#10 La présence d’Amílcar Cabral dans le rap du Cap-Vert et de Guinée-Bissau

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Fenêtre n°10.Guinée-Bissau : société et scène artistique durant 40 ans d'indépendance
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La Guinée-Bissau est le seul des cinq Pays Africains de Langue Officielle Portugaise à avoir obtenu son indépendance avant 1975 : elle a proclamé son indépendance le 24 septembre 1973. Cette indépendance a été reconnue par ONU en novembre 1973, puis par le Portugal seulement un an plus tard le 10 septembre 1974. Elle a connu un destin commun avec le Cap-Vert, dans une lutte commune avec le PAIGC (Parti Africain pour l’Indépendance de la Guinée et du Cap-Vert) fondé par Amilcar Cabral, lui-même cap-verdien ayant grandi en Guinée-Bissau, jusqu’à la fin du projet binational en 1980.

Cet article analyse la manière dont les jeunes guinéens et cap-verdiens ont fait revivre, à travers le rap, dans la nouvelle conjoncture des deux pays, le discours panafricaniste et nationaliste d’Amílcar Cabral, en mettant en avant le risque de blanchissement de la mémoire collective, la supposée trahison de ses idéaux par les dirigeants politiques actuels, la nécessité de le rappeler comme guide du peuple, et en le représentant comme un MC, messager de la vérité.

Dans les années 1990,avec la vague de démocratisation en Guinée-Bissau et au Cap-Vert, le PAIGC comme le PAICV, partis qui se présentaient comme  » force, lumière et guide du peuple  » perdent ce statut, et leur emprise sur les organisations de jeunes communistes se disloque. Les jeunes doivent donc se réinventer d’autres formes de sociabilité entre eux, dans un contexte marqué par la mondialisation et l’influence afro-américaine, dans laquelle la culture hip-hop, à travers son élément oral, le rap, apparaît comme véhicule de liberté d’expression et de protestation dans les groupes urbains en situation de grande précarité.

« Cabral ca mori »
En Guinée-Bissau et au Cap-Vert, le slogan  » Cabral ka muri  » ou  » Cabral ca mori « , qui veut dire  » Cabral n’est pas mort  » est encore entendu souvent. Cabral n’est en tous cas pas mort dans le rap des deux pays, et sa figure apparaît dans quatre cadres :
1. Préoccupation de maintenir Cabral comme référence face au risque de  » blanchiment  » de la mémoire historique collective ;
2. Critique des  » camarades  » de Cabral et actuels politiciens ;
3. Utilisation de la figure de Cabral comme  » guide  » et porteur d’espoir ;
4. Utilisation directe des discours de Cabral dans les textes des rappeurs.

Cabral face au risque de blanchiment de la mémoire collective
« Peu à peu les gens oublient / tu meurs doucement dans la mémoire de notre peuple / les jeunes générations doutent de ton histoire / ton image a déjà disparu des manuels scolaires / ils t’ont retiré des billets de banque / (…) tu as laissé des poèmes pour nos enfants qui sont les fleurs de la révolution et de l’espérance / mais même ainsi on ne sent plus ta présence / les enfants naissent et ne connaissent pas l’histoire de leurs héros / quelqu’un qui a donné sa vie pour la libération de son peuple s’en est allé / ils l’ont changé pour des héros virtuels / homme-araignée, super-homme ». (1) (Pomba Preto, Abel Djassi, 2010 – Cap-Vert)

Cabral est ici le symbole de la mémoire disparue, du passé national héroïque tendant à être remplacé par des figures occidentales et fictionnelles, des figures  » blanches  » n’ayant aucun lien avec l’histoire du pays. Dans l’extrait suivant Cabral est cette mis en  » concurrence  » avec une autre figure blanche, réelle et historique cette fois, celle du colonisateur, dont l’ascendant symbolique vient de ce qu’il est tourné vers le lieu du pouvoir, alors que Cabral est lui tourné vers le cimetière, soit vers le passé, ici oublié :
(…) Je ne veux pas voir la statue de Cabral le visage tourné vers le cimetière / Et celle de Diogo Gomes (2) tournée vers le palais du gouvernement / Fini les schémas des Portugais »(3)
(Nax Beat, Odja Oby Ntedy Dypoz Fala – vyzon krytyku, 2009 – Cap-Vert)

