Les Afriques du théâtre de Peter Brook

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Peter Brook est le metteur en scène des points de vue changeants et des vérités multiples. Pendant sa carrière, il a souvent surpris la critique avec des variations soudaines et imprévues. Toutefois, dans le mouvement continuel qui caractérise son théâtre, apparaît une présence constante : l’Afrique. Brook instaure avec ce continent un rapport privilégié fait de nombreux voyages, de mises en scène d’ambiance africaine et d’une longue collaboration avec des acteurs africains. Cette prédilection émerge à partir des années soixante-dix, années décisives de la création du Centre international de recherche théâtrale (CIRT) à Paris, et coïncide, presque symboliquement, avec une renaissance artistique. (1)

Dans sa recherche de régénération, Brook se détache des tendances théâtrales de l’époque et entreprend un parcours tout à fait original : il est le premier metteur en scène à s’adresser à l’Afrique, tandis que la plupart des artistes de théâtre se tournaient plutôt vers l’Orient, afin de saisir les secrets des anciennes traditions scéniques riches d’une codification millénaire. L’Afrique était alors rarement considérée comme un territoire d’intérêt théâtral. Victime de catégories et de modèles culturaux coloniaux, le continent est une inconnue qui suscite souvent suspicion et perplexité, comme en témoignent les réactions soulevées par la décision de Brook de partir en Afrique avec son groupe, en 1972. Le premier, et désormais célèbre, voyage du CIRT étonne la critique et stimule une série d’interrogations qui émergent dans les interviews de l’époque caractérisées par la question insistante posée au metteur en scène : « Pourquoi l’Afrique ? ». Brook n’a pas de doute et, avant son départ, déclare : « En allant en Afrique, je ne sors pas du tout du chemin que je me suis tracé. C’est en restant à Paris que je le ferais. C’est en allant à New York que je le ferais. L’Afrique va tout à fait dans le sens de ce qui doit être exploré » (2) Le groupe part d’Alger et parcourt le Sahara du Nord jusqu’au Sud du Niger, il traverse le Mali, arrive au Dahomey (actuel Bénin) et revient à Alger, en retraversant le désert. Les acteurs présentent leurs improvisations dans les villages, sur les places publiques, aux marchés et partout où ils en ont l’occasion. Il s’agit d’un voyage de recherche, une quête pratique sur les lois de la perception théâtrale, sur l’espace, le rythme, la durée, le rapport au public. Pour le CIRT, l’Afrique est une véritable école, un lieu d’apprentissage obligé, comme Brook le confie en 1973 : « Une de mes plus fortes impressions fut que cette sorte d’expérience soit peut-être la plus nécessaire dans toute formation théâtrale. Si quiconque, étant sur le point d’intégrer une école de théâtre pour apprendre ce qu’est le théâtre, se trouvait dans l’obligation de jouer en continuité dans ces conditions, il s’apercevrait que toutes les questions sur son travail futur lui sont posées directement. » (3) L’expédition africaine marque un tournant fondamental dans la carrière de Brook et détermine certains des éléments caractéristiques de son théâtre. Ensuite les voyages se succèdent et la passion pour l’Afrique émerge aussi dans le répertoire.
