Le griot-totem

De la littérature au cinéma, la figure du griot est utilisée par les artistes comme un symbole malléable à tous les goûts. Tantôt métaphore de l’écrivain ou du cinéaste, tantôt voix de la tradition ou voix prophétique, le griot est devenu un mythe littéraire et cinématographique.

Lors du deuxième congrès des écrivains et artistes noirs à Rome en 1959, un des objectifs des organisateurs était de trouver  » des solutions concrètes qui entreraient désormais dans le cadre d’une véritable politique culturelle  » (Mouralis, 1984 : 447). Ils proposent, entre autre, de dresser un  » Panthéon de totems africains  » (1). Près de trois décennies plus tard, l’écrivain guinéen Tierno Monenembo insiste sur l’importance culturelle de la parole et de l’art du griot pour une société morcelée en une multitude d’ethnies :  » Précepteurs des princes, confidents et conseillers des rois, mémentos historiques, encyclopédies vivantes, poètes, sociologues et moralistes, ils (les griots(sont à l’Afrique ce que les Rabelais, les Dante, les Cervantès, les Diderot et autres la Bruyère sont à l’Europe.  » (1987). Le griot serait-il devenu, pour la littérature et le cinéma africains, ce totem recherché par les écrivains et artistes noirs en 1959 ? C’est précisément de ce terme à connotation coloniale que les écrivains et metteurs en scène vont s’emparer pour le transformer en mythe. Le mot  » griot  » à lui seul se situe à un carre...

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