Musique

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Des Mendes Brothers

Sur le versant engagé et élaboré de la musique cap-verdienne, Joao Mendes (alias General Labona) et Ramiro Mendes (alias Comandante Tchotchi) proposent la jonction des traditions locales avec Rythm’n Blues, Rock and Roll ou Hip-Hop. Il est en particulier question du Bandera ou du Kôdra, style populaire de l’île de Fogo, aux ressemblances étonnantes avec le rap, et dont l’interprète attitrée, Tintina Mané di Badja, est invitée dans la quatrième pièce de l’album. Ainsi, les chansons de deuil ou de réjouissance tirées du répertoire du bandera épousent-elles la veine passionnée et militante qui transpire dans un album dédié à la…

Des Peuls Wodaabe du Niger

Les Wodaabe, nomades du Niger, appartiennent à la grande famille des Peuls, peuple sahélien dont les origines mythique se perdent autour de la Mer Rouge. Descendants des bergers de la préhistoire, qui des contrées orientales de la péninsule arabique ou de l’Afrique de l’Est essaimèrent vers l’Ouest (Sahara), le Sud (jusqu’au Zimbabwe) et le Sud-Est (Grands Lacs), les Wodaabe possèdent, comme tous les peuples qui leur sont apparentés, un art vocal aux traits assez particuliers. Structurés selon le modèle classique africain appel-réponse, les chants du Worso – grand rassemblement annuel, organisé pour célebrer mariages, naissances ou fiançailles – sont basés…

Kenya et Tanzanie

Ce laser consacré au Kenya (un seul morceau a été enregistré en Tanzanie) concerne des motifs tirés des cycles initiatiques ou des danses de mariage, des poésie dédiées aux beautés naturelles, des chants de louanges ou funéraires. Une autre tranche des enregistrements présente un répertoire pratiqué pendant des séances thérapeutiques déclenchant la possession. Cette dernière est en grande partie marquée par des formules polyrythmiques venant de plusieurs instruments à percussion, insistantes jusqu’à l’obsession et formant des spirales musicales qui facilitent l’entrée dans la transe de guérison. Les voix sont omniprésentes, mais surtout les cordophones (les harpes Uta, Kibugantit ou Lukuji)…

De Lassina Coulibaly & Yan Kadi Faso

La musique mandingue est le résultat d’un riche éventail d’apports et d’une organologie assez variée, comme en témoigne l’album du danseur, instrumentiste et chorégraphe burkinabè Lassina Coulibaly. Influences du chant islamique, puissance du fond animiste bambara, legs des cultures pastorales, autant d’éléments faisant la force d’attraction d’une musique qui commence à se faire pas mal apprécier à l’étranger. « Je m’inspire du ‘na sao’, le passé », dit Lassina, qui a choisi pour l’enregistrement de son premier CD un ensemble de genres et de titres classiques, inspirés des diverses formes du savoir oral des peuples du Sahel. Ce sont des plages de…

Monique Seka, Dindo Yogo et Sylviane Cedia

Trois facettes de la création musicale mais une constante : l’Ivoirienne Monique Seka, le Congolais Dindo Yogo et la Guyanaise Sylviane Cedia savent puiser dans leurs origines pour renouveler leur genre. Trois portraits rythmés à écouter les yeux fermés.

Une initiative du CICR

Au deuxième degré

L’initiative So Why, orchestré par le CICR, se veut un cri consensuel contre la discrimination ethnique et la guerre sur le continent noir. Mais est-elle pour autant dénuée d’ambiguïtés ? Notre collaborateur Soeuf Elbadawi livre son avis. Le débat reste ouvert. A vos crayons !

De Mama Sissoko

Portrait enthousiaste d'un artiste à suivre…

Originaire de Nioro du Sahel, dans la région de Kayes au Mali, Mama Sissoko est né dans la musique avec un père griot et deux grands frères trompettistes.  » J’ai commencé la musique à la fin des années cinquante par la batterie, ensuite les congas, et à partir de 1960, juste au début de l’indépendance, je me suis intéressé à la guitare. A cette époque, les premières guitares électriques faisaient leur apparition au Mali. C’étaient des guitares acoustiques que les Chinois importaient.  » En 1961, un grand nombre de Français sont rapatriés, le Mali a besoin d’enseignants. Mama part pour Kayes donner…

Les Dance-Songs comme visualisation de la voix

La gestuelle dansée zulu intègre l’affirmation identitaire et la synergie communautaire exprimée par le chant au point que geste et voix ne font plus qu’un. Avez-vous assisté à un concert de Mbaqanga avec les époustouflants Soul Brothers, à une performance des rappeurs Boom Shaka, fers de lance du mouvement hip-hop, ou à une exhibition de polyphonies Mbube avec les Colenso Abafana Benkokhelo ? Avez-vous été frappés par les choeurs lancinants et limpides que l’on entend pendant la mise en scène de la pièce théâtrale Sarafina ou par les images des cortèges estudiantins qui, à l’époque de l’apartheid, allaient affronter la police…

Tribu, de Sally Nyolo & Folkomor Océan, de Abou Chihab

Peut-on faire une musique résolument roots et pure, en adoptant le point de vue de la modernité ? La réponse est oui. Ne risque-t-on pas de perdre son âme culturelle, en voulant marier magie des rythmes d’enfance du pays et folles sensations urbaines en bord de Seine ? La réponse est non ! La preuve par deux…

De Fania All Star

Que viva la salsa !