En 1975, Brook monte Les Iks, sa première mise en scène d’ambiance africaine. La pièce, basée sur l’ouvrage de l’anthropologue anglais Colin Turnbull, raconte l’histoire d’une tribu ougandaise de chasseurs nomades qui, menacés par la famine, perdent tout respect pour les liens familiaux et communautaires et s’autodétruisent. Sorte d’interrogation sur toute société, la pièce provoque de vives polémiques, car elle met en scène le déclin et la régression d’une communauté d’Africains dangereusement similaires et proches du public. Les Iks sont interprétés par un groupe d’acteurs de différentes nationalités (4), habillés communément en jean et baskets, sur une scène complètement vide : pas de costumes, ni de décor qui définissent, par des signes extérieurs, l’Afrique et ses habitants. Brook manifeste une sorte de précieuse indifférence aux origines qui dépasse toute connotation raciale, linguistique ou nationale : un Japonais interprète un Ougandais selon le même principe par lequel, quelques décennies plus tard, un Africain (Sotigui Kouyaté) incarnera Prospéro dans La Tempête shakespearienne. Dans Les Iks, Brook dévoile au public sa « théorie de l’Arc-en-ciel » qui affirme que chaque être humain porte en lui la gamme entière des couleurs et des origines de l’humanité. C’est pourquoi, il n’est plus nécessaire de se déguiser ou de jouer les Africains, car il suffit de remémorer cette partie de nous qui est submergée. « L’Afrique c’est nous, ici et maintenant », déclare le metteur en scène.
Le choix de Brook apparaît comme une affirmation contre l’idéologie de nationalisme et de race et, en même temps, conteste un certain intégrisme du Black Power qui enflammait le milieu culturel anglophone d’alors. Pour Brook, « la question des couleurs se décline alors comme dans la lumière (5) ».
Cette politique de distribution des rôles se confirme, peu d’années après, dans L’Os (6) où la troupe multiculturelle du CIRT donne vie à un village sénégalais. L’Os est une farce brève et légère qui marque le premier pas de Brook dans la dramaturgie africaine : le spectacle est une adaptation de la pièce de l’écrivain et intellectuel sénégalais Birago Diop, célèbre pour son militantisme dans les rangs du mouvement de la Négritude à côté de Léopold Sédar Senghor et d’Aimé Césaire (7). À partir de L’Os, Brook entame une alliance avec la dramaturgie africaine qui s’avérera longue et riche : au fil des années sa fréquentation des textes africains deviendra de plus en plus assidue, faisant de lui une figure tout à fait exceptionnelle dans le milieu théâtral européen. Brook privilégie notamment les textes nés dans un contexte d’oralité ou strictement liés à celui-ci (comme L’Os et Tierno Bokar). Cette prédilection est confirmée également par ses mises en scène tirées des textes sud-africains : Woza Albert ! (1989), The Island (1999), Le Costume (1999), Sizwe Banzi est mort (2006) qui dessinent un véritable « cycle sud-africain » à l’intérieur de son répertoire. Ces quatre mises en scène se basent sur les textes de dramaturges sud-africains qui œuvraient pendant l’apartheid en condition de clandestinité et censure, lorsque toute forme d’art était interdite aux Noirs. Brook découvre cette forme de théâtre à Londres, aux débuts des années soixante-dix, quand il assiste à The Island crée par l’artiste phare de la nouvelle dramaturgie sud-africaine : Athol Fugard. Brook en reste fortement ému, au point de définir ce spectacle comme « une épiphanie théâtrale (8) ». En effet, la tournée de Fugard provoque sur les scènes anglophones l’émergence d’un véritable questionnement sur le racisme et sur l’apartheid. Et Brook, déjà sensible à la cause, s’allie à ce théâtre et il se lie d’amitié avec Fugard et avec Barney Simon, son collègue et collaborateur. Ces deux metteurs en scène sud-africains d’origine européenne, influencés par la lecture de L’Espace vide de Brook et de Pour un théâtre pauvre de Jerzy Grotowski, avaient créé, avec la collaboration des acteurs noirs provenant des townships (9), un nouveau modèle de théâtre qui mélangeait leur propre formation européenne avec la puissante énergie du théâtre noir de rue. (10)
Brook s’intéresse au travail de ces artistes, il en reprend les œuvres et les met en scène à Paris. En 1989, après un voyage en Afrique du Sud, il organise au théâtre des Bouffes du Nord le festival Musique et Théâtre de l’Afrique du Sud où il invite une série d’artistes, acteurs et musiciens sud-africains. (11) Dans le cadre du festival, le metteur en scène présente Woza Albert ! adaptation française d’après le texte homonyme de Barney Simon (12). La pièce est interprétée par l’acteur sénégalais Mamadou Dioume (13) et par le Malien Bakary Sangaré : il s’agit du premier spectacle « noir sur noir » où Brook choisit expressément des interprètes africains pour interpréter des Sud-Africains et il ouvre ainsi une brèche sur la complexité de l’identité africaine à l’intérieur de l’Afrique. Avec Woza Albert ! Brook met en œuvre un croisement d’Afriques qui multiplie et articule sa vision du continent, en révélant des facettes différentes et des formes variées.