En même temps que les textes dénoncent le  » blanchiment  » de l’histoire dans les espaces institutionnels, ils proclament que les jeunes des quartiers assument, eux, la continuité de la mémoire de Cabral :
« Cabral est mort pour nous et maintenant on ne veut plus se souvenir de lui / Tu es la partie la plus importante de notre histoire et on ne la laisse pas (…) Ne t’inquiète pas ta lutte continue / Tu es mort au Parlement mais tu vis dans nos rues ». (4)
(Kaya, LBC Minao Soldjah et Chullage, Amílcar Cabral, 2010 – Cap-Vert)

De manière générale, la préoccupation de maintenir Cabral dans les mémoires est plus présente dans les textes des rappeurs cap-verdiens que dans ceux de leurs homologues guinéens. Cela peut s’expliquer par le fait que la lutte pour l’indépendance des deux pays n’a pas eu lieu sur le territoire cap-verdien, mais seulement en Guinée. Ce qui induit que la figure de Cabral a toujours été plus spirituelle que physique au Cap-Vert, étant ainsi plus facile à conserver dans les mémoires. Cela peut aussi s’expliquer par le refus, de la part des Guinéens, de la main-mise du Cap-Vert sur la Guinée-Bissau, amenée à l’époque par le projet bi-national dans lequel l’élite cap-verdienne était plus impliquée.

Cabral face à la corruption de ses anciens  » camarades  » politiques
La critique de la conduite des anciens camarades de Cabral, encore au pouvoir dans les deux pays, et la dénonciation de la trahison de Cabral, sont la thématique que l’ont retrouve le plus souvent dans les textes des rappeurs des deux pays, comme dans ceux de la diaspora. La trahison revient sous plusieurs formes.

Trahison au moment de son assassinat :
« Le malheur de cette terre a commencé avec la mort de Cabral / Le chef de guerre a été assassiné / L’objectif de la lutte a été transformé / Au lieu de la conciliation nationale / Est venue la conciliation criminelle » (5)
(Torres Gemeos, Culpadus, 2008 – Guinée-Bissau)

Trahison par le décalage avec ses idéaux :
« Mais je demande, est-ce que nous alors vraiment payer la dette de leur lutte ? Non ! / Eh vous est-ce qu’Amílcar vous a vraiment dit cela ? Non ! / Amílcar vous a vraiment dit qu’après la lutte c’était au peuple de payer la facture ? Non ! / Vous avez tué Amílcar et l’avez enterré en même temps que ses paroles / Des paroles qui étaient réalisables et que vous avez rendu impossibles ». (6)
(FBMJ, Guiné ka na fika sin, 2008 – Guinée-Bissau)

Trahison par l’état dans lequel ils ont mis le pays :
« La vérité est que la situation s’est aggravée (…) Amílcar Cabral héros majeur / Hier ils t’ont assassiné, aujourd’hui tes fils souffrent / Qui pouvait imaginer qu’avec le temps nous allions abandonner notre terre / Où nous nous sommes défendus avec les armes au poing et avons gagné la guerre / Quand nous avons pris notre indépendance nous pensions que tout irait mieux / Mais la vie de nos semblables se fane comme si c’était des fleurs »(7)
(N`Pans, Fidjus di Guiné, 2006 – Guinée-Bissau)

