Musique

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Afrobeat version 90’s, techno didadi ou encore… caribbean R&B, le son afro serait-il en France en train de muer? Possible. Car les portes du son expérimental et avant-gardiste secouent lentement mais sûrement la diaspora.

De Senge

Le disque du mois

« J’en suis convaincu, même loin d’elle, tu ne peux pas l’oublier. » Elle, c’est Madagascar, la Grande Ile. Et ceux qui la chantent ainsi, ce sont les membres du groupe Senge. Cela n’a rien d’un hasard, car en malgache, senge signifie fierté. Mais Senge, c’est aussi le surnom de Sengomana qui en 1996 fonda ce petit ensemble polyphonique issu de l’Androy, région aride et épineuse de l’extrême sud de l’île et dont les habitants, les Androy, subissent encore les préjugés et l’incompréhension réservés aux peuples en voie de disparition. C’est en s’inspirant du beko, un style de polyphonies vocales sacrées chanté…

Entretien de V. Thf. et Olivier Barlet avec UMAR CVM

Ce jeune groupe de rap de Yaoundé figure aujourd’hui parmi les leaders d’un mouvement musical qui depuis dix ans s’est fortement développé au Cameroun. Premier groupe à avoir organisé un concert de rap, enregistré une maquette en studio, UMAR CVM faisait la première partie de Positive Black Soul en juin 97, lors de leur tournée ou Cameroun. Les pionniers du hiphop camerounais ont également été les premiers à venir se produire en France, à Marseille, dans le cadre du Festival « Au Sud du Sud » (4 décembre 98).

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Umar CVM © DR




Entretien de Soeuf Elbadawi avec Wasis Diop

De Wasis Diop, on retient surtout la modestie d’un habile créateur qui sait construire une musique subtile et riche de rencontres. On le savait fidèle à une certaine éthique professionnelle, située loin du mercantilisme abrutissant et exotisant de la world music ambiante. Mais on connaissait moins sa définition du rôle de l’artiste dans un univers où la notion d’engagement intellectuel dérange plus qu’elle n’interpelle. A l’occasion de la sortie de son troisième album,  » Toxu  » (Mercury/Polygram), un concentré d’activisme salvateur en temps de crise, le fils lebu (1) du Sénégal a bien voulu répondre à quelques unes de nos questions.

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Wasis Diop © DR




De Wasis Diop

Un album-livre pour dire le monde !

Il existe des albums qui vous évitent le quotidien avec son flot d’angoisses et ses courts moments de bonheur. Des albums qui vous vendent du rêve virtuel, à défaut de pouvoir façonner un monde réel à 100% positif. Des albums en somme qui refusent de nous prendre la tête avec des interrogations sur le devenir de la planète dans une époque où la décomposition semble courir après chaque chose et derrière chaque être. Et puis il y a des albums qui font l’inverse. Qui se veulent utiles par rapport à la société dans laquelle nous vivons. Ce type d’album ou…

Coïncidence ou signe des temps ? L’actualité musicale a été, à la fin de l’année, marquée par l’arrivée sur le marché d’un rap « made in Cameroun » : avec la sortie, au Cameroun, de la première compilation rap 100% camerounais et celle, en France, du premier CD du groupe UMAR CVM. Après les Sénégalais ou les Ivoiriens, les rappers camerounais sauront-ils se faire une place sur la scène rap internationale ?

Entretien d'Olivier Barlet avec Stowell Dipakwet, de Jah Observers Productions, Libreville

Libreville, novembre 1998

Exemple des difficultés rencontrées par la production musicale dans de nombreux pays africains, entretien avec Stowell Dipakwet, manager à Libreville de groupes gabonais et notamment des rappers Siya Po’ossi X (sur lesquels nous reviendrons dans notre dossier sur le rap).

Entretien de Soeuf Elbadawi avec Souleymane Mzé Cheik (Comores)

Aux Comores, être artiste fait sourire. Il fut un temps où l’homme de musique répondait à des fonctions d’ordre plutôt social. Il avait sa place au sein de la communauté mais vivait d’un tout autre travail. La pêche, l’agriculture ou encore la rente pour certains… Parfois, il arrivait qu’un compositeur se mette au service du prince. Cela lui assurait la protection, le boire et le manger. Mais jamais la fortune tel qu’on l’imagine aujourd’hui. Nombre de jeunes comoriens tentent actuellement de rendre à la musique ses lettres de noblesse mais peu d’entre eux en vivent. Etat des lieux en compagnie…

Regards croisés

Produire ou se produire en Afrique est difficile, si bien que des vagues entières de jeunes talents, partant du continent et armés de tous les espoirs, se laissent aspirer par les vents de l’immigration chaque année vers les capitales européennes. De galère en galère…

Au nom du droit

 » L’Afrique se fait mal à elle-même à cause du piratage. Mes albums sont piratés et vendus, sans que je le sache. C’est contre nous qu’on le fait. Je n’en veux pas à ceux qui le font. Pour eux, c’est un moyen de gagner de l’argent. Mais j’en veux aux autorités qui laissent faire. J’en veux aux gens qui les laissent pirater, qui leur donnent le droit de pirater. C’est là où il y a la responsabilité. Il n’y a pas de volonté politique. Et dans la mesure où ça ne repose sur aucune volonté politique et sur aucune organisation, on…

