Événements

Mawassem 3 – Saisons du cinéma arabe 2017
3ème édition, dédiée à la mémoire du réalisateur égyptien Mohamed Khan

Français

MAWASSEM #3
Les saisons du cinéma arabe

Du 29 Juin au 2 juillet 2017
@Cinéma La Clef – Paris 5e

Mawassem, « Les saisons du cinéma arabe », reviennent dans une troisième édition qui défend toujours le cinéma dans ses expressions, les plus fortes, les plus jeunes et les plus marquantes.

Ce cinéma en souffrance, tout comme les pays dont il est issu ne cesse de montrer ce mal-être qui ronge le monde arabe. Mais c’est aussi un cinéma qui raconte autant les rêves que les espoirs. Plus les réalités sont dures, plus les aspirations paraissent grandes. Le nouveau cinéma arabe, meurtri, nourri de ces réalités, exprime surtout une immense espérance.

Les films sont choisis pour rencontrer le public parisien, pour raconter des histoires imprégnées de réalisme et d’absurde. Il y a là également beaucoup d’attente. Une attente qui ressemble plus à cet « entre deux morts » tel que le décrit un court métrage qui ouvrira la sélection, et qui vient du Golan sous occupation depuis cinquante ans.

Le court métrage a toujours une place privilégiée dans la sélection. Les auteurs de ces films courts sont les talents de demain et il y aura des expressions à découvrir en provenance de Syrie, de Palestine, du Maroc, du Liban, d’Algérie et du Soudan. C’est dire à quel point ces films expriment les lieux, la vie et l’appartenance… Des expressions nouvelles et une façon très indépendante et donc très libre de faire du cinéma.

Quant aux longs métrages, la sélection en propose onze, en provenance de six pays, dont deux documentaires. Quatre de ces films sont une première œuvre du réalisateur. Tous fixent par leur regard pénétrant, pertinent et franc une société en constante transformation. Tel un stéthoscope, leurs objectifs auscultent la vie avant de l’exprimer à nouveau dans des œuvres variées et sensibles.

Mais à côté de ces « opéra prima » présentés par Mawassem figurent des noms déjà confirmés du septième art et qui appartiennent à ce cinéma novateur, tels ceux des deux réalisateurs égyptiens Magdi Ahmad Ali et Mohammad Diab et des deux réalisateurs marocains, Hakim Belabbas et Hicham Lasri.

Ce sont des œuvres qui décortiquent la société au point de déranger les autorités. En effet, les trois nouveaux films égyptiens de notre sélection ont été censurés au Caire.

Dans ces conditions, le cinéma ne cesse de témoigner.
Voir des films n’est plus un loisir mais une nécessité. Un acte de résistance.

Le cinéma à corps ouvert

Les deux films documentaires de notre manifestation venant d’Algérie et d’Egypte, parlent de la danse, hier et aujourd’hui. C’est là aussi une forme de résistance, un acte d’existence contre l’interdit et la terreur.

Alors que Hicham Abdelkhalek nous fait plonger dans le passé et le présent de l’école du ballet en Egypte, Hamid Benamra lui, nous montre des parisiennes qui parviennent par la danse à une nouvelle identité, à une appartenance.

En revoyant les films de cette sélection, je me suis aperçue à quel point ce cinéma-là est fait avec le corps. Le corps qui lutte, qui résiste pour continuer à vivre. Le corps que l’on mutile, que l’en emprisonne ou que l’on violente…

Dans les deux films marocains, on trouve le corps face à l’absurdité de l’attente, face au vide, à l’abondance, à l’injustice.

Autant dire, que c’est un cinéma fait avec le cœur et à corps ouvert.

Houda IBRAHIM
Directrice du Festival


Hommage à Mohamed Khan
Cette édition de Mawassem n’allait pas se faire sans saluer la mémoire du cinéaste et réalisateur Mohamed Khan décédé en juillet dernier. Mawassem 3 lui est dédiée. En dix ans, il a réalisé 24 films qui resteront gravés dans la mémoire du cinéma arabe. Parmi les films de ce « cinéaste en chemin », comme il aimait à se nommer, une dizaine sont considérés comme étant les meilleurs films du cinéma arabe.

Mawassem projette de ce réalisateur pionnier de la nouvelle vague du réalisme dans les années 1980 en Egypte son avant dernier film :
« La fille de l’usine ». C’est l’un des rares films sous-titré en français de ce réalisateur cinéphile et critique de cinéma à la fois.
Dans plusieurs de ses films Mohamed Khan a pris le parti de la femme et l’a défendu contre la masculinité dominante dans les sociétés urbaines arabes et particulièrement égyptiennes.
Parmi ces films, « Les rêves de Hind et Camélia » (1988), « La femme d’un homme important » (1988), « Le retour d’un citoyen » (1986) « Parti sans jamais revenir » (1984), « Un coup de soleil » (1978).

Hommage à Oum Kalthoum
Mawassem célèbre cette année, quarante-deux ans après sa mort, la Diva à la voix et à la présence exceptionnelle, l’astre de l’orient, la dame. Un hommage à la femme et à l’influence politique qu’elle a exercée durant sa vie. Un nouveau documentaire de Xavier Villetard

Au Cinéma La Clef, 34 rue Daubenton 75005 Paris

Ticket 6:50€
Carnet 5 séances à 25€


Programmation

Jeudi 29 Juin
18 :00
Entre deux morts, Ameer Fakhereldin, court métrage, 2015, Syrie, 22′
Oum Kalthoum, la voix du Caire, Xavier Villetard, 2017, France 52′
En présence du réalisateur, un débat est prévu après la projection

20h00
Le dernier jour d’une ville, Tamer El Said, 2016, Egypte- UK, 118′

Vendredi 30 juin
16h30 – Séance des courts Métrages, cinq films 95′
Je te promets, Mohmed Yargui, 2016, Algérie 17:14′
Si Oran m’était contée, Mohamed Filali, Ibrahim Naoufel, 2016, Algérie 9:40′
Nyerkouk, Mohamad Kordofani, 2016, Soudan,19:20′
En blanc, Dania Bdeir, 2016, Liban-USA, 15:40′
Et demain nous mangeront toutes sortes d’assiettes de porcelaine,
Larissa Sansour, 2016, Palestine 29′

18h30
Demain dès l’aube. Lotfi Achour, Tunisie – France, 2016, VOSF, 83′
Projection en présence de l’équipe, un débat est prévu après la projection

21:00
Pluie de sueur, Hakim Belabbas, 2016, Maroc,129′

Samedi 1 Juillet
14h30
Un point de détail dans l’histoire du ballet ? Hicham Abdel Khalek. 2016, France-Egypte-USA,118′
Projection en présence de l’équipe, un débat est prévu après la projection

17h15
Ishtibak, Clash, Mohamad Diab, 2016, Egypte, 97′

19:15
Mawlana, Magdi Ahmad Ali, 2017, Egypte,110′

21:30
3000 nuits, Mai Masri, Palestine, Liban, 2015, VOSF, 103′

Dimanche 2 juillet
15:30
Tikitat a soulima (Les tickets), Ayoub Layoussfi, 2016, Maroc, 29′
Hizam, Hamid Benamra, 2016, Algérie- France, 86′
Projection en présence de l’équipe du film, débat avec l’équipe

18:30
Headbang Lullaby. Hicham Lasri, 2017, Maroc, 116′

21 :00 Film de Clôture
La fille de l’usine, en hommage au réalisateur Mohamad Khan, 2014,
Egypte, 108′. En présence du producteur Mohamed Samir.