L’incapacité à implémenter le développement et la stabilité politique dans le cas guinéen, et la production d’inégalités sociales dans le contexte cap-verdien, sont des éléments cruciaux dans les textes. Le rôle des politiciens est mis en cause, ils sont considérés comme oppresseurs au lieu d’être les défenseurs du peuple, comme illustré dans ces extraits des deux pays :
« Le Pays est désorganisé / La corruption généralisée / Notre appareil d’État s’est transformé en système de corruption / Notre argent est gaspillé pour rien et avec beaucoup d’orgueil / La Guinée-Bissau c’est le narcotrafic / les serviteurs de l’État pratiquent le commerce illégal / Ils pratiquent le crime organisé / mais ils disent au nom de l’État / Nous sommes contre tout cela (…) Le peuple innocent et affamé est celui qui paye les fautes des dirigeants / Pas de chance, Cabral est mort et il n’existe personne qui puisse nous mener vers l’avant / Jusqu’aujourd’hui la Guinée-Bissau n’a rien conquis / Je pense au problème de cette tarre et cela me dégoûte ». (8)
(Cientistas Realistas, Contra,2009 – Guinée-Bissau)
« Terre d’Amílcar Cabral / Ex-colonie du Portugal / Où 80% du peuple vit mal / Voisin de Conakry et du Sénégal / Situé sur la côté occidentale (…) Terre de l’héroïne Titina Silá (9) / Gens qui ont lutté / Pour expulser António Spínola (10) / Ils ont pris l’indépendance et ont arrêté d’avoir de la jugeote / Le Peuple vit mal pour qu’un petit groupe vive bien (…) Le chef a cassé les rentrées d’argent / Le peuple commença à suffoquer / Nous avons quitté un pays plus propre / Pour le pays des porcs / Le 7 juin compliqua la situation (11) / Des boulets de canons ont tué la population ». (12)
(Mc Mário, Don Pina et Patche Di Rima, Relatório 1973-2012, 2012 – Guinée-Bissau)
« Cabral tu es mort trop tôt et nous n’avons plus personne pour nous défendre (…) Tu as lutté pour nous libérer d’un oppresseur malfaisant / Aujourd’hui dans notre pays l’oppresseur a simplement changé de visage et de couleur / Le peuple ignorant applaudi un président qui est un traître / Des gens qui ne ressentent même pas un peu amour pour leur peuple / Ce que tu as construit, ils l’ont détruit après l’indépendance / Ils ont trahi la pensée de ton peuple avec la privatisation des entreprises / Un gouvernement sans autonomie de contrôle pas l’économie / Avec un régime où la démocratie se confond avec la tyrannie / Triste de voir mes fréros africains humiliés dans la maison de leurs frères ». (13)
(Kaya, LBC Minao Soldjah et Chullage, Amílcar Cabral, 2010 – Cap-Vert)

Cabral comme  » guide  » et porteur d’espoir
Il y a dans les textes un sentiment de révolte et de désenchantement lié au manque d’opportunités, de justice sociale et de climat de paix et d’union pour les jeunes. Les textes qui présentant Cabral comme un  » guide  » le font apparaître en juxtaposition directe, pour créer un contraste, avec le type de gouvernance qui s’est implantée dans les pays après l’indépendance, incapable de résoudre les problèmes et même tendant à instrumentaliser les jeunes :
« Des gouvernants charismatiques / Nous en avons besoin / Des gouvernants problématiques / Nous n’en avons pas besoin / Des gouvernants avec des actions concrètes / Nous en avons besoin / Des gouvernants psychopathes / Nous n’en avons pas besoin / Ils tuent le peuple lentement ». (14)
(Bunkamc Mc et Okarki Butt, Natal Guiné, 2010 – Guinée-Bissau)

Cabral est rappelé pour inviter le peuple à continuer sa lutte, à résister. C’est tout le sens du slogan « Cabral ca mori » (« Cabral n’est pas mort ») :
« Cabral en a fini avec la souffrance coloniale / Mais la lutte n’est pas finie et il nous la laisser pour qu’on la continue / Alors qu’attendons-nous ? / On va invoquer le drapeau / Il n’y a pas de temps pour ces sottises (…) On doit lutter aujourd’hui et toujours ». (15)
(Farp, Antis Barku Skravu, 2007 – Guinée-Bissau)
« Cabral n’est pas mort / Cabral avait raison / Il n’est pas mort / Il est resté dans nos cœurs / Il est notre héros (…)Et si tu crois que Cabral est mort tu te trompes / Parce que Cabral c’est moi / Cabral c’est toi / Cabral c’est tous les Cap-Verdiens et les Guinéens ». (16)
(Kaya, LBC Minao Soldjah et Chullage, Amílcar Cabral, 2010 – Cap-Vert)
« Amílcar Cabral / Quand je pense au futur de notre terra (…) C’est ton nom qui apparaît / C’est ton drapeau sur mon front / Ton hymne dans ma bouche / Mon identité je ne m’en séparerai jamais » (17)
(FBMJ, Guiné ka na fika sin, 2008 – Guinée-Bissau)

Voix de Cabral, voix de MC
Au-delà du rapprochement que les rappeurs font entre leurs actions-interventions et celles de Cabral, en s’auto-représentant comme les véritables héritiers de la cause politique et militante de celui-ci, beaucoup d’entre eux cherchent à légitimer cette condition à travers l’utilisation de la propre voix de Cabral, en intercalant ses discours dans leur musique.
C’est le cas des Sindykatto de Guetto dans le disque Golpe de Stadu (2011), de Rhyman dans Bissau (2007) et de 4ARTK dans Strela Negra-Abel Djassi (2010).