De Cheb Aïssa

Le raï a fini de faire son trou sous le soleil des musiques du monde, aime-t-on à le répéter. Venue de l’autre côté de la Méditerranée, de la rive Maghreb pour être exact, il est désormais reconnu comme étant l’une des vagues musicales ayant déferlé sur la France avec une force et un feeling surprenants durant ces vingt dernières années. Seulement, comme toute les musiques populaires, il lui arrive de ne plus savoir se renouveler, à moins de se faire violence et de pratiquer l’ouverture, non pas à outrance mais à doses réfléchies. Contre vents et marées, certains ténors du…

De Chebli

Evasion Records/Média 7

Ville refuge, ville aux multiples rencontres, Marseille est aussi la capitale française des Comores. La légende affirme qu’il y aurait plus de Comoriens dans la cité phocéenne qu’à Moroni. Toujours est-il que la destinée de trois ou quatre générations de Comoriens y séjournent depuis plus d’une trentaine d’années. Ils sont venus s’y installer par petites vagues, sans aucune envie de déclencher la houle. Sauf lorsqu’un des leurs se distingue. Parmi ceux qui sont arrivés il y a quinze ans, se trouvait un jeunot, Chebli, venu continuer ses études en France. Il y fera son secondaire. Après quoi… tout se met…

Entretien d'Ayoko Mensah avec Femi Kuti

A 36 ans, le fils ainé de Fela vient de lancer un mouvement politique et de sortir son deuxième album, Shoki Shoki (Barclay/Polygram). Un an et demi après la mort du héros légendaire de l’afrobeat, Femi Kuti tente de s’imposer sur la scène internationale comme son plus digne héritier. Il se dit prêt à marcher sur les pas de celui qu’on surnommait le Black President.

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Femi Kuti © Thomas Dorn
Femi Kuti © Thomas Dorn




Lors du premier festival international de la culture gnawa d’Essaouira (juin 1998), un hommage a été rendu au regretté Hajjoub Goubani, un des anciens maîtres gnawa d’Essaouira : une lila de derdeba animée par l’un derniers anciens maâlem de cette génération, Boubker Guinéa, en présence du jeune maâlem Allal, fils aîné des Goubani.

Entretien de Fayçal Chehat avec Amazigh Kateb (Gnawa Diffusion)

Amazigh est bien le digne fils de son père, Kateb Yacine, le plus grand écrivain algérien disparu en 1989. Musicien de talent à la tête de « Gnawa Diffusion » un groupe qui a le vent en poupe et qui effectue un travail de fond sur le plan musical, Amazigh est aussi un homme de verbe, à l’engagement clair et fort. Il est installé à Grenoble d’où il sillonne la France et l’Europe avec ses compagnons. L’africanité du Maghreb est un sujet qui lui tient à cœur.

Amina revient. Après une disparition (voulue) de plusieurs années, la chanteuse d’origine tunisienne revient avec un magnifique album réalisé en Angleterre (Mercury-Polygram) qui portera sans doute le titre « Annabi » et dont la sortie est prévue pour début janvier 99. Amina, généralement avare d’interviews, a accepté de répondre à nos questions.

De Swede Lokole

Le dernier pari du sublime compositeur et pianiste congolo-zaïrois Ray Lema. Un rêve éveillé pour une ballade en eaux calmes avec un orchestre de musique de chambre… Après un retour sur lui-même, subtilement signalé par deux excellents albums solo d’une sincérité et d’une pureté étourdissantes, l’alchimiste du son revient à ses amours passionnels: l’échange expérimental, légèrement sous-tendu par la quête d’une musique la plus parfaite possible, qui annoncerait l’arrivée du troisième millénaire. Autrement dit, l’un des artistes africains les plus ouverts, sinon le plus éclectique, s’élance à nouveau dans la prise de risque maximum, en dehors de son univers prétendu…

De Bako Dagno

Si les barons cachés de la scène musicale kinoise n’avaient pas eu la mauvaise idée au début des années 70 de le traiter de  » mercenaire « , parce qu’il avait osé collaborer avec son Excellence Franco L. Makiadi, à un moment où il devait -semble-t-il- totale allégeance au Seigneur Tabu Ley, si ce n’est le contraire, Sam Mangwana n’aurait certainement jamais cessé de tenir les rôles de second capitaine. Il aurait probablement continué à servir la musique des autres ténors de la rumba congolaise, avec toujours autant de plaisir et en allant jusqu’à s’oublier lui-même. Le destin, heureusement, et malgré ce nom…

De Binta Laly Sow

Considéré depuis des temps immémoriaux comme le château d’eau de l’Afrique de l’Ouest, le Fouta Djalon est à l’heure actuelle le creuset de la nouvelle musique en Guinée. Suite à l’essoufflement du genre mandingue devenu, pour cause d’hyper-production, marchandise de super-marché, des producteurs sans scrupules avaient essayé la relance sur les ailes – au début rentables d’un point de vue commercial – d’un style hybride mélangeant voix à la couleur locale et arrangements instrumentaux à la congolaise. Résultat : la fierté nationale en souffrait tout comme la réputation musicale d’un pays que ses célèbres Ballets avaient propulsé sur la scène mondiale.…

Les textes des chansons africaines sont-ils satire critique ou simple chronique ? Exploration à l’exemple de la musique qui a su s’imposer à toute l’Afrique, la rumba congolaise.

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