l’équation des deux chromosomes xy n’a pas forcément de solution ! Max avait promis à sa femme blanche Hélène de partir en vacances en compagnie de leurs enfants. Son travail l’en empêche et ses réactions machistes n’arrangent pas les choses : elle le quitte. Le manque s’installe. Il prend conseil auprès d’un ami, d’un voyant, il résiste, il cherche. Même sa maîtresse Keba ne lui est d’aucun secours, ce qui la pousse à mettre les pieds dans le plat et à bloquer…

Entre 1996 et 1999, ne sont sortis en France que dix films « africains ». Même des Etalon de Yennenga du Fespaco, équivalents pour l’Afrique de la Palme d’or de Cannes, ne trouvent pas de distributeur français ou ont des sorties confidentielles ! Selon les chiffres du Centre national de la cinématographie (CNC), la France ne s’ouvre que bien peu aux films du Sud. Sur 525 films sortis sur les écrans français en 1999, 209 sont français, 179 sont américains. Sur les 137 films restants, les anglais occupent avec 28 films 6 % du total, puis viennent avec moins de 3%, les…

Entretien d'Olivier Barlet avec Balufu Bakupa-Kanyinda

Berlin, février 2000

Originaire du Congo-Kinshasa, Balufu Bakupa-Kanyinda a triomphé au Fespaco de 1997 avec Le Damier, fable acerbe sur le pouvoir dictatorial. Il a en outre réalisé des documentaires comme Dix mille ans de cinéma (1991), Thomas Sankara (1991) et des courts métrages de fiction : Article 15bis et Watt (1999).

D'Henri-Joseph Kumba Bididi

Un candidat aux élections ne peut s’empêcher de courir les jupons, mettant en rage son conseiller français en communication, baissant dans les sondages, faisant la gorge chaude de ses adversaires, provoquant la trahison de sa fille et la révolte de sa femme qui, avec l’aide d’une marabout, le rend impuissant. Bien enlevée et d’un rythme soutenu, la comédie fonctionne et le rire se fait gras pour faire rire la salle : « je gagnerai l’érection… heu, l’élection » ! Les candidats portent des surnoms évocateurs, éléphant ou dinosaure, et sont tous exécrables tandis qu’une séduisante jeune femme se vend au plus offrant, déclarant à…

Entretien d'Olivier Barlet avec Gahité Fofana

Ouagadougou, mars 2001

Gahité Fofana (Guinée/France) a commencé par des documentaires : Tanun, sur son grand-père en Guinée, Temedy, sur une sidéenne, Mathias, sur le procès des gangs à Conakry. Au Fespaco 2001, il présentait son premier long métrage, Immatriculation temporaire.

Entretien d'Olivier Barlet avec Henri-Joseph Kumba Bididi

Ouagadougou, Fespaco 2001

On assiste à l’émergence d’un nouveau cinéma gabonais après 22 ans sans long métrage. Qu’est-ce qui a permis ce renouveau ? Ce renouveau du cinéma au Gabon s’est enclenché depuis à peu près dix ans. Tel que se structure le cinéma en Afrique, il ne reçoit guère d’aides de financeurs privés. Dans tous nos pays, nous avons besoin du soutien de l’Etat. Au niveau du Centre national du cinéma gabonais, le directeur général Charles Mensah essaie de jongler avec son budget entre les longs métrages et la télévision. Entre deux longs métrages, on produit des séries télévisées, feuilletons, documentaires. Ces actions…

De Gahité Fofana

Son père s’appelle Camara Laye et ce n’est pas un hasard : les images d’Epinal de l’Afrique s’envoleront bien vite lorsque ce jeune métis français déboule en Guinée-Conakry pour y retrouver son père. L’amère rencontre se fera après une mystérieuse attente dont on se dit qu’elle doit être protection, initiation à la violence des rapports en situation de pauvreté. Immatriculation temporaire, magnifique essai, est ainsi essentiellement un regard : la ville et ceux qui la peuplent sont l’objet d’une rencontre, celle d’un homme silencieux mais déterminé et de ceux qui l’accueillent, milieu trouble, royaume des combines et des boites de…

De Albert et Allen Hugues

Les frères Hugues ont eu bien des difficultés à faire produire ce sujet pourtant bien hollywoodien : les activités sordides du serial killer le plus célèbre de tous les temps : Jack l’Eventreur. C’est un projet qu’ils avaient en tête depuis la sortie de Dead Presidents (1995) Dans l’attente d’un financement, les deux frères avaient réalisé un documentaire, American Pimp (2000), qui porte un regard compatissant sur la prostitution féminine. Se déroulant à Londres au début du siècle, From Hell semble à première vue se démarquer de leurs précédents travaux. Leur premier film, le célèbre Menace II Society (1993), retraçait l’ascension et…

D'Issa Serge Coelo

Daresalam veut dire la maison de la paix – et c’est bien de paix que parle ce film de guerre, d’une énorme aspiration à la paix. Les paysans qui se rebellent contre la brutalité d’un régime qui les exploite n’ont que cette idée en tête et la révolution n’est dès lors qu’un moindre mal. Djimi et Koni, deux amis, sont entraînés dans le cycle de la violence. Ils savent s’engager, affronter les défis, croire en des idéaux, progresser, comprendre, mais leurs choix finiront par les opposer. A aucun moment, Coelo ne juge l’un ou l’autre ; jamais il ne s’engage sur…

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