On voit donc à travers tous ces extraits que les rappeurs cherchant à faire revivre et à actualiser la figure de Cabral, pour activer la conscience politique du peuple, en visant les détenteurs du pouvoir (politique comme économique). Le rap créole (re)trouve en Cabral la capacité d’action et de révolte.

(1) « poku poku guentis sta ta skeci / bu sta mori manenti na mimoria di nos povu / bu storia ta duvidadu pa gerason mas nobu / nem bu imagem ka sta mas na livru primaria / na dinheru djes trau / (…) bu bai bu dexa puema pa nôs kriança ki e flor di revoluson i di sperança / mas mesmu si ka sta xinti bu prizensa / kriança sta nasi e ka konxi storia di ses eróis / alguem ki da si vida pa liberta si povo se foi / es ta trokau pa eróis virtuais / homem-arranha, super-homem »
(2) Diogo Gomes (14?? – 1502) était un navigateur et explorateur portugais. Il était capitaine d’une flotte de trois navires qui clame avoir découvert l’archipel du Cap-Vert, en compagnie de l’Italien António da Noli.
(3) « N`ka kre odja statua di Cabral rostu pa simiteriu / Di Diogo Gomi rostu pa palasiu di governu / Dja sta bom di rodidju ku portugues! »
(4) « Cabral moré pa nôs i agora povu ka krê lembra-l / Bô e parti mais inportanti di nôs stôria i nu ka ta dal / Ka bô priokupá ki a luta kontinua / Bô morê na parlamentu ma bô vivê na nôs rua »
(5) « disgrasa d’es tera kunsa desdi mortu di Cabral / chefi di guera matadu / objetivu di luta mudadu / en vez di concordia nacional i bin concordia criminal »
(6) « Ma n punta, será ki anos ku na paga díbida di n ba luta? NAU! / Ei abós ke Amílcar falaba bos es? NAU! / Ke Amílcar falaba bos ora ku luta kaba pa nterga povu fatura? / Bo mata Amílcar bo nteral djuntu ku si konbersas / Konbersas ki pusível i pasa sedu impusível »
(7) « Bardadi situason sta gravi / Kampu kinti / Amílcar Cabral erói mas garandi / Aonti bu matadu aós bu fidju na sufri kansera garandi / Kin ku pudi imajinaba kuma anós no na abandona no tera / Nde ku no firma ku arma na mon no nganha ki guera / kontra no toma independensia no pensa kuma tudu na sedu mindjor / Ma son kansera vida di djintis na tiradu suma flor »
(8) « País sta desorganizadu / Korupson sta jeneralizadu / Aparelhu di no stadu aos torna un sistema di korupson / Dinheru ku no djunta pasa na sbanjadu a toa i grande orgulho / fama(!) / Guiné-Bissau i narkotráfiku / Djintis di stadu na prátika di negósius ilegais / E na fasi krimes organizadu ma faladu na nomi di stadu / Es tudu anós i kontra (…) Povu inosenti ku fomi na paga kulpa di dirijentes / Sorti ka ten, Cabral muri i ka ten kin ku na lebanu pa dianti / Tchur di Cabral tem ku tokadu pa es tera pudi bai pa dianti / Até aós Guiné-Bissau nada i ka tchiga di konkista, purblema d’es tera n ta pensal tok n ta disgostaaa »
(9) Titina Silá : combattante guinéenne membre du PAIGC, née en 1943 et morte le 30 janvier 1973. La journée nationale des femmes guinéennes est célébrée le jour de sa mort, chaque 30 janvier.
(10) António de Spínola : militaire et homme politique portugais, né le 11 avril 1910 et mort le 13 août 1996. Il a été deux fois gouverneur militaire de Guinée-Bissau. Il était en désaccord avec la politique coloniale du Portugal. En 1974, un peu avant la Révolution des Œillets, il publie le livre  » Portugal e o Futuro  » (Le Portugal et le futur), dans lequel il dit que la poursuite de la guerre n’est pas la solution pour les colonies. Il sera le premier Président de la République portugaise à la restauration de la démocratie le 25 avril 1974.
