Événements

Regards d’Afrique
Programmation de films de cinéastes africains. Entrée libre. A l’Espace Jean Vilar/ Arcueil.

Français


Aujourd’hui nous assistons à un nouveau souffle pour le cinéma documentaire d’auteur africain. Ces cinéastes se situent souvent dans les déplacements, dans l’entre-deux culturel et dans la pluralité des formes cinématographiques. Une force singulière émane de l’ensemble de ces films : la présence forte des cinéastes, souvent à l’écran, caractérisant leur engagement, affirmant des regards personnels et l’appropriation de l’écriture cinématographique.



A côté de ces films récents, nous avons tenu à montrer quelques-uns des premiers films de l’histoire du cinéma africain pour suivre l’évolution des regards et de la place des cinéastes. 1955 est l’année de naissance du cinéma africain avec Afrique sur Seine, premier moyen métrage tourné par un Africain, le Sénégalais Paulin Soumanou Vieyra. Cette Afrique-là est « sur Seine » car les autorités coloniales ont refusé au réalisateur l’autorisation de tourner sur son propre pays. 



Né sous le signe du politique, le cinéma africain le restera après les Indépendances. En 1996, dans  » Les cinémas d’Afrique noire. Le regard en question », Olivier Barlet écrit En appelant un nouvel ordre social, le cinéma s’affirme comme un art subversif



Vingt ans plus tard, les films que nous proposons dans cette programmation,  répondent toujours à cette affirmation allant parfois jusqu’à  utiliser le pouvoir du cinéma pour agir sur le réel filmé au-delà du temps du film et remettre en cause notre propre croyance dans la puissance du cinéma.





PROGRAMME L’ensemble du programme à télécharger [ ici ]. -SAMEDI 11 JUIN



14h30

C’était il y a quatre ans

Un film de Paulin Soumanou VIEYRA.

France | 1954 | 5 minutes | 35mm

La nostalgie d’un étudiant africain à Paris pour l’Afrique.

« Pour son film de fin d’année de l’IDHEC, C’était il y a quatre ans (1954), Paulin Soumanou Vieyra défraie la chronique dans le paysage médiatique et cinématographique français. Au-delà du thème, qui raconte la nostalgie d’un étudiant africain à Paris pour l’Afrique, c’est la censure d’un plan exigé par les autorités de l’institut qui crée l’événement. Le plan incriminé, que Vieyra a refusé de couper, montrait le cadre de travail de l’étudiant et cadrait tour à tour le quotidien français L’Humanité posé sur une chaise de l’étudiant, puis, au pied de la chaise, le journal Le Monde. Par ce plan et par un seul mouvement de caméra, Vieyra ne voulait pas simplement montrer la situation sociale de l’étudiant, mais aussi situer sa tendance politique grâce à la mise en scène décrite qui consistait à laisser un journal sur la chaise et l’autre à terre. En refusant de couper le plan, Vieyra campait déjà aussi sur sa foi en la liberté d’expression dont le cinéma devrait être la traduction et son choix pour un cinéma engagé, témoin de l’histoire et reflétant les réalités au quotidien. »

Clément Tapsoba – in « Portrait de Paulin S. Vieyra (1925-1987) : « l’homme à la casquette » dans Afriques 50 : Singularités d’un cinéma pluriel (L’Harmattan, 2005)



Et la neige n’était plus

Un film de Ababacar Samb Makharam

Sénégal | 1965 | 22 minutes | 16mm

Un jeune boursier sénégalais revient de France. Qu’a-t-il appris ? Qu’a-t-il oublié ? Quelle voie va-t-il choisir au contact des nouvelles réalités africaines ? Les problèmes qui se posent à la jeunesse africaine sont exposés avec franchise, courage et humour.



Le mythe de Mapout

Un film de Félix Mbog-Len Mapout

Cameroun, France | 2014 | 57 minutes | HD

Certains acteurs de l’histoire du nationalisme camerounais sont des patriotes connus au Cameroun. Feu mon père n’est pas un de ces héros, mais il a été un « maquisard » comme eux. Pourtant, son histoire est entourée de mystères, de contradictions et de non-dits. À partir des conceptions populaires du maquis et du mythe que ma famille entretient, je veux reconstruire son réel parcours dans le maquis, ce qu’il eut à vivre avec d’autres combattants militants de l’Union des Populations du Cameroun durant les années cinquante et soixante.





16h30

La noire de…

Un film de Ousmane Sembène

Sénégal | 1966 | 60 minutes | 35mm

La dramatique histoire de Diouna Gomis, une jeune fille naïve, engagée pour la durée de leur « congé » par un couple de coopérants. Elle part pour la France pleine d’illusions. En réalité, elle n’y trouvera que le sort d’une bonne à tout faire et le mépris froid de ses patrons. Au fond de sa solitude, elle finira par prendre une décision extrême.

Avec La Noire de… Ousmane Sembène s’affirme comme l’un des pionniers du long métrage africain. Salué dans plusieurs festivals, notamment par le prix Jean-Vigo, le film s’appuie sur un fait divers pour dénoncer le néocolonialisme.



Le monologue de la muette

Un film de Khady Sylla, Charlie Van Damme

Belgique, Sénégal, France | 2008 | 45 minutes | Mini DV

Le Monologue de la muette, c’est la vie d’Amy.

