Musique

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Les Dizzy Brains, les « cerveaux malades » se sont fait connaître à Madagascar (et au-delà) par leur style insolent et sincère.  Out of the cage » est leur cri de liberté.

Vingt ans de travail pour l’hybridation des cultures. C’est ce que représente le festival Villes des musiques du monde. Cette année un prix des musiques d’ici a été créé, en lien avec six régions françaises. Croisière musicale Nouvelle-Orléans sur le canal de l’Ourcq, fanfare klezmer à Drancy ou bal tango à Aulnay sous- Bois… Depuis sa création à Aubervilliers en 1997, Villes des musiques du monde, qui fête ses vingt printemps cette année, a su s’ancrer durablement dans le 93. « A l’époque ça s’appelait Aubervil’ des musiques du monde », se souvient Kamel Dafri, le fondateur du festival. «…

Après une histoire marquée par les luttes sociales, le Maloya, mamelle endogène de la culture musicale à La Réunion, s’est étendu bien au-delà des kalbanons et des services rituels qu’il quittait rarement au début du XXème siècle. Nimbé dès les années 80 par l’aura de ce genre fourre-tout que l’on nomme World Music, cet héritier des lamentations d’esclaves a su trouver sa place dans les marchés musicaux internationaux pour baigner dans le même bouillonnement d’enjeux que rencontrent les acteurs de l’industrie de la musique nationale. Avec un obstacle supplémentaire de taille qui définit la logique de son économie : l’insularité.

Dans cette nouvelle rubrique, partons à la rencontre d’un son dans son contexte intime, historique et social de production, de réception. à la rencontre de ce qu’il nous dit, aussi, aujourd’hui. Le rappeur Rocé lance ce rendez vous. Il sort prochainement une compilation de « spoken word francophone », Par les damnés de la terre. Des voix de luttes et de résistance, 1960-1980 et nous raconte quelques-unes de ses (re)découvertes.

Féru de punk rock, de jazz, de musique caribéenne, le saxophoniste Rodolphe Lauretta revendique la bannière universelle de l’intellectuel Édouard Glissant, le « Tout-Monde ». Raw qui sort en septembre sur le label Onze heures onze est son premier album. Rodolphe Lauretta, jeune saxophoniste guyano-martiniquais qui a grandi à Amiens, refuse une quelconque catégorisation identitaire. Il le clame avec Raw, ce feulement brut, aux accents rock et hip hop, sorti de son instrument vif-argent, sur lequel plane l’ombre d’Edouard Glissant : « Je ne renie pas l’héritage créole. »(1) précise- t-il. « Mais pour Glissant l’identité n’est pas figée. Les…

En cinq ans, le parcours de DJ Anaïs B est fulgurant : ses sets ont fait le tour de grandes scènes parisiennes et internationales. En Europe, aux États-Unis mais aussi au Sénégal, en République démocratique du Congo, dans les Caraïbes. Dernièrement, elle a performé sur les scènes du festival Afropunk à Paris et à Brooklyn. Afriscope l’a rencontré. Anaïs B développe sa passion pour la musique sur le « tard ». Ce sont des rencontres décisives qui la confirment dans le milieu et lui permettent de creuser son sillon. Son goût pour les voyages l’a vouée pour un temps à…

Ses oncles l’appellent le « belgicain ». Le rappeur Badi sort en juin, sur le label Delazic, son deuxième EP Article XV. Cette réflexion sur sa double culture belgo-congolaise se rit des clichés. La contribution de la Belgique au rap francophone n’est pas négligeable : du très critiqué groupe Benny B qui a vu les débuts de Daddy-K, un des plus grands DJ du pays, au brillant crew Starflam, tremplin pour Baloji, en passant par Pitcho, Stromae ou James Deano. Dans cette galerie, Badi Banx alias Badibanga Ndeka, 36 ans, incarne un nouveau souffle. En 1977, à l’époque du Zaïre, son…

Chanteuse et femme d’affaires

Paris XIème, 18H. Un timide soleil peine à réchauffer l’ambiance d’un printemps balbutiant. Code, interphone, étage. Me voilà dans les locaux de No Format, label inclassable, connu pour son penchant pour les musiques du Mali. Ballaké Sissoko, Kassemady Diabaté, Mamani Keita. Aujourd’hui, l’album est signé Oumou Sangaré. Rencontre, entre deux voyages, avec une femme de tête.

En ce 10 mai 2017, journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, l’Institut du Tout-Monde, fondé par Edouard Glissant, tient sa soirée « Poétiques de résistance » à la Maison de la Poésie. Une soirée conçue et organisée par Sylvie Glissant, Greg Germain, Hugo Rousselin et Dénètem Touam Bona. Musiques, littératures, et poésies sont convoquées et placées sous le signe de ce qu’Edouard Glissant appelait la « vision prophétique du passé », à savoir « une vision qui s’attache à restituer l’action et l’humanité des damnés de la terre- ceux restés dans l’ombre et les silences de l’Histoire officielle ».…

Un des chantiers ouverts au Muzdalifa concernait le soufisme, l’un des visages les plus populaires de l’islam aux Comores. Une pratique, aujourd’hui menacée par les wahhabites et les radicaux de tous bords, que le lieu s’autorisait à interroger depuis sa création. Mourchid Abdillah, co associé à la direction du lieu, était responsable du dispositif mis en place sur cette question. A l’instar de Mwinyi Baraka, grande figure de la confrérie shadhulii (1) aux Comores, vous avez essayé de promouvoir la pratique soufie, en l’aidant à sortir des murs de la zawia (2) . Il y a eu une série de conférences sur…

« Un espace de travail, un savoir-faire en matière de production et des calories à brûler. Voilà ce que le Muzdalifa House mettait à disposition pour accompagner les jeunes artistes ou pour développer de nouvelles idées en musique » explique Fouad Ahamada Tadjiri, guitariste, devenu artiste co associé du lieu depuis près de six ans. Retour sur une expérience d’accompagnement et de production.