En 1999, Brook revient encore à la dramaturgie de l’apartheid, en proposant aux Bouffes du Nord une programmation dédiée à l’Afrique du Sud, qui s’ouvre avec la reprise de The Island, la pièce de Fugard qui l’avait tant fasciné dans les années soixante-dix. Le spectacle est dirigé par Brook avec les acteurs originaux qui avaient créé la pièce en 1973 : John Kani et Winston Ntshona.
Quelques mois après, Brook met en scène Le Costume, pièce sud-africaine adaptée par Barney Simon et Mothobi Mutloatse d’après un conte de l’écrivain Can Themba. Le spectacle connaît un grand succès et tourne pendant plusieurs années, avec des distributions différentes : dans la première version se distinguent Sotigui Kouyaté et Bakary Sangaré ; ensuite Le Costume devient un véritable banc d’essai pour de nombreux acteurs d’origine africaine tels les frères Isaach et Hubert Koundé, Hassane Kouyaté, Marco Prince, Cyril Guei, Princess Erika, Tony Mpoudja, Sara Martins et d’autres encore.
Le cycle sud-africain (qui se clôt en 2006 avec Sizwe Banzi est mort de Fugard, interprété par l’acteur malien Habib Dembélé (14) et par le Congolais Pitcho Womba Konga (15)) représente sans doute, le sommet de la collaboration de Brook avec les acteurs noirs, car il s’agit de spectacles caractérisés par une distribution exclusivement d’origine africaine. Pourtant l’engagement all black du cycle sud-africain (16) n’invalide pas la pratique de « l’arc-en-ciel » sur scène. En effet, Brook alterne les productions africaines avec des créations multiculturelles où il met en place le même modèle de distribution utilisé à l’époque de Les Iks. Un exemple remarquable en est La Tempête shakespearienne de 1990 où les incantations en dioula (17), prononcées par Sotigui Kouyaté interprétant Prospéro, font échos à la musique japonaise de Harué Momoyama et de Toshi Tsuchitori. Le même jeu du renversement des origines est présent dans The Tragedy of Hamlet (2000) où le prince danois est interprété par l’acteur d’origine jamaïcaine Adrian Lester et Ophélie est l’Indienne Shantala Shivalingappa. (18)
Pourtant, dans ces nombreuses distributions multiculturelles, les comédiens africains ont toujours une place considérable. La réussite de l’alliance artistique entre Brook et les comédiens africains touche à une particulière affinité pour la conception du jeu, comme le déclare le metteur en scène : « Je n’aime pas chez les acteurs ceux qui veulent faire des constructions. Les grands professionnels, sans innocence et ouverture, ne me satisfont pas. C’est pour ça, par exemple, que j’ai de très, très bonnes relations avec les acteurs africains. C’est le contraire du grand acteur de composition occidental où tout est une construction artistique et ce qui se passe à l’intérieur est souvent presque impossible à trouver. » (19)
C’est à partir des années quatre-vingt qu’on remarque une présence massive et féconde d’artistes africains sur les scènes brookiennes : dramaturges, scénographes, écrivains, conteurs, musiciens et comédiens venus du continent fréquentent le théâtre des Bouffes du Nord. Avec ces artistes, Brook installe une relation de collaboration réciproque : il apprend par eux et, à son tour, il apporte une grande contribution au théâtre africain, en encourageant le développement d’une nouvelle conscience artistique (20).
