Musique

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Des sons de batuques descendaient maintenant de tous les mornes, des sons qui de l’autre côté de l’océan avaient été guerriers autrefois, quand les batuques résonnaient pour annoncer la bataille ou la chasse. Aujourd’hui c’étaient des son de prière, des voix serves qui appelaient au secours, des foules de nègres qui levaient les mains vers le ciel. Quelques-uns de ces noirs avaient déjà la toison blanche, et gardaient la marque du fouet. Aujourd’hui les macumbas et les candomblés répétaient en écho ces vieilles plaintes. J. Amado, Bahia de tous les saints. » Il y a à Puerto Rico de merveilleux musiciens, une…

Khadja Nin est l’héritière d’un art vocal raffiné. Son chant grave et sensuel jaillit d’une forme de poésie chantée qui, au Burundi comme au Rwanda ou en Ouganda, est indissociable des activités journalières. Cet héritage et sa volonté de porter des germes d’espoir font d’elle un cas à part dans le monde du show biz. Son grand succès, Sambolera, interprété en swahili, message de paix et d’espérance, fut un des tubes de l’été 1996 en France. Née à Gitega, au centre du Burundi, elle est ensuite partie avec sa famille à Bujumbura.

L'auteur de Maisha

Le 11 février dernier, Willy N’for, bassiste et Camerounais, est mort des suites d’un cancer en région parisienne. La communauté d’artistes avec laquelle il avait travaillé lui a rendu hommage le 16 mars lors d’un concert au New Morning. Le corps du défunt devait par la suite être rapatrié dans son pays.

De Mila na utamaduni

Le son du taarab tel qu’il est encore pratiqué au pays des zanzibari. Forme musicale intimiste et réservé à la seule cour du sultan à la fin du siècle dernier, devenue rythme populaire de danse depuis (consacrée lors des célébrations de mariages et lors des grandes fêtes nationales), le taarab, malgré ses origines arabes très marquées (au niveau de l’instrumentation surtout), a pris des couleurs locales dans cette région de l’Afrique orientale, qui vous libèrent de la seule écoute (le mot taarab signifiait au départ  » être touché ou transporté par l’écoute ou l’interprétation…  » d’une musique sur laquelle on ne dansait…

De Philippe Eidel

La bande originale du film Imuhar (qui signifie « homme libre »). Un blues lancinant en compagnie des hommes bleus du désert. Mélodies ancestrales librement revisitées, interprétées en tamachekh par les voix alternées du rebelle touareg Abdallah Oumbadougou (auteur des textes chantés) et du trio féminin Oyiwan. Sont aussi de la compagnie, les chanteuses de « tinde  » traditionnels. Avec une touche d’Imziad (violon touareg) par moment. Le tout est orchestré dans l’univers sonore et à moitié occidental d’un spécialiste de l’échange et du dialogue par la musique, Philippe Eidel. Né à Madagascar d’une mère créole et père ayant longtemps vécu à Singapour,…

De Yandé Codou Sène

La grande cantatrice (le mot convient-il ?) du Sénégal nous revient ici avec son premier album. Sorti aux Etats-Unis, produit par son compatriote Musa Dieng Kala, Yandé Codou Sène est toujours fidèle à elle-même : la voix étincelante, le chant haut perché… Les percussions battent la mesure, la kora, le riti (violon traditionnel) et le xalam (guitare traditionnelle) s’invitent en douceur. Et vogue la reine du chant. Sur une suite de ballades sereines et savoureuses. On danse légèrement dans sa tête. On lâche le pied droit et on se laisse entraîner. L’esprit des nuits de pleine lune a l’air encore…