Histoire d’une vie. Histoire d’une expérience. Sept ans de Muzdalifa House à Moroni. Une expérience partant du désir d’expérimenter culturellement et de construire une parole citoyenne, dans un paysage où le déni et le mensonge l’emportent sur la nécessité et l’urgence de tenir face à l’adversité. Il n’est pas excessif de penser ou de dire qu’aux Comores, la scène culturelle s’est longtemps fourvoyée. Dans le conservatisme et la complaisance. Intellectuels, artistes ou poètes, ils sont nombreux à se laisser happer par les contingences de la survie et à s’asseoir sur leurs convictions premières, afin de s’assurer une existence, de s’offrir…

Entre bossa, rara haïtien, calypso, jazz et gwoka, Dalva, sorti chez Heavenly Sweetness, est le deuxième album du percussionniste guadeloupéen Roger Raspail. Roger Raspail n’est pas un homme pressé. Ce percussionniste au CV impressionnant, qui a notamment collaboré avec Sam Mangwana, Pierre Akendengué, Papa Wemba, ou encore Kassav, a mis vingt ans pour sortir son deuxième album Dalva. Le premier, Fanny’s dream, sur le label Blue Marge remonte à 1997. Si Wojé, comme on l’appelle en créole guadeloupéen, a peu enregistré, il n’en reste pas moins un musicien bien actif, transmettant son savoir, depuis son arrivée en métropole il y…

Si j’étais Président…. Des Essonniens âgés de 18 à 35 ans sont invités à s’imaginer à la tête du pays, et ce, en texte et en musique. Les meilleurs d’entre eux sont conviés aux États-Unis pour défendre leur création. « Si j’étais Maire de ma ville les rues seraient moins tristes », « Dans ma ville pas de seconde classe, tout le monde se place », rappe Cless Shine. L’année dernière, elle participait au concours « Maire de ma ville » lancé par l’association GrignyWood. « Au début je n’étais pas emballée parce que la politique pour moi sert surtout…

Sujatha Fernandes, professeure d’économie politique et de sociologie à l’Université de Sydney, nous parle aujourd’hui du hip-hop comme subculture qui favorise l’alliance politique des Afrodescendants à travers le monde. En voyageant de Cuba à l’Australie, de l’Europe aux Etats-Unis, de l’Afrique à l’Asie, elle nous livre le portrait d’un hip-hop qui ne connait pas de frontières. De passage en France, elle participe au colloque « Conçues pour durer : perspectives francophones sur les musiques hip-hop » où elle intervient ce jeudi 2 février, à 14h. Africultures l’a rencontrée.

Lancé par le rappeur Elom 20ce en 2009, les évènements « Arctivism » sont des temps de concerts et débats autour d’une figure phare des luttes d’émancipation du peuple africain et de sa diaspora. Pour cette 28ème édition à Lomé, c’est autour d’Angela Davis que les organisateurs ont choisi de questionner la place des femmes dans les mouvements panafricains. Reportage avec les artistes invités, le 21 janvier dernier, parmi lesquelles figuraient l’écrivaine Léonora Miano et la rappeuse Akua Naru.

« A quand une chaire de hip-hop en France ?(1) » questionnait l’ancien président de l’association hip hop citoyen dans nos pages Afriscope en 2013. S’il n’est pas encore question d’un champ à part entière, les musiques hip-hop tiennent leur premier colloque universitaire de grande ampleur du 1er au 3 février. De quoi faire un état des lieux de la place de ces esthétiques dans le monde académique. Des dizaines de chercheur.e.s francophones se réunissent à la Maison des métallos à Paris. Et la place des expressions africaines n’est pas en reste. Rencontre avec Karim Hammou, chargé de recherche au CNRS, auteur…

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Mise à mal, la musique malienne ? La crise politique, qui a frappé le pays en 2012, l’a signalée, en victime d’une censure implacable, auprès des médias français. Les djihadistes, qui occupèrent alors les régions de Gao, Kidal et Tombouctou, placèrent l’expression musicale dans la liste des interdits, au nom de la charia. Il y était question d’une censure autoritaire, sans concessions, aussi implacable que cette menace de djihadiste, à l’encontre d’un musicien : « Si jamais il se montre dans les parages, nous lui couperons les doigts dont il se sert pour jouer cette guitare »(1). Mais force est de reconnaître…

Un artiste noir, obligé de chanter derrière un rideau, pour ne pas se noyer dans la blancheur du public d’un soir. Les African Jazz Pionner, reproduisant dans Hosh – un morceau devenu mythique – les signaux que se font les clients d’un bar pour annoncer une descente de police dans les townships. Johnny Clegg, censuré pour avoir chanté Mandela déboulant sur la scène avec Sipho Mshunu à ses côtés, exprimant le désir de mixité grandissant de la société sud-africaine. C’était l’époque de l’apartheid. Un temps où les artistes du cru, comme ceux de toute l’Afrique et du monde entier trouvaient…

La censure à l’heure du web, des intégristes et des frontières fermées ou comment retrouver le goût du subversif dans un monde miné par le divertissement. Entretien avec Daniel Brown, journaliste et vice-président de Freemuse, une ONG née au Danemark en 1998 – l’année où Matoub Lounès a été assassiné en Algérie. En Afrique, Freemuse est notamment connue pour avoir défendu Lapiro de Mbanga. Décédé, l’artiste avait été condamné à trois ans d’emprisonnement en 2008 pour une chanson, « Constitution constipée », réclamant la limitation du mandat présidentiel au Cameroun.

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