Fania All Stars est au Zénith le 16 janvier, une bonne occasion de retracer l’histoire de la salsa !

De Fantahun Shawankochew, Ejigayehu "Gigi" Shibabaw, Wores G. Egziabher

Rares sont les pays en Afrique où certains genres urbains découlent sans discontinuer de la musique ancienne. Comme dans le cas de la djeliya au Mali, le style des azmari, ménestrels éthiopiens qui aujourd’hui se produisent en milieu citadin, ne diffère pas tellement de ses antécédents historiques. En cela demeure l’intérêt de cet album, où le trio qu’y opère (chant, lyre krar et vièle masinqo) interprète les chants amhariques classiques ou plus populaires, les deux n’étant pas séparés si rigidement et puisant également dans la littérature poétique. Ainsi, dans le jeu des cordes autant que dans l’inspiration vocale, jaillissent les…

De Colenso Abafana Benkokhelo

Toute la splendeur da la musique vocale du Natal, dans l’interprétation d’une troupe de surdoués qui ont entamé, depuis deux ans, une grande carrière internationale. Ce sont les dance-songs zulu, chants aux harmonies très élaborées, qui s’inspirent de la convivialité villageoise et puisent dans les genres traditionnels, comme le Mbube, l’Indlamu ou l’Iscathamiya. Magnifique et… à danser dans un style plutôt viril.

De Général D.

Mozambicain d’origine, arrivé au Portugal à l’âge de deux ans et des poussières, le général auto-proclamé du hip hop lusophone naissant fait partie de ce qu’on a appelé la seconde génération des Africains de Lisbonne. Subtil et engagé, hardcore et dansant, roots et ouvert sur le monde, son dernier album titille les charts européens et salue la rap connection africaine (de Dakar à Soweto, en passant par Maputo et Luanda). Quatorze titres qui se succèdent à la manière haletante du  » vous en voulez ? Je vous en donne ! « . Le général s’amuse, s’énerve, s’installe et laisse rugir sa colère longtemps contenue. On…

De Koulsy Lamko

« Thomas Sankara n’est plus parmi nous depuis dix ans. Artiste et poète, cet homme d’Etat africain, qui a présidé aux destinées du Burkina Faso, reste pour moi une flamme d’espoir, un modèle de courage et d’abnégation, un compagnon avec qui l’on peut oser inventer l’avenir… ». Tout est dit. Koulsy l’artiste aux multiples facettes, Tchadien de naissance, Burkinabè d’adoption (depuis 14 ans), a choisi de remuer la terre et de redonner de l’âme au mythe du combattant de la liberté, brutalement interrompu dans sa course un jour de 1987. Tout en refusant de jouer au poète des funérailles, Lamko, son double,…

Paroles croisées

L’Afrique émeut, séduit, voire inquiète l’Europe. Pendant longtemps, l’Afrique a représenté un mystère et un réservoir de ressources pour le monde occidental. Il y eut l’époque des explorations. Il y eut ensuite celle des missions civilisatrices. Il y eut enfin la longue période de la colonisation -et surtout- l’après-colonisation, avec son cortège d’ambiguïtés et d’humanitarisme politique. Cela dit, malgré les cicatrices mal refermées, malgré les moments de l’histoire mal digérés, le contact entre l’Europe et l’Afrique ne s’est jamais interrompu… Il eut même des moments heureux, indubitablement liés à la notion d’échange entre les cultures. A la notion de dialogue…

D'Henri Dikongué

Le monde des afro-parisiens est en ébullition. Le dernier Dikongué est enfin dans les bacs, mais il est à écouter avec modération car son groove acoustique risque de faire mal dans les esprits.

Aux sources du rythme en Afrique

L’origine du rythme est dans la nature humaine et cosmique. Elle se situe aussi au-delà de la vie et de la mort, dans le monde invisible des forces qui président à la démarche de l’univers. Mais c’est surtout dans le ventre nourricier de la femme que les percussions de l’Afrique puisent la sève primordiale qui en inspire le battement.

S’il y a un artiste africain qui déstabilise ses contemporains dès lors qu’il s’agit de se définir musicalement avec des origines, marquées, qui figent, c’est bien Ray Lema.

Un engouement pour une musique peut masquer ses origines : celui pour le Son cubain ne doit pas faire oublier que ce genre est l’héritier de chants pluriels que les esclaves entonnaient pour évoquer les dieux d’Afrique dans l’espace sacré des Cabildos.

C’est l’histoire fabuleuse d’un enfant qui découvre le monde entre deux rives. L’Afrique et l’Europe. Il naît dans les vapeurs faussement speed du 13ème arrondissement parisien mais ne rate pas une seule occasion pour aller rendre visite à la terre bénie de ses ancêtres. Son père, Francis Bebey, l’initie aux rythmes subtils de la tradition camerounaise et le laisse ensuite s’enivrer de sons étrangers dans l’univers éclectique de la capitale française. Piano, formation classique dès l’âge de six ans, dix ans de conservatoire. Saxophone et découverte de la musique noire américaine à travers les opus de Duke Ellington, Nina Simone…

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