Au plus proche de la servitude ordinaire qu’elle subit chez ses patrons. Dans l’intimité de sa retraite forcée au village, où elle donnera naissance à sa fille. Une espérance et une impasse, tout à la fois. En écho à cette trajectoire, les paroles d’autres bonnes, la complainte des lavandières, la résistance des femmes du bidonville de la rue 11, dans la médina. La colère de la slameuse Fatim Poulo Sy. Notre colère. Comme une polyphonie.



20h

Le rite la folle et moi

Un film de Gentille Assih Menguizani

En présence de la réalisatrice

Sénégal, France | 2012 | 86 minutes | HD

L’Akpéma est un rituel, en pays Kabié (au nord du Togo), au cours duquel les femmes âgées apprennent aux jeunes filles comment devenir des femmes dignes et mûres. Au cours de son initiation, Gentille apprit des secrets sur l’histoire de sa grand-mère. Elle comprit aussi pourquoi son père la maltraitait. Aujourd’hui, choisie comme marraine pour l’Akpéma de sa petite soeur, il lui revient de transmettre à celle-ci cette histoire qu’elle a portée en elle, comme une femme porte un bébé en son sein. Le Rite, la Folle et moi est une histoire de transmission, une occasion de comprendre le poids des traditions et la complexité des cultures africaines. C’est surtout l’occasion pour deux soeurs d’effacer l’injure qui entache la descendance de leur grand-mère.







-DIMANCHE 12 JUIN



14h30

Savoir faire le lit

Un film de Aïcha El Hadj Macky

France, Niger, Sénégal | 2013 | 26 minutes

Chez moi, au Niger, quand une femme rejoint la demeure conjugale, on l’exhorte à « savoir faire le lit » sans le lui apprendre à l’avance. En suivant la femme nigérienne que je suis dans mon parcours d’apprentissage de l’art de la séduction, les femmes sénégalaises révèlent le secret de la préparation du corps à la féminité. En cherchant à comprendre comment deux sociétés africaines toutes deux musulmanes peuvent percevoir si différemment le corps de la femme, je me réconcilie avec moi-même, avec mon corps, en lui faisant découvrir sa grâce inhibée depuis le berceau, mais j’interroge aussi le tabou et les non-dits dans mon pays.



La voix des statuettes

Un film de Elzévie Pascale Touloulou Moundélé

Sénégal, France | 2015 | 60 minutes | Vidéo HD

Lors d’une visite dans un musée du Congo plusieurs années plus tôt, je suis tombée nez à nez avec trois statuettes. Elles semblaient m’observer, tout comme je les observais intriguée par leur expressivité. Symboles de culte et de rituels, elles sont pourtant toutes trois très différentes : l’une présente une scarification ventrale, la deuxième une triple tête et un corps paré d’amulettes et la dernière un visage balafré. Représentatives de trois régions du pays, je décide de les emmener avec l’accord du conservateur pour tenter de comprendre leur signification. Appréhender leur emprise aujourd’hui, c’est interroger les métamorphoses qu’elles ont subies en sortant du domaine du sacré, c’est interroger une société et sa culture.





16h30

Koukan Kourcia ou le cri de la tourterelle

Un film de Sani Elhadj Magori

Niger, France | 2010 | 62 minutes | HDV

Un long voyage du Niger à la Côte d’Ivoire, à la rencontre des Nigériens poussés à l’exil il y a vingt ans par les chants de Hussey, cantatrice adulée. Aujourd’hui, elle va vers eux avec une chanson qui leur demande de rentrer au pays. Le film soulève, en chantant, la question universelle de la séparation à notre terre natale : pourquoi ces hommes sont-ils partis de chez eux ? Et qu’est-ce qui les retient là-bas pendant tout ce temps ?



La vie n’est pas immobile

Un film de Alassane Diago

Belgique, France, Congo | 2011 | 59 minutes | HD

C’est l’histoire de femmes : mères de famille, épouses, femmes travailleuses et acharnées. Pour certaines, le mari a immigré ; pour d’autres, il est tout simplement inactif ou immobilisé par une maladie incurable. C’est l’histoire des femmes qui, regroupées et mobilisées pour la survie de leur foyer, sont fatiguées et habitées par un fort désir de dénoncer l’injustice et la soumission que leur impose la minorité des hommes qui les dirigent. Houlèye est l’une d’entre elles. Elle pleure, rit mais ne veut surtout pas être prisonnière de son passé.



19h30

Espoir Voyage

Un film de Michel K. Zongo 

Burkina Faso, France | 2011 | 81 minutes | Digital vidéo

Au Burkina Faso, l’émigration des jeunes vers la Côte-d’Ivoire est comme un rite, un passage au statut d’adulte. Mais normalement, la règle est de partir pour revenir. Dans cette aventure, beaucoup sont ceux qui ne reviennent pas, et cela pour diverses raisons que ceux qui sont restés ne peuvent sans doute pas comprendre. Joanny, mon grand frère, a brusquement quitté la famille un matin de l’année 1978. Après 18 années d’absence, alors que nous étions sans nouvelles de lui, Augustin, un cousin qui revenait de la Côte-d’Ivoire, nous annonça que Joanny était décédé. Pour essayer de comprendre ce qui a poussé mon frère ainé à partir alors qu’il avait à peine 14 ans, je refais ce même voyage depuis Koudougou (Burkina Faso) jusqu’en Côte-d’Ivoire, à la recherche de ses traces et de son histoire.



Rencontre avec:
Gentille Assih Menguizani
Charlie Van Damme
Sophie Salbot
Georgette Ngo Mapout

Entrée libre





Restauration africaine sur place (association Art, Culture et Médiation)

Cocktail de clôture le dimanche 12