L’unicité du parcours de Brook se révèle dans la qualité de son rapport au continent. Pour lui, l’Afrique n’est pas une projection idéale, un territoire symbolique dont s’inspirer, mais elle est le véritable sujet de sa production artistique. L’Afrique de Brook est faite de rencontres qui marquent profondément sa vie. Le cas de Sotigui Kouyaté, griot descendant d’une famille de conteurs, est exemplaire. Arrivé aux Bouffes pour Le Mahabharata, cet artiste à l’identité plurielle apporte aux Bouffes du Nord une notion de jeu que l’on pourrait définir abstrait. Son talent extraordinaire en fait l’un des acteurs les plus représentatifs du théâtre de Brook (21). Non seulement il est le protagoniste de certains des plus remarquables spectacles, mais il est également un proche collaborateur de Brook dans le grand projet de « Tierno Bokar », basé sur les textes d’Amadou Hampâté Bâ, l’intellectuel malien qui consacra sa vie à la récolte de la tradition orale de son pays. Après trente ans de recherche et plusieurs voyages au Mali et au Burkina Faso, ce projet se concrétise enfin dans deux productions : Tierno Bokar, en 2004, avec une distribution internationale où émerge la forte présence d’acteurs africains 22), et la version anglaise Eleven and Twelve de 2009 (23). Ces deux spectacles sont un portrait de l’Afrique Occidentale, de ses traditions, de ses contes et de son histoire dramatiquement marquée par le colonialisme. À travers le récit de la vie de Tierno, grand mystique soufi qui vécut à Bandiagara au début du siècle, Brook met en scène une Afrique silencieuse, intime, ésotérique et inédite pour le grand public. C’est l’Afrique de la maturité où Brook condense sa vision du continent et rend son hommage à une terre qu’il parcourt depuis des décennies. Une exploration qui a duré presque quarante ans, après lesquels, il confie : « Tout ce qui est vrai par rapport à l’Afrique est inconnu. L’Afrique est une inconnue, et l’unique vocation du théâtre n’est pas de dire quelque chose, mais d’ouvrir des questions. Et l’Afrique est pour nous une question (24) ».
Bibliographie
Peter Brook, Espace vide, Paris, Seuil, 1977.
Peter Brook, Points de suspension, Paris, Seuil, 1991.
Peter Brook, Oublier le temps, Paris, Seuil, 2003.
Peter Brook, Entre deux silences, Paris, Actes Sud, 2006.
Peter Brook, Climat de confiance, Montréal, L’instant même, 2007.
Margaret Croyden, Conversations avec Peter Brook, Paris, Seuil, 2007.

1- C’est à cette époque qu’a lieu aussi la rencontre entre Brook et l’acteur malien Malick Bowens, le premier Africain qui entre dans le groupe du CIRT.
2- Peter Brook in Margaret Croyden, Conversations avec Peter Brook, Paris, Seuil, 2007, p. 93.
3- Peter Brook, Points de suspension, Paris, Seuil, 1991, p. 59.
4- La troupe est composée par l’acteur japonais Yoshi Oida, l’anglais Bruce Myers, l’américaine Michèle Collison, le malien Malick Bowens, le grec-américain Andreas Katsulas, le Franco-Algérien Maurice Benichou, le français Jean-Claude Perrin et par l’actrice allemande d’origine malienne Miriam Goldsmith.
5- Peter Brook, Climat de Confiance, L’instant même, Montréal 2007.
6- L’Os est présenté au Festival d’Avignon, en 1979. Le spectacle est conçu pour accompagner La Conférence des oiseaux, pièce basée sur un récit mystique sufi du XIIe siècle écrit par le poète persan Farid ad-Din Attar. L’énergie grotesque et le comique brut de L’Os faisaient de contrepoids à l’essentialité éthérée de La Conférence.
7- Le texte L’Os de Birago Diop fut intégré avec un conte oral proposé par l’acteur malien Malick Bowens.