A Tribute to the Skatalite

Voilà une louable initiative du label Shanachie qui nous propose une compilation de dix-sept formations réunies pour rendre l’hommage dû aux Skatalites, le légendaire groupe du ska, l’ancêtre du reggae. Il y a un sentiment d’épique ou de grandiose dans ces riffs lancinants de cuivres et le tempo obsédant qui les accompagne : c’est que tous ceux qui ont évolué dans le sillage des Skatalites n’ont pas pu s’empêcher de faire référence aux divers courants musicaux qui furent à la base de l’esthétique du fameux groupe : jazz, mento, rythm’n blues, emprunts à la musique latine ou trinidadienne, influences des rythmes du…

De Swede Lokole

Les Congolais d’Abidjan ouvrent la route aux formes évolutives de la Rumba kinoise. Au lieu de se moderniser dans le sens de l’occidentalisation, ils s’inspirent de la tradition, surtout au niveau de la texture rythmique (voir, par exemple, « M’Bongo ») et de l’organologie (qui comprend le lokolé, gros tam-tam forestier). Qui plus est, ils nous apportent le frisson d’une nouvelle danse, le « Zébola Bafana-bafana », destinée à faire fureur dans toutes les discothèques de l’Afrique Centrale et de l’Ouest. Ainsi, pendant que les percussions galopent, les airs enivrants d’un accordéon sortent d’un synthétiseur discret et ajoutent la couleur populaire aux chorus époustouflants…

De Juan De Jorge & le groupe Abra

« Musique magique que celle du Nord Argentine… Dans cette région… la musique conserve le goût de l’eau, des rivières sauvages, la majesté de ses montagnes, l’humilité de son peuple, le mysticisme aussi du désert, et la sagesse de son silence  » (Pablo Urquiza). A soixante-seize ans, ce formidable argentin d’origine espagnole, depuis quelques années installé à Paris, où il se produit comme chanteur de rue, a du souffle et de la voix à vendre. Avec flûte indienne, harpe et bombo (percussion), l’ancien chanteur de l’opéra Colon colporte son chant tonitruant sur un canevas musical aux influences multiples : Amérindiens, Africains et…

They sing with the voice ef the drum : les Nègres Marrons de la liberté

La trace africaine marque les musiques caraïbéennes : elle est à la fois force de résistance et racines rythmiques maintenues par l’élément religieux.

D'El Hadj N'diaye

La voix inspirée, la guitare fiévreuse, El Hadj enchaîne les strophes déchirantes d’une ballade alerte dédiée aux jeunes de Thiaroye, que la débrouille au quotidien pousse au désespoir ou au départ vers l’inconnu : c’est le pays de l’homme blanc, pays rêvé, pays lointain, où ses frères endurent sous des cieux brumeux les errances douloureuses des sans papiers et sans domicile. Ailleurs, des arpèges délicats nous introduisent aux tons plaintifs de la mélopée : bourrée d’accents nostalgiques, la chanson (Li Yëngu) célèbre sur un tempo vif la fierté et la dignité anciennes du Ceddo. Dans Siggi (Relève la tête, en wolof), ce…

Des Mendes Brothers

Sur le versant engagé et élaboré de la musique cap-verdienne, Joao Mendes (alias General Labona) et Ramiro Mendes (alias Comandante Tchotchi) proposent la jonction des traditions locales avec Rythm’n Blues, Rock and Roll ou Hip-Hop. Il est en particulier question du Bandera ou du Kôdra, style populaire de l’île de Fogo, aux ressemblances étonnantes avec le rap, et dont l’interprète attitrée, Tintina Mané di Badja, est invitée dans la quatrième pièce de l’album. Ainsi, les chansons de deuil ou de réjouissance tirées du répertoire du bandera épousent-elles la veine passionnée et militante qui transpire dans un album dédié à la…

Des Peuls Wodaabe du Niger

Les Wodaabe, nomades du Niger, appartiennent à la grande famille des Peuls, peuple sahélien dont les origines mythique se perdent autour de la Mer Rouge. Descendants des bergers de la préhistoire, qui des contrées orientales de la péninsule arabique ou de l’Afrique de l’Est essaimèrent vers l’Ouest (Sahara), le Sud (jusqu’au Zimbabwe) et le Sud-Est (Grands Lacs), les Wodaabe possèdent, comme tous les peuples qui leur sont apparentés, un art vocal aux traits assez particuliers. Structurés selon le modèle classique africain appel-réponse, les chants du Worso – grand rassemblement annuel, organisé pour célebrer mariages, naissances ou fiançailles – sont basés…