(11) 7 juin 1998 : début de la guerre civile en Guinée-Bissau.
(12) « Tera di Amílcar Cabral /  Ex-colónia di Portugal / Nunde ku 80% di povu ta vivi mal / Vizinhu di Conakry ku Senegal / Situadu na kosta osidental / sukundidu na kintal (…) Tera di no eroína mama Titina Silá / Djintis ku luta / pa serka António Spínola / Independensia tomadu prejuízu kunsa ten / Povu ta vivi mal pa un grupusinhu vivi ben (…) Chefi bati rendimentu / Povu entra na sufoku / No sai di país mas limpu / Pa país mas porku / 7 di junhu komplikanu situason / Balas di kanhons matanu populason »
(13) »Cabral bu môri sedu i dja nu ka tem ninguen pa difendenu / Bu luta pa bu libertanu di un opresor mau feitor / Oji na nôs tera opresor so muda rostu i kor / Povu ignorante ta bati palma pa prizidenti ki e traidor / Mosus ki nen pa sis povu ka ta xinti un poku di amor / Kel ki bu konstrui es distrui dipôs di indipendensia / Trai pensamentu di povu kantu privatiza tudu inpreza / Guvernu sem autunomia ki ka ta kontrola ikunomia / Ku rijimi nun frontera ki dimokrasia ta kunfundidu ku tirania »
(14) « Guvernantis karismáticos / Ku no misti / Guvernantis problemátikos / No ka misti / Guvernantis ku ason prátikos / Ku no misti / Guvernantis psikopátikus / No ka misti / Figa kanhota bo na mata pubis lentamenti / Ma n toma nota / Udju ta odja boka kala / Ma no ta nota / Bo vira-volta sin spiritu di patriota / Bo panha fábrika bo bota / Te di kompota bo bota / En kontrapartida bo ka kumpu nin palhota / So manda boka / Bo sobra fábrika di binhu / Na kantinhu / Pa pudi ba ta tchamintinu / Pa guinguitinu la na padja / Pa no pudi pega bari-bari bos padja / Nha pubis / Es i ora di no korda / Sol na iardi dja la fora … »
(15) »Cabral kaba ku sufrimento kulonial / Ma luta ka kaba e dexanu pa nu kontinual / Inton kuzê nu sta spera? / Nu jura bandera / ka tem tenpu pa brinkadera / (…) Nu ten ki luta oji i sempri »
(16) »Cabral ka môri / Cabral tinha razon / E ka môri / E fika na nôs kurason / El e nôs erói / (…) Si bu pensa ma Cabral sta mortu bu sta enganadu pamô Cabral e mi Cabral e bô Cabral e tudu kauberdianus e guineensis (…) »
(17) « Amílcar Cabral / Omi ku ta pensaba futuru di no tera (…) Bu nomi ku n ta ronka / I bu bandera na nha testa / Bu inu na nha boka (…) nha identidadi nunka n ka na disisti del »
Cet article est tiré d’une étude intitulée  » Rap créole : le panafricanisme de Cabral dans la musique contestataire des jeunes de Guinée-Bissau et du Cap-Vert  » parue dans Realis – Revista de Estudos AntiUtilitaristas e PosColoniais (Brasil). Les conclusions de ce travail ont été présentées au Forum Scientifique Amílcar Cabral, organisé par la Fondation Amílcar Cabral à Praia, au Cap-Vert, en janvier 2013.

Article traduit du Portugais et réadapté par Maud de la Chapelle.

Ler aqui na Buala a versão original do artigo em Português.///Article N° : 13273

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Les images de l'article
Fondation Amilcar Cabral à Praia, Cap-Vert
"Cabral ca mori"
Timbre d'Allemagne de l'Est de 1978 représentant Amilcar Cabral
Statue d'Amílcar Cabral sur l'île de Santiago, Cap-Vert
Une du journal de hip hop Voz di Rua le 18 janvier 2010




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