8- Peter Brook in Brian Logan « Listening to the silence », Mail & Guardian, 11 février 2000.
9- Les townships étaient de véritables ghettos pour la population noire sud-africaine.
10- Le premier exemple de ce style novateur est Sizwe Banzi is dead de Fugard de 1972. La pièce est caractérisée par une structure dramatique révolutionnaire dans laquelle une quantité incalculable de personnages et de figurants est jouée uniquement par deux acteurs.
11- Le festival s’ouvre avec six concerts de musique traditionnelle zoulou, pedi, venda et xhosa. Ensuite le festival se poursuit avec Sarafina ! une comédie musicale de Mbongeni Ngema.
12- Woza Albert ! a été écrit par Barney Simon, Percy Mtwa et Mbongeni Ngema, en 1981. La pièce raconte l’horreur de l’apartheid avec une énergie provocante et comique.
13- Mamadou Dioume est diplômé a l’École nationale des Arts du Sénégal. Il a joué dans nombre des mises en scènes brookiennes : Le Mahabharata, La Tragédie de Carmen, La Tempête, Woza Albert !
14- Vedette du théâtre et du cinéma malien, Habib Dembélé, dit Guimba, entre au Bouffes du Nord en 2002, en remplaçant Sotigui Kouyaté dans le rôle de Polonius dans La Tragédie d’Hamlet. En 2004, il joue le rôle du conteur dans Tierno Bokar.
15- Pitcho Womba Konga est un chanteur rappeur. En 2003, il commence sa carrière d’acteur jouant dans Bintou de Koffi Kwahule. En 2004, il arrive aux Bouffes du Nord pour le grand projet africain de Tierno Bokar où il joue le rôle de Cheik Hamallah.
16- D’ailleurs, le répertoire sud-africain de Brook et l’organisation du festival Musique et Théâtre de l’Afrique du Sud en 1989, représentent l’émergence la plus politique de toute sa carrière.
17- Le dioula est une langue africaine.
18- Dans la version française du spectacle de 2002, La Tragédie d’Hamlet, Hamlet est interprété par l’acteur d’origine camerounaise William Nadylam.
19- Georges Banu, Peter Brook, vers un théâtre premier, Paris, Seuil, p. 75.
20- Par ailleurs, L’Espace vide de Peter Brook est le texte le plus utilisé dans nombre d’académies théâtrales africaines et il est devenu une sorte de manuel d’inspiration pour nombre d’acteurs du continent.
21- Comédien, musicien, danseur, conteur et acteur de cinéma, Kouyaté est considéré comme l’un des plus importants artistes du continent. Il a été également le premier Africain à gagner le Prix du meilleur acteur au Festival du Cinéma de Berlin, en 2009, grâce à son interprétation d’Ousmane dans le film London River de Rachid Bouchareb.
22- La troupe de Tierno Bokar est composée par des anciens membres du CIRT (Yoshi Oida, Bruce Myers, Hélène Patarot et Toshi Tsuchitori) et par huit comédiens africains qui viennent de diverses parties du continent : Sotigui Kouyaté, Habib Dembélé, Rachid Djaidani, Djénéba Koné, Abdou Ouologuem, Dorcy Rugamba, Pitcho Womba Konga et Tony Mpoudja.
23- La distribution de Eleven and Twelve est réduite à sept acteurs : deux comédiens palestiniens Makram Khoury et Khalifa Natour, le Malien Abdou Ouologuem, l’Espagnol César Sarachu, le Français Maximilien Seweryn, le Nigérian Tunj Lucas et l’Américain Jared McNeil.
24- Peter Brook, Conférence de presse pour la présentation de Tierno Bokar à Naples, le 31 janvier 2005. Les propos sont rapportés par Emiliana Cirillo in « L’Africa autentica svelata dal teatro di Brook », L’Unità, 1er février 2005.
///Article N° : 11676

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