Kenya et Tanzanie

Ce laser consacré au Kenya (un seul morceau a été enregistré en Tanzanie) concerne des motifs tirés des cycles initiatiques ou des danses de mariage, des poésie dédiées aux beautés naturelles, des chants de louanges ou funéraires. Une autre tranche des enregistrements présente un répertoire pratiqué pendant des séances thérapeutiques déclenchant la possession. Cette dernière est en grande partie marquée par des formules polyrythmiques venant de plusieurs instruments à percussion, insistantes jusqu’à l’obsession et formant des spirales musicales qui facilitent l’entrée dans la transe de guérison. Les voix sont omniprésentes, mais surtout les cordophones (les harpes Uta, Kibugantit ou Lukuji)…

De Lassina Coulibaly & Yan Kadi Faso

La musique mandingue est le résultat d’un riche éventail d’apports et d’une organologie assez variée, comme en témoigne l’album du danseur, instrumentiste et chorégraphe burkinabè Lassina Coulibaly. Influences du chant islamique, puissance du fond animiste bambara, legs des cultures pastorales, autant d’éléments faisant la force d’attraction d’une musique qui commence à se faire pas mal apprécier à l’étranger. « Je m’inspire du ‘na sao’, le passé », dit Lassina, qui a choisi pour l’enregistrement de son premier CD un ensemble de genres et de titres classiques, inspirés des diverses formes du savoir oral des peuples du Sahel. Ce sont des plages de…

Monique Seka, Dindo Yogo et Sylviane Cedia

Trois facettes de la création musicale mais une constante : l’Ivoirienne Monique Seka, le Congolais Dindo Yogo et la Guyanaise Sylviane Cedia savent puiser dans leurs origines pour renouveler leur genre. Trois portraits rythmés à écouter les yeux fermés.

Une initiative du CICR

Au deuxième degré

L’initiative So Why, orchestré par le CICR, se veut un cri consensuel contre la discrimination ethnique et la guerre sur le continent noir. Mais est-elle pour autant dénuée d’ambiguïtés ? Notre collaborateur Soeuf Elbadawi livre son avis. Le débat reste ouvert. A vos crayons !

De Mama Sissoko

Portrait enthousiaste d'un artiste à suivre…

Originaire de Nioro du Sahel, dans la région de Kayes au Mali, Mama Sissoko est né dans la musique avec un père griot et deux grands frères trompettistes.  » J’ai commencé la musique à la fin des années cinquante par la batterie, ensuite les congas, et à partir de 1960, juste au début de l’indépendance, je me suis intéressé à la guitare. A cette époque, les premières guitares électriques faisaient leur apparition au Mali. C’étaient des guitares acoustiques que les Chinois importaient.  » En 1961, un grand nombre de Français sont rapatriés, le Mali a besoin d’enseignants. Mama part pour Kayes donner…

Les Dance-Songs comme visualisation de la voix

La gestuelle dansée zulu intègre l’affirmation identitaire et la synergie communautaire exprimée par le chant au point que geste et voix ne font plus qu’un. Avez-vous assisté à un concert de Mbaqanga avec les époustouflants Soul Brothers, à une performance des rappeurs Boom Shaka, fers de lance du mouvement hip-hop, ou à une exhibition de polyphonies Mbube avec les Colenso Abafana Benkokhelo ? Avez-vous été frappés par les choeurs lancinants et limpides que l’on entend pendant la mise en scène de la pièce théâtrale Sarafina ou par les images des cortèges estudiantins qui, à l’époque de l’apartheid, allaient affronter la police…

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